Accueil > Librairie > 547 jours ou 260 pages de prise d’otage

547 jours ou 260 pages de prise d’otage

null

Si Hervé Ghequière a subi une prise d’otage d’une durée de 547 jours, attention, le lecteur en lisant l’ouvrage risque de se faire violence tout au long des 260 pages. Effectivement, le manque d’humilité, le manque de reconnaissance, le tout mêlés aux atermoiements du journaliste gâchent les trois quarts du livre. C’est seulement après avoir repris, la plume laissée en premiers temps à son ego puis passé sa colère, que le récit devient intéressant. A la fin… Mais trop tard, le mal est fait.

Voici une critique littéraire du le livre 547 Jours du journaliste Hervé Ghesquière. L’auteur a fait dernièrement la une des journaux après avoir été condamné pour diffamation. Mais ceci est une autre histoire.

Au sujet du style d’écrire. Même si l’on sait que les goûts et les couleurs ne se discutent pas, on aurait pu s’attendre à moins de lourdeur de la part d’un journaliste, à plus de profondeur dans l’écriture car cela manque cruellement et rend le ton du livre médiocre.

En ce qui concerne le fond du livre on comprend rapidement que l’objectif se trouve être la justification des actions de monsieur Ghesquière.
En somme il veut contrer tout ce qui a été dit ou écrit à son égard que ce soit par les militaires ou les politiques, lors de sa captivité.
Mais à quoi s’attendait-il? Que l’on s’apitoie sur son sort à la découverte de la nouvelle? Que revendique-t-il? Le manque de compréhension de la part du monde militaire et du monde politique?
Toutefois comment ne pas en manquer devant une telle inconscience exacerbée?
Car il s’agit bien d’inconscience dont à fait preuve Hervé Ghequière. Et nul besoin d’écouter les dires des uns et des autres, puisqu’il l’étale lui-même et sans l’once d’une remise en question, sur les pages qui relatent les faits de son « épopée ».

En effet, dans son livre il répète à deux reprises qu’à la suite de deux points de contrôle militaire, personne ne sait s’il y a du danger ou un risque de prise d’otage…. Car « bien entendu » il a cherché à assurer sa sécurité et celles des accompagnateurs. Comment ? En demandant aux militaires Afghans et à la police Afghane si « tout allait bien » sur la route de la province de Kapisa. Quand bien même il se contredit plus loin en reconnaissant noir sur blanc

Ah… cela est digne d’un reporter habitué à couvrir les théâtres d’opérations extérieures. Il n’y a aucun doute là-dessus. Et certainement que les militaires Français se sont bien gardés de l’avertir des risques encourus.
Trêve d’ironie. »

Enfin cette « maladresse » peut encore être tolérée… Mais pas les erreurs commises qu’il se permet de graver en toute impunité dans un livre qui semble rédigé pour se dédouaner de toute responsabilité. Car les fautes qu’il a commises, un individu raisonné, JAMAIS, ne les aurait réalisées.
Quelles sont-elles?
Mettons de côté le fait qu’il soit parti à l’encontre des mises en garde des soldats Français.
Ils se sont arrêtés dans un restaurant routier. Erreur numéro une.
Ils se sont également arrêtés sur un chantier (pour la construction de l’axe routier traversant la Kapisa) par deux fois. La première pour demander au surveillant du chantier quand les ouvriers arriveraient, puis à l’arrivée des ouvriers (vers 8 h du matin).
Entre temps, vous vous souvenez, ils ont été boire un petit thé…

« Il aurait fallu le dire que l’Afghanistan était un pays touristique où il faisait bon de vivre à cette époque de l’année. Peut-être aurait-on pu également y voyager pour effectuer un petit séjour logé chez l’habitant.
Trêve de plaisanterie. »

Au final ce qu’il s’est passé, <> il n’y est pour rien. Si les attachés de presse militaires français l’avaient laissés faire, peut-être n’aurait-il pas eu le besoin de se détacher quelques temps de la protection militaire….

Mais où se trouve la description de la gratitude? Il a tout de même été libéré. Il s’en est sorti sain et sauf et heureusement. On admet qu’il ait pu vivre un calvaire cela nul ne l’a contesté, on admet que cette expérience fût plus qu’éprouvante. Mais tout de même !
Des militaires ont été envoyés sur le front pour tenter de le secourir et à quel prix ? Très certainement que des sommes d’argent ont été versées… A force de se poser en victime, il en a oublié l’humilité.

« Et ce n’est que méprise et dédain qui s’écoulent des phrases acerbes de ce bouquin amer nous laissant alors penser :  En voilà un journaliste qui a confondu ego et honneur. En voilà un journaliste qui a confondu égoïsme et magnanimité. »

Pourtant en fin de récit, il en vient à parler de choses intéressantes, comme des conditions de vie des otages. Des relations entre les preneurs d’otages et leurs victimes. Il en vient même à parler d’un sujet fort intéressant qu’est la médiatisation des prises d’otages et sa conséquence dans le processus de négociations. « Dommage que tout cela soit bâclé, gâché par un aveuglant égocentrisme vécu par l’auteur. »

Bref, avec ce livre, c’est le lecteur qui est pris en otage.

 

 


Notez cet article :
547 jours ou 260 pages de prise d’otage 4.63/5 - 19 votes




Partagez cet article :

Auteur : Au Militaire


Commentaires :




Ne manquez plus rien !

Ne manquez plus rien !

Abonnez vous et recevez chaque mois toutes les actualités de la défense : les analyses et évènements liés aux grands conflits actuels mais aussi l'actualité de notre armée !

Merci de votre inscription !



Rejoignez
la communauté
Au Militaire

+ de 30 000 membres

+ le guide 2015 offert


Votre armée ?