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Phénomène : ces jeunes qui rêvent de l'armée

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http://www.elle.fr/Societe/News/Phenomene-ces-jeunes-qui-revent-de-l-armee-3408206

Ils sont de plus en plus nombreux, filles et garçons, à s'engager, en quête d'une vie structurée et d'une forme de reconnaissance. Reportage.

 

 

« J’en avais assez de me sentir inutile. Etre vendeuse ou caissière, ça ne me faisait pas rêver. » Nina a 17 ans, un corps frêle et des yeux clairs, et elle craque pour l’uniforme. Pas celui du beau gars de la marine. Le sien. Celui qu’elle mettra pour « servir [son] pays », dit-elle. Elle s’est levée aux aurores, et elle grelotte avec une dizaine d’autres jeunes devant les grilles du fort de Vincennes (94). Ce sont des filles et des garçons comme les autres - certains ont le bac, d’autres un master -, ils viennent de Dunkerque, de Lille, de Paris ou de la Guadeloupe, comme Maeva, un CAP de cuisine en poche, qui voudrait être incorporée parce que, assure-t-elle, « dans l’armée, l’avenir est certain et, avec tout ce que je vais apprendre, je serai autonome plus tard ».

 

L'armée française est l'une des plus féminisées d'Europe.

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Adrien, Margot, Charlotte, Reda sont encore ensommeillés, mais pleins d’enthousiasme. Ils rêvent de cohésion, de deuxième famille, d’exemplarité. « À l’école, on fait ce qu’on veut, explique Reda, du 20e arrondissement de Paris. Ici, ça va être carré, structuré. On aura l’impression d’avoir un vrai but, d’être important. » Ils ont les mêmes mots que les candidats de « The Voice » : « Je vais prouver que je suis quelqu’un, qu’on peut croire en moi. »

 

Depuis les interventions au Mali, les attentats qui ont ensanglanté le pays, le déploiement de l’opération Sentinelle, et alors que des personnalités politiques, dont Nathalie Kosciusko-Morizet et Arnaud Montebourg, réclament le rétablissement de la conscription, l’armée de terre recrute comme jamais. Elle est devenue le quatrième employeur des 18-25 ans en France, derrière des entreprises comme McDonald’s. Quinze mille jeunes ont rejoint ses rangs en 2016, un chiffre qui a augmenté de 50 % par rapport à 2014 selon le ministère de la Défense. Chacune de ses campagnes de publicité rencontre un immense succès. « Attention, on ne veut pas vendre du rêve, insiste le colonel Éric de Lapresle, chargé de la communication de recrutement de l’armée de terre. Nous offrons la possibilité d’apprendre et d’exercer près de quatre cents métiers différents, nous poussons les jeunes à continuer leurs études, mais nous sommes des soldats avant tout. » Et c’est ce qu’ils veulent devenir.

 

Pourtant, comme ça, osons le dire, ça n’a pas l’air hyper alléchant d’intégrer l’armée… Au Cirfa (Centre d’information et de recrutement des forces armées) du fort de Vincennes, où les candidats sont invités à passer des tests pendant trente-six heures - bilans sportif, psychologique, cognitif…-, l’ambiance est « sévère mais juste » (surtout sévère). « On n’entre pas dans l’armée pour fuir l’école ! annonce d’emblée le caporal-chef Raphaël, crâne rasé et béret coincé sous son galon d’épaule. Ici, on passe la moitié de sa vie en formation, il y a tout le temps des examens pour renouveler son contrat. On ne vient pas non plus pour un CDI : 75 % des militaires sont en CDD de deux à dix ans. C’est bon, tout le monde a compris ? »

 

 

Un instructeur recruteur.

 

Face à lui, assis à leurs tables d’écoliers, quatre filles et dix-sept garçons, des mômes - la plus jeune est née en 2000 -, le regardent mi-craintifs, mi-admiratifs. Certains ont les cheveux longs, d’autres une coupe déjà militaire, deux petites brindilles portent une queue-de-cheval bien lissée. Silence, tandis que le caporal-chef les appelle un à un par leur numéro de badge – « Vous comprendrez que j’ai pas le temps d’apprendre tous vos noms… » -, arrête net ceux qui vont plus vite que la musique - « Ne faites pas les malins à vouloir tout remplir à la hâte. Si vous ne savez pas, vous écrivez NSP, ne sais pas. » -, donne les instructions - « Ici, pas de gaspillage, vous avez une bouteille d’eau pour trente-six heures. Quand elle est vide, vous la remplissez au robinet ! ». Il lance les phrases comme des coups de sifflet et, pourtant, lui-même a une tête de gamin, tendre et ironique, des yeux ronds de héros de « La Guerre des boutons ». Sauf que sa guerre à lui était en Afghanistan. « J’ai d’abord été combattre en ex-Yougoslavie contre les troupes de Milosevic qui pratiquaient le nettoyage ethnique, à une époque où certains d’entre vous n’étaient pas encore nés, se présente-t-il. J’ai participé à huit opérations extérieures. J’ai perdu des camarades en Afghanistan. Je suis marié, j’ai trois filles. J’ai raté beaucoup de fêtes de Noël, de premiers pas, de rentrées scolaires. C’était dur. Mais ça valait la peine. Des questions ? À vous. » Quelques doigts se lèvent : « Que se passe-t-il si on est dépisté positif pour de la drogue ? » - « On est recalé et on a le droit de repostuler six mois plus tard. » Un autre demande combien il faut faire de tractions pour être pris. « Votre maximum ! On ne vous jugera pas de la même manière les uns et les autres. Ce qu’on veut, c’est que vous donniez le meilleur de vous-même. Comme dit le proverbe : “Qui peut le plus peut le plus” ! ».

 

 

« Ici, si tu déconnes, c’est cent pompes ! Je ne suis pas fait pour la vie de bureau. L’armée, c’est idéal pour moi. » Aymeric, 21 ans

 

Le caporal-chef Raphaël aime bien sa petite troupe. Il reconnaît en eux le garçon de 19 ans qu’il était quand il s’est engagé. « Ce qui m’étonne chez ces jeunes, nous confie-t-il, c’est la différence entre ce qu’ils donnent à voir et la réalité. On les croit habitués à zapper tout le temps, ici, c’est le contraire. Ils le comprennent très vite et, finalement, ils sont au rendez-vous. On voit des types nonchalants se tenir droits comme un I. Autre chose étonnante avec cette génération : ils ne connaissent pas la vie en société. Facebook, c’est un groupe virtuel, ça isole. Au fort de Vincennes, ils dorment, mangent, vivent en groupe pendant trente-six heures et sont évalués aussi sur leur capacité à s’adapter. Ce sont de vraies relations humaines. Mais, là encore, ils s’adaptent. Le seul hic, c’est qu’ils veulent plus qu’un cadre, quasiment une nounou… Et nous, on n’est pas là pour les couver ! » Dans les couloirs, ça fantasme sur la discipline. « Ici, si tu déconnes, c’est cent pompes ! » croit savoir Aymeric, un Parisien de 21 ans qui est sûr de trouver dans l’armée ce qu’il ne trouve pas dans le civil. Avant, il faisait des « conneries ». Le free fight et autres sports de combat aux noms étranges lui ont donné une discipline. « Je ne suis pas fait pour la vie de bureau, explique-t-il. Dans le civil, c’est chacun pour soi, il n’y a pas de cohésion… L’armée, c’est idéal pour moi. Depuis que je veux m’engager, même si j’ai perdu des amis qui voulaient continuer à faire la fête, la vie est belle. Tout va bien quand on apprend à faire son lit le matin : le soir, on le retrouve fait. » Le colonel de Lapresle a une analyse sur cette soif d’autorité : « Aujourd’hui, quand vous donnez une information à un jeune, il va tout de suite vérifier sur Google si ce que vous avez dit est vrai. Tout le monde a l’air à égalité. Personne ne détient le savoir ou le pouvoir. L’armée rétablit une réalité : il y a des savoirs, des pouvoirs, et des hiérarchies sont nécessaires pour certaines actions. » Voilà que s’activent les futurs engagés dans la salle d’évaluation sportive, ils courent, enjambent un cheval-d’arçons, trottinent, avec, derrière eux, placardé en énorme, le mot « effort ». « Les jeunes sont moins sportifs qu’avant, regrette le colonel. Avec les ascenseurs et les Escalator, ils n’ont plus de cuisses. Mais la guerre, elle, n’a pas changé. Face à l’ennemi, il faut des combattants solides et prêts au sacrifice. Autre différence par rapport aux générations précédentes : du fait de la crise, ils sont moins bien soignés. Certains voient un médecin ou un dentiste pour la première fois lors de la visite médicale ! En revanche, ils sont plus instruits : 50 % ont le bac. Mais ils sont aussi beaucoup, beaucoup plus anxieux… »

 

« On cherche des gens équilibrés. On ne peut pas mettre des armes dans les mains de n’importe qui. » Le colonel de Lapresle

 

En moyenne, deux candidats sur cinq sont reçus dans les rangs. Parmi eux, de plus en plus de filles. L’armée de terre française est l’une des plus féminisées d’Europe avec 13 % de femmes.

 

Depuis 1998, plus aucun poste ne leur est interdit et l’égalité des salaires est garantie. Une adjudante confie que, si l’armée a eu son lot de scandales (des viols notamment, dénoncés dans « La Guerre invisible », de Leila Miñano et Julia Pascual, éd. Les Arènes), « en général, les gens sont tenus ». Les jeunes filles qui s’engagent semblent moins le faire par besoin de discipline que par vocation. Chloé, 23 ans, est réceptionniste à Nanterre (92) et bénévole pour la Croix-Rouge. Son rêve à elle, c’est de devenir gendarme en montagne, pour secourir les blessés. Nina veut « défendre la France, les valeurs de la République, la solidarité ».

 

Nina veut avant tout servir son pays.

 

Ce matin, sa mère a pleuré quand elle est partie, mais, assure-t-elle, « au fond, elle est drôlement fière de moi ». Se sentir utile et vivant, voici ce qui les anime alors qu’ils terminent, un peu inquiets, cette première journée. Le soir, un film leur sera diffusé pour montrer le mieux possible la réalité du métier de soldat. « On cherche des gens équilibrés, reprend le colonel de Lapresle. On ne peut pas mettre des armes dans les mains de n’importe qui. Ceux qui ont un passé lourd, on ne les prend pas. On ne vient pas à l’armée pour la bagarre. Nous n’attirons pas et nous ne voudrons jamais les jeunes gens perdus ou ceux qui seraient tentés par l’islamisme, par exemple. De toute façon, ici, on salue le drapeau français et on chante la Marseillaise. » Si les attentats ont accru le nombre de vocations - et ont motivé quelques jeunes du groupe, comme Reda, de parents marocains, qui veut changer l’image que certains ont des enfants d’immigrés -, ce n’est pas par vengeance ou parce qu’ils se sentent menacés qu’ils sont là. « Ce qu’ils veulent, continue le colonel de Lapresle, c’est une forme de reconnaissance. Qu’on soit fier d’eux. Je crois que la nature humaine fonctionne toujours par la reconnaissance. Ils la cherchent via les réseaux sociaux. Il y a une nouvelle philosophie de vie à inventer. Vous savez, cette génération sait qu’elle gagnera, fait rare dans l’Histoire, moins que ses parents. Près de deux millions de jeunes de 15 à 29 ans sont aujourd’hui sans emploi ni diplôme. Avec nous, ils ont une chance de prendre enfin l’ascenseur social. »

 

Dans un pays en crise, l'armée recrute des milliers de jeunes.

 

Il faut les voir répéter, enthousiastes, les mots qu’ils ont lus sur la brochure : « Quel que soit ton CV, tu intéresses l’armée, elle regarde ton potentiel, tout ce qui compte, c’est d’être français parce que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Il faut juste vouloir servir sa patrie. Avec honneur. » Un rêve qui détonne dans un monde d’ultra-consommateurs : celui d’une vie au péril de la perdre. Debout.

 

Moi, Émilie, ex-officier

 

Enfant, Émilie Guillaumin avait deux passions : la littérature et l’armée. Elle en a tiré un premier roman, « Féminine » (éd. Fayard), récit de dix-huit mois passés sous les drapeaux.

 

ELLE. Dans le même temps que votre roman, deux films français, dont « Voir du pays » et « Les Combattants », sont sortis ces deux dernières années. Comment expliquez-vous cette fascination récente pour l’armée ?

 

Émilie Guillaumin. L’armée offre des expériences que la vie civile ne propose plus. C’est l’aventure, tout en ayant un vrai cadre. La rencontre de gens extrêmement différents et le sentiment de se dépasser tous ensemble. Moi, je me suis retrouvée à ne pas dormir pendant trois jours, à porter vingt kilos sur mon dos et cela parce que j’étais galvanisée par le groupe. Dans la vie « normale », on n’a pas ce sentiment de se donner à fond.

 

ELLE. Pourquoi en êtes-vous finalement partie ?

 

Émilie Guillaumin. Parce que j’y étais entrée pour les mauvaises raisons. J’étais rêveuse, romantique, trop impressionnable au sens où l’idée de risquer de mourir est devenue obsédante. Or, dans l’armée, il faut se concentrer sur ses tâches quotidiennes, être pragmatique, obéir. J’avais une attirance et une répulsion tout à la fois pour le côté salut au drapeau, l’uniforme… J’ai un peu honte d’être partie, mais cela a donné naissance à un livre ! Et maintenant, je suis toujours hyper ponctuelle et très sportive.

 

ELLE. Avez-vous eu peur de subir des agressions dans cet univers masculin ?

 

Émilie Guillaumin. Jamais. Je suis toujours étonnée quand on me pose la question. C’est un univers d’hommes, avec des blagues grivoises, comme partout où l’on essaie d’oublier la tension, le milieu médical par exemple. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas jouer sur la séduction. J’étais un officier et les hommes ne voyaient pas que j’étais une femme. J’étais lieutenant, et donc intouchable. F.B

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J'aime bien l'article même si on peut sentir une certaine orientation ( normal on peut pas être parfaitement neutre) et l'auteur se moque X) .

Puis dans les descriptions des jeunes on voit bien que l'auteur à un certain age ^^. Un vieux ou un déprimé :P

Edited by Pamon

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l'auteur à un certain age ^^. Un vieux ou un déprimé :P.............comme toutes les lectrices d'ELLE.

BTX

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