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Affaire Skripal, l'analyse de Georges Estievenart

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http://ainsi-va-le-monde.blogspot.fr/2018/03/affaire-skripal-lanalyse-de-georges.html

La Première ministre britannique Theresa May considère comme "très probable" que la Russie soit responsable de l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille, le 4 mars dernier. S'exprimant, aujourd'hui, devant les députés, elle a donné jusqu'à demain soir à Moscou pour fournir des explications à l'Organisation pour la prohibition des armes chimiques (OIAC). Nous avons, il y quelques heures, interrogé Georges Estievenart, responsable Europe à l'Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) sur cette nouvelle possible élimination d'Etat.

Les services russes sont donc fortement suspectés par Londres d’avoir empoisonné Sergueï et Youlia Skripal ?

R. Sergueï Skripal (66 ans), et sa fille Youlia (33 ans), ont été retrouvés inconscients sur un banc, dans un centre commercial de la petite ville de Salisbury (sud de l’Angleterre), le dimanche 4 mars 2018. Ils sortaient d’une pizzeria. Sergueï Skripal est un agent double qui avait été recruté par les services secrets britanniques (MI6) dès les années 1990. Membre de la Direction générale des renseignements de l’état-major russe jusqu’en 1999, il obtenait le grade de colonel, puis poursuivait sa carrière au ministère des affaires étrangères jusqu’en 2003. Il était arrêté en 2004 par le FSB (ex-KGB). Il allait plaider coupable au cours de son procès, reconnaissant notamment avoir fourni des informations sur les dates, lieux de rencontre et identité de dizaines d’espions russes opérant en Europe. Cette coopération avec le MI6 lui aurait valu une rétribution de 100.000$. En août 2006, il était condamné à 13 ans de prison pour haute trahison. En 2010, il faisait l’objet d’un échange triangulaire entre la Russie, les Etats-Unis et le Royaume Uni, d’espions dormants russes aux Etats-Unis. L’année suivante, il achetait une maison à Salisbury sous son propre nom. Il ne fait pas de doute qu’il était repéré et identifié par le Kremlin comme un traître à la cause nationale.

Dans des affaires précédentes, Londres a prudemment réagi ?

Bien que l’enquête sur le cas Skripal ne fasse que démarrer, il va de soi que les services britanniques font le rapprochement avec le cas douloureux d’Alexandre Litvinenko, lui aussi un ancien cadre du KGB, empoisonné le 1er novembre 2006 dans un bar de Londres et décédé le 22 novembre. L’enquête alors diligentée allait faire porter les soupçons sur deux hommes d’affaires russes, eux-mêmes anciens cadres du KGB, qui auraient administré à Litvinenko une dose mortelle de polonium-210, une substance radioactive hautement toxique. A l’issue de ces investigations, le juge en charge, Robert Owen, concluait le 21 janvier 2015 que l’ordre d’exécution était « probablement » venu de Moscou, avec l’aval du chef du FSB (ex-KGB). Cette probabilité ne valant pas certitude ou preuve, et les deux suspects ne pouvant être extradés, le gouvernement britannique manifestait certes son mécontentement, mais devait renoncer à toute mesure sérieuse de rétorsion contre Moscou.

Pour ce qui est de l’affaire Skripal, les faits sont largement comparables : au moment où nous parlons, Sergueï Skripal se trouve dans un état critique ; sa fille devrait pouvoir être sauvée, même s’ils sont tous deux encore dans le coma. D’ores et déjà, l’agent de « la tentative de meurtre » a été identifié : il s’agit d’un « agent innervant », substance chimique affectant le système nerveux, de la famille du sarin ou de l’agent VX (avec lequel fut assassiné début 2017, le demi-frère de Kim Jong-Un). Mais la nature exacte de ce produit n’a pas été divulguée. Celle-ci devrait faciliter la recherche de la source. A ce stade, le Premier ministre Theresa May a brandi la menace d’un boycott diplomatique par le Royaume Uni de la Coupe du monde de football qui se tiendra en Russie en juin 2018.

En outre un policier britannique a été victime du poison…

Le fait qu’un policier britannique, accouru parmi les premiers sur les lieux du drame, soit victime du poison est une circonstance aggravante qui devrait être éclaircie par la connaissance de l’identité de l’agent chimique utilisé par les auteurs de la tentative de meurtre. A noter que ce policier se trouve lui aussi dans un état grave, voire critique, puisqu’il est également dans le coma.

L’épouse de Sergueï Skripal est décédée en 2012 d’un cancer. Son fils Alexandre est mort l’an dernier d’une maladie du foie. Troublant ?

Ce sont évidemment des éléments à prendre en compte et à creuser au cours de l’enquête engagée, qui mobilise des dizaines d’agents de Scotland Yard. Mais en soi, et à ce stade, ils ne constituent pas des preuves accréditant une action commanditée par le Kremlin.

Il y a une sorte d’impunité pour Moscou…

Dans l’affaire Skripal comme dans l’affaire Litvinenko, on doit envisager plusieurs hypothèses. Si le gouvernement britannique parvient à réunir des preuves confondantes à l’encontre des commanditaires, soit il les utilise et engage de véritables rétorsions, soit il les dissimule ou les minore, car elles sont contraires à ses intérêts supérieurs. Ces décisions sont d’autant plus délicates qu’elles interviennent dans une période où les tensions diplomatiques s’aggravent et se multiplient. La prudence est donc de mise, au moins aussi longtemps que les éléments de culpabilité recueillis ne sont pas devenus irréfutables.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, demande davantage de collaboration entre les services de renseignement des deux pays ?

En effet, et c’est en quelque sorte le revers positif de la médaille, dont joue – toujours habilement – Sergueï Lavrov : compte tenu du contexte géostratégique actuel, l’heure est au renforcement tous azimuts de la coopération internationale en matière de renseignements, et aucun pays n’est prêt à prendre des risques inconsidérés dans ce domaine, alors que plane toujours la menace directe et indirecte liée à l’existence de l’Etat Islamique et du terrorisme international. Tout relâchement dans les efforts menés séparément et conjointement par les services de renseignements serait immédiatement sanctionné. La coopération sur des cas individuels reste quant à elle largement tributaire de la (bonne) volonté des Etats impliqués.

http://www.opex360.com/2018/03/13/londres-demande-explications-a-moscou-apres-lempoisonnement-dun-agent-russe-mi-6/

Londres demande des explications à Moscou après l’empoisonnement d’un agent russe du MI-6

Lors de l’enquête, confiée à Scotland Yard, il a été établi par centre de recherche de Porton Down, un laboratoire du ministère britannique de la Défense (MoD) spécialisé dans les armes chimiques, que la susbstance utilisée était un gaz innervant de « qualité militaire », du groupe des agents « Novichok » mis au point par l’Union soviétique dans les années 1970/1980.

Une semaine après l’empoisonnement du colonel Skrival et de sa fille, encore hospitalisés dans un état « critique mais stable », Theresa May, Mme le Premier ministre britannique, a ainsi demandé des comptes à Moscou. Ainsi, elle a donné jusqu’au 13 mars au soir aux autorités russes pour livrer des explications sur l’origine de la substance utilisée à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

La Russie a soit mené « une attaque directe dans notre pays”, soit « perdu le contrôle d’un agent chimique aux effets potentiellement catastrophiques », a relevé Mme May. « En l’absence de réponse crédible, nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l’Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la chambre (des Communes) et présenterai l’éventail des mesures que nous prendrons en représailles », a-t-elle prévenu.

En réponse, Moscou a qualifié de « provocation » le discours de Mme May. « C’est un numéro de cirque à destination du parlement britannique », a réagi Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangère. De son côté, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé que les « accusations » de Londre ne visaient qu’à « discréditer la Russie » à l’approche de l’organisation de la prochaine coupe du monde de football, remportée aux dépens du Royaume-Uni.

Les agents neurotoxiques « Novichok » ont été mis au point dans le cadre du programme soviétique « Foliant ». Le plus connu est le Novichok A-230, lequel serait jusqu’à 8 fois plus toxique que le gaz VX.

Les agents « Novichok » peuvent être liquides ou solides (sous la forme d’une fine poudre blanche). Le fait qu’ils soient binaires (c’est à dire qu’ils deviennent nocifs après avoir mélangé deux substances chimiques moins nocives) les rend plus faciles à transporter.

« L’une des principales raisons pour lesquelles ces agents ont été développés est que leurs composants ne figurent pas sur la liste des produits interdits », a expliqué, à la BBC, le professeur Gary Stephens, expert en pharmacologie à l’Université de Reading. En outre, ils sont beaucoup plus difficiles à identifier.

Quoi qu’il en soit, les États-Unis ont appporté leur soutien au Royaume-Uni en affirmant faire « toute confiance à l’enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l’attaque. »

« Nous sommes d’accord sur le fait que les responsables – à la fois ceux qui ont commis le crime et ceux qui l’ont ordonné – doivent en subir les sérieuses conséquences appropriées », a réagi Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine, après un entretien téléphonique avec Boris Johnson, son homologue britannique.

Le gouvernement britannique a par ailleurs tenu informé son allié français de cette affaire. Ainsi, Londres et Paris ont convenu de « se coordonner étroitement » à mesure des progrès de l’enquête. En outre, a assuré 10 Dowing Street, Mme May et le président Macron ont « discuté du comportement agressif de la Russie » et se sont accordés sur le fait qu’il « serait important de continuer à agir de concert avec les alliés pour y remédier. »

Cette affaire est en outre « très préoccupante pour l’Otan », a par ailleurs estimé Jens Stoltenberg, son secrétaire général. « Cela va à coup sûr entraîner une réaction », a par ailleurs affirmé M. Tillerson.

« Même si c’est douloureux, l’Occident endormi doit se réveiller face à la vraie menace posée par Poutine », a résumé le conservateur William Hague, chef du Foreign Office entre 2010 et 2014, dans les colonnes du Daily Telegraph. Selon lui, l’affaire Skripal « contient tous les éléments du régime Poutine – vengeance, déni, inventivité et capacité de discerner des faiblesses des sociétés ouvertes et libres. »

 

 

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C'est une signature que chaque pays aurait fait ! Donc crier au loup c'est un peu faux cul mais c'est le jeu :lol:!

Mais bon sa n'enlève en rien la menace russe sur l’Europe et c'est pas nouveau donc rien de nouveau au final sauf que la il faut en parler un peu à la presse donc tout le monde va bombé le torse puis dans 1 mois plus personne en parlera ^_^.

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Tu fait doublon :P 

J'ai dit c'est une signature :D ! c'est un classique :lol: ! Donc bien sur que la méthode est voulu pour signifier que voila ... Ou je veux et quand je veux ...

La France aussi fait pareil , donc sert à rien de faire sa vierge effaroucher :X !

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https://fr.sputniknews.com/international/201803141035494080-may-contacts/

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé qu'elle suspendra tous les contacts de haut niveau prévus avec Moscou suite à l’empoisonnement de Sergueï Skripal.

Ce mercredi, Theresa Mays a promis qu’elle suspendra tous les contacts de haut niveau prévus avec les autorités russes, y compris qu’elle retirera l’invitation envoyée à Sergueï Lavrov pour se rendre à Londres, en raison de l'affaire Skripal.

La première ministre a cependant précisé que le Royaume-Uni ne rompra pas entièrement les relations avec la Russie. «Il n’est pas dans notre intérêt national de rompre totalement les relations et le dialogue avec la Russie. Mais tenant compte de ce qu'il s’est passé… les relations entre nos pays ne peuvent plus être les mêmes.»

En outre, comme l'a annoncé Theresa May, les hauts fonctionnaires et les membres de la famille royale n’assisteront pas à la Coupe du Monde qui se déroulera en Russie cet été. Le Royaume-Uni expulse également 23 diplomates russes de son sol. L'ambassade russe à Londres a qualifié cette décision d’inacceptable et à courte vue.

Le 11 mars, la Première ministre britannique Theresa May a accusé la Russie d'implication dans l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations. Qualifiant l'affaire de «provocation», la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a de son côté estimé que les propos de la Première ministre britannique étaient un «cirque en plein parlement».

Le 4 mars dernier, Sergueï Skripal et sa fille ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury. M. Skripal s'est vu donner l'asile au Royaume-Uni en 2010 après un échange d'agents de renseignement entre la Russie et les États-Unis lorsque 10 agents russes, dont Anna Chapman, sont rentrés dans leur patrie.

...

https://fr.sputniknews.com/international/201803141035497699-moscou-londres-mesures/

Affaire Skripal: Moscou prépare des mesures symétriques à l'encontre du Royaume-Uni

Maria Zakharova a déclaré que la Russie préparerait des mesures symétriques adéquates à l’encontre du Royaume-Uni suite à l’expulsion de diplomates russes annoncée mercredi par la Première ministre britannique Theresa May. Moscou s’apprête à riposter à l’expulsion de 23 diplomates russes et à la suspension des contacts bilatéraux avec la Russie, a fait savoir la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

«Il y aura des mesures conformes, adéquates — je crois qu'on ne doit pas s'accrocher aux mots — réciproques, qui correspondent à la situation. On est en train d'élaborer une riposte», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors de l'émission de télévision 60 minutes.

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Sa va donner du travail aux moustachus :D !

Par contre ce que je ne comprends pas , c'est que en 24h , on peut avoir le noms de la légende , donc si il y en as pas , c'est que le type est encore sur place !

Ou sinon l'information n'est pas donner pour le moment et reste interne a l'enquête ... on verra avec le temps .

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Comme toutes les opérations homo, on verra avec le temps.  Mouais mais des fois c'est long et puis ça dépend hein:X

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il y a 3 minutes, SG5375 a dit :

Comme toutes les opérations homo, on verra avec le temps.  Mouais mais des fois c'est long et puis ça dépend hein:X

La on parle d'affaire d'état ! Pas d'opj :D !

24 h tu as le nom du type ou le faux nom mais tu as ce que tu veut !

Sinon oui , il faudra surement attendre la prescription pour savoir un peu plus sur l'histoire :lol:!

 

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Le type qui a fait le coup il a intérêt à vite partir ou il va finir suicider dans une malle fermer avec un cadenas au fond de l'eau :lol:!

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il y a 1 minute, Zante a dit :

Le type qui a fait le coup il a intérêt à vite partir ou il va finir suicider dans une malle fermer avec un cadenas au fond de l'eau :lol:!

Le tarif quoi, mais tout au black, pas de facture :mili

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Puis dans 50 ans ... meurtre ou suicide ?

C'est un suicide ... mais le choix ne lui a pas était donner :lol:!

 

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Deux balles pour un suicide c'est possible et déja vu mais par contre dans le dos ça va être tendu:D

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C'est fini le temps des balles dans le dos ! Maintenant tout est chimique ! Plus facile , moins détectable et plus facilement transportable :X 

 

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J'ai pas taper une cartouche depuis un petit moment la :D ! Je vais en taper une maintenant chez moi juste pour te faire venir en urgence :lol:!!

Tu connais la procédure ... tu me poursuit mais pas trop vite que j'ai le temps de fuir :E

 

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L'empoisonnement de Skripal rappelle celui de Litvinenko : à qui profite le crime ?

Le Premier ministre britannique Theresa May a annoncé l’expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie, qu’elle a déclarée « coupable » de l’empoisonnement d’un ex-espion russe sur son sol. Moscou a dénoncé « une provocation grossière ». Analyse partagée par certains spécialistes occidentaux.

Eric Dénécé (Directeur du Centre de Recherche sur le Renseignement) estime que les accusations d'empoisonnement de Skripal par la Russie ne tiennent pas la route et dénonce l'inversion de la charge de la preuve

Le Vice-Président à Paris du Parti Conservateur Britannique se désolidarise de Theresa May : «Je ne vois pas l'intérêt de la Russie d'avoir voulu le tuer(...) Je suis avocat et regrette que l'offre de coopération de Lavrov ait été rejetée»

Le Directeur de Recherche à l'Iris se demande à qui profite le crime sachant que les relations entre la Russie et la Grande-Bretagne étaient en train de se réchauffer avec une visite qui était prévue de Sergueï Lavrov à Londres.

En 2006, une affaire similaire, l'empoisonnement au polonium de l'espion russe Alexandre Litvinenko, avait provoqué en 2016 cette révélation du capitaine Barril, ex-commandant du GIGN, affirmant détenir des documents prouvant qu’Alexandre Litvinenko a été tué par les services spéciaux américains et britanniques. Selon lui, l’assassinat de Litvinenko était une opération des services spéciaux conçue pour diffamer la Russie et Vladimir Poutine, à laquelle le fameux oligarque russe Boris Berezovsky a participé, et a été tué lui-même par le MI6 quand il est devenu gênant. L’opération aurait pour nom de code « Beluga ».

«La Russie n’a rien à voir avec (l’assassinat de Litvinenko). L’affaire a été fabriquée depuis le début. Le Polonium a été choisi comme poison parce que, en raison de sa production en Russie, il impliquerait la Russie. L’objectif de l’ensemble de l’opération était de discréditer le président Poutine et le FSB. Cela a été fait parce que la Russie bloque les intérêts américains dans le monde entier, en particulier en Syrie. Ce fut une tentative d’affaiblir l’emprise de Poutine sur le pouvoir, de déstabiliser la Russie«.

Dans l’interview, Barril mentionne celui qui s’affiche ouvertement comme l’ennemi de Poutine, le financier William Browder, comme étant en étroite collaboration avec Berezovsky. Browder a dirigé le bureau russe des investissements chez Salomon Brothers. Il dirige actuellement le fonds d'investissement Hermitage Capital Management, une branche de la banque HSBC qui contrôle le plus grand fonds d’investissement étranger en Russie et possède notamment des parts dans des sociétés comme Gazprom, Inter RAO, Rosneft, Sberbank, Sidanko, Surgutneftegaz, etc.

 

 

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La France durcit le ton à l’égard de la Russie, après la tentative d’assassinat d’un ex-espion russe au Royaume-Uni

Jusqu’à présent, et même si elle avait condamné vigoureusement la tentative d’assassinat du colonel Skripal et de sa fille, la France observait une relative prudence dans cette affaire. Ainsi, le 13 mars via un communiqué, la ministre des Armées, Florence Parly, s’était limitée à faire part « à son homologue de la solidarité et du soutien de la France face un acte particulièrement grave et inacceptable. » Visiblement, les éléments présentés par Londres ont fait pencher la balance. Ainsi, la France a joint sa voix à celles de l’Allemagne, des États-Unis et du Royaume-Uni pour condamner la tentative d’assassinat du colonel Skripal par une substance chimique et estimer que « cette « atteinte à la souveraineté britannique » constitue une « menace » pour la sécurité.

« Nous, les chefs d’Etat et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni, exprimons notre consternation », affirme ce communiqué commun. « Cet emploi d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie, constitue le premier emploi offensif d’un agent neurotoxique en Europe depuis la seconde guerre mondiale », poursuivent-ils. « C’est une atteinte à la souveraineté britannique, et toute action de cette nature venue d’un Etat-partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques est une violation claire de ladite convention et du droit international. C’est notre sécurité à tous qui est menacée », ajoutent-ils.

« Nous partageons le constat britannique qu’il n’y a pas d’autre explication plausible [que la responsabilité russe] et relevons que l’incapacité de la Russie à traiter des demandes légitimes du Royaume-Uni accentue encore sa responsabilité », estiment les dirigeants français, britanniques, allemands et américains. Et ce conclure : « Nous demandons à la Russie de répondre à toutes les questions liées à l’attaque de Salisbury. La Russie devrait en particulier déclarer de façon entière et complète son programme ‘Novichok’ à l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). »

Plus tard, le président Macron s’est exprimé publiquement sur cette affaire, ce qu’il n’avait jusqu’alors pas encore fait. « Je veux dire ici toute ma solidarité à l’égard de Theresa May », a-t-il dit, lors d’un déplacement en Indre-et-Loire. « Tout porte à croire » que la Russie en est « responsable » de la tentative d’assassinat du colonel Skripal, a-t-il continué. « Le travail mené par les services britanniques, partagé avec les services français, le confirme », a-t-il assuré. Et d’insister : « La France condamne donc avec la plus grande fermeté cette attaque inacceptable sur le sol d’un pays allié. »

En outre, M. Macron a indiqué qu’il discuterait des mesures qu’il entend prendre à l’égard de la Russie avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

Par ailleurs, l’Otan a également réagi. « Cette attaque est extrêmement grave », a dit Jens Stoltenberg, son secrétaire général, en évoquant l’affaire de Salisbury. « La Russie est notre voisin et la décision d’entrer dans une confrontation sera sa décision », a-t-il prévenu. « Nous ne souhaitons pas une nouvelle Guerre froide, nous ne voulons pas être entraînés dans une nouvelle course aux armements, car c’est coûteux, dangereux et dans l’intérêt de personne », a encore fait valoir M. Stoltenberg. « Mais nous avons un message : l’Otan défendra tous ses membres contre toute menace […] Nous sommes en mesure de nous défendre », a-t-il ensuite assuré, avant d’appeler les Londres à agir de façon « proportionnée et modérée », afin de ne pas réduire les chances d’une prochaine réunion du Conseil Otan-Russie (COR). L’Alliance « veut continuer a avoir un dialogue. Il est difficile mais nécessaire », a-t-il en effet plaidé.

Côté russe, l’on continue à démentir toute implication et à préparer une riposte aux mesures prises par les autorités britanniques. « Il est clair que Londres se trouve dans une situation très difficile en ce qui concerne les négociations avec l’Union européenne sur le Brexit. […] La popularité de ce gouvernement ne cesse de baisser » et « cette manière d’organiser des provocations autour de Sergueï Skripal détourne l’attention », a voulu expliquer Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.

Mieux : le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l’agence Interfax, a démenti l’existence des agents « Novichok ».

« Il n’y a eu aucun programme de développement d’armes chimiques sous le nom ‘Novitchok’ ni sous l’URSS, ni en Russie », a-t-il en effet assuré.

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Un point de vue intéressant sur la Russie par Hélène Carrère d'Encausse

 

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http://forcesoperations.com/basons-des-alliances-internationales-sur-la-confiance/

Basons des alliances internationales sur la confiance !

« Le Conseil européen est d’accord avec le Royaume-Uni sur le fait qu’il est hautement probable que la Russie soit responsable de l’attaque de Salisbury et qu’il n’y a pas d’autre explication plausible », a écrit Tusk. « Nous sommes pleinement solidaires avec le Royaume-Uni face à ce défi sérieux pour notre sécurité partagée », est-il indiqué dans la conclusion de cette réunion des 28.

En venant à Bruxelles, la Première ministre britannique Theresa May avait annoncé vouloir obtenir le soutien de ses homologues dans le très chaud dossier de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille, il y a deux semaines.

Une conclusion au stade actuel de l’enquête est que l’agent innervant utilisé pour l’empoisonnement n’a été développé, produit et stocké que par la Russie à l’époque soviétique. Comme cela aurait été le cas pour d’autres anciens espions passés à l’Ouest (des enquêtes sur d’anciennes morts suspectes et inexpliquées vont être relancées), la Russie est désormais soupçonnée – accusée – de régler leur compte à ces traîtres du passé.

........../..........

Néanmoins, dès ce vendredi 23 mars, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé Londres de pousser ses alliés à une confrontation avec Moscou.

Quand une situation devient aussi crispée au niveau international, il est bon de s’assurer des amitiés puissantes pour fonder sa stratégie de défense, surtout dans la perspective – plausible – d’une escalade. Certaines existent déjà. D’autres sont à bâtir. Vite !

Dans son édition du 20 mars dernier, le journal français Les Echos a publié une carte blanche signée de noms faisant autorité en matière de défense : Pierre de Villiers (ancien chef d’État-major des armées françaises), Martin Dempsey (ancien chef d’État-major de l’armée américaine), et Nick Houghton (ancien chef d’État-major de l’armée britannique).

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L’amitié personnelle qui, à un certain niveau, unit ces ex-chefs d’état-major général s’explique par leur dernière fonction prestigieuse exercée avant départ à la retraite… ou démission. Commander, concrètement à défaut du titre officiel qui est constitutionnellement assigné au chef de l’Etat, toutes les forces armées d’un pays, voilà qui octroie une position unique pour gérer les risques et les menaces auxquels fait face son pays ! Donc aussi à s’exprimer sur le sujet.

Dans leur carte blanche, les trois anciens chefs d’état-major ont exprimé leur inquiétude quant à l’état du monde. Ce qui se passe sur les théâtres d’opérations actuels et dans les relations Russie-Occident leur donne raison. L’instabilité et l’incertitude deviennent la règle plutôt que l’exception.

Les ex-chefs d’état-major énoncent « trois menaces distinctes mais non disjointes » :

- le terrorisme islamiste radical,

- l’immigration de masse

- et le retour des Etats puissance.

« La force régulatrice des Etats souverains comme celle des pôles de sécurité collective s’en trouvent fragilisées », ont-ils écrit. La responsabilité est à chercher, au moins en partie, du côté des inégalités sociales qui se sont creusées, aussi bien à l’intérieur des pays, qu’entre eux. « Autrement dit, l’humanité fait perdurer une désastreuse distribution des richesses et des opportunités dans le monde ».

Les nouveaux rapports de force que s’attachent à bâtir certains Etats, proches ou loin de l’Union européenne, sont préoccupants. Les lois de programmation militaire ou équivalentes doivent planifier des budgets de plus en plus élevés pour y faire face. Nous vivons dans un climat général de tension croissante, alors que notre monde maîtrise de mieux en mieux des technologies extraordinaires aptes à résoudre des problèmes fondamentaux de tous ordres, notamment climatique, problèmes que notre mode de vie contribue à aggraver.

Une conséquence est aisément constatable : notre monde se réarme. Les trois ex-chefs d’état-major relèvent qu’en 2016, les ventes de matériel militaire ont retrouvé leur niveau de la fin de la guerre froide. Et cette tendance s’accroît.

Dans leur carte blanche, la deuxième inquiétude mentionnée par les ex-militaires de haut-rang réside dans le fait que « l’efficacité des institutions internationales connaît un déclin continu. Elles nous semblent en difficulté pour résoudre les problèmes à l’échelle mondiale, alors qu’elles ont été créées pour cela. »

La troisième source d’inquiétude énoncée est « le manque d’engagement de la communauté internationale en faveur d’un leadership collectif et collaboratif. » Au-delà des discours, les réalisations communes pour résoudre les crises de tous ordres sont dangereusement trop rares. Le manque de volonté politique est à blâmer, en raison de préoccupations nationales ou trop restreintes.

Pour en revenir aux préoccupations de Forces Operations, il est connu que gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix : les opérations militaires en Afghanistan, en Afrique du Nord et subsaharienne, en Syrie, en Irak et ailleurs le démontrent douloureusement. Les trois ex-chefs d’état-major ont raison : « La meilleure façon de promouvoir la puissance militaire est de bâtir des alliances basées sur la confiance ». Puissent-ils être entendu par les sages ! Les sages… Y en a-t-il encore ?

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C'est une bonne idée , mais est elle possible ?

Tout le monde sais que la fraternité humaine nous sauverais de bien des mots ... mais elle est impossible et utopique , du coup ... on vis dans un monde non équitable ... l'emplacement de notre lieux de naissance et un peu le nouveau jeu de la roulette de dieu :D !

Mais l'emplacement nous poussera toujours a trouver que le voisin a plus que nous ou est trop différent de nous ... :X  excuse assez probante pour justifier un peu de violence ou pression !

De grain de sable en grain , nous amène a une situation instable !

C'est pas nouveau , c'est la civilisation humaine qui est ainsi faite ... un combat perpétuel d’intérêt ... on peut voir le bien contre le mal ! Mais qui est le mal et qui est le bien ?

Personne , vue qu'il diffère suivant le point de vue , qui somme nous pour avoir un point de vue rigide et fixe ?

Nous fabriquons toujours par des manières souvent involontaire une tension quelque part , qui va grandir , s’accroître jusqu’à l'abcès , puis on le perce , sa va mieux après un peu de douleur , puis cela reviens un peu plus tard ... 

 

 

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Billard à douze bandes sur fond de velléités de maîtrise des approvisionnements gaziers vers l'Europe, (avec les "dommages collatéraux" que l'on sait au moyen-orient..), de soutenir les ventes d'armement, de tentative de maintenir l'hégémonie du dollar sur les transactions internationales, de récents mouvements massifs sur les titres du Trésor US, etc, etc...

Bref, "le Grand Jeu" se décline désormais à grande échelle à travers les média, qui n'en sont pas l'arme la moins redoutable...

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http://parstoday.com/fr/news/world-i60314-affaire_skripal_l’allemagne_fait_marche_arrière

Affaire Skripal: l’Allemagne fait marche arrière

« La Russie pourra remplacer les quatre diplomates sommés de quitter l’Allemagne », a indiqué ce mercredi 28 mars le ministère allemand des Affaires étrangères.

« Ce que nous avons fait, c’est de déclarer les diplomates persona non grata sur la base de l’article 9 de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques », a expliqué un porte-parole du ministère lors d’une conférence de presse régulière.

« Cela n’a aucun effet sur la taille de la mission diplomatique » russe, a ajouté Rainer Breul. À la question de savoir si Moscou pouvait envoyer quatre nouveaux diplomates pour les remplacer, il a répondu « oui ».

Les quatre agents sommés de quitter le pays ont été « choisis sur la base d’informations dont la nature exacte ne peut être rendue publique, mais nous avons déjà indiqué que le critère a été un lien avec les renseignements », a-t-il encore ajouté.

Vingt-six pays, dont les États-Unis et 18 membres de l’Union européenne, ont décrété plus de 120 expulsions de diplomates russes suite à l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille, attribué par le gouvernement britannique à Moscou.

L’OTAN a pris des mesures similaires dans le cadre de ces représailles coordonnées du camp occidental, sans précédent même du temps de la Guerre froide.

Dans le cas de l’OTAN comme des États-Unis, la taille de la mission russe sera réduite. Washington a notamment annoncé la fermeture d’un consulat à Seattle, sur la côte ouest.

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Remarquable démonstration d'Eric DENECE, connu des milieux du renseignement.

https://www.les-crises.fr/hysterie-collective-par-eric-denece/

Hystérie collective, par Eric Denécé.

UN ASSASSINAT… SANS MORT ET SANS PREUVE

Jusqu’à présent, force est de constater qu’aucune preuve irréfutable de la culpabilité de la Russie dans cette tentative d’assassinat n’a été fournie au public. Pour le moment, toutes les accusations demeurent verbales. Considérons rapidement les faits3Pour de plus amples précisions, nous renvoyons à l’excellente analyse d’Alain Rodier, « Royaume Uni : l’enquête sur la mort du transfuge russe se complique », Note d’Actualité n°509, mars 2018 :

- indéniablement, une tentative d’assassinat a bien eu lieu contre Skripal et sa fille ;

- un policier britannique aurait été également contaminé4Notons toutefois qu’il est rapidement sorti de l’hôpital, ce dont la presse n’a quasiment pas fait état. ;

- mais il n’y pas eu dans cette affaire mort d’homme5L’état de Ioulia Skripal, « s’améliore rapidement« , a indiqué l’hôpital où elle est soignée avec son père ;

- l’utilisation du Novichok n’est pas formellement prouvée ;

- La manière dont la substance neurotoxique a été diffusée n’est pas clairement établie : la police britannique a tour à tour parlé d’un cadeau empoisonné apporté par Ioulia Skripal, puis d’un gaz diffusé via le système de ventilation de la voiture de son père, pour enfin constater qu’il y avait une forte concentration de traces du produit sur la porte d’entrée – à l’extérieur – du domicile de la victime.

Cela fait beaucoup d’incertitudes qui ne permettent pas, en l’état actuel des choses, d’accuser Moscou de cette tentative d’assassinat d’une manière catégorique6Nous n’écartons évidemment pas la possibilité que le gouvernement britannique puisse disposer d’informations obtenues via des interceptions ou une source humaine implantée au cœur du système russe qu’il cherche à protéger. Toutefois, cette absence de production des preuves affaiblit considérablement l’acte d’accusation public , d’autant que d’autres zones d’ombre existent :

- si le neurotoxique utilisé se révélait bien être du Novichok, cela ne serait pas la preuve irréfutable de son emploi par les services russes ou de l’implication de Moscou. En effet, la fin de la Guerre froide pourrait très bien avoir permis à des organisations ou des puissances étrangères de se procurer ce produit auprès du complexe militaro-industriel de l’URSS, alors en pleine décomposition. Il convient donc de rester prudent. Le président tchèque Milos Zeman a ainsi demandé à ses services de renseignement de vérifier si le Novichok pouvait avoir été fabriqué ou stocké dans son pays7Reuters, 26 mars 2018 ;

- quand bien même Skripal aurait été ciblé par des Russes, encore faudrait-il déterminer s’il s’agit de la mafia, des services, de dissidents des services et si l’ordre a été donné par Poutine lui même, ce que n’ont pas manqué d’affirmer péremptoirement les autorités britanniques8Certains spécialistes de la Russie y voient une opération orchestrée par une frange conservatrice et panslaviste de l’appareil de sécurité russe .

Surtout, il est difficile de voir l’intérêt qu’il y avait pour Moscou d’éliminer un individu comme Skripal. Rappelons qu’il n’était que l’un des nombreux ex-espions russes réfugiés à Londres et l’un des moins dangereux. Cet ancien officier du génie parachutiste a poursuivi sa carrière dans les relations internationales à partir des années 1990 : il a été attaché militaire à Malte puis à Madrid avant de revenir à Moscou en 1996 pour raisons de santé (diabète). A noter que si, dans le système russe, les attachés militaires sont administrativement rattachés au GRU, les titulaires de ces postes ne sont pas nécessairement issus de ce service. Très peu d’entre eux sont au courant des noms des agents clandestins opérant dans leur pays de résidence. D’ailleurs la relative « légèreté » de la condamnation de Skripal – 13 ans de prison – pour avoir espionné au profit du Secret Intelligence Service britannique, montre bien qu’il n’a pu donner des informations stratégiques à ses officiers-traitants, sans quoi il eut écopé de la perpétuité et n’aurait sans doute pas été échangé en 2010 contre d’autres membres du SVR arrêtés aux États-Unis.

De plus, Skripal vivait depuis sept ans en Angleterre sous son identité réelle, de manière transparente et n’y menait pas d’activités antirusses[9 . Si Skripal n’a pas continué à travailler pour le SIS, certains estiment qu’il aurait en revanche coopéré avec plusieurs sociétés de renseignement privées d’outre-Manche, dans le collimateur du Kremlin pour avoir travaillé sur le dossier des soi-disant liens russes de Donald Trump.]. Il ne représentait donc aucun un danger pour Moscou. On perçoit donc mal l’intérêt pour le Kremlin de l’éliminer même si certains font le lien avec le discours de Poutine mi-février devant les membres des services. Dans son allocution, le président russe a en effet déclaré qu’il ne pardonnerait jamais les trahisons. Dès lors, certains commentateurs en ont tiré la conclusion pour le moins hasardeuse qu’il s’agissait d’un appel au crime. Cela n’a guère de sens. En effet, il n’est pas dans la tradition des services de quelque pays que ce soit d’éliminer quelqu’un que l’on a échangé. Au demeurant, ces « observateurs » omettent de rapporter que, dans ce même discours, le président russe a appelé à rétablir le dialogue avec les services américains9.

Ainsi, pour le moment, les Britanniques n’ont fourni ni aux médias ni à l’opinion de preuve concrète de leurs accusations à l’égard de la Russie… qu’attendent-ils donc pour le faire ! S’ils en ont la preuve irréfutable, que ne la produisent-ils publiquement ? Sans doute considèrent-ils qu’une accusation tonitruante et un battage médiatique intense suffisent à convaincre le monde de la culpabilité de Poutine. Mais pour l’instant, les Britanniques n’ont fait qu’accuser gratuitement Moscou, le sommant de prouver son innocence, ce qui sur le plan juridique est une scandaleuse inversion de la charge de la preuve et semble n’avoir choqué personne ! Londres a également refusé la coopération des Russes pour cette enquête, ce qui ne manque pas de poser la question de leur intérêt à ne pas ouvrir le dossier à d’autres acteurs10Le Royaume-Uni avait également refusé la coopération des autorités russes lors de l’enquête sur le meurtre de Litvinenko (2006), affaire similaire dans laquelle la soi-disant culpabilité des services russes n’a jamais été prouvée .

Enfin, si les preuves étaient produites11Et l’on ne peut écarter l’hypothèse qu’elles soient « fabriquées ». et qu’il soit démontré que cette action ait bien été ordonnée par le Kremlin et exécutée par ses services, rappelons que Skripal est un traître à son pays. Dans la mesure où il pourrait avoir livré au SIS les noms d’officiers et d’agents russes, il n’est pas illégitime que des proches de ceux qui ont été victimes de sa trahison cherchent à se venger.

Ce ne sont pas les Américains qui diront le contraire, eux qui n’ont de cesse de poursuivre Edward Snowden et Julian Assange pour avoir révélé des informations portant atteinte à leur sécurité nationale. Certes, les deux hommes n’ont pas fait l’objet de tentative d’assassinat, mais les menaces proférées à leur encontre et les pressions exercées sur ceux qui les hébergent sont sans équivoque ; Washington n’a jamais caché son intention de leur faire payer leur trahison (Snowden) et leur complicité (Assange[13 . Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, est réfugié depuis 2012 dans l’ambassade d’Equateur à Londres. Le 27 mars dernier, il a été traité de “misérable petit ver” par Alan Duncan, le ministre britannique des Affaires étrangères, qui lui a demandé de se livrer à la justice.

DEUX POIDS, DEUX MESURES

En l’état actuel des choses, nous sommes conduits à mettre en doute les affirmations des autorités britanniques, reprises par les Américains, car nous n’oublions pas que les plus hauts représentants de ces deux Etats ont, dans un passé récent, effrontément menti au monde.

En 2003, les Américains ont envahi l’Irak, sur la base de renseignements faux (armes de destruction massive) ou en partie fabriqués par Donald Rumsfeld et son Office of Special Plans (OSP) co-dirigé par Paul Wolfowitz et Douglas Feith. Dans le cadre de ce conflit, le Premier ministre britannique Tony Blair, assisté de son Spin Doctor Alastair Campbell, faute d’arguments fournis par ses services – car il n’en existait pas –, a sans vergogne utilisé des éléments sans aucune valeur scientifique issus du mémoire de master d’un étudiant qui prétendait que Saddam disposait de missiles équipés d’armes de destruction massive pouvant être tirés en moins de 40 minutes. À l’époque, le directeur du SIS, Richard Dearlove, pourtant parfaitement conscient du mensonge de ses dirigeants se tînt coi. Pire encore, il appuya les Américains dans leur stratégie afin que ne se produise pas de découplage entre les deux rives de l’Atlantique, ce que les sujets de sa majesté redoutent par dessus tout. Ainsi, le SIS s’est rendu pleinement complice de cette supercherie12Voir à ce sujet Gordon Corera, MI 6 : Life and Death in the British Secret Service, Weidenfeld & Nicholson, Londres, 2012, pp. 357 à 397. et sa crédibilité a été largement entamée. Il n’est donc plus possible de prendre pour argent comptant ce que déclarent Londres et ses services.

Par ailleurs, les accusations et les rétorsions dont la Russie fait l’objet pour avoir violé – à travers cet acte, comme via ses nombreuses cyberattaques supposées – les règles du droit international, laissent songeur. En effet, il convient de rappeler, qu’en la matière, les Américains et leurs alliés ont fait bien pire.

– En 2003, les Etats-Unis ont envahi illégalement l’Irak, bafouant à la fois le droit international et le vote des Nations Unies, fabriquant les preuves dont ils avaient besoin pour justifier leur agression. Ils ont renversé le régime de Saddam – ce que personne ne regrette -, créant un chaos dont les conséquences se font toujours sentir aujourd’hui et qui a permis l’éclosion de Daech.

– Rappelons également que les Américains et certains de leurs alliés opèrent aujourd’hui illégalement sur le territoire d’un État souverain, toujours reconnu par l’ONU : la Syrie. Dans ce pays – dont le régime a été « noirci » à l’envi par les médias occidentaux -, les seules forces étrangères présentes légalement sur le terrain sont celles auxquelles a fait officiellement appel le gouvernement de Damas : Russie, Iran, Hezbollah. Les autres sont des intrus, que cela nous plaise ou non, car il n’y a pas deux droits internationaux.

– Dans le cadre de son action en Syrie, Washington a armé, consciemment et inconsciemment, divers groupes djihadistes qui ont perpétré de nombreux attentats et massacres contre la population de ce pays, ce que les médias pro-occidentaux passent sous silence.

– Rappelons aussi que depuis le 24 août 2016 – date du déclenchement de l’opération Bouclier de l’Euphrate -, la Turquie est également entrée illégalement en Syrie pour y mener une guerre contre les Kurdes, qui sont pourtant chez eux, provoquant de nombreuses victimes civiles, sans que l’Occident ni la communauté internationale ne s’insurge de cette violation flagrante du droit international et de l’intégrité territoriale de ce pays.

– De même, l’Arabie saoudite, grand allié régional des États-Unis, et les Émirats arabes unis, ont déclenché une guerre sanglante contre les Houthis au Yémen. Certes, le gouvernement « légal » mais minoritaire d’Aden a lancé un appel à l’aide internationale pour vaincre ces rebelles. Toutefois, cela ne justifie en rien les massacres et destructions (ciblage délibéré des populations civiles et d’infrastructures économiques vitales) qui caractérisent cette opération, laquelle a lieu avec le soutien moral et logistique des Américains, des Britanniques et des Français. Elle a engendré une catastrophe humanitaire sans précédent que les médias Mainstream évoquent à peine.

– Enfin, nous ne saurions oublier les nombreuses victimes innocentes des frappes de drones américains effectuées dans le cadre contre la Guerre contre le terrorisme (GWOT), ni les « erreurs » de ciblage dont les Américains semblent coutumiers (ambassade chinoise à Belgrade en 1999, hôpital de Médecins du Monde en Afghanistan en 2015, etc.)
Aucune de ces actions n’a donné lieu à une condamnation de la communauté internationale, pourtant ouvertement méprisée par les auteurs de ces actes, ni à l’expulsion de diplomates américains, britanniques, turcs ou saoudiens par la Russie ou les autres Etats qui se disent indépendants et respectueux du droit international… dont la France ! Washington et ses auxiliaires ont imposé au monde leur version très personnelle du droit international, et leurs nombreux affidés s’y sont pliés sans broncher.

Une autre illustration de cette triste réalité a été donnée lorsque, dans le cadre de la GWOT, les États-Unis ont multiplié les enlèvements extra-judiciaires à l’étranger (Renditions) et ont autorisé leurs services à employer la torture, allant jusqu’à légaliser et formaliser son usage avec l’aide de nombreux juristes. Face à une telle dérive, indigne d’une démocratie et d’une civilisation se disant « évoluée », quelles sont les voix qui se sont élevées ? Combien ont rompu les relations diplomatiques avec Washington ou renvoyé ses diplomates ? Nous cherchons toujours. Et il en est allé de même lorsqu’il fut révélé que les Américains avaient mis la planète sur écoute, espionnant jusqu’à leurs serviles alliés européens. Seules quelques timides protestations furent émises, murmures à peine audibles et bien vite oubliés.

Ainsi, l’ampleur de la campagne antirusse semble bien relever d’une stratégie délibérée et non d’une réaction indignée à d’hypothétiques violations de règles internationales de l’espionnage. Cela explique les réactions totalement disproportionnées qu’a engendré cette affaire. Au passage, il est pitoyable de constater le comportement de moutons de Panurge des pays européens – dont encore une fois la France13Rappelons que notre pays est de plus en plus dépendant pour ses opérations extérieures (Barkhane notamment) du soutien logistique américain et qu’une partie de nos troupes et de nos équipements est acheminée au Sahel par des compagnies aériennes ukrainiennes. On connaît la détestation de la Russie qui caractérise ce pays. Il y a fort à parier que les termes de la « négociation » ont dû être très clairs. -, au nom d’une soi-disant solidarité européenne, suite à des preuves que leur aurait fournies le gouvernement britannique, mais dont personne hors des cercles gouvernementaux n’a vu la couleur. Il est vrai qu’on ne demande pas aux médias de recouper l’information mais de la relayer, ni aux opinions de réfléchir, mais de croire ! Nous assistons en conséquence à une véritable diabolisation de la Russie, certains Britanniques allant jusqu’à procéder à un amalgame pitoyable entre la présidence Poutine et le Troisième Reich !

PUNIR LA RUSSIE… D’EXISTER !

Au-delà de la tentative d’assassinat contre Skripal, la riposte occidentale s’inscrit plus largement dans une volonté de réagir aux « nombreuses agressions dont la Russie est responsable ». Citons pêle-mêle l’annexion de la Crimée, le soutien aux séparatistes du Donbass, les cyberattaques contre l’OTAN, les tentatives de perturbation des élections américaines, le soutien au régime de Bachar, etc.

Pour les Occidentaux, c’est proprement insupportable, car bien sûr, eux ne se sont jamais livrés à de telles actions. La CIA n’a jamais cherché à influer sur l’issue d’élections (cf. la succession d’Eltsine) ou à installer des régimes favorables à ses intérêts dans le monde. Les États-Unis n’ont pas soutenu la pseudo révolution ukrainienne de Maïdan qui a renversé le régime – indéniablement pourri – du président Ianoukovitch, pourtant légalement élu en présence d’observateurs de l’OSCE qui avaient jugé le scrutin « transparent et honnête » ! De plus, il est bien connu que les Américains ne se livrent pas à l’espionnage, pas même contre leurs alliés européens et n’écoutent jamais leurs dirigeants politiques. Enfin, Washington n’essaie pas non plus de déstabiliser les régimes iranien ou vénézuélien. Non, les Occidentaux sont irréprochables !

Certes, depuis deux décennies, les services russes – et surtout chinois – ont redéployé leurs réseaux de renseignement d’autant plus facilement que les services de sécurité occidentaux ont, à partir de 2002, délaissé le contre-espionnage pour se focaliser sur la lutte contre le terrorisme islamique. Mais lorsque l’on accuse Moscou d’espionnage – ce qui est une réalité –, il convient de ne pas oublier que si Skripal et d’autres ex-officiers de renseignement russes sont aujourd’hui réfugiés au Royaume-Uni et aux États-Unis, c’est bien la preuve que les pays occidentaux espionnent aussi allègrement leur rival russe… ce dont personne ne semble s’offusquer (53 officiers traitants et 386 agents de services étrangers ont été démasqués en Russie en 2016).

Cette tentative d’assassinat du transfuge russe est une aubaine pour les États-Unis. En effet, depuis près de deux ans, les membres de l’Establishment américain – républicains et démocrates mêlés – tentent par tous les moyens de faire tomber le président Trump, lequel n’est pas issu de leur monde et ne partage pas leurs intérêts de classe. À cet effet, ils ne cessent de brandir l’argument des liens coupables que lui et les membres de son entourage entretiendraient avec le Kremlin. Tout cela sans preuve. Mais ces attaques à répétition contre l’hôte de la Maison-Blanche permettent au passage de dissimuler les malversations dont s’est rendue coupable Hillary Clinton afin de ravir l’investiture démocrate à Bernie Sanders lors des dernières élections présidentielles, les magouilles judiciaires et financières des Clinton et d’Obama sur lesquelles la justice d’outre-Atlantique enquêtera peut-être un jour, et les dysfonctionnements graves de la « démocratie » américaine qui vit sous la menace permanente du Shut Down en raison de ses querelles politiques internes14Outre-Atlantique, les discussions autour du budget sont le principal champ d’affrontement entre les partis. Ainsi, faute d’un accord durable, depuis quelques années, le budget de l’Etat fédéral est déterminé de trois mois en trois mois et donne lieu à des débats constants et à des menaces de blocage (Shut Down). . Relancer la Guerre froide, sous une forme ou sous une autre, est donc la seule solution qu’ont imaginé les édiles d’outre-Atlantique pour résoudre leurs graves problèmes internes et refaire l’unité d’un pays dont les classes dirigeantes s’entre-déchirent.

Paradoxalement, ce procès en sorcellerie de la Russie ne semble guère du goût de Donald Trump. À l’occasion de cette crise, le président américain s’est montré bien moins catégorique que la majorité des élus américains. Les félicitations qu’il a adressées à Vladimir Poutine à l’occasion de sa réélection ont ainsi été critiquées par les grands médias américains qui l’ont accusé de réticence à critiquer frontalement son homologue russe.

LA LÉGITIME RÉACTION DE MOSCOU

Ces provocations constantes à l’égard de Moscou15Imaginons quelle aurait été la réaction de Washington si le Mexique ou la Jamaïque avaient rejoint le Pacte de Varsovie ou si Moscou avait soutenu une « révolution démocratique » au Canada… , malgré l’étonnante mesure dont Poutine a fait preuve, ont conduit les Russes à réagir, faisant malgré eux le jeu des Américains et les aidant dans leur stratégie machiavélique.

Rappelons qu’à l’issue de la Guerre froide, un certain nombre d’engagements furent donnés par les Occidentaux au nouveau régime russe (traité de limitation des armements, engagement de non extension de l’OTAN, etc.). Aucun n’a été respecté et Washington n’a cessé de chercher à affaiblir Moscou. Néanmoins, la Russie a apporté son soutien aux opérations antiterroristes américaines en Afghanistan (2002) en mettant à leur disposition certaines de ses bases aériennes et en coopérant en matière de renseignement. Les États-Unis ne leur en furent jamais reconnaissants.

Puis à l’occasion des soi-disant « révolutions arabes » (2011), les Occidentaux ont systématiquement outrepassé les résolutions de l’ONU auxquelles les Russes s’étaient associés, notamment en Libye (résolution 1973), pour provoquer des changements de régimes… plus ou moins heureux et durables.

Devant ces tromperies et humiliations à répétition, la Russie ne pouvait indéfiniment rester sans réagir. Dans un premier temps (2014), Moscou a décidé de ne pas abandonner les populations russophones du Donbass et a tiré parti du chaos créé par la « révolution » ukrainienne – pilotée par des groupes d’extrême-droite soutenus par l’Occident – afin de « récupérer » la Crimée par des moyens tout aussi irréguliers que ceux qui ont conduit au renversement de Ianoukovitch. Depuis, les Russes continuent d’apporter leur soutien aux habitants d’Ukraine orientale, que Kiev cherche à remettre au pas par les armes.

Dans un second temps, Vladimir Poutine a décidé d’intervenir en Syrie à la demande légale du gouvernement de Damas (2015). L’entrée en action des forces russes a significativement contribué à sauver le régime de Bachar El-Assad ainsi que les minorités chrétiennes, druzes, alaouites et les sunnites qui le soutiennent et qui vivent depuis 2011 sous la menace constante d’une barbarie islamique infiniment pire qu’un régime autoritaire.

Finalement, ce retour de la Russie au premier rang de la géopolitique mondiale paraît davantage être le résultat des provocations répétées de l’Occident – en réalité des États-Unis – à leur égard, que d’une volonté planifiée de réaffirmer urbi et orbi, une puissance déchue. Mais aussitôt que ce retour s’est produit, les apprentis sorciers qui ont tout fait pour le provoquer ont jubilé car la menace inconsistante qu’ils évoquaient prenait enfin forme, leur donnant raison… mais selon quel stratagème machiavélique !

Il demeure pourtant ahurissant de considérer que Moscou menace les Occidentaux. Rappelons que le budget de défense russe est neuf fois inférieur à celui des États-Unis et qu’il est également deux fois inférieur à ceux de la France, du Royaume Uni et de l’Allemagne cumulés. Il ne représente qu’1/13e de celui de l’OTAN… On aimerait comprendre qui menace qui ? D’autant que suite à sa réélection, le 18 mars dernier, Vladimir Poutine a confirmé son intention de réduire les crédits militaires en 2018 et 2019 afin d’empêcher toute nouvelle course aux armements16Cette baisse des dépenses militaires russes avait déjà été annoncée par le président russe en août 2017. Et en 2016, sous le coup des sanctions économiques et de la baisse du prix du pétrole, Moscou avait déjà réduit ses dépenses militaires de 2,7 milliards de dollars .

Tout semble donc orchestré afin de faire resurgir une menace russe, tant pour des raisons de politique intérieure que pour pousser les Occidentaux à faire bloc avec Washington. Ainsi, l’affaire Skripal tombe à point nommé pour lancer une nouvelle manœuvre de diabolisation de la Russie.
Moscou a initialement protesté, considérant que la décision des pays européens d’expulser des diplomates russes était un geste provocateur au nom d’une prétendue solidarité avec Londres et que cela témoignait d’une volonté claire de confrontation. Puis le 29 mars, la Russie a riposté en expulsant soixante diplomates américains et en annonçant la fermeture du consulat des États-Unis à Saint-Petersbourg. Des sanctions ont également été prises contre les pays européens17Moscou a également annoncé l’expulsion de 23 diplomates britanniques et ordonné la fermeture du British Council et du consulat britannique de Saint-Pétersbourg. , à titre de réciprocité.

Même si l’histoire ne se reproduit jamais à l’identique, la situation actuelle n’est pas sans faire penser à celle de 1918 et aux très lourdes sanctions imposées à l’Allemagne, lesquelles furent en partie à l’origine du sentiment de revanche germanique à l’origine de l’accession d’Hitler au pouvoir et de la Seconde Guerre mondiale.

Va-t-on pour autant vers une Seconde Guerre froide ? Il est encore trop tôt pour le dire. Car, aussi paradoxal que cela puisse paraître, pour le moment, les deux « camps » paraissent tirer bénéfice de la situation. Souhaitons seulement que cette « stratégie de la tension » ne monte pas aux extrêmes. Car le problème avec les apprentis sorciers que produit régulièrement l’Amérique, c’est que l’on ne sait jamais comment cela va finir. L’histoire a montré que leurs stratégies hasardeuses produisaient rarement des effets heureux. Les Irakiens peuvent en témoigner.

Le plus grave dans cette affaire est que l’Europe s’est délibérément placée encore un peu plus dans l’orbite des États-Unis. Ce faisant, elle ne mesure pas à quel point elle est en train de perdre tout respect et crédibilité à l’international. En effet, l’Occident, sous domination américaine, se veut toujours donneur de leçons de morale et de droit… qu’il ne respecte pas. Tant de mensonges, de mauvaise foi, de violations des lois internationales et des engagements pris ont quasiment réduit à néant le magistère moral qu’il exerçait jadis. Pour bien des pays des quatre autres continents, l’Europe n’est plus autonome et l’Occident n’incarne plus l’exemple à suivre. Ce dernier est devenu un perturbateur comme les autres, voire pire peut être. Et beaucoup s’en défient désormais, à juste titre.

Source : CF2R, Eric Denécé, mars/avril 2018

Notes   [ + ]

1.⇧Les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Norvège, l’Ukraine et seize pays européens – dont la France – ainsi que l’OTAN , ont annoncé qu’ils allaient renvoyer des diplomates russes. Même au plus fort de la Guerre froide, une telle vague d’expulsions n’a jamais eu lieu.

2.⇧Il a été recruté comme agent double par les services britanniques en 1995.

3.⇧Pour de plus amples précisions, nous renvoyons à l’excellente analyse d’Alain Rodier, « Royaume Uni : l’enquête sur la mort du transfuge russe se complique », Note d’Actualité n°509, mars 2018

4.⇧Notons toutefois qu’il est rapidement sorti de l’hôpital, ce dont la presse n’a quasiment pas fait état.

5.⇧L’état de Ioulia Skripal, « s’améliore rapidement« , a indiqué l’hôpital où elle est soignée avec son père

6.⇧Nous n’écartons évidemment pas la possibilité que le gouvernement britannique puisse disposer d’informations obtenues via des interceptions ou une source humaine implantée au cœur du système russe qu’il cherche à protéger. Toutefois, cette absence de production des preuves affaiblit considérablement l’acte d’accusation public

7.⇧Reuters, 26 mars 2018

8.⇧Certains spécialistes de la Russie y voient une opération orchestrée par une frange conservatrice et panslaviste de l’appareil de sécurité russe

9.⇧http://www.lepoint.fr/monde/poutine-retablir-le-dialogue-entre-services-secrets-russes-et-americains-16-02-2017-2105320_24.php

10.⇧Le Royaume-Uni avait également refusé la coopération des autorités russes lors de l’enquête sur le meurtre de Litvinenko (2006), affaire similaire dans laquelle la soi-disant culpabilité des services russes n’a jamais été prouvée

11.⇧Et l’on ne peut écarter l’hypothèse qu’elles soient « fabriquées ».

12.⇧Voir à ce sujet Gordon Corera, MI 6 : Life and Death in the British Secret Service, Weidenfeld & Nicholson, Londres, 2012, pp. 357 à 397.

13.⇧Rappelons que notre pays est de plus en plus dépendant pour ses opérations extérieures (Barkhane notamment) du soutien logistique américain et qu’une partie de nos troupes et de nos équipements est acheminée au Sahel par des compagnies aériennes ukrainiennes. On connaît la détestation de la Russie qui caractérise ce pays. Il y a fort à parier que les termes de la « négociation » ont dû être très clairs.

14.⇧Outre-Atlantique, les discussions autour du budget sont le principal champ d’affrontement entre les partis. Ainsi, faute d’un accord durable, depuis quelques années, le budget de l’Etat fédéral est déterminé de trois mois en trois mois et donne lieu à des débats constants et à des menaces de blocage (Shut Down).

15.⇧Imaginons quelle aurait été la réaction de Washington si le Mexique ou la Jamaïque avaient rejoint le Pacte de Varsovie ou si Moscou avait soutenu une « révolution démocratique » au Canada…

16.⇧Cette baisse des dépenses militaires russes avait déjà été annoncée par le président russe en août 2017. Et en 2016, sous le coup des sanctions économiques et de la baisse du prix du pétrole, Moscou avait déjà réduit ses dépenses militaires de 2,7 milliards de dollars

17.⇧Moscou a également annoncé l’expulsion de 23 diplomates britanniques et ordonné la fermeture du British Council et du consulat britannique de Saint-Pétersbourg.

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