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https://www.ttu.fr/le-couteau-suisse-de-la-marine/

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En marge d’Euronaval, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé la modernisation de six avions de patrouille maritime Atlantique 2 (ATL2), qui viendront s’ajouter aux douze modernisations déjà actées dans le cadre de la LPM 2019-2025 et dont le premier exem­plaire est attendu dans les forces en 2019, pour une entrée en service opé­rationnel en 2021 (la Marine attend d’avoir formé les équipages et de disposer de suffisamment d’avions).

Au total, ce sont 18 ATL2 des flottil­les 21F et 23F qui seront modernisés avant 2025.

Cette rénovation, confiée à Dassault Aviation, Thales et Naval Group, comprend l’intégration d’un radar Searchmaster de Thales, d’une boule optronique Wescam MX20 ainsi qu’une refonte du système de mission de l’appareil. Si, depuis quelques années, le champ d’action des ATL2 s’est étoffé avec des mis­sions aéroterrestres, cette moderni­sation vise d’abord à traiter les obso­lescences en matière de lutte anti-sous-marine (ASM), le cœur de métier de l’ATL2, selon la Marine. Ce choix de mise à niveau de cette capacité jusqu’à l’horizon 2030 a été conforté, depuis, par la recrudescence des patrouilles de sous-marins russes en Atlantique et en Méditerranée.

Le nouveau radar offrira davantage de modes (dont un mode imagerie pour identification) et une image de situa­tion plus large, tout en permettant le traitement d’objets plus petits et exposés moins long­temps, comme les péris­copes et mâts optroniques équipant les sous-marins de dernière génération. Selon la Marine, avec le radar Searchmaster l’ATL2 sera, en matière de lutte ASM, d’un niveau équivalent à celui du P8 américain, même si la modula­rité native du P8 et le nombre de consoles acousti­ques permettent une adaptation «à la carte» des pos­tes en fonction des missions.

L’ATL2 standard 6 permet­tra aussi l’ouver­ture du traitement à toutes les bouées du marché, notamment numériques, afin de profiter de l’optimisation du signal qu’offre ce type de bouées. L’ATL2 rénové sera par ailleurs le premier appareil à être équipé de la nouvelle bouée Sonoflash de Thales, qui remplacera les trois types de bouées américaines actives et passives utilisées jusque là. Cette bouée, qui permettra à la Marine de ne plus dépendre des livraisons américaines, sera compatible avec le sonar Flash (Thales), ouvrant potentiellement la voie à un futur travail en multistatique entre bouées.

Signe des arbitrages budgétaires en faveur de la lutte ASM, la suite de guerre électronique de l’avion ne sera pas modernisée (autoprotection de l’avion, interceptions radar). Sur le volet des opérations aéroterrestres au Sahel et au Levant, un spécialiste rappelle que c’est l’excellence des équipages en matière de lutte ASM qui a permis aux marins de mener avec succès les missions de reconnaissance et de renseignement ainsi que d’évaluation des frappes aériennes, les pattern de recherche restant relativement identiques malgré l’utilisation de capteurs différents.

Les ATL2 ont ensuite été progressivement adaptés à des missions offensives et, dans le cadre d’un «programme d’équipement en urgence» lancé en 2013, trois ATL2 ont ainsi été équipés de la boule optronique Wescam MX20, permettant d’accroître leurs capacités de reconnaissance et offrant également une capacité de désignation de cible. L’emport de quatre bombes guidées de 250 kg (GBU-12) en lieu et place des deux missiles Exocet ou des torpilles embarqués dans la soute a ainsi permis aux ATL2 de réaliser plusieurs frappes air-sol dans le cadre de l’opération Serval au Mali puis de l’opération Chammal en Irak.

A partir de 2016, les ATL2 engagés en Irak ont ainsi réalisé des frappes en collaboration avec des avions de la coalition, fournissant le guidage et l’illumination laser de cible mais également mené des tirs de manière autonome. Des missions de frappes pour lesquelles l’équipage de quatorze hommes de l’appareil compte notamment un contrôleur avancé d’appui aérien (Forward Air Controller-Airborn, FAC-A). Au total, les ATL2 déployés en Jordanie dans le cadre de l’opération Chammal ont ainsi réalisé «plus de 30 frappes», au cours de 340 sorties, et 2 500 heures de vol, selon une source militaire.

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