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Comparons les exercices Trident Juncture 2018 et Vostok 2018… et inquiétons-nous

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Le grand exercice OTAN « Trident Juncture 2018 » s’est achevé le 7 novembre. Bien des états-majors – à l’Ouest comme à l’Est et même en Chine – sont occupés à en tirer les leçons, comme cela avait été le cas après l’énorme exercice Vostok 2018 organisé par les Russes. A notre tour de présenter une réflexion basée sur quelques comparaisons.

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Depuis la 2ème guerre mondiale, le rapport de forces entre OTAN et Russie en matière de char penche redoutablement en faveur des Russes (Photo : Forces Operations)

Le sentiment éprouvé par les pays de l’OTAN à la lueur de quelques actions spectaculaires est que, depuis quelques années, la Russie de Poutine se montre plus agressive pour des questions de politique intérieure, vu que le pouvoir du nouveau tsar n’est pas aussi assuré à moyen et long terme que ce que l’on croit en général. D’où l’importance revêtue par l’exercice Trident Juncture 2018 perçu comme une réponse à l’exercice Vostok 2018.

Vostok-18 a mobilisé 300.000 soldats, 36.000 chars et d’autres véhicules, 1.000 aéronefs et 80 navires, s’est associé à la Chine et a simulé une guerre nucléaire avec les États-Unis. Vostok-18 était non seulement le plus grand exercice militaire jamais mené par la Russie mais pouvait aussi être le plus grand de l’Histoire jamais organisé par un pays.

En revanche, Trident Juncture-18 n’a mobilisé « que » environ 50.000 soldats, 10.000 véhicules, 250 aéronefs et 65 navires de plus de 30 pays. La Suède, qui n’est pas membre de l’OTAN, a participé pour la première fois à un exercice de l’OTAN. Bien qu’officiellement neutre, la Suède craint le comportement militaire de plus en plus agressif de la Russie et les revendications affirmées de Moscou sur des territoires contestés riches en pétrole dans l’Arctique.

Quel type de message l’exercice de l’OTAN a-t-il alors envoyé au « tsar » Vladimir Poutine et à son état-major ? Comparons les deux exercices : Trident Juncture 2018 a mobilisé six fois moins de troupes que Vostok-18, près de quatre fois moins de chars et autres véhicules, quatre fois moins d’aéronefs et un petit quart de navires en moins. De plus, Vostok-18 simulait une guerre nucléaire mondiale, tandis que Trident Juncture-18 était non nucléaire. Vostok-18 a projeté ses forces massives à travers l’immensité de la Sibérie ; pour Trident Juncture 2018, la plupart des troupes et des véhicules ont été mobilisés sans pour autant être tous projetés au-delà des frontières de leurs trente pays d’origine.

Peter Pry, un expert américain en matière de défense, a commenté ces différences dans une analyse publiée sur The Hill. Selon lui, Trident Juncture-18 a tellement peu impressionné Moscou que celle-ci a simultanément mené un exercice de guerre électronique contre le système GPS, en interférant avec les opérations aériennes et navales de l’OTAN au cours de l’exercice. La Russie aurait dès lors peut-être appris davantage de la valeur militaire de Trident Juncture-18 que l’OTAN elle-même.

Incidemment, la Russie a ainsi réagi à Trident Juncture-18 en commettant un autre acte d’agression : confronter un grand exercice militaire de l’OTAN à un exercice simultané de guerre électronique était une action délibérément conçue pour aggraver les tensions et intimider l’OTAN. La guerre électronique contre le GPS est bien pire et beaucoup plus importante que les jets russes qui « chatouillent » les navires et avions de l’OTAN. Ces provocations se multiplient désagréablement. La troisième guerre mondiale pourrait être perdue par l’OTAN si celle-ci perdait l’usage du GPS. Il est vrai que le système Glonass des Russes subirait le même sort…

Les Russes ont pu constater les faiblesses politiques et militaires de l’OTAN dans sa réaction inappropriée à leur exercice de guerre électronique : avoir feint une banalisation, presque une ignorance, de cette manœuvre d’intimidation était un aveu de faiblesse. En tout cas perçu comme tel.

Moscou observe avec un vif intérêt le manque de fermeté de la majorité des pays européens de l’OTAN en ce qui concerne la défense de leurs frontières contre les migrations de masse illégales. À l’exception de la Pologne, de la Hongrie et de certains autres pays européens de l’Est, la plupart des membres de l’OTAN adoptent une attitude relativement conciliante à l’égard de ces migrations de masse. Un processus comparable a entraîné la chute de Rome…

Moscou observe avec un intérêt encore plus vif l’affaiblissement de la puissance militaire de l’OTAN après des années de sous-investissement dans la défense. Suite aux « engueulades » du tonitruant, fantasque, versatile, imprévisible, isolationniste, incompétent et fort ignorant patron de la Maison Blanche, un mouvement inverse se dessine enfin mais il faudra des années pour instaurer une composante européenne de l’OTAN apte à résister non seulement à des agressions russes de toutes natures mais également à la défense de ses intérêts planétaires et spatiales, la cyberdéfense se situant à cheval sur les deux.

Pour le moment, le rapport de forces Russie-OTAN en Europe centrale – dont une invasion provoquerait illico une troisième guerre mondiale au départ du théâtre européen – est en faveur de la Russie pour ce qui concerne les chars de bataille, à raison de 14 contre 1. Au plus fort de la guerre froide, dans les années 1980, l’URSS avait un avantage de 5 à 1 sur les pays européens de l’OTAN. Plus important encore, la Russie détient un quasi-monopole sur les armes nucléaires tactiques, avec au moins 1.000 à 2.000 têtes nucléaires, alors que les armes nucléaires tactiques américaines de l’OTAN sont tombées à 100 à 180 bombes à gravité obsolètes. La mise en place de missiles Iskander dans l’enclave de Kaliningrad ne contribue guère à rassurer l’OTAN…

La sécurité de l’OTAN en Europe est préservée par les forces nucléaires stratégiques des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne (missiles, sous-marins et bombardiers). Il est essentiel de maintenir la parité avec les forces nucléaires stratégiques russes en modernisant les systèmes de livraison et les ogives nucléaires elles-mêmes (conçues il y a plus de 30 ans et maintenues en état pendant des années au-delà de leur durée de vie initiale).

Une menace encore plus grande ? La cyber-guerre avec armes combinées, telle qu’elle est décrite dans les doctrines militaires de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran, peut combiner cyber, sabotage et attaque nucléaire. Leur synergie est décrite dans les doctrines militaires de tous ces adversaires potentiels comme la plus grande révolution de l’histoire militaire, une révolution dont le but est de rendre obsolètes de nombreux instruments traditionnels du pouvoir militaire, sinon tous.

La comparaison entre les exercices Vostok-18 et Trident Juncture 2018 ne doit pas rester un simple jeu de l’esprit mais servir à des adaptations rapides de certains points des doctrines de défense. Pour ce qui est d’une remontée en puissance matérielle, on y travaille !

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Ah la bonne ambiance guerre froide qui revient. Tiens je re lirais bien Tom glancy

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