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« Le char futur sera franco-allemand "


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http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/char-futur-sera-franco-allemand-121602

Evoquant le successeur du Leclerc, le Délégué général pour l’armement Laurent Collet-Billon a pris, ce lundi 6 mars, le « pari » que, à l’horizon 2030, « le char futur sera évidemment franco-allemand ». Lors d’une conférence de presse, il a même ajouté que, « le châssis et la motorisation seront allemands et la tourelle française ». Ce char futur sera produit par KNDS, né de la fusion entre Krauss Maffei Wegmann et Nexter.

Ci-dessous : le projet d’AMX-50 franco-allemand dans les années 50.

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Ya Rab Yeshua.

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  • 1 year later...

Le couple franco-allemand attend son premier enfant

http://forcesoperations.com/le-couple-franco-allemand-attend-son-premier-enfant/

La ministre des Armées, Florence Parly, et son homologue allemande, Ursula Von der Leyen en avril dernier (Source : Twitter / Florence Parly)

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Cette semaine, Florence Parly et Ursula Von der Leyen ont signé une lettre d’intention visant à avancer sur le programme commun du futur char de combat principal. Bien que cette signature n’apporte aucune information neuve sur le MGCS (Main Ground Combat System) elle a au moins la qualité d’être un geste politique concret : « la lettre fixe comme objectif de lancer une phase commune de démonstration d’ici mi-2019. Adaptée aux évolutions des menaces et des technologies, elle prévoit un point d’étape en 2022 et l’établissement d’ici 2024 d’un besoin opérationnel détaillé. » 

Sur ce projet, le lead sera allemand, profitant clairement du savoir-faire de KMW en la matière. Pour rappel, le systémier-intégrateur est une entité de la société KNDS qu’elle a formée avec les français de Nexter. Si l’on imagine bien que le duo franco-allemand a préparé depuis longtemps son projet pour le char de combat du futur, KNDS a dévoilé la semaine dernière un prototype hautement symbolique à l’occasion du salon international de défense Eurosatory : un EMBT (European Main Battle Tank) de 60 tonnes, prévu pour répondre aux besoins à court terme, équipé d’une tourelle de Leclerc (canon 120mm) sur un chassis de Leopard 2A7.

Le MGCS pourrait lui être équipé d’un canon de 140 mm, Nexter ayant developpé sur son site Munitions à Bourges d’impressionnants obus « flèches » de ce calibre capables de percer le blindage d’un autre char de combat principal. Un tel canon et ses munitions alourdiraient forcément le char de combat, mais la priorité étant aussi à l’allégement on croit en la qualité des ingénieurs allemands et français pour proposer des matériaux et des technologies moins encombrants.

Ce MGCS qui sera « pleinement intégré au programme Scorpion et au système Heer de l’Allemagne » pourra être co-développé avec encore d’autres partenaires européennes comme le souligne le communiqué reprenant la lettre d’intention. Sur cette question, La Tribune relayait il y a peu l’information selon laquelle les Italiens et leur industriel Oto Melara seraient intéressés par le projet. Plus récemment encore, ce sont les Polonais qui ont affiché leur désir d’intégrer le programme. On pense aussi à tous les utilisateurs européens du Leopard allemand (Autriche, Espagne, Portugal, Finlande, Pays-Bas, Grèce, Danemark et même la Suisse) qui devant bien le remplacer un jour, pourraient profiter de cette dynamique européenne pour s’offrir un char de nouvelle génération (en théorie, un programme en coopération faire réduire les coûts d’acquisition). A posteriori, sur la question des exportations, restera le problème de la politique en la matière, si il faut accepter une politique commune et suivre les Allemands, il n’est pas certain que le contexte politique actuel – où la Gauche et les Verts allemands poussent pour en finir avec les exportations aux États non-démocratiques – soit très bon pour les affaires.

 

Ce programme sera, il faut l’espérer, une nouvelle pierre apportée à l’édifice qui est celui de l’Europe de la Défense. Effectivement, bien que cette expression traine dans nos oreilles depuis des dizaines d’années, que ce soit suite à l’élection d’Emmanuel Macron ou de Donald Trump qui demandent, chacun à leur manière, aux Européens de prendre leur défense en main, on a aujourd’hui devant nous un mouvement certain qu’il faut poursuivre avec tous les efforts possibles avant que « l’excitation » retombe. Et puis, si l’Europe de la Défense ne se fait pas, il restera peut-être le couple formé par la France et l’Allemagne qui possèdent les deux armées et les deux économies les plus solides de l’Union Européenne.

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L’EMBT dévoilé sur le stand de KNDS à l’occasion d’Eurosatory 2018, on reconnait bien la tourelle du Leclerc (Crédits : Forces Opérations Blog)

Outre le MGCS, les Allemands se montrent très favorables aux propositions françaises pour un couple à deux ou élargi. Ce mois-ci la chancelière Merkel est intervenue dans la presse allemande pour se joindre à la motivation d’Emmanuel Macron sur l’Europe de la Défense. Surtout, dans le même temps que les deux pays signaient pour le MGCS ils signaient aussi pour l’avion de combat du futur (SCAF), pour l’idée de l’artillerie du futur (dit CIFS, où l’on espère le lead français), et l’Allemagne annonçait vouloir adhérer au projet français d’initiative européenne d’intervention (IEI). D’après le communiqué du ministère des Armées à ce sujet, l’IEI devrait se concrétiser avec la signature d’une lettre d’intention dans les jours qui viennent entre tous les pays partenaires, puis dans quelques mois, les premières réunions officielles, les premières réunions stratégiques d’États-majors puis les premières « activités opérationnelles ».

Ya Rab Yeshua.

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il y a 22 minutes, BTX a dit :

L’EMBT dévoilé sur le stand de KNDS à l’occasion d’Eurosatory 2018, on reconnait bien la tourelle du Leclerc (Crédits : Forces Opérations Blog) 

... et le bas de caisse du Léopard 2 ... :D

Ayant eu la chance de le voir en vrai à l'ES 2018, ce tank n'est pas l'EMBT mais simplement un "clin d'oeil" à la future coopération ;).

  • Like 1

Parcours d'un candidat officier de réserve / Officier de réserve promotion 2017 / "Le soldat n'est pas un homme de violence. il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d'aller sans faillir au bout de sa parole, tout en sachant qu'il est voué à l'oubli." Antoine de Saint-Exupéry.

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  • 5 months later...

http://www.opex360.com/2018/11/27/rheinmetall-veut-faire-main-basse-sur-le-projet-de-char-franco-allemand/

Rheinmetall veut faire main basse sur le projet de char franco-allemand

« Concernant le système majeur de combat terrestre (MGCS), sous leadership allemand, […] un cahier des charges pour les études conceptuelles et les activités de R&D [recherche et développement, ndlr] sera convenu fin 2018. Rheinmetall, KMW et Nexter (sociétés du groupe KNDS), seront chargés de faire une proposition industrielle afin de mener avec succès les études et les activités de R&D respectives à partir de mi-2019 », a précisé un communiqué publié la semaine passée par Florence Parly, la ministre française des Armées et Ursula von der Leyen, son homologue allemande.

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La mention de Rheinmetall, un poids-lourds de l’industrie allemande de l’armement, avait alors de quoi surprendre dans la mesure où, jusqu’alors, il n’avait jamais été cité quand il s’agissait d’évoquer le projet de char franco-allemand. En effet, il semblait acquis que ce dernier allait être conduit par KNDS, la co-entreprise détenue à parts égales par Wegmann GmbH & Co, propriétaire de Krauss-Maffei Wegmann [KMW] et Giat Industries, propriétaire de Nexter Systems. Restait à déterminer, pensait-on, les industriels les plus compétents pour fournir les systèmes de combat collaboratif devant équiper le successeur des Leclerc et Leopard 2.

Seulement, le 26 novembre, Rheinmetall a fait part de son intention de racheter Krauss-Maffei Wegmann, qui appartient à la famille Bode-Wegmann. Le décès, en septembre dernier, de Manfred Bode, qui présidait le conseil de surveillance du constructeur de blindés, a-t-il précipité les choses?

En tout cas, Rheinmetall a bel et bien annoncé que des discussions étaient actuellement en cours en vue de ce rachat. Ce qui a fait grimper le cours de ses actions de 6,5%. Plus précisément, il est question de négociations portant sur « une éventuelle prise de participation dans KNDS conduisant à une acquisition indirecte de la filiale de KNDS, Krauss-Maffei Wegmann GmbH & Co. KG. »

Déjà, quand il était question d’un rapprochement entre Nexter Systems et Krauss-Maffei Wegmann, Rheinmetall avait tenté de faire capoter l’opération en faisant une contre-proposition à son concurrent (et partenaire) allemand, qu’il convoitait alors déjà depuis longtemps.

« Dans l’accord (passé avec Nexter), les deux parties s’engagent à ne pas discuter fusion avec des tierces parties pendant une période définie », avait expliqué, à l’époque, un porte-parole de Krauss Maffei Wegmann, pour justifier la fin de non-recevoir adressée à Rheinmetall.

Cela étant, l’opération annoncée le 26 novembre n’est pas encore faite. « La question de savoir si la transaction est juridiquement réalisable et économiquement viable est actuellement examinée par le directoire de Rheinmetall AG et dépend d’un grand nombre de facteurs politiques, économiques et réglementaires », est-il précisé dans le communiqué publié par l’industriel.

Et le facteur politique évoqué concerne justement le sort de KNDS… Car si ce rachat entre dans les faits, alors la relation avec Nexter Systems risque fort d’être déséquilibrée, étant donné que Rheinmetall est d’une toute autre envergure que Krauss Maffei Wegmann, son portefeuille d’activités étant plus large, de même que son chiffre d’affaires.

Pour le moment, les autorités françaises n’ont pas réagi à l’annonce de Rheinmetall, pas plus que Nexter Systems, qui risque de se trouver marginalisé dans le projet MGCS.

Ya Rab Yeshua.

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  • 4 weeks later...
  • 5 months later...

http://www.opex360.com/2019/06/04/lequation-du-char-franco-allemand-du-futur-reste-tres-compliquee-a-resoudre/

L’équation du char franco-allemand du futur reste (très) compliquée à résoudre

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L’idée de développer un nouveau char franco-allemand ne paraissait simple sur le papier quand elle fut annoncée, en juillet 2017. Il suffisait, en effet, de confier ce projet à KNDS, la co-entreprise qui, réunissant Krauss-Maffei Wegmann et Nexter, est détenue à parts égales par la famille Bode-Wegmann et Giat Industries [c’est à dire l’État français].

D’autant plus que KNDS dispose de toutes les compétences pour mener à bien ce projet, appelé MGCS [Main Ground Combat System] dans la mesure où les savoir-faire de Nexter et de Krauss-Maffei Wegmann sont complémentaires.

« KNDS a été créé […] avec l’objectif stratégique d’en faire le maître d’œuvre naturel du MGCS, en rassemblant le meilleur de la maîtrise d’œuvre terrestre des deux pays », a ainsi rappelé Stéphane Mayer, le Pdg de Nexter, lors d’une récente audition à l’Assemblée nationale.

Seulement, les choses se passent rarement comme on le voudrait. Et l’équation du MGCS présente au moins trois inconnues qu’il faudra cependant rapidement déterminer afin de pouvoir lancer rapidement la première phase de recherche et technologie [R&T].

1. La première inconnue, selon M. Mayer, concerne la définition des capacités souhaitées par l’armée de Terre et son homologue allemande. « Plus les besoins sont proches, plus les systèmes des deux pays sont identiques, meilleure est la coopération. Il s’agit donc de rechercher la convergence la plus forte possible », a résumé le Pdg de Nexter.1

Or, cela ne va pas nécessairement de soi. Le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Jean-Pierre Bosser, avait ainsi souligné qu’il ne fallait pas « minimiser les difficultés » sur ce point, étant donné les approches différentes dans ce domaine de part et d’autre du Rhin. Pour autant, a rassuré M. Mayer, « d’importants progrès ont été accomplis. »

2. La seconde inconnue porte sur la politique en matière d’exportation. Un sujet hautement sensible en Allemagne, d’autant plus qu’il fait l’objet d’une « politisation » croissante tout en étant teintée d’une certaine hypocrisie… Sur ce sujet, Paris voudrait que soit adoptée une règle dite « de minimis ». En clair, Berlin ne pourrait pas s’opposer à une vente dès lors que le matériel exporté contient, par exemple, seulement 20% de composants allemands. Pour le moment, ce dossier peine à avancer.

Mais là n’est pas le plus difficile. Du moins pour ce qui concerne le MGCS. Ainsi, comme la maîtrise d’ouvrage du Système de combat aérien du futur [SCAF] a été confiée à la France, l’Allemagne a hérité de celle du futur char de combat. Quant à la maîtrise d’oeuvre, elle sera à parts égales entre les deux pays. Et Paris n’entend pas y déroger, comme l’a encore rappelé Florence Parly, la ministre des Armées.

3. Et c’est là que tout se complique… Puisque le gouvernement allemand souhaite que Rheinmetall participe au programme MGCS.

« L’Allemagne a décidé d’associer l’autre acteur de défense terrestre allemand, à savoir Rheinmetall. C’est un choix de l’Allemagne qui souhaite répartir la part allemande du programme entre deux acteurs, KMW, filiale de KNDS, et Rheinmetall, groupe coté sur le marché boursier. Ce choix est accepté par la France, mais complique et retarde le programme. », a ainsi expliqué M. Mayer.

Au débat, on avait un gâteau à partager en deux parts égales. Mais avec l’implication de Rheinmetall, il faudra en faire une troisième. La part française ne changera pas… En revanche, les deux industriels allemands, dont un est associé avec Nexter au sein de KNDS, devront se partager celle dévolue à l’Allemagne…

« À ce jour, la France et l’Allemagne ont défini des principes : le partage en deux parts égales ainsi que le leadership allemand, et il a été demandé aux trois industriels – Nexter, KMW et Rheinmetall – de proposer des solutions de répartition des tâches et des responsabilités. Au moment où nous nous parlons, de nombreuses réunions se sont déjà tenues. Des progrès ont été réalisés, néanmoins, la convergence complète est toujours en cours entre les trois sociétés », a affirmé M. Mayer.

Pour la partie française, il s’agit de garantir que, dans ces 50% qui lui reviennent, ses intérêts sont bien pris en compte, « notamment quant aux aspects qualitatifs et au maintien des compétences françaises, qui sont importantes et qu’il appartient à l’industrie, comme à l’État, de préserver au service de l’autonomie stratégique de la France à long terme », explique le Pdg de Nexter.

Cela étant, au moment de l’audition de ce dernier, on savait seulement que la maîtrise d’oeuvre serait allemande… Et il reste à déterminer si elle sera exercée par KMW ou Rheinmetall. Et pour Stéphane Mayer, il ne fait aucun doute que ce rôle doit revenir au premier.

« La position de KNDS – et donc de Nexter – est que la compétence de maîtrise d’œuvre est essentielle au succès et à la maîtrise de ce programme qui sera complexe, car le MGCS est l’un des systèmes les plus complexes de l’armement terrestre, plus innovant que le Leclerc ou que le Leopard à l’époque. Notre choix est celui de KMW, et finalement, au travers de KMW, du groupe KNDS, possédé à 50 % par la France. La question est sensible. Il n’est pas forcément besoin d’en décider tout de suite, mais il faudra, le moment venu, trouver une solution », a-t-il dit.

Seulement, avec ses 6,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 3,2 milliards pour ses seules activités liées à la défense, Rheinmetall, veut mettre la main sur KMW et, par extension, être majoritaire au sein de KNDS. Un scénario que refuse Stéphane Mayer.

« Quand Rheinmetall propose […] une prise de contrôle du groupe KNDS, la France n’a absolument pas intérêt à devenir un gros minoritaire aux côtés d’un grand groupe allemand. Elle n’y a pas intérêt par rapport à sa vision et son action en faveur de l’autonomie stratégique, et les actifs de défense français sont préservés dans le groupe KNDS et Nexter. Elle n’y a pas intérêt non plus du point de vue de la gestion et de la valeur du patrimoine qu’elle détient en possédant, au travers de ministère de l’Économie, 50 % de KNDS », a-t-il fait valoir.

Pour autant, faut-il s’inquiéter des ambitions de Rheinmetall ?

A priori non, répond M. Mayer. Le groupe de Düsseldorf « oublie assez largement les droits, les intentions et la volonté des deux actionnaires actuels du groupe KNDS » et « du point de vue de KNDS – et je m’exprime aussi en tant que coprésident de KNDS –, sa filiale allemande, KMW, n’est pas à vendre », a-t-il dit. Et d’insister : « Nous n’allons pas nous couper une de nos deux jambes pour continuer à avancer dans des conditions étonnantes. »

Enfin, un autre enjeu sera la place qu’auront les sous-traitants français, comme Thales, MBDA, Safran ou encore Atos.

« La France a pris comme principe fondateur que le MGCS devrait s’intégrer dans la bulle de communication et de combat SCORPION. Il est donc tout à fait naturel que Thales qui en est un des acteurs très importants – aussi bien qu’Atos avec le système d’information et de combat SCORPION – soit impliqué dans le MGCS pour assurer l’intégration de ce nouvel équipement au sein du système de systèmes SCORPION », a estimé M. Mayer.

Or, en matière de combat collaboratif et infovalorisé, la France a une bonne longueur d’avance sur l’Allemagne, qui en est encore au stade de la réflexion, via le programme D-LBO [Digitalisierung Landbasierter Operationen].

« Il faudra, au service de l’interopérabilité entre nos deux armées […] travailler sur ces trois axes : MGCS dans SCORPION, MGCS dans DLBO, et le char français parlant au char allemand. Ce sujet est donc très clairement identifié », a indiqué le Pdg de Nexter.

Ya Rab Yeshua.

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  • 3 years later...

https://www.forcesoperations.com/ascalon-du-concept-aux-champs-de-tirs-portugais/

ASCALON, du concept aux champs de tirs portugais

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Exit le concept et les visuels 3D, le système d’arme de 140 mm ASCALON de Nexter est désormais régulièrement mis à l’épreuve sur les champs de tir. Un peu plus d’un an après sa présentation, cette solution innovante est plus que jamais en lice pour le programme franco-allemand de char du futur Main Ground Combat System (MGCS). 

 

Augmenter la puissance…

« ASCALON*, c’est l’acronyme pour le produit qui pourrait être le système arme-munitions le futur char de combat franco-allemand MGCS », rappelait le responsable du programme, Dominique Bouchaud, lors d’une présentation de la division munitionnaire de Nexter, Nexter Arrowtech. En face, le canon de 130 mm L51 de Rheinmetall, dévoilé en 2016 et seul concurrent déclaré pour ce volet de MGCS.
 

Pour convaincre, Nexter a fait « le pari de repartir des travaux qui ont été menés il y a une vingtaine d’années dans le cadre du programme de coopération international FTMA [Future Tank Main Armament] ». « L’idée d’ASCALON, c’est de maximiser l’énergie qui va être délivrée à la bouche du canon », complète l’industriel, qui vise dès à présent des énergies nettement supérieures tout en conservant un véritable potentiel d’évolution.

 

Pour y parvenir, Nexter a choisi d’augmenter sensiblement le volume de la chambre pour conserver un niveau de pression modéré, quand Rheinmetall a misé sur l’augmentation de la pression en limitant le volume de son canon à 15 litres. Résultat: un volume multiplié par deux par rapport à celui du Leclerc pour un pic de pression inférieur, mais une puissance démultipliée à la bouche. Celle d’une munition flèche de 140 mm sera de 17 à 20 Mj, contre une dizaine de Mj pour les systèmes actuels. De quoi affronter les meilleurs chars en service ou en développement au-delà de 2 km en tir direct. Plus loin, la précision de la flèche chute et le tankiste entre dans le domaine préférentiel des munitions NLOS ou des missiles antichars.

…sans contraindre l’intégration
 

Longtemps, la masse et la longueur d’ASCALON ont été pointés du doigt par les compétiteurs. Désormais, « l’intégration n’est pas plus complexe que pour celle d’une arme de 130 mm ». ASCALON mesure au total 7,3 m. Soit, à peine 40 cm de plus que le canon de 120 mm du Leclerc et environ 10 cm de plus que le canon de Rheinmetall. Le tout pour une masse d’environ 3 tonnes similaire à celle du concurrent allemand, la puissance en plus.  

Nexter y ajoute un design de frein de bouche innovant qui autorise l’emploi en coordination étroite avec le fantassin débarqué. ASCALON profitera également d’un nouveau système d’allumage, pour l’instant façonné au travers d’essais en simulateurs « qui démontrent que l’on maitrise l’absence de pression sur les cartouches ». L’équipe mixte Nexter Systems/Nexter Arrowtech a par ailleurs travaillé sur la gestion des efforts de recul au niveau de la tourelle, afin de rester compatible d’une intégration non seulement sur MGCS mais aussi en vue d’une éventuelle évolution des parcs de chars en service. Le cadre est en place, mais Nexter conserve suffisamment de marge d’évolution pour accompagner l’arme durant ses 40, voire 50 années de service.
 

Deux munitions semi-télescopées de 140 mm ont déjà été dévoilées.

L’une, une munition flèche, présente une filiation directe avec les travaux menés pour la nouvelle munition de 120 mm SHARD, elle-même évolution de la munition F1B en usage dans la cavalerie française.

L’autre, une munition « non line of sight » (NLOS) entend anticiper une demande franco-allemande pour une augmentation considérable de la portée. Ici aussi, l’effort porte sur la compacité, avec une munition flèche limitée à 1,3 m pour une trentaine de kg. Qu’importe la solution retenue, la « prise de poids » des munitions envisagées pour MGCS écartera toute possibilité de chargement manuel. 

 
ASCALON-du-concept-aux-champs-de-tirs-po Une version hybride d’ASCALON emportant encore quelques briques de FTMA présentée à Eurosatory 2022
Objectif MGCS
 

ASCALON est parvenu au niveau de maturité technologique TRL 4, autrement dit « nous pouvons lancer un projectile ». L’une des campagnes de tirs s’est achevée fin mai sur le polygone de tirs d’Alcochete, au Portugal. « On a tiré l’année dernière, on va encore tirer en 2022 en fin d’année », explique le groupe français. D’autres expérimentations vont se poursuivre en parallèle. L’Enhanced Main Battle Tank (EMBT) présenté à Eurosatory pourrait ainsi servir de plateforme d’essai pour évaluer les capacités d’intégration du système.

« Nous allons avoir une multiplicité de campagnes de tirs jusqu’à fin 2025, date à laquelle nous ferons une démonstration plus ambitieuse », annonce Nexter. ASCALON aura alors tiré plusieurs centaine d’obus et atteint une maturité technologique de niveau TRL 6, de quoi franchir le premier niveau de performances de MGCS, estimé à 3 km. Nexter disposera alors de nombreuses « évidences » en terme de maturité, et d’argument supplémentaires pour faire monter sa solution à bord du char franco-allemand. 
 

La question de l’armement principal reste ouverte et l’absence de consensus entre industriels aura contribué à décaler le calendrier initial. « Les discussions se poursuivent avec l’Allemagne concernant l’organisation industrielle des développements technologiques que nous voulons lancer, en particulier sur le partage des responsabilités du canon et des munitions entre Nexter et Rheinmetall », indiquait début mai le délégué général pour l’armement (DGA) Joël Barre au cours d’une audition sénatoriale. 

La fin de la phase 1 d’étude de définition d’architecture système (SADS 1) a donc été repoussée d’avril 2022 à avril 2023. D’après le ministère de la Défense allemand, « il s’agit ici de vérifier les résultats de la première partie de l’étude à l’aide de simulations ». SADS 2 devrait permettre de mener une démarche holistique afin de déterminer le meilleur candidat. Voire, pourquoi pas, d’aboutir une combinaison des deux solutions.
*Autoloaded and SCALable Outperforming guN

Ya Rab Yeshua.

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