Aller au contenu
Forum militaire

Rejoignez AuMilitaire !

Connexion    S’inscrire au Forum

lucgonzo

Intervention française en Syrie?

Messages recommandés

http://www.opex360.com/2018/05/09/syrie-kurdes-forces-speciales-francaises-americaines-partageraient-meme-base-a-manbij/

Syrie/Kurdes : Les forces spéciales françaises et américaines partageraient une même base à Manbij

Même si, à Paris, on ne fait pas de commentaire, la présence des forces spéciales françaises à Manbij n’est plus un mystère. D’autant plus que, le 26 avril, le chef du Pentagone, James Mattis, a indiqué que 50 commandos français supplémentaires venaient d’être envoyés en Syrie pour renforcer leurs homologues américains dans les environs de cette localité, contrôlée depuis août 2016 par les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui en avaient chassé les jihadistes de l’État islamique (EI ou Daesh).

D’après Sharfan Darwish, le porte-parole du Conseil militaire local des FDS, les forces spéciales américaines ont établi une nouvelle base à Manbij peu après l’offensive lancée par la Turquie contre les milices kurdes syriennes implantées dans le canton d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie. Depuis l’été 2016, Ankara ne fait pas mystère de son intention de chasser les FDS (une alliance arabo-kurde) de Manbij. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ne cesse de dire que cette localité sera le prochain objectif de ses troupes et des groupes rebelles syriens que ces dernières soutiennent.

https://twitter.com/RebeccaRambar/status/994209423814995969/photo/1

Et lors du premier meeting de campagne qu’il a donné à Istanbul pour les élections présidentielles et législatives anticipées prévues le 26 juin prochain, M. Erdogan a une nouvelle fois assuré qu’il poursuivrait les opérations militaires dans le nord de la Syrie. Depuis quelques jours, des photographies montrant des commandos français et américains patrouiller dans les environs de Manbij circulent sur les réseaux sociaux. Selon M. Darwish, ces patrouilles sont menées « entre les lignes qui séparent les FDS des miliciens soutenus par la Turquie. »

Mieux encore : d’après ce qu’il a confié à l’agence Reuters, les militaires français et américains partagent la même base, c’est à dire celle qui a été construite en janvier pour, dit-il, « surveiller et protéger la frontière » entre les combattants des FDS et ceux appuyés par Ankara. Ces précisions apportées par ce porte-parole des FDS coïncident avec la publication, par le quotidien Le Monde, d’un long reportage sur la présence des forces spéciales françaises en Syrie. Depuis 2015, ces dernières ont intégré des opérateurs au sein des unités kurdes à l’occasion des combats pour prendre Manbij et de Raqqa à Daesh.

https://twitter.com/SimNasr/status/990964226763251713/photo/1

« L’offensive lancée par la Turquie sur Afrin […] a tout bouleversé. Les FDS, accaparées par leur résistance à l’offensive turque, ont dû suspendre leurs opérations contre les jihadistes. Comprenant que le président Erdogan ne s’arrêterait pas là, les militaires ont convaincu Emmanuel Macron de se redéployer à Manbij, la cible suivante d’Ankara, avec des renforts américains », relate Le Monde. « Pour les Français, il n’était ni moralement, ni stratégiquement souhaitable que la coalition lâche les FDS, seules capables de tenir le nord-est syrien dans la durée », poursuit-il. En outre, les miliciens kurdes ont de très bons rapports avec les commandos français. En tout cas, ils sont bien meilleurs que ceux qu’ils entretiennent avec les forces américaines. Pour illustrer cet état de fait, le journal a cité les propos d’une combattante kurde, la « camarade Klara », lors de la bataille de Raqqa. « Vous êtes bien plus puissants mais vous n’allez jamais en première ligne! Les Français le font! Vous avez votre technologie, mais eux, ils sont courageux! », aurait-elle lancé à l’endroit des opérateurs américains, d’après des témoins.

  • Like 1

Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

La cimenterie lafarge est utile finalement ... :X

 

Edit: Comprendra qui pourra ^_^! Je laisse mon empreinte :lol:

images?q=tbn:ANd9GcTWH-VGROikmhNSA1Ga26Z

Modifié par Invité

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

"Vous avez votre technologie, mais eux, ils sont courageux! " 

J'ai déjà vu cette phrase quelque part 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i64570-syrie_des_snipers_français_arrêtés!

Syrie: des snipers français arrêtés !

Selon le site russe, Mail.ru, 60 militaires français auraient été arrêtés à un poste de contrôle dans le nord-est syrien. Cité par l'agence de presse iranienne Fars, le site russe affirme que c'est l'armée syrienne qui aurait mis la main sur ce groupe de militaires français au nombre desquels figurent des snipers.

"Il s'agit de 60 snipers de nationalité française qui se trouvaient à bord d'un convoi composé de 20 véhicules Toyota Land Cruiser 200 et qui avaient franchi les frontières syriennes depuis l'Irak voisin. Le convoi se dirigeait vers la province de Hassaké. L'incident daterait du 1er mai, affirme le site. Toujours selon cette information, "le convoi se serait dirigé par erreur vers un poste de contrôle de l'armée syrienne".

" Les forces syriennes ont alors procédé à un contrôle des véhicules et ont découvert une importante quantité d'armements placés dans des boîtes ainsi que des dispositifs de localisation thermique et des fusils. Le commandant en chef de ce groupe, un Français, a été soumis à des interrogatoires. Il a avoué avoir eu l'instruction de se rendre à Hassaké avec ses soldats pour "soutenir les FDS (Forces démocratiques syriennes) dans leur guerre contre Daech". 

Selon le site, c'est la première fois que l'armée syrienne met la main sur un groupe de soldats français ayant été chargé par l'OTAN d'intervenir illégalement sur le sol syrien. Des informations concordantes avaient fait auparavant état de la présence des forces françaises à Deir ez-Zor où des heurts violents ont déjà eu lieu entre les forces de l'armée syrienne et leurs alliés d'une part et les FDS soutenues par les Américains de l'autre.  Mohamad Abou Adel, président du Conseil militaire de Manbij avait démenti auparavant toute présence française à Manbij, mais n'avait pas écarté un déploiement possible de la France dans cette ville. 


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Cette "information", qui pourrait être un "fake" et qu'aucune autorité ne viendra ni contester ni attester, démontre bien que la Russie n'a rien perdu de ses capacités à enfumer, désinformer, retourner pour jeter le doute et générer le questionnement. Pendant ce temps-là, ailleurs, elle avance ses pions.

Pour ce qui ne l'aurait pas lu, je recommande vivement la lecture de la Petite Histoire de la désinformation par Vladimir VOLKOFF. Avant-gardiste et pourtant !

BTX


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

Cela fait déjà pas mal de temps que la Russie pollue l’Europe et spécialement la France ... mais c'est pas les seuls !

Heureusement qu'il reste des chats pour sauver un peu de leurs influences ... 

Mais bon pour ma part , je pense que l'on perd le combat petit à petit , le temps diras si j'ai raison de craindre ou pas ! :lol:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Syrie: la France passe à l'offensive

La France a étendu sa présence militaire dans le nord et l’est de la Syrie, rejoignant les troupes militaires américaines qui soutiennent les Forces démocratiques syriennes, dans leur prétendue lutte contre Daech, alors que ce groupe a déjà capitulé dans cette région.

Les forces spéciales françaises ont installé six batteries d’artillerie aux alentours du village de Baghuz sur la rive orientale de l’Euphrate dans le sud-est de Deir ez-Zor.

Les forces françaises ont multiplié leurs bases militaires à Manbij, à Aïn Issa, à Hassaké et à Raqqa, ont affirmé des sources locales citées par l’agence de presse Turque Anadolu. En apportant leur soutien aux FDS, les soldats français sont également passés à l’action à plusieurs reprises, en faisant usage de leur unité d’artillerie, ont ajouté ces sources.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont témoin, ces derniers mois, d’une augmentation du nombre de militaires français qui se sont infiltrés sur le territoire syrien depuis le sol irakien. Les forces spéciales françaises se sont déployées dans le sud de Kobané dans la banlieue d’Alep et dans la cité d’Aïn Issa dans le nord de Raqqa, précise Anadolu. Elles ont, en fait, rejoint les militaires américains qui soutiennent les Forces démocratiques syriennes dans la prétendue lutte contre Daech.  

La coalition dirigée par les États-Unis a confirmé sur Twitter que l’artillerie française soutenait les FDS dans une attaque présumée contre les résidus des terroristes de Daech à l’est de l’Euphrate dans l’est de la Syrie. Au contraire des régions du nord-est, contrôlées par la Turquie, les Français risquent, dans l’est de l’Euphrate, d’entrer directement en conflit avec l’armée syrienne et ses alliés de la Résistance.

Le 1er mai, un groupe composé de 60 snipers français a été arrêté à un poste de contrôle de l’armée syrienne à Hassaké. Depuis le 14 avril, date à laquelle la France a participé directement à la frappe tripartite contre les cibles en Syrie sur l’ordre des Américains, elle ne cesse de multiplier la présence de ses effectifs militaires en Syrie.

Cet engagement militaire a été décidé sans aucune consultation avec le Parlement français et via les privilèges dont jouit Emmanuel Macron à titre de commandant des forces armées. Les proches du président se félicitent d’avoir suivi, au mot près, les directives de Washington qui a valu à l’armée française l’éloge du général américain Vottel : « Les militaires français sont de bons partenaires, ils sont à nos côtés dans des régions très difficiles et ce sont des partenaires très sûrs et fiables », a ainsi commenté le chef du CentCom, d’après l’AFP. « Nous sommes très fiers de cette relation que nous avons avec les Français », a-t-il insisté. Ces propos rejoignent ceux tenus par le président Trump, en septembre 2017. « Les gens ne savent pas quels grands guerriers il y a en France », avait-il dit, en commentant le défilé du 14 juillet auquel il avait été convié.

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i64916-syrie_la_france_passe_à_l'offensive


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

http://forcesoperations.com/instructeurs-francais-en-irak-former-et-savoir-faire-faire/

Instructeurs français en Irak : former et savoir faire faire

2017_tlil_106_a_000_064.jpg

Entrer pour la première fois dans les locaux du Ministère des Armées à Balard, s’installer aux côtés d’amiraux et d’officiers de l’armée de terre pour s’entretenir en visio-conférence avec deux colonels postés à Bagdad, l’un devant le drapeau français, l’autre devant celui de la République d’Irak, quel environnement de travail sympathique ! Et qu’ils sont intéressants ces hommes en OPEX, toujours ! L’homme en charge de la Task Force Monsabert (TF M) c’est Pinard-Legry, un officier du 1er régiment étranger de génie, son frère d’armes est le lieutenant-colonel Grossin, avec ses seize ans de services dans l’infanterie, il est actuellement à la tête de la Task Force Narvik (TF N).

Ici, déjà, notons quelque chose. Si quelques détracteurs de l’histoire militaire française voudraient coller à nos soldats une certaine image de passivité devant les grandes menaces, les noms symboliques des Task Forces sont là pour nous rappeler le contraire, partout où il y a l’ennemi, il y a le soldat français : Narvik est le nom de la première victoire alliée contre l’Allemagne nazie, un mois avant le déclenchement de la bataille de France, quand les troupes étaient, parait-il, cachées derrière la ligne Maginot. Monsabert était un général du Corps Franc d’Afrique, de la campagne d’Italie, du débarquement de Provence, de la libération du pays et de la campagne d’Allemagne.

Les hommes de la TF M, qui en est à son dixième mandat depuis le déclenchement de l’opération Chammal en septembre 2014, conseillent et appuient la 6e division irakienne dans la conduite de ses opérations de contre-insurrection : on aide à la planification, on met à leur disposition des moyens logistiques de la coalition, dont ils manquent cruellement. Savoir tirer est une chose, vaincre dans un environnement parfois urbain, habité par des civils, où les engins explosifs improvisés et les kamikazes peuvent vous faire disparaitre avec votre véhicule en quelques secondes, en est une autre. Aussi, il faut être réactif, flexible et force de proposition, « La division est engagée quotidiennement alors on ne peut pas tout planifier, il faut s’adapter à des besoins de très court terme. »

« Vivants au milieu des Irakiens nous sommes un peu leurs Français. » nous dit en souriant Pinard-Legry. La TF M c’est trois-mille irakiens formés et entrainés sur les points lacunaires de cette armée maintes fois restructurée : la menace des engins explosifs improvisés, le secourisme, la topographie ou tout simplement l’adresse au tir. Même les meilleurs éléments viennent y recevoir une formation en complément, on a toujours quelque chose à apprendre auprès d’officiers expérimentés (surtout si ceux-ci commandent à la Légion). Deux-cent-cinquante-sept stages ont été réalisés au profit des forces de sécurité irakiennes, parfois courts, parfois d’un mois, le plus souvent d’une semaine, à une cadence moyenne de soixante hommes formés par semaine.

La France et les autres nations engagées dans la région ont pour objectif d’aider l’Irak à « remettre sur pied un système autonome de formation », d’où l’idée de « savoir faire faire » posée en introduction. À quoi bon former des milliers de soldats pendant des années, si après le départ, ceux-ci ne peuvent transmettre leur savoir aux futures recrues ? Si il y a encore beaucoup de travail, selon Pinard-Legry, il est « très satisfaisant de voir les progrès », les Irakiens ont pris en « autonomie et en assurance. » Surtout, « maintenant que les opérations sont réduites, on peut se concentrer sur les écoles ». Les officiers français qui sont passés par la TF M ont développé des relations avec l’école d’artillerie et l’école de déminage irakiennes : on envoie des instructeurs dans ces écoles, souvent des artilleurs qui opèrent sur CAESAr, on organise des campagnes de tir avec les forces américaines, ou encore des semaines de « séminaires français ».

Si on tend à se concentrer sur la lutte anti-IED, qui sera déterminante dans un contexte où les hommes de Daesh, maintenant acculés, reprennent leurs modes opératoires traditionnels, le contre-terrorisme passe aussi par la « sécurisation des élections » en formant « à la fouille » et à « l’utilisation de petits drones techniques. » Pour Pinard-Legry, si il fallait résumer l’action d’un officier à la TF M, c’est « aider », d’abord, et « discuter des heures durant, dans des canapés confortables, parfois baroques, mais c’est la culture de notre hôte. » Et dans les yeux de cet hôte, selon Pinard-Legry, l’on peut voir les terribles régimes qu’il a connus, comme l’on peut voir qu’il est déterminé à reprendre en main la sécurité de son pays.

La TF N fête elle son troisième anniversaire. Quatre cents instructeurs y sont passés et quarante d’entre-eux sont présents pour toute la durée d’un mandat. Installés à l’Académie de l’’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS) à proximité de l’aéroport de Bagdad, ils forment les Irakiens avant leur déploiement en unité opérationnelle. Adresse au tir, lutte anti-IED, aguerrissement, techniques commandos ou de snipers, secourisme ou encore formation au combat embarqué-débarqué etc, ce ne sont pas moins de six-mille soldats irakiens qui ont bénéficié du savoir-faire français en la matière. Beaucoup d’entre-eux d’ailleurs, selon Grossin, repassent par le camp d’entraînement, remercier les instructeurs français de la qualité de la formation.

Comme pour la TF M, la TF N pense à demain, quand elle n’aura plus lieu d’être et sera dissoute : il faut savoir faire faire. On augmente la cadence sur la formation des cadres, ou sur l’apprentissage techniques de renseignement (il y aurait déjà près d’une vingtaine d’officiers formés). Pour Grossin, les Français agissent « comme une courroie de transmission » pour atteindre l’autonomisation irakienne, l’académie irakienne devant être autonome dès l’année prochaine. Dans ce sens, sur la promotion février-avril, vingt-cinq des meilleures recrues seront directement reversées en tant qu’instructeurs plutôt que d’être envoyées sur le champ de bataille.

Quand la coalition et ses multiples instructeurs seront partis, qu’est-ce-qui manquera encore aux forces de sécurités irakiennes, dans quel domaine doivent-elles encore progresser ? De l’avis de Grossin, bien d’accord avec Pinard-Legry, le soutien logistique est un réel défaut de l’armée irakienne. Aussi, il s’agit insister sur l’entrainement : il faut encore les « stimuler pour qu’ils s’entrainent au quotidien ». Mais tout ça, selon Grossin, « n’a rien à voir avec ce qu’on pouvait voir il y a quelques années. » Avant de partir, les Français ne comptent pas se reposer, aujourd’hui il est l’heure de former les JTAC (les contrôleurs aériens). L’armée de l’air irakienne menant de manière autonome, et efficacement, des opérations de frappes sur les positions de l’EI, il reste aux hommes au sol de contrôler la sécurité du trafic aérien. Déjà trois sessions de formation ont été organisées en trois mois.

Et puis, même si les Task Forces quittent le théâtre irakien, il y aura toujours quelque part dans le monde, un instructeur français prêt à transmettre son savoir à qui en aura besoin, comme dans le cadre du G5 Sahel par exemple, au Sénégal et au Gabon, où trente-deux actions de formation et d’entrainement ont permis de préparer mille-deux-cents militaires de la force conjointe et d’accompagner la mise en place d’une structure de commandement.


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Les leçons du combat urbain face à l’État islamique

http://forcesoperations.com/les-lecons-du-combat-urbain-face-a-lei/

Un observateur indépendant de la guerre en Syrie et en Irak a rédigé une analyse du combat urbain opéré par l’État islamique. Ce n’est pas tous les jours qu’un tel travail de recherche est publié, voyons ce que nous pouvons en retenir. Indice : beaucoup de choses.

Mideast-Iraq-Special-Forc7-770x0-c-defau

Un soldat du 1er bataillon des forces spéciales irakiennes après un exercice d’entraînement préparant à la prise de Mossoul. Bagdad. (AP Photo / Maya Alleruzzo)

Qui pourrait nous en apprendre sur les tactiques de combat de l’État islamique ? Les commandos de la coalition internationale ? Nous voulons bien leur numéro de téléphone. Les djihadistes de l’EI eux-mêmes ? Merci, nous ne voulons pas leur numéro de téléphone. Alors, c’est le moment de remercier les observateurs en relayant leurs travaux.

Le travail de Robert Postings a été publié sur le site du Modern War Institute, un centre de recherche basé à l’académie militaire de Westpoint. La plupart de nos lecteurs ont probablement une certaine idée des tactiques de combat de l’État islamique dont les hommes sont « spécialisés » dans la guerre insurrectionnelle de type guérilla à laquelle on ajouterait des manières de faire « terroristes » très cruelles et sans limite : par exemple, charger un SUV d’explosifs et y installer un conducteur qui ira, dans un acte suicidaire, déclencher la charge contre un objectif bien précis, ou un groupe d’hommes qu’il aura croisé sur son chemin. Quoiqu’il en soit, ces recherches synthétisées peuvent nous éclairer d’avantage.

A guide to the Islamic State’s way of urban warfare se concentre, comme indiqué, sur le combat urbain, qui a été majoritaire ces dernières années sur le théâtre irako-syrien puisqu’il s’agissait de reprendre les villes aux mains de l’État islamique.

Dans son introduction, Postings avance une première idée : dans le combat urbain, qui signifiait pour les hommes de l’EI de conserver leurs ultimes territoires, ceux-ci se sont révélés d’une résistance solide alors que leurs ennemis étaient supérieurs en nombre, en équipement et disposaient d’un atout majeur, l’appui aérien. Son développement, Postings le divise en six parties que nous allons reprendre ici et qui peuvent résumer les bases du combat urbain version EI. Pour lui, si les militaires n’apprennent pas aujourd’hui les leçons de la guerre urbaine dans sa forme actuelle, ils « risquent de les apprendre à la dure alors que leurs propres forces subiront de nouvelles tactiques mortelles sur le champ de bataille. »

Tout commence avec des murs, des murs et encore des murs, écrit Postings.

Que ce soit à Mossoul et à Raqqa, l’État islamique s’est logiquement préparé, des mois durant, à la guerre défensive. Alors, des tranchées ont été creusées, et par-dessus ces tranchées des barricades ont été construites, des barricades qui ont été renforcées par des murs de sable. Bien que cela puisse paraitre désuet à l’heure de la guerre moderne, de telles lignes défensives ont leur importance quand il s’agit de ralentir l’ennemi, d’après Postings, là où la voie était libre, la zone était couverte par le feu de l’EI.

Il en fait deux autres constats :

- à l’extérieur de la ville les lignes défensives de l’EI sont ineffectives car le groupe terroriste ne dispose pas suffisamment d’hommes pour les occuper ;

- à l’intérieur de la ville elles deviennent vite ineffectives une fois qu’un bulldozer ou un bombardier sont passés.

Si ces défenses ne durent pas, les constructions de la ville peuvent être utilisées à bon escient : l’observateur explique que le mur de Raqqa, qui traverse la ville sur 2,5km depuis 1300 ans s’est révélé être la meilleure ligne de défense de l’EI, le faible nombre de points d’accès obligeant la coalition à détruire la pierre à coup de bombardements aériens ! À Damas Sud, où le siège était plus lent, ils ont usé de techniques supplémentaires : les barricades étaient plus hautes et l’on accrochait des bâches dans les rues pour limiter la ligne de vue de l’ennemi en plus de le ralentir. À Raqqa, ces bâches étaient tendues entre les immeubles pour compliquer l’observation aérienne.

Ensuite, comme tout groupe ayant adopté les tactiques de guérilla, l’État islamique harcèle son ennemi. Une fois que les défenses sont tombées, que l’ennemi est entré, il faut lui infliger des dégâts et là l’EI a trois armes : le sniper, l’IED et le drone. Le sniper de l’EI est pro-actif. Derrière sa meurtrière bricolée, il peut attendre que son ennemi soit à sa portée, mais il peut tout aussi bien s’approcher et le ralentir. Des tirs de snipers peuvent bloquer un groupe d’hommes au coin d’une rue, pour Postings même, les snipers de l’EI pouvaient ralentir l’avancée des véhicules en tirant sur leurs points faibles (radiateur).

Aparté très intéressant, l’homme de l’EI ne se suicide pas tout de suite. Il n’est sûrement pas le meilleur combattant de son époque, mais il use de tous les stratagèmes pour infliger des dégâts à ses ennemis, garder les hommes en vie en étant un. Alors, et ce n’est finalement pas surprenant dans le cadre d’une guérilla, l’ennemi frappe à distance, avec tout ce qu’il a sous la main. Canons anti-chars, mortiers, mitrailleuses lourdes, et missiles guidés sont déployés à un nombre bien suffisant pour arrêter l’ennemi. Si cela ne suffisait pas, l’EI a expérimenté à Mossoul et à Raqqa le tir de projectile anti-char exécuté à distance grâce à une manette, un écran de TV ainsi qu’une caméra attachée à l’arme.

Personne ne sera étonné, l’EI s’en remet beaucoup aux IED. Sur leur utilisation, Postings retient deux choses : les engins explosifs disposés par l’EI sur le champ de bataille peuvent être complexes, comme en se déclenchant par exemple par un simple mouvement, et surtout, produits en masse même pendant la bataille, ils sont à l’origine de 80% des attaques contre les combattants anti-EI (Raqqa).

La troisième arme de l’EI est développée dans le troisième point de Postings : le drone armé d’engins explosifs. Expérimenté à Mossoul avant de s’exporter à Raqqa, le drone armé y était le moyen rêvé du groupe terroriste pour mener une attaque meurtrière fourbe et la filmer à des fins de propagande. Les occupants de Mossoul ne manquant pas moins de drones qu’ils ne manquaient d’armes, ils pouvaient réaliser jusqu’à 70 attaques en une seule journée !

Ça ne s’arrête pas là. Comme les snipers et les IED, nous dit Postings, cela permettait aux combattants de l’EI de cibler leurs adversaires avec un risque limité pour eux-mêmes. Le drone armé pouvait aussi servir de leurre en attirant l’attention du groupe pendant qu’un véhicule piégé viendrait les surprendre. L’EI les a également déployés pour attaquer les lignes logistiques et les dépôts de munitions ou pour fonctionner comme déni de zone, un bombardement incessant empêchant l’adversaire de prendre position.

Postings continue sur un autre aspect primordial du combat urbain vu par l’État islamique : les SVBIED. Ces SUV piégés ou autres pick-up et camionnettes du commerce, sortes de Zéro terrestres du XXIe siècle, sont renforcés de divers matériaux pour prolonger leur résistance aux tirs ennemis. Lancés à pleine allure et conduits par des hommes choisis pour mener une attaque suicide, ils sont la hantise des combattants anti-EI. Les matériaux de protection les identifiant exactement à ce qu’ils sont, les forces de l’EI à Mossoul ont cherché à camoufler leurs modifications : le SVBIED ressemblant d’assez loin à n’importe quel véhicule civil, le combattant anti-EI perd un temps crucial à le différencier d’une famille qui fuit la ville.

Une fois que le SVBIED est derrière les lignes ennemies, les dégâts sont considérables. Il s’élance quand il a été dépassé, ajoutant à l’effet de surprise, les troupes étant en plus regroupées et dos à lui. Ou il s’élance dans une contre-attaque, souvent pour faire regretter sa victoire à l’ennemi. Autour de l’hôpital al-Bab les SVBIED sont venus à bout de Leopard 2A4 turcs. À l’hôpital al-Salam, l’EI a encerclé cent combattants et avec seulement six SVBIED a détruit ou endommagé vingt véhicules, sans parler des dégâts humain. Pour s’assurer que le conducteur du SVBIED atteigne sa cible, les drones servent aussi à la navigation, aidant alors à éviter les barrages et autres obstacles.

Côté manoeuvres, l’EI opérait à Mossoul et à Raqqa par escouades de six à douze hommes, au moins équipées d’une mitrailleuse et d’une arme anti-véhicule, pouvant mener si bien des attaques d’ampleur que des raids furtifs profitant des multiples tunnels pour surprendre l’ennemi jusque dans les zones libérées. Plus ou moins équipés, les tunnels ne leur ont pas seulement permis de reprendre des zones perdues, mais en attaquant derrière les lignes ennemies, les escouades venaient harceler l’adversaire pour le forcer à relâcher la pression à d’autres endroits. À Raqqa, raconte Postings, les combattants anti-EI ont vu leurs ennemis émerger directement dans les bâtiments qu’ils occupaient : « Ce style de tactique défensive très mobile a permis à l’EI de saisir l’initiative tactique à plusieurs reprises. » Quand il y avait la place, les combattants de l’EI effectuaient leurs raids à moto, en pick-up surmonté d’une arme lourde ou à l’aide d’un véhicule blindé de transport improvisé.

Quand la contre-attaque des escouades de l’EI portait ses fruits, une nouvelle offensive de la coalition pouvait prendre des semaines, allongeant alors les mois de bataille. À Mossoul ou à Raqqa, les combats urbains face à l’EI ont été éprouvants et longs pour les hommes qui durent nettoyer une ou plusieurs fois chaque quartier, chaque rue de la ville. Cet avantage de l’EI lui vient de ses boucliers-humains qui empêchent la coalition internationale de le frapper de plein fouet avec l’aviation ou l’artillerie. Des familles sont forcées de vivre dans les immeubles occupés par des combattants de l’EI, les enfants sont utilisés pour empêcher le bombardement des usines de SVBIED. Avec la présence de boucliers humains, la supériorité de l’armée conventionnelle est limitée en zone urbaine, permettant à l’insurgé d’infliger des dégâts qu’il n’aurait jamais pu infliger dans un affrontement direct.

De ses recherches, Postings conclut ceci. Les combattants de l’EI ne suivent pas vraiment de modèle tactique, leurs tactiques de combat résultants de l’expérience dans chaque ville et s’exportant à l’autre avant tout par les moyens de propagande (jusqu’aux Philippines. cf. bataille de Marawi). Mais finalement, en diffusant ses actions, sorte d’actualisation de la guérilla urbaine, l’EI a « élaboré un guide pour les groupes qui luttent contre des adversaires supérieurs, ce qui signifie que la probabilité qu’ils soient employés dans des environnements urbains à l’avenir est élevée ».


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Invité

C'est pas nouveau les murs de sable bloquer déjà les C20 en Afghanistan ! :lol:

Faut écouter un peu les biffins sur le terrains de temps en temps ... il disent pas tout le temps de la merde :D !

Je me demande si les CR que tu fait après les missions sont vraiment lu par les chefs ... :X 

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Syrie: retrait américain ralenti. La France reste.

http://forcesoperations.com/syrie-retrait-americain-ralenti-la-france-reste/

US-Special-Forces-in-Syria-DVIDS-Copier.

Membre des Forces Spéciales U.S. utilisant un Command Launch Unit (CLU) de missile antichar FGM-148 Javelin pour repérer des cibles Daech dans la province de Deir Ezzor, en Syrie. (Photo : U.S. Army / Sgt. Matthew Crane)

« Le président est déterminé à faire en sorte que, lorsque nous quitterons la Syrie, l’EI soit complètement vaincu », a déclaré le sénateur américain à la presse en sortant d’un déjeuner avec Trump à la Maison Blanche. « Le président comprend qu’on a besoin de finir le travail », a-t-il ajouté. « Nous allons ralentir les choses d’une manière intelligente ». Voilà qui changerait de ce à quoi l’homme nous a habitués…

La France, elle, reste ! Pour marquer le coup, à l’instar de ce quelle avait fait l’an dernier avec des militaires français déployés au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane, la ministre Florence Parly se rend sur le théâtre d’opérations moyen-oriental pour y passer le Nouvel An parmi les 270 hommes et femmes déployés sur la Base Aérienne Projetée (BAP) H5, en Jordanie. Ce sont quand même 1.200 membres de l’armée française qui sont actuellement déployés contre Daech dans le cadre de l’opération Chammal. Il ne s’agit pas seulement d’un témoignage de sympathie pour des soldats contraints de passer les fêtes loin de leurs familles mais également d’un « coup de com’  » à l’égard de Trump : la France, elle, ne lâche pas ses alliés dans un combat qui est loin d’être gagné, contrairement à ce qu’invente le président américain pour motif électoral.

Depuis le début de l’opération Chammal, 8.700 missions aériennes ont été menées par l’aviation française (pour 1.500 frappes et 2.300 destructions de cibles) et 2.300 missions de tir ont été exécutées par les artilleurs français avec leurs remarquables obusiers automoteurs de 155mm Nexter Caesar; la Task Force (TF) Wagram continue d’appuyer les forces démocratiques syriennes contre Daech dans la région d’Hajine. Entre le 19 et le 25 décembre, la TF Wagram a exécuté, depuis le territoire irakien, 34 missions de tir (18 d’éclairements, 16 de destruction) selon l’EMA. Enfin, ce sont 11.000 militaires irakiens qui ont été formés par des militaires français.

Bref, pourvu que Patrick Shanahan, le nouveau secrétaire américain intérimaire à la Défense, parvienne à concrétiser valablement, avec un minimum de bon sens, ce ralentissement impératif du retrait des troupes américaines de Syrie, à la fois pour motif opérationnel et par respect pour les alliés des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme islamiste et pour protéger les intérêts vitaux des opposants au régime de Bachar al-Assad. Tant pis si Russes et Iraniens en prennent ombrage après s’être réjouis trop vite…


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

En décembre 2018, les forces françaises ont détruit une centaine de positions jihadistes en Syrie

http://www.opex360.com/2019/01/19/en-decembre-2018-les-forces-francaises-ont-detruit-une-centaine-de-positions-jihadistes-en-syrie/

Le 14 décembre, et après avoir repoussé de vigoureuses contre-attaques lancées par l’État islamique [EI ou Daesh] à la faveur de mauvaises conditions météorologiques ayant perturbé les opérations aériennes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes ont annoncé avoir chassé les jihadistes de la localité de Hajine, située sur la rive orientale de l’Euphrate, à une portée de canon de la frontière irakienne.

En outre, et alors que le président Trump venait d’annoncer le retrait des troupes américaines de Syrie, la coalition [opération Inherent Resolve, ou OIR] a visiblement accentué son action au profit des FDS, avec pas moins de 469 frappes [aviation et artillerie] contre Daesh entre le 16 et le 29 décembre. Soit quasiment autant que durant la période allant du 2 au 15 décembre.

Comme l’a expliqué l’État-major des armées, à Paris, dans son compte-rendu du 27 décembre, après les FDS ont poursuivi « leur offensive le long du fleuve et ont atteint la localité d’Abu Hassan où Daesh dispose toujours d’une forte capacité de résistance », après avoir « achevé la sécurisation de la ville d’Hajine. »

syrie.jpg

Si une très grande partie des frappes contre Daesh sont le fait des États-Unis, il n’en reste pas moins que la force française Chammal fait son maximum avec les moyens qui sont les siens, soit 10 Rafale basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis et trois CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] déployés en Irak, à la frontière syrienne, par la Task Force [TF] Wagram.

Ainsi, rien qu’en décembre 2018, la force Chammal a détruit « près d’une centaine de positions ennemies […] par les moyens terrestres et aériens » de son pilier « appui ». Ce qui inclut, précise l’EMA, une « cinquantaine de véhicules blindés ou piégés, des armes lourdes et des mitrailleuses ». Cette « attrition du potentiel de combat ennemi […] a contribué à faciliter la progression des FDS dans la poche d’Hajine », souligne-t-il.

Une fois encore, les CAESAr auront joué un rôle déterminant. « En décembre, des assauts ennemis ont tenté de percer les lignes défensives des FDS. Ces offensives de Daesh ont été repoussées avec l’appui notamment de l’artillerie française », explique l’EMA.

« Grâce à des matériels de haute technologie dotés d’une capacité de tirer six coups par minute, servis par des artilleurs aguerris par une expérience au combat unique, l’artillerie française s’est révélée aux côtés de ses homologues alliés de la coalition comme un appui feu essentiel aux opérations terrestres, contribuant à la destruction du potentiel de combat de l’ennemi », insiste l’état-major français.

Entre le 28 novembre 2018 et le 1er janvier 2019, et si l’on se réfère aux points de situation publiés durant cette période, les artilleurs français ont ainsi assuré 88 missions de tir de destruction contre des cibles jihadistes. Et, pour la première fois en opération, la TF Wagram a mis en oeuvre l’obus BONUS [BOfors NUtating Shell] pour détruire 8 blindés utilisés par Daesh, ce qui a permis de disloquer une colonne ennemie constituée par une quarantaine de véhicule.

3650118671.9.png

Pour rappel, l’obus BONUS a été conçu pour détruire des véhicules blindés par le toit, qu’ils soient à l’arrêt ou en mouvement. Doté de capteurs et d’un dispositif de reconnaissance de cible, il peut détruire plusieurs véhicules en un seul tir. « À n’en pas douter, l’emploi réussi de l’obus Bonus fera date et va modifier la perception encore trop répandue d’une artillerie ‘arrosant’ le champ de bataille », avait commenté, à l’époque, le colonel commandant la TF Wagram.

Obus-BONUS-1.jpg

D’une portée de près de 40 km, les CAESAr ont la capacité de fournir en permanence, et à court préavis, plusieurs effets lors d’une manoeuvre d’ensemble : tirs de destruction, de barrage ou d’interdiction et tirs d’éclairement ou visant à créer des rideaux fumigène temporaires afin de masquer la progression des troupes amies aux forces ennemies.

Quant aux Rafale, leurs opérations ont été rendues plus compliquées en raison des conditions météorologiques. Cependant, ils ont effectué 33 raids en appui des FDS durant la même période, dont 13 pour la seule semaine allant du 19 au 25 décembre.

Lors de ses voeux aux Armées, le 17 janvier, le président Macron a indiqué que la France resterait militairement engagée au Levant, son objectif « stratégique » étant « d’éradiquer Daesh en privant cette organisation terroriste de toute empreinte territoriale et en empêchant sa résurgence. ».


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/operation-chammal-l-article-colonel-legrier-passe-mal-a-paris-178107

Opération Chammal : l’article du colonel Régis LEGRIER passe mal à Paris

7578-tab.jpg?resize=840,473&ssl=1

«  Ecrivez !  » disait le général Lecointre, chef d’état-major des armées, en s’adressant aux militaires, les incitant à sortir du « mutisme militaire » dans lequel les armées se sont « enfermées », parfois de manière « confortable ».

Un colonel semble avoir pris le conseil un peu trop au pied de la lettre. François-Régis Legrier, chef de corps du 68e Régiment d’artillerie d’Afrique, a publié un article dans le dernier numéro de la Revue Défense Nationale. Le colonel Legrier commandait la Task Force Wagram en Irak, c’est-à-dire le détachement d’obusiers Caesar qui appuient la coalition.

Son article de sept pages est un retex (retour d’expérience) sur l’engagement de l’artillerie dans le conflit actuel, avec un point particulier sur la bataille d’Hajin (Sept. 2018/Janv. 2019). La conclusion de l’article, bien documenté, a fait grincer des dents à l’état-major des armées comme au cabinet militaire de la ministre Florence Parly. La RDN a décidé de retirer l’article de son site internet, même s’il reste évidemment disponible dans la version papier et en pdf pour les abonnés.

Voici sa conclusion (c’est nous qui soulignons) : « Oui, la bataille d’Hajin a été gagnée, au moins sur le terrain mais en refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate. Combien d’Hajin faudra-t-il pour comprendre que nous faisons fausse route ? »

 


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

http://www.opex360.com/2019/02/28/mme-parly-annonce-des-sanctions-contre-le-colonel-ayant-critique-la-conduite-des-operations-au-levant/

chammal-caesar-20170414-320x320.jpg

Mme Parly annonce des sanctions contre le colonel ayant critiqué la conduite des opérations au Levant

Chef de corps du 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique [RAA] et commandant le détachement français d’artillerie déployé à la frontière irako-syrienne [Task Force Wagram], le colonel François-Régis Legrier est l’auteur d’un article publié par la Revue de la Défense nationale [RDN, n° 817] intitulé « La bataille d’Hajin, victoire tactique, défaite stratégique? ».

Ce papier a fait beaucoup de bruit dans la mesure où l’officier y critique la conduite des opérations menées par la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, tout en déplorant que la frilosité des Occidentaux à envoyer des forces terrestres conventionnelles combattre l’État islamique [EI ou Daesh] en Syrie.

« En refusant l’engagement au sol, nous avons prolongé inutilement le conflit et donc contribué à augmenter le nombre de victimes au sein de la population. Nous avons détruit massivement les infrastructures et donné à la population une détestable image de ce que peut être une libération à l’occidentale laissant derrière nous les germes d’une résurgence prochaine d’un nouvel adversaire. Nous n’avons en aucune façon gagné la guerre faute d’une politique réaliste et persévérante et d’une stratégie adéquate », conclut ainsi le colonel Legrier.

Cela étant, cette appréciation n’est pas partagée. Ainsi, dans les colonnes du quotidien « Le Monde » [édition du 27/02], qui a publié de larges extraits de la tribune écrite par le colonel Legrier, le général Serge Cholley, ex-commandant de l’opération Chammal [nom de la participation française à la coalition], en a développé les raisons.

2016085_chammal_gba_cholley.jpg_article_

En premier lieu, le recours à des combattants locaux [notamment ceux des FDS, l’alliance arabo-kurde] n’aurait que des avantages, estime-t-il.

« Je suis convaincu que des forces locales, déterminées, équipées, formées et accompagnées par des forces spéciales occidentales, respectant les plans élaborés par une chaîne de commandement cohérente de bout en bout, renseignées et appuyées par ce qui se fait de mieux en termes de précision, de permanence et de profondeur, sont la meilleure réponse », assure le général Cholley, selon qui « Daech aurait trouvé dans la présence occidentale une formidable occasion de dénoncer une nouvelle croisade et une occupation étrangère, propices à rompre son isolement. »

Quant aux infrastructures qui auraient été détruites « massivement » par la coalition, l’ex-chef de la force Chammal s’inscrit en faux. « Il n’y a jamais eu d’ordre de destruction systématique des infrastructures, bien au contraire », dit-il, en refusant la caricature du « Kill’em all » [tuer-les tous].

Et le général Cholley d’expliquer que chaque dossier est examiné « individuellement, à l’aune de leurs conséquences aux niveaux local, régional et national sur les populations civiles » lors de réunions de ciblage et que le « choix des armements et des points d’impact pour réduire le volume de destruction est fait par des spécialistes. » Toutefois, admet-il, il est « évident qu’il a pu arriver que, face à des dangers imminents sur les forces alliées au sol ou en raison de défaillances techniques ou de méprises, des frappes qui n’étaient pas souhaitées ont été à déplorer. »

Quoi qu’il en soit, et alors que la RDN a retiré l’article du chef de corps du 68e RAA de son site Internet [par respect des obligations déontologiques, selon son directeur, ndlr], le colonel Legrier s’expose désormais à des sanctions, comme l’a expliqué Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’une audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, le 20 février et dont le compte-rendu vient d’être rendu public.

« Un colonel, ancien commandant au sein de la task force Wagram, a commis un article dans une revue sur une opération en cours en territoire de guerre. Il a ainsi commis une première faute en exposant potentiellement ses hommes par les révélations contenues dans l’article. Il a donc été convoqué à Paris pour rendre compte à sa hiérarchie », a commencé par dire la ministre.

« Je suis tout à fait favorable à la liberté d’expression, mais elle est limitée par la déontologie professionnelle qui s’applique à tous les agents publics, dont les militaires », a-t-elle fait ensuite remarquer.

« Ma deuxième remarque est de fond. Les opinions exprimées dans l’article me semblent particulièrement critiquables, mais elles auraient pu être discutées dans un autre cadre que celui-ci, particulièrement inapproprié », a estimé Mme Parly.

En outre, la ministre a aussi rappelé qu’elle avait rencontré le colonel Legrier lors d’un déplacement en Irak, le 9 février dernier. « Il semblait alors très fier de l’action de ses hommes et ne m’a fait aucune observation sur l’opération que nous sommes en train de mener », a-t-elle assuré. Aussi, « s’il n’était pas d’accord avec l’action de France, il devait demander à être déchargé de son commandement », a-t-elle poursuivi.

Et, visiblement, cela a inspiré à Mme Parly un commentaire sévère à l’endroit du colonel Legrier. « Je vois donc dans son attitude une certaine fausseté et un manque de courage », a-t-elle dénoncé. « Sa hiérarchie prendra donc les mesures qui s’imposent et rappellera les règles de base qui s’appliquent à tous », a-t-elle conclu.

PS. Commentaires =

1. Pas de quoi fouetter un chat !

2. François Régis ne sera pas auditeur à l'IHEDN. C'est ballot ! Depuis le GA (2s) MONCHAL il n'y a plus eu d'artilleur désigné pour occuper la fonction de CEMAT.

BTX


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Bonjour,

Savez vous si l'armée française intervient dans la bataille en Syrie contre les derniers djihadistes à Baghouz ?

Merci d'avance

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Appuie aérien, frappe d'artillerie, soutien a la formation et sûrement de la logistique.


"What is dead, May never die"

SEM 77

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/rdn-colonel-legrier-n-aura-qu-sanction-legere-180055

RDN : le colonel Legrier n’aura qu’une sanction légère

Selon des informations concordantes, le colonel François-Régis Legrier n’aura finalement qu’une sanction légère (sans doute quelques jours d’arrêts) qui devrait être sans conséquence sur la suite de sa carrière. Chef de corps du 68e régiment d’artillerie d’Afrique, il commandait la TF Wagram quand il a publié un article dans la Revue Défense Nationale RDN), critiquant la stratégie de la coalition.

Après la sur-réaction initiale du niveau politique, qui craignait une réaction négative des Américains à la veille de la conférence de Munich, l’affaire devrait désormais s’apaiser de manière raisonnable.

Le retrait de l’article du site de la RDN a suscité de nombreuses réactions, y compris à l’étranger, et provoqué l’exact inverse de l’effet final recherché.


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

À son tour, la France rapatrie « jusqu’à nouvel ordre » ses troupes déployées en Irak

monsabert-20200326.jpg

En 2015, la France avait déployé en Irak deux détachements de l’armée de Terre – les « Task Force » Narvik et Monsabert – afin de former et d’entraîner les forces de sécurité locales dans le cadre de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis [opération Inherent Resolve].

Ce pilier « formation » de la force Chammal [nom de la contribution française à la coalition] s’est ensuite réorganisé en janvier dernier, avec la fusion de ces deux détachements au sein d’une « task force Monsabert nouvelle génération ». Selon l’État-major des armées [EMA] , ce mouvement avait été « planifié depuis plusieurs semaines » et il n’était donc pas lié aux turbulences provoquées par la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué quelques jours plus tôt à Bagdad par une frappe américaine.

À l’époque, et devant la complexité de la situation et les incertitudes, plusieurs membres de la coalition avaient annoncé le retrait partiel et provisoire de leurs militaires présents en Irak. Tel n’était pas la position de Paris. « La France, depuis le début, avec constance […], elle, est restée avec détermination, avec courage », et « ceux qui se battent contre la menace terroriste, ceux qui la subissent, dans cette région, savent qui est là et qui reste » fit en effet valoir le président Macron, le 16 janvier, lors de ses voeux aux armées.

La TF Monsabert « nouvelle génération » a donc poursuivi ses activités. Et, le 27 février, une promotion de 42 soldats irakiens ayant suivi la formation « réaction face à une embuscade » ont reçu leur diplôme de fin de stage. En outre, les méthodes utilisées par les instructeurs français ont fait l’objet d’une attention particulière de la part du général américain Pat White, le commandant l’opération Inherent Resolve [lequel a souligné « l’exception française qui, avec un dispositif réduit, atteint des objectifs très élevés »] et de Mme le général Jennie Carignan, commandant la Nato mission Irak [NMI].

Mais l’épidémie de Covid-19 a eu raison de cette « détermination » évoquée trois mois plus tôt par le président Macron.

Ainsi, le 25 mars, l’EMA a annoncé une nouvelle « adaptation du dispositif de l’opération Chammal ». Adaptation qui passe par le retrait d’Irak de la centaine d’instructeurs de la TF Monsabert NG. Et cela, jusqu’à « nouvel ordre ». Il faut dire que les formations assurées auprès des forces irakiennes sont actuellement suspendues.

« Ce rapatriement commencera le 26 mars 2020 et concernera la centaine de soldats engagée dans le pilier ‘formation’ auprès de l’armée irakienne, ainsi que les éléments de soutien national stationnés au sein de l’état-major de l’Opération Inherent Resolve à Bagdad », a précisé l’EMA. À noter que d’autres pays ont pris une décision similaire, comme le Royaume-Uni et, plus récemment, la République tchèque.

Ce retrait, qui se veut provisoire [mais le provisoire a toujours tendance à durer….] ne signifie par pour autant la fin de l’opération Chammal. « La France reste […] engagée au Levant, car la lutte contre Daesh [État islamique ou EI] continue », a insisté l’état-major. Ainsi, la présence des militaires dans les structures de l’opération Inherent Resolve au Koweït et au Qatar est maintenue, de même que les « déploiements maritimes dans le canal de Syrie ».

Enfin, le pilier « appui », qui repose exclusivement sur des moyens aériens, reste mobilisé depuis la Jordanie et le Qatar, où un avion E-3F AWACS a récemment été déployé par l’armée de l’Air. La semaine passée, les aéronefs français ont réalisé 19 sorties aériennes.

Photo : EMA

http://www.opex360.com/2020/03/26/a-son-tour-la-france-rapatrie-jusqua-nouvel-ordre-ses-troupes-deployees-en-irak/


Ya Rab Yeshua.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

© Aumilitaire - Contact - CGU

×
×
  • Créer...