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Une «vraie armée européenne»: de quoi parle le président Macron ?

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https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/vraie-armee-europeenne-quoi-parle-president-macron-167796

Interrogé mardi matin sur Europe 1, le président de la République a créé la surprise en parlant de la nécessité d’une « armée européenne », sans que l’on comprenne bien de quoi il veut parler.

Car, rien dans les documents officiels, comme la « revue stratégique » et la loi de programmation militaire, ou les discours européens fondateurs du chef de l’Etat, tel celui de la Sorbonne, n’évoquaient un projet de la sorte. S’agit-il d’un lapsus présidentiel à la place du mot « défense » ? De la préparation d’annonces à venir ? D’un clin d’œil aux fédéralistes avec lesquels LREM souhaite s’allier en vue des élections européennes ? Les observateurs se perdent en conjectures.

« On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne », a déclaré Emmanuel Macron, « face à la Russie qui a montré qu’elle peut être menaçante », même s’il convient d’établir avec elle « un dialogue de sécurité ».    « On doit avoir une Europe qui se défend davantage seule, sans dépendre seulement des Etats-Unis et de manière plus souveraine », a-t-il ajouté.

Une « vraie armée européenne » ? Il faut remonter à la Communauté européenne de défense (CED) pour retrouver un projet aussi ambitieux… mais qui a sombré en 1954 à la suite du rejet de ce traité par la France.


Ya Rab Yeshua.

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https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/armee-europeenne-slogan-sympathique-casse-tete-absolu-concept-fumeux-168709

Armée européenne : « Slogan sympathique, casse-tête absolu, concept fumeux» pour Arnaud Danjean

Député européen LR, Arnaud Danjean est un spécialiste des questions de défense. A ce titre, il avait été sollicité par Emmanuel Macron pour présider à la rédaction de la « revue stratégique ». Publiée en octobre 2017, celle-ci fixe la doctrine française en matière de défense.

D’où sort cette proposition d’Emmanuel Macron de « vraie armée européenne » ? En avait-il été question lors des travaux de la revue stratégique ?

Cette expression est inédite dans la bouche d’un président de la République. J’ai d’abord cru à une forme de lapsus, une confusion entre « armée européenne » et « politique de défense européenne ». Sans ambiguïté mais avec la prudence et le réalisme nécessaires, la revue stratégique de 2017 avait tracé des perspectives pour une politique européenne de défense plus ambitieuse. (...)

Qui commanderait une telle armée ?

Dès que l’on sort du sympathique slogan, « l’armée européenne » devient vite un casse-tête absolu et un concept fumeux. Bien malin celui qui peut dire comment cela marcherait, quelle serait la chaîne de commandement ! Cela renvoie à des questions essentielles de légitimité et d’autorité politique. Qui a la légitimité d’envoyer des soldats tuer et mourir ? (...)

Dans une « armée européenne », que devient la dissuasion nucléaire française ?

C’est un autre énorme non-dit de cette affaire et je n’ai encore rien entendu sur ce sujet fondamental de la part des promoteurs de l’armée européenne (…)


Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2018/11/14/lallemagne-veut-un-conseil-de-securite-europeen-prenant-des-decisions-sans-appliquer-la-regle-de-lunanimite/

L’Allemagne veut un « conseil de sécurité européen » prenant des décisions sans appliquer la règle de l’unanimité

Au sein de la Royal Navy, pour lutter contre la déformation d’une cloison due à une voie d’eau à bord d’un bâtiment, l’épontillage bois lors des exercices de sécurité à bord des navires est toujours en vigueur alors que, pour la Marine nationale, l’épontillage est hydraulique. Ce type de détail illustre les difficultés à surmonter pour arriver à former une « armée européenne », que le président Macron a sorti de son chapeau la semaine passée, sans donner plus de détails sur ce qu’il entendait par là.

Pensait-il à l’Initiative européenne d’intervention (dont d’ailleurs fait partie le Royaume-Uni, qui s’apprête à quitter l’UE), qui, lancée par la France, vise à favoriser l’émergence d’une culture stratégique commune et à créer les conditions préalables à des engagements militaires préparés et coordonnés entre les dix pays signataires ? Ou bien avait-il en tête l’idée d’une « armée européenne » commune aux membres de l’UE, c’est à dire « fédérale », comme cela est régulièrement proposé par ceux qui n’ont une vague idée des réalités militaires?

En tout, et après de nouvelles critiques du président américain, Donald Trump, à l’égard de son homologue français, la chancelière allemande, Angela Merkel, a repris cette idée d' »armée européenne » lors d’un discours prononcé le 13 novembre au Parlement européen.

Dans un premier temps, Mme Merkel a plaidé en faveur d’un « Conseil de sécurité européen » afin de renforcer la politique extérieure de l’Union européenne.

« J’ai proposé la constitution d’un conseil de sécurité européen avec une présidence tournante au sein de laquelle des décisions importantes pourront être plus rapidement prises », a en effet déclaré la chancelière allemande, qui a également estimé qu’il ne fallait plus appliquer la règle de l’unanimité dans ce domaine afin de permettre à l’UE d’agir plus facilement sur la scène internationale.

Puis Mme Merkel a appelé à « élaborer une vision nous permettant d’arriver un jour à une véritable armée européenne". Puis elle a inscrit ses propos dans ceux tenus il y a quelques temps par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, en affirmant qu’une « armée commune européenne montrerait au monde qu’entre pays de l’Union, il n’y aurait plus jamais de guerre. Elle ne serait pas dirigée contre l’Otan, mais elle la compléterait sans jamais remettre en cause le lien. »

La veille, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg [dont le pays, la Norvège, ne fait pas partie de l’UE, ndlr], avait dit « saluer les efforts renforcés de l’Union européenne en matière de défense […] parce que c’est une bonne chose si les alliés européens ont plus de capacités, s’ils travaillent plus étroitement ensemble ». Mais d’ajouter dans la foulée : « Ce dont nous ne nous félicitons pas, c’est que l’UE commence à développer des structures en double. »

« La réalité est que nous avons besoin d’une structure de commandement forte et compétente, nous ne pouvons pas diviser ces ressources en deux », fit alors valoir M. Stoltenberg, visant probablement l’Initiative européenne d’intervention.

« Ce ne serait pas une sage décision de la part des pays membres des deux organisations [UE et Otan, ndlr] de disposer de deux ensembles de structures de commandement ou de faire double emploi avec ce que fait l’Otan », avait ensuite poursuivi M. Stoltenberg. Et de conclure : « Plus d’efforts européens en matière de défense, c’est bien, mais cela ne doit jamais saper la force du lien transatlantique. »

Cela étant, Mme Merkel n’a pas donné la marche à suivre pour arriver à cette « armée européenne », si ce n’est qu’elle a mis l’accent sur le capacitaire (et non pas sur l’opérationnel) en proposant le développement commun d’armements (ce qui fait déjà l’objet du Fonds européens de Défense et de la coopération structurée permanente) et la mise en place d’une « politique commune d’exportation des armes »… Ce qui est loin d’être gagné quand l’on pense aux divergences entre Paris et Berlin sur ce point. Donc, le capacitaire avant l’opérationnel…

Quoi qu’il en soit, l’idée de créer une « armée européenne commune » revient maintenant régulièrement dans le débat, en faisant fi des réalités qui en font d’autant plus une chimère que les États de l’Union peinent de plus en plus à s’entendre entre eux. Le cas actuel de l’Italie en est un exemple.

Passé du ministère de la Défense à celui des Affaires étrangères en 2017, Jean-Yves Le Drian avait expliqué en quoi une « armée européenne » était impossible en l’état actuel des choses, lors de l’inauguration de la chaire « Grands enjeux stratégiques », à La Sorbonne, en janvier 2016.

« L’Europe a moins besoin d’une ‘armée fédérale’ imaginaire, développée par certains comme une fuite en avant, que de solidarité concrète entre ses membres, y compris sur le plan militaire » et « c’est aux États qu’il appartient en premier d’entretenir une défense forte, et c’est aux plus importants d’entre eux de montrer la voie en Europe », avait en effet affirmé M. Le Drian, en précisant qu’il s’agissait là d’une « conviction inébranlable ».

Et tant qu’aucune réponse ne sera apportée pour savoir quelles seront les responsabilités politiques, la chaîne de commandement et les règles d’engagement, parler d’une « armée européenne » revient à avoir la même utilisé qu’un ventilateur : en clair, on ne fait que brasser du vent.

Responsable de la Revue stratégique qui a servi à l’élaboration de la Loi de programmation militaire 2019-25, le député européen (LR) Arnaud Danjean estime que le « premier problème est d’ordre politique ou philosophique » car une « armée se bat pour défendre des valeurs, une institution » et, pour cela, « on n’a pas trouvé mieux que la nation jusqu’ici. » Se pose aussi la question du modèle de cette « armée européenne ». Sera-t-il français ou allemand? Ou sera-t-il le fruit d’un compromis qui la rendra inefficace?

Ancien chef d’état-major des Armées [CEMA], le général Pierre de Villiers, qui fait actuellement le tour des médias pour son nouveau livre « Qu’est-ce qu’un chef ?« , a résumé les difficultés de cette « armée européenne ».

Si cette dernière « consiste à juxtaposer des forces, à les fusionner et à en faire des unités de combat aux ordres d’un état-major hypothétique à Bruxelles, je vous dis : Impossible! Et le rêve se transformera en cauchemar. Il ne faut pas tuer la belle idée européenne (…), mais il faut que cette Europe forte se construise sur les souverainetés des nations dans une souveraineté française, interétatique, à géométrie variable », a expliqué le général de Villiers à l’antenne de BFMTV.


Ya Rab Yeshua.

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Les Pays-Bas disent préférer l’Otan à une « armée européenne »

http://www.opex360.com/2018/11/17/les-pays-bas-disent-preferer-lotan-a-une-armee-europeenne/

En parlant de la nécessité d’une « vraie armée européenne » pour protéger l’Europe de la Russie et de la Chine sans dépendre des États-Unis, le président Macron aurait sans doute dû préciser dans la foulée, ce qu’il avait exactement en tête. Ce qu’il a fait, le 14 novembre, en évoquant la constuction d’une « vraie capacité de […]


Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2018/11/22/paris-et-berlin-devoilent-le-calendrier-de-leurs-projets-communs-davion-et-de-char-de-combat-du-futur/

Paris et Berlin dévoilent le calendrier de leurs projets communs d’avion et de char de combat du futur

………..…………………... le 22 novembre, le ministère des Armées et son pendant allemand ont publié un communiqué dans lequel ils ont détaillé les calendriers de ces deux programmes, tout en saluant une « étape décisive pour la défense européenne » qui montre que « la France et l’Allemagne peuvent allier leurs forces dans des projets d’avenir et que l’Europe peut contrôler sa destinée et construire une défense forte. »

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S’agissant du SCAF (=système de combat aérien futur), dont la conduite du projet est assurée par la France,...............le communiqué précise qu’elles ont convenu « d’un leadership conjoint entre Dassault et Airbus pour mener une étude commune de concept et d’architecture (comprenant la connectivité) pour le SCAF, sur la base du cahier des charges », ce qui donnera lieu à la signature d’un contrat au début de l’année 2019. L’on notera qu’il n’est nullement question de Thales dans ce texte.

………..…/………….

Quoi qu’il en soit, les études de recherche et développement [R&D] et de démonstrateurs pour l’avion de combat et son moteur [au singulier, ndlr] devraient être lancées à l’occasion du prochain Salon du Bourget, en juin 2019. La motorisation de ce futur avion de combat reviendrait à Safran (maître d’oeuvre) et à MTU.

………..…/……………..

https://twitter.com/vehi_mili_info

Quant au programme du char de combat du futur, dont la responsabilité a été confiée à l’Allemagne, le communiqué indique que les deux ministres « se sont félicitées des progrès accomplis dans les études de concept et d’architecture, et ont chargé leurs équipes d’en partager les résultats. »

L’on s’attendait à ce que la conception du MGCS allait revenir à KNDS, c’est à dire à la co-entreprise créée par l’allemand Krauss-Maffei Wegmann et le français Nexter Systems. Mais il est désormais question d’un troisième acteur : Rheinmetall.

« À cet égard, un cahier des charges pour les études conceptuelles et les activités de R&D sera convenu fin 2018. Rheinmetall, KMW et Nexter (sociétés du groupe KNDS), seront chargés de faire une proposition industrielle afin de mener avec succès les études et les activités de R&D respectives à partir de mi-2019 », est-il précisé dans le communiqué.

………..…./………………...

« Sans remettre en cause le leadership allemand dans ce domaine, il faut reconnaître que la France aura une avance technologique majeure en matière de combat collaboratif connecté avec l’opération Scorpion. Il conviendra donc de veiller à ce que cette dimension du combat terrestre soit dûment prise en compte, faute de quoi les capacités blindées françaises connaîtraient même une régression par rapport aux capacités Scorpion », avait prévenu M. Larsonneur, dans son rapport.


Ya Rab Yeshua.

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SCAF : le démonstrateur devrait voler « autour de 2025 »

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/scaf-demonstrateur-devrait-voler-autour-2025-174189

Le démonstrateur du futur avion de combat franco-allemand devrait «  voler autour de 2025  », nous a indiqué ce matin Eric Trappier, président du Gifas et PDG de Dassault-Aviation. «  Notre ambition, c’est que le SCAF soit opérationnel en 2040. Il faut donc s’y mettre cette année  », a-t-il ajouté. Dix-huit mois après l’annonce politique, le 13 juillet 2017, «une étude sera lancée dès janvier  » 2019 et la décision de se doter d’un démonstrateur pour «  valider les choix techniques et opérationnels  » doit avoir lieu lors du salon du Bourget en juin prochain. Le président du Gifas a confirmé «  la volonté affichée d’un leadership français  » sur ce projet, qui sera un «  système complet  intégrant l’avion de combat  ». Après le «  partenariat historique entre Dassault et Airbus  », Eric Trappier a assuré qu’il y aurait de la place pour «  tous les autres  » acteurs du secteur. Au-delà du SCAF, Eric Trappier a appelé la DGA à avoir une «  politique ambitieuse  » en matière de démonstrateurs. «  On a besoin d’en faire voler un certain nombre afin de valider les choix techniques et opérationnels  »

Le président du Gifas a jugé que 2018 avait été «  une bonne année  » pour l’aéronautique et le spatial français et que 2019 devrait l’être également, malgré l’environnement international «  complexe  ». Il a notamment insisté sur le «  dynamisme  » des Etats-Unis et de la Chine, ainsi que sur la nécessité de l’Europe de poursuivre ses efforts en vue de son «  autonomie stratégique  ».

Le 53e salon du Bourget se tiendra du 17 au 23 juin prochain, cette année étant marquée par un triple cinquantenaire : la création d’Airbus, le premier vol du Concorde et le premier pas d’un homme sur la Lune.


Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2019/02/01/mme-parly-explique-ce-quil-faut-entendre-par-armee-europeenne/

Mme Parly explique ce qu’il faut entendre par « armée européenne »

Quand, à l’antenne d’Europe1, le 6 novembre dernier, le président Macron a évoqué l’idée d’une « vraie armée européenne » sans avoir eu le temps de préciser sa pensée, nombreux ont été les commentateurs et les éditorialistes à y voir un retour du projet de « Communauté européenne de défense » [CED], qui fit long feu dans les années 1950.

Et, beaucoup ont estimé, non sans raison, que de créer une « armée européenne », au sens strict du terme, était impossible au regard des règles d’engagements propres à chaque État membre de l’Union européenne ainsi que des différences culturelles, capacitaires, historiques et doctrinales.

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C’est, d’ailleurs, ce qu’a récemment rappelé le général Marc Compernol, le chef de la Défense belge, dans un entretien donné au quotidien Le Soir. « S’entrainer à intervenir ensemble en ayant le même matériel, oui. Par contre je ne crois pas à une armée européenne sous la même bannière, comme celle des Etats-Unis », a-t-il dit.

D’autres, certes moins nombreux que les premiers, ont en revanche laisser libre court à leur imagination, voyant déjà, non sans un certain enthousiasme, s’installer à Bruxelles un « Comité de défense européen »…

Plus tard, le président Macron a eu l’occasion de s’expliquer sur l’expression qu’il avait utilisée précédemment. Dans son esprit, il n’est nullement question de créer une armée fédérale au service de l’UE mais d’arriver à construire une « vraie capacité de défense européenne », qui plus est autonome par rapport aux États-Unis. D’où l’Initiative européenne d’intervention [IEI] portée par la France, afin de développer une culture stratégique commune entre les pays du Vieux continent volontaires pour y participer.

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Et c’est ce qu’a expliqué Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’un entretien donné à Bucarest, le 31 janvier. « L’expression armée européenne est une image utilisée par le président Macron pour mieux faire comprendre ce que l’Union européenne fait pour sa défense », a-t-elle en effet affirmé.

« CSP [coopération structurée permanente], Fonds de défense, personne ne comprend. Parler d’armée permet de faire comprendre que l’UE veut être en mesure d’assurer sa propre sécurité », a ensuite expliqué Mme Parly.

En tout cas, ce projet européen ne plaît pas à tout le monde.

Le président américain, Donald Trump, n’a en effet pas manqué l’occasion d’en dire tout le mal qu’il en pensait tandis que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a multiplié les mises en garde. Comme encore le 30 janvier. « Il est hors de question que l’UE se substitue à l’Otan. Elle doit être complémentaire, pas concurrente », a-t-il dit, en arrivant à Bucarest, où il était invité à assister à une réunion des ministres de la Défense de l’UE.

« L’Otan reste la pierre angulaire de la défense collective. Tout ce que nous faisons dans l’UE, nous le faisons en complément, pas en concurrence avec l’Otan », a une nouvelle fois affirmé Mme Parly. « Mais il y a des débats sur les modalités », a-t-elle dit.  »

« On ne peut pas exiger de l’UE qu’elle augmente ses contributions pour sa défense et s’offusquer du fait que les Européens s’organisent pour le faire » et « si le message est payer plus pour acheter Américain, alors certains Européens ne seront pas nécessairement d’accord avec cette ligne », a fait valoir la ministre française.

Cela étant, l’autonomie stratégique européenne avance, même si elle « prendra du temps », comme l’a souligné Mme Parly, pour entrer dans les faits. « 17 nouveaux projets ont été lancés dont certains très importants, comme la modernisation de l’hélicoptère d’attaque franco-allemand Tigre », a-t-elle rappelé.

En outre, la Commission européenne a lancé un fonds Européen de défense, dont la dotation doit être portée à 13 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Et l’Initiative européenne d’intervention, qui est hors cadre de l’UE, mobilise 10 pays, dont le Royaume-Uni et le Danemark [ce pays ne participe pas à la politique européenne de sécurité et de défense, ndlr].

« Le Royaume-Uni a été parmi les premiers à adhérer à cette initiative », a souligné Mme Parly. « Mon espoir est que le jour où il quittera l’UE, il restera déterminé à poursuivre cette coopération dans un cadre différent », a-t-elle avancé.


Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2019/02/10/lidee-dun-parapluie-nucleaire-francais-pour-lunion-europeenne-fait-son-chemin/

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L’idée d’un « parapluie » nucléaire français pour l’Union européenne fait son chemin

En septembre 1995, Alain Juppé, alors Premier ministre avait évoqué le concept de « dissuasion [nucléaire] concertée » avec l’Allemagne. Mais l’affaire n’alla pas plus loin, le gouvernement allemand n’ayant pas souhaité donner de suite à cette idée.

Puis, en 2006, à l’occasion d’un discours prononcé à l’Île-Longue, le président Chirac affirma qu’il fallait « nous poser, ensemble, la question d’une défense commune, qui tiendrait compte des forces de dissuasion existantes, dans la perspective d’une Europe forte, responsable de sa sécurité. » Mais, une fois encore, rien ne se passa.

Cependant, la doctrine nucléaire française parle de défendre les intérêts vitaux de la Nation et vise à faire du territoire national un « sanctuaire ». Pour autant, la Revue stratégique publiée en octobre 2017 rappelle que « la définition de nos intérêts vitaux ne saurait être limitée à la seule échelle nationale, parce que la France ne conçoit pas sa stratégie de défense de manière isolée, même dans le domaine nucléaire. »

Depuis les déclarations de MM. Chirac et Juppé, la situation internationale a profondément changé.

À la menace terroriste est venue s’ajouter celle dite de la « force », avec des pays qui mènent une politique assise sur leur puissance militaire, tout en s’affranchissant des normes internationales ainsi que les frontières. Le tout assorti de stratégies de déstabilisation et de remise en cause de ce que l’on tenait encore pour acquis il y a peu.

Ainsi en est-il de l’architecture européenne de sécurité.

Depuis le retrait des États-Unis du traité ABM [Anti-Ballistic Missile] trente ans après sa signature, le traité sur les forces conventionnelles en Europe [FCE] a été dénoncé par la Russie. Et, plus récemment, sur fond de violation présumée par la partie russe, Washington a décidé de se retirer du Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires [FNI]. Et vu comme c’est parti, on peut nourrir quelques craintes sur la prolongation, au-delà de 2021, du traité New Start de réduction des armes stratégiques.

En outre, les États-Unis font de l’Asie-Pacifique leur priorité. Ce tournant avait été énoncé clairement dans leur stratégie nationale de sécurité publiée en 2012 afin de limiter l’influence chinoise. Et si un coup d’arrêt a été mis à ce « pivot » américain vers cette région [aux dépens de l’Europe] avec l’annexion de la Crimée par la Russie, en 2014, les critiques récurrentes du président Trump à l’endroit de l’Otan font que les Européens s’interrogent…

Les élus américains aussi d’ailleurs, au point que le Sénat a voté une résolution pour soutenir l’Alliance atlantique et que la Chambre des représentants, désormais à la main des démocrates, en a fait de même en adoptant une loi visant à empêcher tout financement d’un retrait de l’organisation.

En Allemagne, où le tropisme « otanien » est très fort, on ne peut que redouter un retrait américain de l’Otan. « L’Europe ne peut pas se défendre sans les États-Unis », avait affirmé Sigmar Gabriel, l’ex-ministre allemand des Affaires étrangères, dans un entretien donné à Der Spiegel, en janvier 2018. Or, avait-il continué, « quand les États-Unis quittent une pièce, d’autres puissances entrent immédiatement. En Syrie, ce sont la Russie et l’Iran. En politique commerciale, c’est la Chine. Ces exemples montrent qu’au bout du compte, nous ne parvenons plus à la fois à diffuser nos valeurs européennes et à faire respecter nos intérêts. » Et de résumer la situation : « Dans un monde rempli de carnivores, les végétariens ont des difficultés. »

Par ailleurs, Au sein de l’Union européenne, et quand le départ du Royaume-Uni sera entré dans les faits, seule la France disposera à la fois de la force nucléaire et d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Ce qui lui donne un statut bien particulier. Et l’idée d’un « parapluie nucléaire » français fait visiblement son chemin.

En 2017, la chambre basse du Parlement allemand [le Bundestag] a estimé que, juridiquement, rien ne s’opposait à une participation financière de Berlin à l’arsenal nucléaire français. Ce qui montre que la question fait débat outre-Rhin. Et elle vient d’être relancée par le diplomate Wolfgang Ischinger, une figure respectée et influente en Allemagne pour tout ce qui a trait aux affaires stratégiques.

Président de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui a traditionnellement lieu à la mi-février, M. Ischinger a en effet estimé, dans un entretien donné à des journaux du groupe Funke Mediengruppe, qu’une « européisation du potentiel nucléaire français » est « effectivement une très bonne idée » à « moyen terme ».

« Il s’agit de savoir si, et comment la France pourrait être disposée à mettre stratégiquement sa capacité nucléaire au profit de l’ensemble de l’Union Européenne », a continué M. Ischinger.

« Concrètement : les options de l’engagement nucléaire de la France ne devraient pas couvrir seulement son propre territoire, mais aussi le territoire des partenaires au sein de l’Union Européenne. En contrepartie, il serait nécessaire de préciser les contributions que les partenaires européens devraient apporter afin d’arriver à un partage équitable des charges », a expliqué le diplomate.

« Si le coûteux potentiel nucléaire français devait être développé, on ne peut pas attendre de la France qu’elle paye cela seule sur son propre budget. Les autres partenaires au sein de l’UE, qui bénéficieraient de cette protection, devraient contribuer en conséquence », a insisté M. Ischinger.

En clair, la dissuasion française serait étendue à l’ensemble des pays de l’Union européenne et ces derniers mettraient la main au portefeuille pour la financer, sans pour autant avoir voix au chapitre.

« Cependant : l’utilisation possible des armes nucléaires ne pourrait pas être décidée, au final, par un comité de l’UE. Cette décision resterait celle du président français. Ce que nous devons accepter! », a en effet conclu M. Ischinger.

Ce dernier a également rappelé que, l’UE a bénéficié du parapluie américain en matière de sécurité « pendant des décennies ». Et que cela n’est apparemment « aussi évident aujourd’hui. » Aussi, « il est grand temps que l’UE se transforme en une Union de la défense – sans renoncer à ses objectifs précédents en matière de politique économique, sociale ou commerciale », a-t-il plaidé.


Ya Rab Yeshua.

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Le président Macron propose un traité de défense et de sécurité pour l’Union européenne

Dans une tribune diffusée en 28 langues, ce 5 mars, le président Macron a précisé le projet qu’il entend porter à l’occasion des prochaines élections européennes, qui se tiendront le 29 mai. Dans ce texte, intitulé « Pour une renaissance européenne« , il définit ainsi trois priorités : « retrouver l’esprit de progrès », « défendre notre liberté » et « protéger notre continent ».

S’agissant du progrès, Emmanuel Macron propose de doter le « nouveau Conseil européen de l’innovation d’un budget comparable à celui des États-Unis, pour prendre la tête des nouvelles ruptures technologiques, comme l’intelligence artificielle », ce qui ne peut qu’intéresser le monde de la Défense.

Toujours dans le même chapitre, le président français estime qu’une « Europe qui se projette dans le monde doit être tournée vers l’Afrique, avec laquelle nous devons nouer un pacte d’avenir ». Il s’agirait ainsi de soutenir le développement de ce continent, via des investissements, des partenariats universitaires ou encore « l’éducation des jeunes filles ». Là encore, de telles mesures pourraient faire reculer l’influence jihadiste. Dans ce domaine, l’Union européenne soutient par exemple un Programme d’Investissements Prioritaires [PIP], au profit des pays du G5 Sahel.

Le second sujet évoqué par M. Macron concerne essentiellement les influences extérieures qui, via les cyberattaques et autres « infox », visent à manipuler les élections. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’être naïfs. […] Il y a des gens qui veulent perturber les élections européennes, et qui disposent d’outils très sophistiqués », avait ainsi prévenu Frans Timmermans, le vice-président de la Commission, en décembre dernier. La campagne sur le Brexit, au Royaume-Uni, aurait donné lieu à de telles ingérences, des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ayant identifié pas moins de 400 faux comptes créés sur les réseaux sociaux pour diffuser des messages hostiles à l’Union européenne.

« Notre liberté première est la liberté démocratique, celle de choisir nos gouvernants là où, à chaque scrutin, des puissances étrangères cherchent à peser sur nos votes », a résumé M. Macron, avant de proposer la création d’une « Agence européenne de protection des démocraties qui fournira des experts européens à chaque État membre pour protéger son processus électoral contre les cyberattaques et les manipulations. » Et, pour faire bonne mesure, il estime également qu’il faudrait « interdire le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères » et « bannir d’Internet, par des règles européennes, tous les discours de haine et de violence, car le respect de l’individu est le fondement de notre civilisation de dignité. »

Enfin, au chapitre « protéger notre continent », Emmanuel Macron estime que l’UE a « oublié de regarder les réalités du monde ». Et, selon lui, « aucune communauté ne crée de sentiment d’appartenance si elle n’a pas des limites qu’elle protège ». D’où la nécessité de veiller sur les frontières européennes. « La frontière, c’est la liberté en sécurité », insiste-t-il.

Aussi, le président français propose de « remettre à plat l’espace Schengen » et de mettre en place une « police des frontières commune et un office européen de l’asile », avec des obligations strictes de contrôle et une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue. Et le tout sous l’autorité d’une « Conseil européen de sécurité intérieure. »

Cela étant, M. Macron n’a pas oublié la défense européenne. Et si d’importants progrès ont été accompli ces dernières années avec le Fonds européen de défense et la coopération structurée permanente, il s’agit d’aller encore plus loin puisqu’il propose un « traité de défense et de sécurité » pour l’UE.

Ce texte « devra définir nos obligations indispensables, en lien avec l’Otan et nos alliés européens : augmentation des dépenses militaires et clause de défense mutuelle rendue opérationnelle », explique-t-il.

En clair, et comme il l’avait déjà annoncé en août 2018 lors de la Conférence des ambassadeurs, l’idée est de renforcer la portée de l’article 42-7 du Traité sur l’Union européenne, lequel prévoit que les États membres doivent « aide et porte assistance par tous les moyens en leur pouvoir  » à l’un d’entre eux s’il fait l’objet d’une « agression armée sur son territoire. » Mais il s’agit aussi de renforcer le pilier européen de l’Otan en doter l’UE d’une autonomie stratégique par rapport aux États-Unis.

En outre, ce nouveau traité instituerait un « Conseil de sécurité européen », comme l’avait déjà proposé Angela Merkel, la chancelière allemande, en novembre dernier. Et, à l’époque, elle avait estimé qu’il ne fallait « plus appliquer la règle de l’unanimité » dans ce domaine afin de permettre à l’UE d’agir plus facilement sur la scène internationale ».

Dans sa tribune, M. Macron reprend donc à son compte l’idée de ce Conseil de sécurité européen en voulant y associer le Royaume-Uni « pour préparer nos décisions collectives. » Pour rappel, Londres a rejoint l’Initiative européenne d’intervention [IEI] lancée par Paris en dehors du cadre de l’UE afin de développer une culture stratégique européenne et à renforcer la capacité des pays européens à agir ensemble.


Ya Rab Yeshua.

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Florence Parly ne veut pas d'une Europe sans défense. Et quid d'une Europe de la défense?

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/03/15/flore-nce-parly-ne-veut-pas-d-une-europe-sans-defense-et-qui-20105.html

Paru dans Ouest-France ce matin, le texte d'un entretien avec Florence Parly. Au menu, entre autres, la relation franco-allemande.

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Ya Rab Yeshua.

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Les Français pour une armée européenne mais pas optimistes quant à sa création

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/03/30/les-francais-pour-une-armee-europeenne-mais-pas-optimistes-q-20145.html

Plus de six Français sur dix sont favorables à l'idée de la création d'une armée européenne, souhaitée par le président Emmanuel Macron, selon un sondage Odoxa publié samedi dans Le Parisien.

L'enquête réalisée pour l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) les 13 et 14 mars auprès de 1004 personnes montre que 62% des sondées sont favorables à la mise en place d'une "armée commune aux Etats membres de l'Union européenne". Elles sont 75% à se prononcer en outre pour "une politique de sécurité et de défense commune des Etats membres de l'UE".

Les sympathisants PS, LR et LaRem sont les plus favorables à la création d'une armée, souhaitée par plus de 70% d'entre eux.

Les sympathisants de la France insoumise sont en revanche (et sans surprise) hostiles au projet, à 60%.

En revanche, dans une atmosphère marquée par la montée des nationalismes et le Brexit, les Français sont pessimistes quant à la faisabilité du projet : 60% pensent que cela n'arrivera pas dans les 10 à 15 prochaines années. 

PS. Quelques réflexions personnelles sur cette non-information =

Qu'est ce que c'est "un sympathisant PS" ? Ca existe vraiment …………..

LFI hostile ? Rien de plus normal car ce serait se soumettre à un commandement subsidiaire. Or……..

 

 


Ya Rab Yeshua.

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bonjour,

Difficile de croire a la création d'une armée Européenne, les états membres n'arrivent déja pas a se mettre d'accord sur l'horaire d''été, on imagine aisément la tournure des discussion le jour ou l'on parlera des règles d'engagement..........

  • Haha 1

" Si tu fais trop confiance à tes yeux, tu risques de ne pas voir ce qui est vraiment important ".

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bonjour. 

je voulais réagir à l'un des articles postés. Trump dit qu'il ne souhaite pas qu'une armée européenne voit le jour qu'est ce qui motive cette phrase selon vous? Est ce que les intérêts américains et européens divergent à ce point?

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http://www.opex360.com/2019/05/23/mme-parly-repond-aux-critiques-americaines-sur-les-projets-visant-a-renforcer-lautonomie-strategique-europeenne/

Mme Parly répond aux critiques américaines sur les projets visant à renforcer l’autonomie stratégique européenne

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Récemment, deux responsables du Pentagone et l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne [UE] ont vertement critiqué les initiatives européennes dans le domaine militaire, en particulier les modalités relatives au Fonds européen de la Défense [FEDef], qui sera doté de 13 milliards d’euros pour la période 2021-2027 afin de financer l’innovation technologique et encourager les projets menés en coopération sur le Vieux Continent.

Pour être éligibles au FEDef, les industriels devront avoir obligatoirement leurs infrastructures au sein de l’UE et leurs décisions ne devront pas être contrôlées par une « entité installée » hors de l’UE. En clair, une filiale européenne d’un groupe étranger ne pourra pas bénéficier d’un financement. Aussi, Washington y voit une mesure « protectionniste », ce qui justifie ses menaces de « sanctions ».

Dans une tribune publiée par le Huffington Post, la ministre française des Armées, Florence Parly, a répondu aux critiques américaines sur les initiatives visant à doter l’UE de plus d’autonomie stratégique dans le domaine de la défense.

Déjà, en novembre, le président Trump était monté au créneau en qualifiant le projet d' "armée européenne" évoqué par son homologue français, Emmanuel Macron, de « très insultant ».

Dans un entretien donné à l’AFP le 31 janvier dernier, Mme Parly avait expliqué que l’expression armée européenne était « une image utilisée par le président Macron pour mieux faire comprendre ce que l’UE fait pour sa défense. » C’est à dire qu’il n’est pas question d’une « armée européenne unique » et fédérale mais d’aller vers plus d’autonomie européenne en matière de défense. Et c’est ce qu’elle a de nouveau mis en avant dans sa dernière tribune.

« Non, l’Europe de la défense, ce n’est pas ‘very insulting’, comme l’exprimait récemment sur Twitter l’un de nos meilleurs alliés. Ce n’est pas un protectionnisme déguisé. L’Europe de la défense, c’est simplement prendre notre destin en main. C’est tendre vers l’autonomie. Pourquoi? Car une puissance n’existe pas si elle n’est pas capable de décider et d’agir elle-même », a écrit Mme Parly.

« Alors oui, nous développerons une industrie européenne, une innovation européenne, des technologies européennes – et des emplois en Europe. Les 13 milliards du Fonds européen de défense ne resteront pas confinés dans des couloirs bruxellois: ils irrigueront tous les territoires européens. Quand on parle d’Europe de la défense, on parle aussi de ça », a continué la ministre.

Plus tard, lors de la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, Mme Parly a enfoncé le clou, en se montrant plus directe à l’égard des critiques américaines.

« L’Europe de la défense se renforce grâce au Fonds européen de la défense, qui est une véritable révolution puisque jamais, jusqu’à présent, l’Europe n’avait investi un seul euro en faveur de la défense », a commencé par rappeler la ministre.

« Nous n’oublions pas que les États-Unis sont un allié et un partenaire stratégique. Mais il faut aussi que nos amis américains comprennent que les progrès que nous accomplissons entre Européens ne se font ni contre eux, ni sans eux », a-t-elle enchaîné.

Alors, a-t-elle continué, « oui, nous allons développer une industrie européenne, une innovation européenne, des technologies européennes » et « non, […] ce n’est pas un protectionnisme malsain ou déguisé » car c’est « simplement une manière de prendre notre destin en main et d’assurer la protection de 500 millions de citoyens européens. »

Cela étant, lors d’une audition au Sénat, Louis Gautier, ancien secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale et actuellement chargé d’une mission sur la défense de l’Europe, a fait part d’au moins deux points d’attention sur le futur FEDef.

Tout d’abord, l’ancien SGDN a souligné les « effets très positifs » des initiatives prises par l’UE en matière de défense au regard de la « dégradation continue de la situation stratégique Européens, notamment suite à divers événements » comme « la dénonciation de l’Accord de Vienne, le désengagement diplomatique américain sur le théâtre syro-irakien, le retrait du Fonds monétaire international, la prolifération de nouvelles gammes de missiles, l’intensification des menaces cyber et, enfin, le démantèlement de l’architecture européenne de sécurité. »

S’agissant des projets que financera le FEDef, M. Gautier estime qu’une « vision strictement capacitaire est insuffisante ». Car, a-t-il demandé, « si la défense européenne n’est pas fondée sur une doctrine militaire, comment opérer des choix capacitaires dé-corrélés des enjeux opérationnels? »

« Le dimensionnement des capacités militaires européennes doit couvrir tout le spectre des opérations possibles et rendre possible la gestion de crises touchant le cyber, les infrastructures critiques européennes et la sécurisation des frontières. La capacité à intervenir à la périphérie de l’Union doit également être privilégiée. Or, aujourd’hui, ces différents domaines d’intervention ne bénéficient même pas d’un portage, fût-il institutionnel, au sein de l’Union européenne! », a observé M. Gautier.

Enfin, le second point d’attention concerne le faible nombre d’États « disposant d’une réelle industrie de défense parmi les 27 [donc, sans le Royaume-Uni, ndlr]. » Pour M. Gautier, « cette réalité est un obstacle à la réussite du FEDef, que tous les membres de l’Union ont accepté de financer mais qui, au final, est voué à porter principalement des projets industriels conduits par seulement quelques États : la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. »

Aussi, selon lui, il « ne faut donc pas freiner les projets, même portés par quelques-uns, qui favorisent une intégration accrue, sans pour autant mépriser l’inscription d’une défense européenne dans un cadre plénier. » En effet, a-t-il poursuivi, « les enjeux de sécurité nous concernent tous » et « toute faille dans la cyber-sécurité d’un seul État membre vulnérabiliserait l’ensemble de l’Union! ». Or, a-t-il conclu, « la force de l’Union européenne doit reposer sur la réaction de ses vingt-sept États-membres lors d’une crise internationale. »


Ya Rab Yeshua.

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