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Serpent de mer des armées françaises depuis près de 40 ans, le remplacement des pistolets de dotation par le nouveau PSA (Pistolet Semi-Automatique) Glock 17 Gen 5 spécifique armée française marque un tournant pour nos forces, cohérent avec les dernières adoptions (armements comme véhicules) et significatif d’un changement de paradigme doctrinal. Mais, alors que le choix vient à peine d’être officialisé (il était en pratique connu depuis quelques semaines), comme à l’accoutumée de nombreuses voix s’élèvent pour le critiquer sur divers points. En faisant abstraction des commandos-claviers opérant depuis leur sous-sol et autres experts du tir virtuel, certaines critiques sont toutefois à considérer. Nous y revenons donc avec vous dans cet article, en considérant d’abord ce que le Glock 17 va remplacer, puis la mise en concurrence et les raisons de ce choix, avant de conclure par notre point de vue sur la question.

Les dotations actuelles

L’armée française est, rappelons-le très schématiquement pour nos lecteurs civils, constituée d’éléments très divers :

l’Armée de Terre, qui comprend les anciennes « troupes métropolitaines », les Troupes de Marine, la Légion Etrangère, et l’ALAT (hélicoptères) ;
l’Armée de l’Air, composée d’avions et d’hélicoptères et de leurs servants (pilotes, mécaniciens, basiers) ainsi que de troupes au sol (Génie de l’Air, Fusiliers et Commandos) ;
la Marine Nationale, composée de navires et de leurs servants (en mer et sur base) et là aussi de troupes au sol (Fusiliers Marins, Commandos) ;
et enfin différents services dits « inter-armées » indispensables aux trois armées (terre, air et mer), dont notamment le Service des Essences et le Service de Santé.
Au-delà de ces grandes structures, un certain nombre de corps et d’unités spécialisés dans tel ou tel domaine ont, au sein de chaque armée, des besoins spécifiques les amenant à employer des matériels différents de leurs camarades d’autres unités.

Cela, et le besoin dans les années 1990 d’entamer le remplacement d’une dotation remontant aux années 1950, expliquent l’utilisation de plusieurs modèles de pistolets différents dans nos armées. On retrouve ainsi principalement, sans rentrer dans le détail presque anecdotique de ce qui peut se trouver dans certaines armureries :

le MAC / MAS 50 :
adopté en 1950 et entré en service en 1953 ;
produit par la Manufacture d’Armes de Châtellerault (MAC) ou par celle de Saint-Etienne (MAS) jusqu’en 1978 ;
fabriqué à 341 900 exemplaires dont au moins 300000 pour la France ;
conçu dans les années 1945 – 1950 comme une évolution en 9x19mm des MAS35S et PA35A, eux-mêmes dérivés améliorés et en 7,65mm MAS du Colt 1911 ;
platine à simple action, et sécurité par blocage mécanique du percuteur ;
d’un poids de :
900g à vide,
1100g chargé ;
d’une capacité de 9 coups (10 en condition alpha, avec une de plus dans la chambre) ;

le MAS G1S alias PAMAS :
adopté en 1989 pour la Gendarmerie Nationale, 1992 pour l’Armée de l’Air, et 1999 pour les Terriens et Marins ;
produit sous licence Beretta par la MAS ;
fabriqué à 100 000 exemplaires ;
version à culasse renforcée du Beretta 92 G (à levier de désarmement manuel et non à sécurité à désarmement comme le Beretta 92 F) réalisée dans un alliage différent et avec une géométrie des rails légèrement différente (reprise sur le Beretta 92 FS), dérivé donc du Beretta 92 (introduit en 1976) dont nous avions longuement parlé suite au programme MHS et à l’adoption du P320 / M17 ici à l’époque (lien cliquable) ;
platine à simple et double action, avec sécurité par désarmement manuel et sûreté de percuteur ;
d’un poids de :
975g à vide ;
1225g chargé :
d’une capacité de 15 coups (16 en condition alpha) ;
Tir au PAMAS G1S en Afghanistan (image MinArm).
Tir au PAMAS G1S en Afghanistan (image MinArm).
les Heckler & Koch USP9 :
acquis à partir de 2002 pour remplacer les MAC 50 dans la Marine Nationale ;
plusieurs versions adoptées : Standard, Tactical, et Compact (PA HK Marine) ;
environ 5 000 exemplaires acquis, Compact principalement pour la Marine (aéro-navale comprise) ;
armes dérivées du programme OHWS (1991 – 1993) demandé par l’USSOCOM et qui aboutira notamment aux Mk23, et USP, dérivée des principes de base du 1911 mais avec notamment un système de limitation du recul (différent sur la version Compact), et des composants métalliques en acier inoxydable nitruré (pour l’usage en milieu maritime notamment) ;
platine à simple et double action, avec sécurité par désarmement manuel ou par blocage de la culasse, et sûreté de percuteur ;
d’un poids de :
667g (Compact) / 748g (Standard) / 771g (Tactical) à vide ;
905g (Compact) / 1025g (Standard) / 1050g (Tactical) chargé ;
d’une capacité de 13 coups (Compact), ou de 15 coups (Standard et Tactical), +1 en condition alpha.
HK USP standard (image tircollection.com).
HK USP standard (image tircollection.com).
le Glock 17 Gen 3 :
présenté en 1998, acquis progressivement depuis les années 2000 pour les besoins de certaines unités (Commandos Marine à partir de 2000, puis Forces Spéciales, Commandos de la Brigade Parachutiste et de la Brigade de Montagne et unités du Renseignement Militaire dans les années 2000 – 2010, et Plongeurs de Combat du Génie à partir de 2014 – 2015) ;
plusieurs versions adoptées : standard, et M (à évents internes pour l’évacuation de l’eau) ;
au total moins de 5 000 exemplaires (à confirmer) ;
arme de conception révolutionnaire, présentée en 1980 et distribuée largement à partir de 1983, le Glock 17 a été la deuxième arme à percuteur lancé et à carcasse polymère (la première étant le H&K VP70 12 ans plus tôt, un échec commercial), la première développée autour d’un alliage de polymères bien précis (et non choisi sur étagère comme pour le VP70) et la première à cumuler trois sécurités internes, système encore amélioré sur les Gen 4 et 5 (système Safe Action breveté par Glock) ;
platine double action à percuteur lancé (plus fiable et permet le réarmement du percuteur sans éjection de la cartouche en cas de défaut de percussion).
Glock 17 Gen 3 du 13RG (image 13RG).
Glock 17 Gen 3 du 13RG (image 13RG).
Les Glock 17 Gen 3 et H&K USP étant d’une diffusion limitée au sein des forces, la très grande majorité des unités de terrain doit donc faire avec des MAC 50 et PAMAS G1S certes performants sur le papier, mais de conception ancienne (tout métal, lourds et d’une ergonomie datée), et souvent très usés, voire rincés, par des décennies de service malgré des remises en condition régulières … quand les pièces sont encore disponibles en nombre suffisant (cas du MAC 50).

En valeur absolue, nous avons eu la chance d’avoir d’excellentes armes :

le MAC 50 était considéré à sa sortie comme le meilleur pistolet semi-automatique au monde et le plus avancé, et garda cette réputation jusque dans les années 1970, y compris outre-atlantique (voir l’ouvrage de référence, Small Arms of the World de W.H.B. Smith), où les -rares- modèles disponibles en collection s’échangent à prix d’or ; particulièrement innovant en son temps, il a pour descendance et / ou parentèle méconnue, de nombreuses armes dont le SIG P210, issu du brevet sur le PA35A racheté par les Suisses en 1937. D’autres améliorations remarquables introduites par le MAC 50 sont aujourd’hui courantes : le témoin de chambre sur le dessus de la culasse et la sécurité de chargeur. Ceux qui ont eu l’occasion de tirer avec des MAC 50 en bon état et aux rayures encore marquées peuvent confirmer les excellents résultats réalisables au tir, tant en précision qu’en rapidité, aidés par une prise en main excellente (type 1911, très naturelle) bien qu’imparfaite (fâcheuse tendance à mordre la peau entre le pouce et l’index, les plaquettes Trausch pourtant officiellement approuvées n’ayant jamais été installées sur les armes) et une bonne ergonomie fonctionnelle (sécurité pouvant être abattue rapidement avec le pouce contrairement à ce que dit Larry Vickers dans la vidéo suivante) ;

PA MAS 50 équipé des plaquettes Trausch (image Tir et Collection Armes Réglementaires).
PA MAS 50 équipé des plaquettes Trausch (image Tir et Collection Armes Réglementaires).
le PAMAS, et son faux-jumeau le M9 de l’armée américaine, tout comme leurs frères Beretta 92, sont encore légitimement considérés comme l’un des meilleur design de pistolet jamais inventé, et bénéficient du statut enviable d’icône absolue parmi les pistolets, aux côtés du Colt 1911 et … du Glock 17. Trois générations, trois visions différentes, trois ergonomies. Beretta 92 et Glock 17 sont techniquement nés presque en même temps, mais évolution des mentalités oblige (a fortiori avec une carcasse plastique, perçue au départ comme moins durable, à tort) et adoption massive par l’armée américaine aidant, le Glock aura mis plus de temps que le Beretta à faire son trou. Le PAMAS n’a pas beaucoup d’inconvénients majeurs, hormis quelques détails, notamment ergonomiques : le levier de désarmement tend à gêner lors des manipulations de la glissière, et selon la taille des mains, il peut arriver d’actionner partiellement le levier de démontage ; les petites mains ont d’ailleurs parfois du mal avec l’arme et sa poignée massive. Mais il est lourd (par rapport à ce qu’on sait faire aujourd’hui, mais dans la moyenne de son époque de conception), avantage au tir sur cible (meilleure stabilité) sauf quand le tir dure dans le temps (fatigue musculaire, maintien en cible moins évident), que la cible bouge (micro-mouvements moins précis du fait du poids), qu’elle a le mauvais goût de répliquer, et que le PA a été trimballé à la cuisse pendant 4h de marche avant d’être sorti de l’étui.
PAMAS G1S, côté gauche (image gunsmithdesigner.com).
PAMAS G1S, côté gauche (image gunsmithdesigner.com).
Quand on dit icône culturelle ... Jean Reno dans le film Ronin (image tirée du film).
Quand on dit icône culturelle … Jean Reno dans le film Ronin (image tirée du film).
Excellentes armes donc, pour leurs époques respectives de conception, mais qui ne sont clairement plus adaptées aux besoins et attentes actuelles, ou le pistolet est passé d’arme de secours d’un servant d’arme collective ou de défense et / ou prestige du gradé, à double dotation standard de tout GV de base, et où le besoin de pouvoir facilement monter lampes, lasers et autres aides à la visée sur un pistolet commence à être compris de ce côté-ci de l’Atlantique (hors unités spéciales / spécialisées s’entend).

Le programme PANG

Avant que le programme PANG ne naisse, le remplacement des MAC 50 avait déjà été envisagé, dès les années 1960, compte tenu de l’intensité des conflits vécus alors par les forces (pour donner une idée, 27 morts par jour en Indochine, 9 morts par jour en Algérie, les deux pendant 7 ans) et donc de l’usure subie par les armes. Les fabricants français historiques (Manufactures de Bayonne, de Châtellerault et de Saint-Etienne, les MAB, MAC et MAS), avaient alors développé des innovations mécaniques et des premières depuis longtemps oubliées, sur des pistolets qui pour la plupart n’ont jamais débouché, et pour d’autres ont connu le succès … à l’export, notamment dans le marché civil.

Ainsi, de changements de priorités en réductions budgétaires (budget des armées en diminution constante pendant près de 40 ans) en changements politiques (fabricants progressivement abandonnés à leur propre sort, jusqu’à la fermeture complète pour certains), rien ne se passa.

Au début des années 1980 le remplacement commençait à devenir une nécessité impérieuse, et une solution de compromis fut trouvée, après près de 10 ans de go / no-go, en l’adoption du MAS G1 pour remplacement partiel des MAC 50.

Puis, les divers engagements des années 2000 mettant rudement à l’épreuve les matériels, le besoin de remplacer l’armement individuel s’imposa. Auditionné au Parlement en Juillet 2017, le GAL BOSSER, alors CEMAT, exposait ainsi le problème :

Aujourd’hui, ni les forces de sécurité intérieures, ni les soldats étrangers que j’ai rencontrés cette année ne sont dotés d’une arme de poing des années cinquante.

Ajoutant, deux mois plus tard :

Si on peut les remplacer, à l’horizon 2022, par des pistolets plus modernes, cela aurait du sens et, politiquement, ce serait recevable.

L’objectif fut donc de lancer un appel d’offres pour trouver un candidat idéal au remplacement de la dotation hétéroclite par un pistolet unique, convenant à un large panel d’utilisateurs aux besoins et contraintes très différents. Il s’agit donc de trouver aussi bien un pistolet de combat pour les troupes de contact, qu’une arme de secours pour les personnels navigants par exemple.

L’appel d’offres

L’avis de marché pour le remplacement des pistolets semi-automatiques des armées a été publié le 2 mars 2019.

Ouvert aux fabricants étrangers (et pour cause, nous y reviendrons), il précise d’emblée que l’offre choisie sera celle « économiquement la plus avantageuse en fonction des critères énoncés dans le cahier des charges ». En gros : le meilleur rapport qualité – prix.

Autre point : les postulants doivent pouvoir justifier d’un CA annuel supérieur ou égal à 30 millions d’€. Logique compte-tenu de la viabilité attendue du fournisseur. Pour y arriver et proposer un pack complet (arme + accessoires), les industriels pourront se regrouper en tant que candidat unique.

Clôturé au 12 mars 2018, l’appel d’offre sera suivi de la sélection des finalistes, puis du gagnant, et ensuite 4 ans précis (48 mois) pour livrer les matériels en intégralité, ce qui nous amène en 2024 au plus tard, 2022 annoncé.

Est attendu des fournisseurs potentiels, principalement et par ordre de volume :

45 millions de cartouches 9x19mm BO OTAN ;
4 millions de cartouches marquantes (type Simunition) ;
2 millions de cartouches 9x19mm subsonique (pour l’emploi avec réducteur de son) ;
75 000 PSA de calibre 9 mm ;
et tous les accessoires allant avec.
Une très grosse commande donc. Assez pour un remplacement total des PA en dotation ? Pas tout à fait, nous y reviendrons. 75 000 PSA pour un peu moins de 100 000 utilisateurs potentiels toutes armées confondues, il faut donc en déduire que tout le monde ne sera pas équipé. Le fait est, si les MAC 50 sont globalement presque tous rincés à l’extrême, les PAMAS se portent encore bien en général.

Les candidats

Pour un certain nombre de raisons, il faut noter que ni la Fabrique Nationale Herstal, ni Sig, ni Heckler & Koch n’ont répondu à l’appel d’offre, alors même que ce sont en général les trois premiers noms auxquels tout le monde pense en la matière, et à raison du fait de leurs historiques respectifs notamment avec les armées françaises.

Les rapprochements avec la Belgique auraient légitimement permis d’envisager une candidature de la FN Herstal, d’autant que de nombreuses armes FN sont déjà en service en France (SCAR-L, Minimi, lance-grenade, …) et que de nouvelles arrivent (SCAR-H PR, nous y reviendrons), et de notre point de vue le jeune FN 509, considéré outre-atlantique comme l’un des meilleurs « tueurs de Glock », aurait été un compétiteur intéressant : l’arme est reconnue comme performante, ergonomique et fiable, mais son gabarit assez compact était peut-être un facteur limitant pour le PANG / PSA.

FN 509 paré pour la bagarre (image Guns and Ammo).
FN 509 paré pour la bagarre (image Guns and Ammo).
Du côté de SIG, on peut imaginer que les déboires traversés avec le P320 à l’issue du programme MHS ayant abouti à son adoption sous le nom M17, ainsi que les restrictions liées à l’ITAR, ont calmé toute velléité. Le P320 a en effet le mauvais goût de tirer tout seul lorsqu’il tombe sous un certain angle, et présente quelques problèmes de fiabilité que l’US Army rencontre avec, sur les premières séries principalement. C’est cependant, en France, l’arme de dotation de la Sûreté Générale (police ferroviaire, notamment, depuis 2017 (livré courant 2018).

SIG P320 Compact (image Sig Sauer).
SIG P320 Compact (image Sig Sauer).
Pour H&K, dont les USP sont utilisés notamment dans la Marine Nationale, les SFP9 et SFP30 auraient pu être de bonnes propositions, disponibles dans de nombreuses configurations différentes (avec ou sans sécurité externe) et équipés de raffinements techniques pertinents (démontage sans action sur la queue de détente et imposant le retrait du chargeur, 27 combinaisons différentes de poignée, etc.) mais sont notoirement plus chers que les Glock ou d’autres concurrents, et les retours sur la fiabilité, bien que très bons, sont légèrement en retrait. De plus, comme pour le FN 509, il s’agit d’armes compactes plus proches du gabarit d’un Glock 19 et donc pas forcément adaptées à une utilisation militaire généraliste, et / ou à de grandes mains gantées, sans parler des empreintes de doigt (problématiques aussi pour les petites mains).

H&K SFP9 toutes options (image SSD).
H&K SFP9 toutes options (image SSD).
Pour le reste, il faut aussi bien comprendre que ces grandes compétitions pour l’équipement d’une force armée nationale ne sont pas très rentables pour les fabricants et fournisseurs, comparativement à la vente au détail ou à des forces plus réduites (quelques dizaines de ceci pour telle police locale, quelques petites centaines de cela pour telle unité spéciale, etc.). A titre d’exemple, on donnera celui de ce pistolet, dont nous tairons le nom, vendu environ 250$ pièce et environ 400$ tous accessoires et contrat de maintenance compris à une administration donnée d’un certain pays, quand il est proposé à environ 600$ avec juste 2 chargeurs au client civil. Ces gros contrats sont donc surtout intéressant par leurs volumes et les gains d’image et de notoriété, mais exigent de la part des fabricants et de leurs partenaires de solides capacités pour tenir les délais et autres contraintes.

Les non-finalistes

Plusieurs fabricants ont répondu présent à l’appel d’offre, en l’état nous disposons des informations suivantes, parcellaires. Il est d’ailleurs dommage que, contrairement aux américains par exemple, les français ne permettent pas plus de communication sur les détails de ces mises en concurrence, au moins sur les aspects techniques. Les perdants y gagnent certes en minimisant l’impact d’image, mais l’information collective y perd. Le lecteur civil notera que l’armée française a une culture de la discrétion globalement plus étoffée que les américains notamment, contrairement aux idées reçues.

Le IWI Jericho :

Jericho 941, image d'illustration (image IWI).
Jericho 941, image d’illustration (image IWI).
Dérivé du mythique CZ75, déjà réputé pour son lot de solides qualités (ergonomie, efficacité au tir, fiabilité), il en améliore les caractéristiques en s’orientant sur un usage très tactique, mais d’école classique. Peu populaire chez nous, et donc méconnu (contrairement aux dérivés sportifs du CZ75, Tanfoglio notamment), il est par contre très populaire dans de nombreux pays, apprécié aussi bien par une clientèle civile pour les loisirs ou la défense personnelle (dans les pays où c’est permis et jugé nécessaire), que par une clientèle professionnelle, principalement forces de l’ordre (Israël bien sûr, Belgique, Grèce, Hongrie, Kenya, entre autres), bien que quelques armées ou unités de certaines armées s’en servent (Ukraine, Inde, Colombie, Corée du Sud, Géorgie, Serbie, Salvador, et en Israël encore). Il aurait candidaté, mais cette information reste à prendre au conditionnel.

De nombreuses versions différentes sont proposées par IWI, et nous ignorons pour l’instant l’exacte version qu’a pu présenter IWI dans le cadre de l’appel d’offre (mise à jour dès que nous aurons toutes les précisions). Cependant l’ensemble des versions sont assez proches, une vue d’ensemble est donc possible : sa conception ancienne bien qu’excellente, et son ergonomie datée n’en faisaient manifestement pas un choix pertinent quand il s’agit de remplacer notamment le PAMAS, comparable, mais regardons tout de même ce qu’il avait à offrir :

les bons côtés :
confort en main ;
fiabilité éprouvée ;
grande stabilité au tir ;
grande précision (rails de glissière inversés, d’où la forme particulière de la culasse) ;
relativement léger (720 – 750g selon versions) dans ses versions à carcasse polymère ;
grande capacité (16 cartouches) ;
les mauvais côtés :
ergonomie nettement datée :
marteau apparent,
poignée à forme dite « ergonomique » mais qui gênera toute main pas exactement dimensionnée pour ;
contrôles imposants et dépassant largement de part et d’autre de l’arme ;
facilité de manipulation de la glissière compromise par la présence des contrôles ;
organes de visée ne permettant pas les manipulations dégradées ;
chargeurs métalliques relativement fragiles ;
arme assez massive dans ses formes, plus susceptible d’être accrochée par d’autres équipements ou la végétation sur le terrain.
Si c’est bien vrai, il est curieux que IWI se soit présenté avec un tel candidat alors qu’un modèle plus moderne et plus à même de correspondre aux attentes du cahier des charges existe dans leur gamme, le Masada (à ne pas confondre avec la carabine conçue par Magpul dans les années 2000 et plus tard diffusée sous le nom de Bushmaster / Remington ACR), un pistolet à carcasse polymère et percuteur lancé, à grande capacité (17 coups). Une arme certes très jeune (2019) et donc sans RETEX encore, d’où peut-être ce choix de leur part, bien étonnant.

IWI Masada (image Inforce).
IWI Masada (image Inforce).
En l’état nous ne pouvons confirmer les autres candidats, ni même s’il y a vraiment eu d’autres candidats, et l’article fera l’objet d’une mise à jour dès que nous aurons pu double-checker les informations à ce sujet, ce qui tarde à venir.

Nous pouvons toutefois émettre quelques suppositions, en fonction de ce qui est présent sur le marché actuel et de la taille des firmes correspondantes.

Dans la liste des candidats potentiels crédibles, commençons par le Beretta APX, conçu comme un concurrent direct au Glock, notamment pour les marchés militaires (candidat malheureux au programme MHS de remplacement du Beretta M9 dans l’armée américaine), et parent du PAMAS partiellement remplacé. Etudié pour être facile et peu coûteux à produire (pas de géométries trop complexes pour l’usinage des pièces et moules) et ergonomique, il est en effet très agréable de prise en main, confortable et naturel.

Beretta APX (image Beretta).
Beretta APX (image Beretta).
Venu d’Autriche comme le Glock, le Steyr A2 MF apparaît aussi comme un candidat crédible. Doté de 4 sécurités, d’organes de visée trapézoïdaux, et d’un axe de canon particulièrement bas, c’est la version évoluée d’un pistolet très novateur des années 1990, le M9. Une arme particulièrement étudiée (par exemple la poignée peut être adaptée en profondeur comme en largeur, unique sur une arme de service), peut-être trop ? Ne l’ayant jamais vu même de loin, nous ne pouvons vous éclairer plus.

Steyr A2 MF (image Armsco.fr).
Steyr A2 MF (image Armsco.fr).
Enfin, autre possibilité, le Walther PPQ M2 Q4. Considéré comme un excellent pistolet, il peut pourtant présenter quelques difficultés en tir soutenu, et les organes de visée livrés en configuration Q4 Tac (équivalent du MOS Glock) ne sont clairement pas adaptés (trop bas pour colimater avec un point rouge).

Walther PPQ M2 Q4 Tac (image Walther).
Walther PPQ M2 Q4 Tac (image Walther).
Une fois de plus, il ne s’agit en l’état que de suppositions.

Les finalistes

Trois finalistes ont été sélectionnés en septembre 2019, sans grande surprise trois pistolet à carcasse polymère et action par percuteur lancé sur platine double action. Enfin, sans surprise … Pendant que les « vieux choufs » crient au scandale de la fin du métal costaud – solide, a contrario d’aucuns s’étonnent que la STAT (Section Technique de l’Armée de Terre, chargée de l’évaluation), qui traîne une réputation ancienne de décideurs de bureaux pas nécessairement fondée, puisse faire des choix pertinents. Les adoptions de certains matériels il y a quelques décennies ont laissé des traces durables (le fameux gilet de combat TTA, entre autres). Ce serait surtout oublier que les limitations budgétaires passées expliquent aussi bien des choses, même si les gens en poste ont au départ les meilleures ambitions pour leurs camarades …

Quoiqu’il en soit, la STAT est depuis quelques bonnes années au moins remplie de passionnés issus du terrain, et ayant cumulé les OPEXs dans un large panel d’unités et de spécialités. De plus l’objectif n’est plus d’équiper une armée de conscription massive en cas d’attaque de millions de rouges déchaînés déferlant sur l’Europe, mais d’optimiser l’équipement d’une armée bien plus réduite de professionnels exigeants, tout particulièrement à l’heure d’internet rendant facile l’accès à l’information, et à l’heure de l’influence psychologique et sociale des réseaux sociaux, conditionnant chez tout-un-chacun un niveau d’attentes bien plus élevé sur l’équipement que quand il s’agissait de faire avec ce qu’on vous donnait, à quoi vous ne connaissiez dans 99% des cas pas d’alternative faute de savoir ce qui se fait à l’autre bout de la planète.

Les finalistes sont donc trois excellents pistolets, et si, puisque c’est l’objet, nous allons tenter de voir ensemble quels points les distinguent en bien ou en mal les uns des autres, il faut avant tout garder à l’esprit qu’il n’y a actuellement pas d’arme de service foncièrement mauvaise, et que le niveau technique et technologique général du secteur est des plus élevés : ça se joue entre la crème, la crème de la crème, et le suprême de crème. Il n’y a qu’à voir les nombres moyens de coups tirés sans incident de tir / arrêt de tir, plusieurs fois supérieurs à ce qui se faisait sur les armes des générations précédentes, pour s’en convaincre, mais nous éviterons d’aller trop loin dans le détail technico – technique.

Le CZ P10 :

La famille P10 (image TFB).
La famille P10 (image TFB).
Jeune concurrent direct des Glock 17 chez le réputé fabricant tchèque, il lui est si proche en dimensions qu’il rentre dans la plupart des étuis pour G17 (idem pour le P10C et le G19), et se démonte et remonte exactement de la même façon. Mais, si la prise en main est excellente et plus naturelle que sur les Glock, l’ergonomie pour le combattant manque le sans faute de peu, avec de l’excellent et du moins bon :

d’un côté on a :
un déverrouillage totalement ambidextre des chargeurs, sans démontage de la pièce ;
une forme générale moins carrée, à la fois plus moderne, plus ergonomique, plus naturelle en mains ;
une texture de poignée plus agressive et plus performante dans toutes les situations ;
une glissière plus facile à actionner grâce à des serrations franches et agressives ;
glissière pour l’anecdote pourvue d’un traitement de surface à très haute performance, français, le procédé ARCOR ;
une queue de détente plus facile à atteindre que sur un Glock, plus droite et plus verticale, intéressant à la fois pour les petites mains et lors du port de gants pour les mains de taille intermédiaire, avec un pontet un peu plus grand d’ailleurs que sur le Glock 17 ;
une action de détente incontestablement supérieure à celle du Glock (dans la version de série du G17), et même du HS9 (avis personnel : probablement une des toutes meilleures actions sur ce type de PA avec le Walther PPQ M2) avec une course à la fois évidente, un point dur plus net et qui ne gratte pas, un poids de départ légèrement inférieur, et un « reset » plus court et plus net ;
de l’autre côté on a :
une arme un peu plus lourde que ses concurrentes (730g) ;
une moindre possibilité pour l’extraction forcée des chargeurs ;
un poids légèrement supérieur,
un levier de remise en batterie de la culasse beaucoup plus dur à mettre en oeuvre que sur Glock ;
des rails de glissière rajoutés et non intégrés dans la carcasse comme sur un Glock 17, avec une carcasse ayant (sans doute de fait) tendance à ne pas être aussi droite, un problème connu sur le P10 mais sans réelles conséquences ;
des chargeurs métalliques :
à la fois moins durables que les chargeurs polymères d’autres armes (dont le Glock),
plus contraignants à l’entretien,
et beaucoup plus chers (x2) ;
et une hausse arrière à points blancs classiques moins adaptée à l’engagement rapide aux distances supérieures à 25m, où une hausse en U type G17 permet de viser différemment selon la distance (pensées particulières à un certain MJR pour ses démonstrations au MAS G1 à 100 et 200m debout bras franc) ;
hausse qui, au surplus, ne permet pas nativement les actions de glissière sur la ceinture, le gilet, un talon de chaussure etc.

Objectivement, on peut considérer que le P10 est ce que le Glock aurait du devenir avec une évolution incrémentale de la part du fabricant autrichien, qui n’a fondamentalement pas changé de recette depuis son invention en 1980.

Le HS9 :

HS-9 OSP en version américaine Springfield XD-M (image Springfield).
HS-9 OSP en version américaine Springfield XD-M (image Springfield).
Du croate HS Produkt, déjà présent dans la compétition pour le remplacement du FAMAS avec son VHS, le HS est une excellente arme, connue plus généralement sous son nom américain (Springfield XD), fabriquée dans l’une des plus grandes et plus modernes usines d’armes de petit calibre au monde, et particulièrement innovante en ceci qu’elle mélange adroitement les genres entre le classique (pédale de sécurité et angle de poignée repris du 1911), le moderne (percuteur lancé, carcasse en polymère propriétaire) et le futuriste (ergonomie léchée, nombreux témoins de condition du chargeur et de la chambre, démontage sûr à 100%).

Utilisée par de nombreux services de police américains d’état mais aussi fédéraux, par plusieurs polices municipales et par le GPSR (police de la RATP) en France, ainsi que dans les forces armées de Bosnie, Croatie, Géorgie, République Dominicaine, Indonésie, Macédoine, Malaysie, Thaïlande, et les forces de police de Croatie, de Géorgie et d’Irak, elle est techniquement l’arme la plus récente dans sa conception de la compétition pour le PSA (développée à la fin des années 1990).

Ses côtés positifs :
arme légère (670g) ;
canon match et rampe d’alimentation polie ;
chargeurs d’excellente qualité ;
indicateur de chargement sur le dessus de la culasse, et de percuteur armé à l’arrière de la culasse ;
démontage sans percussion (contrairement au Glock et à d’autres) ;
organes de visée réglables d’origine ;
nombreuses sécurités :
sûreté de détente (type Glock) ;
pédale de sûreté de poignée (type 1911) ;
sûreté de percuteur (anti-chute) ;
bouton poussoir de chargeur :
ambidextre sans démontage ;
protégé (pas d’éjection involontaire possible) ;
et éjection puissante du chargeur ;
démontage et entretien sommaires faciles ;
ses côtés négatifs :
des incidents de tir parfois répétés au-delà des 5000 premiers tirs ;
des problèmes de fiabilité, sur les premières séries particulièrement ;
une mécanique interne plus complexe que celles des deux autres finalistes ;
une prise en main plus exigeante, de sorte à bien actionner la pédale de sécurité arrière ;
et une poignée globalement moins adhérente que celle des deux concurrents.
Le Glock 17 Gen 5 :

Glock 17 Gen 5 Armée Française, version standard non-MOS (image TRE).
Glock 17 Gen 5 Armée Française, version standard (image TRE).
Arme éprouvée depuis son lancement au début des années 1980 (le G17 est à l’origine de l’aventure Glock), c’est devenu au fil du temps non seulement un incontournable du segment, mais surtout une référence et le pionnier de toute une catégorie de pistolets (carcasse polymère et percuteur lancé). Il est donc le gagnant de l’appel d’offres, comme annoncé par le communiqué officiel du MinArm du 06 janvier mais aussi l’arme la plus récente des trois finalistes, compte-tenu de l’âge de sa Gen 5 (présentée en 2017).

Considéré comme la Kalashnikhov des pistolets modernes, le Glock sera peut-être au 21ème siècle ce que le Colt 1911 a été au 20ème siècle : l’arme conçue dans les dernières années du siècle précédent et dominant son temps par son empreinte, suscitant de nombreuses évolutions, dérivés, concurrents et innovations. Il est en tout cas déjà aux pistolets de service ce que les chargeurs Magpul sont aux chargeurs de FA (voir notre article sur les PMAG Magpul ici).

On ne fera pas la liste des forces et pays équipés en Glock, un article complet ne suffirait pas. Citons entre autres nos voisins britanniques qui l’ont adopté en 2013 en version Gen 4 pour remplacer le Browning Hi Power GP35, en service depuis la Seconde Guerre Mondiale (L9 Pistol), puis dans une version modifiée depuis 1962 (L9A1) (illustration comparative ici). D’autres pays européens l’ont également adopté pour leurs armées : Autriche bien sûr, Pays-Bas, Hollande, Portugal récemment (adopté le 11 octobre 2019 en remplacement des Walther P38, Beretta 92, HK USP et Sig P228, à hauteur de 15000 exemplaires, pour une armée de 35000 hommes, on en déduit donc qu’il s’agit principalement de remplacer les P38 datés), Suède, Finlande, Russie, Suisse qui est en train d’y passer, …

Le Glock 17 Gen 5 récemment adopté par les Portugais. Alors oui c'est FFOMECBLOT et c'est stylé, mais le traitement de surface de la culasse est moins durable que le noir de nos nouveaux PSA.
Le Glock 17 Gen 5 récemment adopté par les Portugais. Alors oui c’est FFOMECBLOT et c’est stylé, mais le traitement de surface de la culasse est moins durable que le noir de nos nouveaux PSA.
Au-delà, deux chiffres suffiront : plus de 70 pays voient servir 5 millions de Glock (civils, militaires et forces de l’ordre mélangés), dont quelques-uns (à cette échelle, c’est peu !) en France (modèles 17, 19, 26 et 34 essentiellement), comme vu plus haut mais aussi chez certaines unités de la Gendarmerie travaillant en civil (G26, qui va également se diffuser en Police Nationale pour les personnels en civil, du fait de sa plus grande facilité de port discret), au GIGN, au RAID, au SDLP, au GSPR, …

Les raisons de cette domination :
léger (625g pour le Glock 17 de série, 700g annoncés pour le PSA) et très résistant aux contraintes mécaniques ;
très résistant aux milieux extrêmes (froids, chauds, salins etc.) ;
peu cher à produire (notamment du fait de la géométrie simple et globalement inchangée des pièces, l’usinage de culasses au design complexe est coûteux, idem pour les moules de carcasses) et à maintenir ;
globalement ergonomique et simple d’emploi et d’entretien :
démontage simplissime,
angle de poignée facilitant le tir instinctif et au jugé,
texture permettant un bon grip en presque toutes situations ;
avant-gardiste malgré son ancienneté relative :
platine et détente innovantes, mètre-étalon sur lequel sont jugées les autres armes de service ;
matériau propriétaire innovant, pas toujours égalé par la concurrence ;
détails d’ergonomie innovants copiés par la concurrence ;
réputé sûr d’emploi ;
précis (même en compétition, voir les résultats de certains champions) ;
canon un peu plus durable que ses concurrents, qui, sans rentrer dans les détails de sa géométrie interne (améliorée sur la Gen 5 par rapport aux générations précédentes) maintiendra plus longtemps sa précision, une bonne nouvelle compte tenu de la durée de vie des armes de service ;
et, de plus en plus employé, il facilite naturellement l’inter-opérabilité des moyens dans un contexte inter-armes, inter-armées et inter-allié.
On peut cependant critiquer plusieurs points :
le plus souvent cité : il n’a pas de sécurité : oui et non, oui car pas de sécurité manuelle, non car triple sécurité interne (dont la queue de détente, qui est une sécurité en elle-même) ; le problème est résolu sur certaines versions :
Taïwan crossbolt safety version, présenté aux forces de police taïwanaises il y a peu ;
et la version MHS proposée face au P320 pour US Army, équipée d’une sécurité type 1911.
la géométrie générale de l’arme, à 90% inchangée depuis 1983, quand la concurrence ne cesse d’explorer de nouvelles pistes (mais le succès étant là, pourquoi changeraient-ils la recette ?) :
la prise en main très carrée (amélioré sur la Gen 5) et peu agréable dans la durée ;
l’angle de poignée pas naturel oblige à légèrement casser le poignet à la prise de visée (les dos de poignée optionnels permettent de corriger ce problème sur les dernières générations, voir photo ci-après) ;
le besoin de presser la queue de détente lors du démontage n’est pas la meilleure idée qui soit ;
la glissière encore plus carrée que la poignée n’est pas la plus agréable du monde.
Sur les images officielles on voit bien le dos de poignée à queue de castor permettant de modifier l'angle de prise en main, monté sur la poignée (image MinArm).
Sur les images officielles on voit bien le dos de poignée à queue de castor permettant de modifier l’angle de prise en main, monté sur la poignée (image MinArm).
Pourquoi le Glock 17 Gen 5 ?

Comme nous l’avons vu, le G17 cumule un certain nombre de qualités qui en font, malgré ses défauts, une arme réputée et très très largement éprouvée. Du côté français, dans le cadre du programme PANG, les candidats ont été jugés sur les critères suivants, par ordre d’importance :

performances générales, évaluées par des tireurs issus des unités destinées à être dotées ;
fiabilité / robustesse / durabilité dans un large éventail de situations (l’équivalent de 25 années d’utilisation simulées) ;
encombrement et ergonomie dans un grand nombre de configurations utilisateur ;
coût global de l’offre proposée par le fournisseur (soit 587€ par Glock 17, accessoires et périphériques inclus).

D’après nos informations, on pourrait couper court à une idée reçue : non, ce ne serait pas l’offre la plus basse en termes de prix qui l’aurait remporté, même si le tarif de 587€ par arme semble faible. Voir ce que nous expliquions plus haut sur ces énormes marchés.

En fait, les évaluations se font avec des grilles de notation, chaque paramètre étant affecté d’un coefficient (un peu comme au Bac pour les différentes matières). Le Glock a tout simplement obtenu la meilleure note générale, tous paramètres compris. Une grosse différence avec le programme MHS où le prix avait été le facteur discriminant pour les américains, permettant à Sig de remporter le marché, face entre autres à Glock.

U.S. Army: Beretta M9 & SIG P320 : les raisons d’un changement

Le résultat est que 74 596 pistolets seront livrés d’ici 2022 (officiellement, mais le contrat portant sur 48 mois, 2024 en limite longue ne semble pas irréaliste, et ne serait pas une mauvaise nouvelle au demeurant), un remplacement d’une ampleur sans précédent pour l’armée française, en termes de volume rapporté à l’effectif, et de rapidité d’exécution.

Les versions retenues sont spécifiques Armée Française, avec quelques particularités :

pour les deux versions standard et MOS :
une détente retravaillée pour adoucir le point dur et faciliter les tirs rapides et précis (RETEX des essais) ;
un puit de chargement évasé ;
des stries de préhension (serrations) à l’avant de la culasse pour faciliter les manipulations ;
une carcasse couleur coyote / FDE cohérente avec l’équipement actuel et les besoins en camouflage ;
une culasse noire à traitement de surface ultra-résistant (plus que d’autres finis colorés), qui ne nuira pas au camouflage vu que la culasse est le plus souvent couverte par l’étui (parlons du 416 F tout noir par contre …) ;
pour la version MOS :
un canon fileté pour le montage d’un modérateur de son (RDS) ;
des organes de visée réhaussés pour l’emploi avec le RDS ;
une culasse préparée au montage d’optique type point rouge.
PSA Glock 17 Gen 5, versions standard (à gauche) et MOS (à droite) (photo-simulation TRE).
PSA Glock 17 Gen 5, versions standard (à gauche) et MOS (à droite) (photo-simulation TRE).
Nous ignorons en l’état s’il aura des marquages spécifiques, les photos diffusées par le MinArm ne semblent pas aller en ce sens, peut-être un classique « Propriété de l’Etat » quelque part, quoiqu’on distingue bien un léger marquage au-dessus du logo Glock sur les glissières côté gauche, et en arrière de la fenêtre d’éjection côté droit.

Une des premières photos du Glock 17 Gen 5 MOS destiné à l'armée française (Source image : Soldier Systems).
Une des premières photos du Glock 17 Gen 5 MOS destiné à l’armée française (Source image : Soldier Systems).
Côté droit du GLOCK 17 Gen 5 MOS destiné à l'armée française (Source image : Soldier Systems).
Côté droit du GLOCK 17 Gen 5 MOS destiné à l’armée française (Source image : Soldier Systems).
Au final, les PSA Glock 17 seront livrés avec un ensemble d’équipements et d’accessoires d’un niveau très élevé et cohérent avec le nouvel élan dans l’équipement individuel de ces dernières années. Les premières photos du MinArm parlent d’elles-même, présentant l’ensemble aux côtés des derniers effets individuels entrés en service. Mais tout n’est pas parfait, et nous y venons.

Le nouveau PSA Glock 17 Gen 5 dans son milieu naturel (image MinArm).
Le nouveau PSA Glock 17 Gen 5 dans son milieu naturel (image MinArm).
Nous avons donc :

leurs nécessaires d’entretien ;
4 chargeurs et leurs poches ;
des étuis Blackhawk T-Series L3D à rétention de niveau 3 :
en version pour arme sans bloc lampe – laser (un peu moins de 65 000 exemplaires) ;
en version pour arme avec bloc lampe – laser (un peu plus de 10 000 exemplaires) ;
des accessoires à système Serpa Quick Disconnect pour ces étuis :
plateforme de cuisse mono-sangle ;
montage pour ceinture lisse à déport bas ;
montage pour ceinture PALS / Molle à déport bas ;
plateforme PALS / Molle pour gilet de combat ;
25 000 valises anti-écrasement pour le transport (3 armes par valise donc, ou 1 valise = 1 trinôme) ;
15 000 kits MOS : culasse à optique réhaussée et pré-installation pour aide à la visée, canon fileté ;
a priori autant ou un peu moins de blocs lampe – laser (éclairage et désignateur laser visible et infrarouge) ;
9 000 modérateurs de son et leur environnement (poche, …) ;
7 000 kits d’entraînement marquant (type Simunition) ;
800 outils de simbleautage laser (en gros 1 par compagnie) ;
et un ensemble de petits accessoires complémentaires :
chargettes ;
TOC ;
munitions inerte d’exercice ;
canon inerte ;
dos de poignée.
Un G17 Gen 5 avec kit UTM pour l'entraînement marquant ou non-marquant (Image UTM).
Un G17 Gen 5 avec kit UTM pour l’entraînement marquant ou non-marquant (Image UTM).
Plutôt pas mal pour le montant total du marché, vous ne trouvez pas ?

On saluera :

le choix intelligent d’un étui à rétention de niveau 3 :
1er niveau : par friction,
2ème niveau : par blocage mécanique de l’arme dans l’étui,
3ème niveau : par impossibilité mécanique d’extraire l’arme de l’étui, voir image ci-après,
et à déverrouillage au pouce et non plus à l’index,
et l’abandon des holsters textiles outrageusement mal conçus distribués jusqu’il y a peu en remplacement des antiquités inadaptées de perception standard.
Non seulement le choix de l’étui est intelligent (aux antipodes du dernier Star-pack en Cordura CCE 1180Dtex distribué …) mais celui des accessoires l’accompagnant l’est tout autant. ENFIN l’armée française confirme le changement d’esprit entamé il y a quelques années, à faire confiance à ses hommes pour déterminer à leur niveau individuel quel est le meilleur positionnement de leur matériel en fonction de leur besoin à l’instant T sur tel théâtre dans tel contexte. Même certaines des meilleures armées occidentales les plus observées ne vont pas aussi loin, sacré saut réalisé.

Les 3 niveaux de rétention du holster Blackhawk choisi : de G à D, par friction (réglable par vis), par rétention mécanique interne, et par condamnation des possibilités de sortie (image spotterup.com).
Les 3 niveaux de rétention du holster Blackhawk choisi : de G à D, par friction (réglable par vis), par rétention mécanique interne, et par condamnation des possibilités de sortie (image spotterup.com).
On restera cependant méfiant, pour deux raisons :

d’abord compte-tenu du fait que Blackhawk a vu plusieurs de ses modèles d’étuis mis en cause dans de graves problèmes de sécurité des armes, principalement liés au système de déverrouillage à l’index, mais plus largement au principe de rétention mécanique par blocage au pontet : la version à rétention de niveau 2 du holster choisi pour le PSA, très exactement celle destinée aux P320 et M17, et aux P250 et M18, alias le holster LC2, vient d’ailleurs de subir le 22 octobre dernier un rappel officiel imposé par la Consumer Products Safety Commission américaine pour un problème de conception provoquant un changement de position de l’arme dans l’étui, pouvant entraîner un départ de coup involontaire. 3100 holsters sont concernés ;
ensuite parce que l’étui retenu :
d’une part impose l’emploi de 2 versions différentes selon qu’une lampe est montée ou non sur l’arme (alors qu’un étui Safariland 6305 8321 à rétention par système ALS permet le verrouillage de l’arme dans l’étui avec ou sans lampe),
d’autre part ne protège pas (voir image ci-après) le bouton de libération du chargeur d’une activation accidentelle (branches, équipement, coin de mur, intérieur de véhicule, …) ce qui peut être très problématique (et nous sommes surpris que les tests n’aient pas mis en évidence ce léger souci) ;
d’autre part ne semble pas être prévu pour les gauchers (environ 10% des effectifs) alors même que des holsters rigides de conception plus ancienne le permettaient (Safariland 3280 / 3285 notamment) ;
enfin et pas des moindres problèmes, ne dispose d’aucune découpe pour les Glock MOS équipés d’optique … Restera aux futurs utilisateurs de kits MOS à passer commande chez les habituels Nikaia Sheaths et ETFR, spécialistes reconnus des holsters sur-mesure auprès des forces, et qui d’ailleurs auraient pu, dans un schéma idéal, être sollicités pour l’appel d’offre (c’est ainsi que des Blackhawk sont devenus de grandes boîtes, mais bon, nous ne sommes pas aux Etats-Unis, et l’amendement Berry n’existe pas chez nous).
Le PSA Glock 17 Gen 5 et son étui Blackhawk L3D (image MinArm).
Le PSA Glock 17 Gen 5 et son étui Blackhawk L3D (image MinArm).
L’arrivée massive d’aides à la visée est également une grande première à saluer, et la France se positionne à nouveau dans les leaders de l’équipement individuel du combattant par ces choix. Très bon point.

A ceux qui regrettent le choix d’une entreprise étrangère, y compris certains de la presse allant jusqu’à parler d’abandon des fusils et pistolets français (lesquels ? Espèce disparue depuis un âge …), rappelons que plus aucune usine majeure d’armes de petit calibre n’existe en France depuis maintenant près d’une génération, et rassurons-les en précisant que plusieurs entreprises françaises sont impliquées dans le contrat de Glock pour nos armées :

l’Armurerie de la Bourse, distributeur officiel de Glock en France ;
Cybergun, leader mondial de l’airsoft, et sa filière Spartan M&LE axée Défense & Sécurité, partenaires de Glock ;
Welkit fournisseur des étuis Blackhawk et d’autres éléments du pack livré avec les armes.
Enfin, s’agissant de la réputation de dangerosité des Glock et autres armes sans sécurité manuelle (soit tous les finalistes du programme PANG ayant abouti au PSA), 2 choses sont à considérer :

OUI, les armes sans sécurité externe manuelle facilitent la survenue d’accidents (120 en 10 ans dans la seule police locale de la capitale américaine, tous avec des Glocks, dont plusieurs accidents mortels). C’est logique, indéniable et tout autant évident que le risque de se couper en manipulant un couteau :
la combinaison course de détente courte, poids de départ limité, et absence de sécurité manuelle externe est prouvée comme plus accidentogène que les configurations plus conservatrices ;
de plus, d’après d’extensives recherches menées sur cet exact sujet notamment par le FBI et plusieurs agences et services fédéraux américains, le stress et la fatigue font que près de 20% des professionnels entraînés ont tendance à mettre le doigt sur la queue de détente lorsqu’ils subissent une tension importante et qu’ils ont l’arme en main, élévation faite ou non, et ce sans même s’en rendre compte (d’où les différences considérables de poids de départ de coup entre armes de compétition, de loisir, et armes de service)
MAIS, de la même façon qu’avec un couteau, c’est l’état d’esprit, l’entraînement, la formation et l’instruction continue qui permet d’éviter les accidents : plusieurs études ont montré que les tirs accidentels ne sont pas significativement plus fréquents avec les armes sans sécurité manuelle qu’avec celles sans :
une arme n’est qu’un objet, inerte par essence, qui ne fait que restituer des effets en fonction des actions qu’on effectue avec : si le tireur et son doigt respectent les règles de base du tir, jamais aucun tir accidentel ne doit survenir ; malgré tout, aucun homme n’est infaillible ;
c’est donc l’entraînement, la répétition et l’accoutumance dans la durée à l’objet (voiture, couteau, arme, même problématique) qui font que l’utilisateur sera un danger pour les autres et lui-même, ou un personnel prudent, prévenant et efficace. Il ne faut pas considérer l’objet comme dangereux en soi, mais se considérer soi-même comme dangereux avec l’objet, de sorte à constamment avoir à l’esprit que la moindre erreur peut avoir des conséquences terribles : c’est ainsi qu’on évite de se planter bêtement en voiture parce que l’esprit est ailleurs ou qu’on surestime ses capacités et celles de son matériel, et qu’on évite de la même façon les accidents à l’utilisation des armes ;
DONC : les taux d’accidents plus élevés avec des armes type Glock ou équivalents n’ont été corrélés qu’à la transition brutale de personnels à mi-carrière d’armes type revolvers ou pistolets à plusieurs sécurités manuelles (1911, SIG P226 et dérivés, HK USP, Beretta, …) vers des armes type Glock sans sécurité manuelle :
c’est la formation de conversion qui est donc principalement en cause, et l’incapacité de l’opérateur à remettre suffisamment en cause son apprentissage passé pour s’adapter à ses nouveaux moyens ;
il va donc falloir que ceux formés initialement sur MAC 50 et PAMAS soient sérieux dans leur processus d’adaptation à leur nouveau pistolet, mais les militaires français étant ce qu’ils sont, comme on dit dans l’Institution, « ça va bien se passer ».
Un avis souvent partagé est que pour toute force appelée à régulièrement approvisionner, charger, retirer le chargeur et la munition, sans tirer, le tout plusieurs fois par jour, une arme à sécurité manuelle et / ou levier de désarmement est préférable, surtout si l’instruction au tir est peu fréquente et sommaire (typiquement et quel que soit le pays : sécurité privée, police, particulier autorisé de port d’arme) ; par contre, un militaire tirant quelques centaines de munitions par an et vivant sur le terrain à l’exercice avec son arme (approvisionnée en munitions à blanc par exemple, pour l’effet psychologique du bruit en cas de tir accidentel, qui servira de leçon sans risque pour quiconque) saura respecter les règles impératives à la prévention de tout accident, devenues des réflexes instinctifs.

Dès lors, nous espérons que dès les formations initiales les personnels seront formés d’abord sur le nouveau PSA Glock 17, même si ils sont appelés à utiliser les PAMAS restant par exemple. Pour faire une autre comparaison automobile, qui a appris à conduire sur bolide surpuissant sans garde-fou électronique peu transitionner sans risque sur une petite citadine anémique, par contre passer d’une Clio à une Lotus Exige sans grosse formation n’est pas sans risque.

Pour qui le PSA Glock 17 Gen 5 ?

Comme vu plus haut, il n’y en aura pas tout à fait pour tout le monde : 75 000 PSA pour environ 100 000 utilisateurs voire un peu plus (pour référence, il y a 102 000 HK 416 F commandés), des PAMAS resteront donc en service, ce qui est logique d’un point de vue logistique (tant que l’outil fonctionne, pourquoi s’en priver ?), comme économique (pourquoi payer pour remplacer ce qui peut encore servir ?).

Au-delà des PAMAS, les Glock 17 Gen 3 déjà en dotation dans les unités équipées devraient a priori y rester jusqu’à fin de vie, et y seront probablement épaulés progressivement par des PSA à kit MOS, ou seraient versés aux éléments moins « ops » de leurs régiments tandis que les utilisateurs des Gen 3 passeraient sur PSA Gen 5. Ce serait dans la logique de ce qui a été fait à l’arrivée des 416 dans les unités servant à la fois des Famas lisses, revalorisés et Félin.

Comme pour le HK 416 F, la dotation dépendra de l’unité. Certaines unités conserveront sans doute le PAMAS, d’autres passant au PSA très rapidement. Peut-être même certaines unités de réserve (35 000 réservistes opérationnels dans les forces du MinArm, dont environ 10 000 régulièrement en service) seront-elles dotées de quelques exemplaires, nous avons eu des informations contradictoires à ce sujet. Le fait est, certaines unités de réserve ayant déjà perçu au compte-goutte des 416, il ne serait pas déconnant que les PSA qui « vont avec » suivent, en toute logique, à raison d’1 PSA pour quelques 416 par exemple.

Si les armes plus anciennes (FAMAS valorisés et PAMAS) encore en état de servir sont maintenues en service et redistribuées aux unités sollicitant moins leurs matériels (soutien, réserve, …), alors pour la première fois depuis … longtemps, les forces vont se retrouver avec un ratio armes / hommes intéressant notamment en termes de maintenance et de disponibilité immédiate. Vraiment une excellente nouvelle, tant certaines armes étaient exsangues (et contrairement à une idée répandue, ce n’est pas un privilège français, voir l’état des Beretta M9 américains au moment de leur remplacement dans notre article sur le sujet, largement pire que celui de bien des MAC 50 …).

Personnels en formation sur le HK 416 F (image Collectif TRE).
Personnels en formation sur le HK 416 F (image Collectif TRE).
Quant aux armes qui seront retirées du service, particulièrement les MAC 50, ils devraient tôt ou tard partir en destruction, la France n’ayant pas pour politique de revendre ses anciennes armes de service. De plus gérer la revente d’armes de niveau d’usure variable demanderait une logistique humaine et matérielle plus coûteuse que le bénéfice de la destruction. Dommage pour les collectionneurs.

Conclusion

2019 aura été une année faste pour Glock, avec entre autres le contrat des douanes américaines (Customs and Border Protection) pour un montant de 85 millions de dollars, le contrat de l’armée portugaise pour un montant d’environ 10 millions d’euros, et le contrat de l’armée française pour un montant de 44 millions d’euros.

2019 aura également été une année faste pour l’Armée Française, avec de nombreux remplacements en cours ou annoncés (VT4, véhicules Scorpion, treillis F3, gilet SMB amélioré, HK 416, SCAR-H PR, …) et 2020 commence très bien avec enfin le remplacement des pistolets de dotation, avec cette fois un remplacement massif et bien pensé (éco-système complet).

Si le choix du Glock 17 sera inévitablement sujet à discussion entre curieux, amateurs, utilisateurs futurs, et passionnés du sujet, il est, indéniablement, le témoin d’un colossal progrès pour le soldat, marin ou aviateur français, au plan matériel et doctrinal, et sera un excellent outil de travail pour les missions dévolues aux forces. Espérons que son remplacement n’attendra pas 70 ans, mais gageons qu’il sera encore une excellente arme dans 20 ans voire plus, chose qu’on peut sans crainte espérer vu la très bonne longévité des Glock des premières générations.

A la question « le Glock 17 Gen 5 est-il un bon choix pour remplacer les MAC 50 et PAMAS ? » nous répondons donc sans hésiter : O U I .

Pensées pour le MAC 50 auquel nous devons dire adieu certes soulagés de voir une antiquité fatiguée prendre sa retraite, mais reconnaissants pour avoir bien servi pendant 70 ans au sein de l’une des armées les plus sollicitées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale : vous avez peut-être eu dans les mains un MAC 50 vétéran de l’Indochine, ou de Kolwezi, qui sait ! Peu d’armes ont connu autant de mains, de jeunes impatients de réaliser leurs premiers tirs au PA (4 générations de soldats !), de paysages familiers ou hostiles, de crises et guerres, et de situations complexes que le PA MAC 50. Et au-delà des armes, peu d’objets ont servi aussi longtemps sans évolution aucune dans l’Histoire. Mes Respects.

Le PAMAC est mort, vive le PSA ! « In Glock we trust »

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" Si tu fais trop confiance à tes yeux, tu risques de ne pas voir ce qui est vraiment important ".

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il va me manquer le PAMAC, j'ai majoritairement tiré avec lui, notamment pour tous les examens à l'ENSOA. Je le trouvais plus facile que le PAMAS.

A voir le jour lointain où les unités de soutiens toucheront au Glock 17 ce que ça donnera pour nous


"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Le PAMAC, je n'en n'ai jamais touché un de ma vie...

  • Sad 1

"What is dead, May never die"

SEM 77 / 499-7

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il y a 4 minutes, YaYannick a dit :

Le PAMAC, je n'en n'ai jamais touché un de ma vie...

Il avait un aspect vieux pétoire fort sympathique ! haha 

M'enfin c'est quand même mieux les glock !


Bourgeois bohème ... Où bobo pour les intimes !

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il y a 5 minutes, YaYannick a dit :

Le PAMAC, je n'en n'ai jamais touché un de ma vie...

j'ai appris avec, à l'ENSOA, passé tous mes examens au PAMAC. Même si j'ai aussi appris à tirer au PAMAS ^^

il y a 4 minutes, Stvn a dit :

Il avait un aspect vieux pétoire fort sympathique ! haha

C'est comme le FAMAS et le HK, je préfère le vieux ^^ En plus il a son style le famas et se porte très bien en sac à main xD

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"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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il y a 6 minutes, ponix a dit :

C'est comme le FAMAS et le HK, je préfère le vieux ^^ En plus il a son style le famas et se porte très bien en sac à main xD

Le famas j'aime bien aussi ... mais il est vrai que en situation de combat , il avait trop de problème ! Donc pour le tir de loisir , je préfère aussi le bon vieux famas , mais pour l'ops , laisse moi le HK ! 

 

Puis il y a les famas d'exercice avec leurs bande orange ... tout un charme ! Sans oublier que prendre celui la , rimer avec souffrir un peu ... 🤣! Les pauvres, eux ils ont bien souffert , la terre , l'eau , les chocs ... RIP !


Bourgeois bohème ... Où bobo pour les intimes !

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il y a 3 minutes, Stvn a dit :

Puis il y a les famas d'exercice avec leurs bande orange ... tout un charme ! Sans oublier que prendre celui la , rimer avec souffrir un peu ... 🤣! Les pauvres, eux ils ont bien souffert , la terre , l'eau , les chocs ... RIP !

J'ai pas connu ça xD

Mais c'est vrai que c'est pas un mal de les remplacer. Bon pour les CCPM on va les garder un moment encore je pense...


"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Le temps de finir les vieux stock de munition après non car le HK utilise du Otan standard .


Bourgeois bohème ... Où bobo pour les intimes !

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