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En attendant un porte-avions... Saint-Nazaire va construire quatre bâtiments ravitailleurs de force

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/05/17/avant-le-futur-porte-avions-saint-nazaire-va-construire-quatre-batiments-ra.html

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Florence Parly est dans l'Ouest ce lundi. Elle sera à Vannes, cet après-midi, pour rencontrer les marsouins du 3e RIMa et parler de l'opération Résilience avec les militaires de ce régiment qui vient de percevoir les nouveaux blindés Griffon. Lundi matin, la ministre sera à Saint-Nazaire où elle prendra part au lancement de la construction du premier des quatre bâtiments ravitailleurs de force. Elle procédera à la découpe de la première tôle, une découpe qu'elle a déjà réalisé en avril 2019, aux chantiers Piriou de Concarneau, lors du lancement de la construction d'un patrouilleur (photos Ouest-France). 

En amont, elle a opéré un tour d'horizon de l'actualité de son ministère. Le texte de son entretien à Ouest-France est paru ce matin.

Le programme FLOTLOG se concrétise ce lundi avec la découpe de la première tôle. Pourquoi est-ce un programme majeur ?
Ces bâtiments seront des outils de notre autonomie stratégique. Nos trois bâtiments ravitailleurs actuels ont 40 ans d’âge en moyenne. Ce sont des bateaux qui ne sont plus aux normes requises pour du transport de produits pétroliers puisqu’ils n’ont pas de double coque. Il était donc vital qu’ils soient remplacés. La Loi de programmation militaire (LPM), dans le cadre de la remontée en puissance de nos armées, prévoit qu’on les renouvelle, non seulement nombre pour nombre, mais que l’on fasse un peu plus. Nous aurons donc quatre bâtiments ravitailleurs de force (BRF) à partir de 2022, dont les livraisons s’échelonneront entre 2022 et 2029. Ce sont des bâtiments indispensables pour nos opérations et en particulier celles du groupe aéronaval autour du porte-avions Charles de Gaulle.

Ce programme concrétise, par ailleurs, l’aboutissement d’une coopération bilatérale.
C’est effectivement un bel exemple de coopération entre la France et l’Italie. Les deux pays ont commencé à travailler sur ce projet dès 2010 afin de faire converger les spécifications exigées par les deux marines. Nous avons aligné nos exigences opérationnelles et techniques. Fincantieri a construit un premier navire pour la Marine italienne, qui effectue en ce moment ses essais à la mer. Les Chantiers de l’Atlantique, quant à eux, produiront les quatre BRF de la Marine nationale.

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Pour les Chantiers, c’est un plan de charge non négligeable. Mais après ?
Depuis la construction du dernier porte-hélicoptères amphibie à Saint-Nazaire, les Chantiers n’ont pas construit d’autres navires militaires. Or il est très important que les Chantiers gardent cette compétence et ces savoir-faire spécifiques de construction de bâtiments militaires de fort tonnage. D’autant que nous travaillons en ce moment sur le projet de porte-avions de nouvelle génération. Quelles que soient les caractéristiques de ce futur porte-avions, il a vocation à être construit dans les chantiers de Saint-Nazaire. Entre-temps, il est important que les chantiers puissent continuer à travailler pour les armées ; c’est l’intérêt de ces BRF, qui je le rappelle sont d’imposants bâtiments qui – chargés à plein – font 30 000 tonnes.

Le dossier du futur porte-avions va être présenté au président de la République. Pourrait-il trancher dès juin?
Je suis certaine d’une chose : le porte-avions Charles de Gaulle aura 40 ans en 2038. Il aura donc atteint sa date limite de fonctionnement, si je puis dire. Nous avons tout fait pour maximiser sa durée de vie puisqu’il a subi un arrêt majeur de 18 mois en 2017-2018. Dans le cadre de la Loi de programmation militaire, des études portant sur le successeur du Charles de Gaulle ont été lancées. Si l’on veut un porte-avions à la mer en 2038, c’est maintenant qu’il faut s’en occuper. Et sans tarder. Nous travaillons sur des études et examinons différentes options, qui portent sur la propulsion, la taille, le système de catapultage… Mon travail est de mettre le Président de la République en situation de prendre une décision, dans les prochains mois.

Programme et projet, c’est avant tout une question de budget. Alors que la récession menace, le prochain budget des Armées est-il menacé ?
Le Premier ministre s’est exprimé sur cette question devant le Parlement la semaine dernière et il est tout à fait naturel qu’il n’ait pas fourni d’indications spécifiques sur le projet de loi de finances pour 2021 dont la préparation n’a pas encore commencé. En revanche, il a donné des éléments de réponse en disant que « l’investissement de défense se construit dans le long terme », que « le monde dans lequel nous vivons ne sera ni moins dangereux ni moins risqué comme le montre la période actuelle ». Il a aussi dit que « l’impératif de défense est un impératif de premier ordre » puisqu’aucune des analyses qui ont fondé les choix de la LPM n’a été invalidée.Quant au besoin de remontée en puissance de nos armées, il est toujours là. Il n’a pas pu être résolu au terme des deux premières années de mise en œuvre d’une LPM qui en compte sept, même si, il faut le dire, les lois de finances qui mettent en œuvre annuellement les décisions de la LPM ont enfin été respectées.Pour ma part, je crois que le budget des Armées a un rôle important à jouer comme élément de soutien de l’industrie de défense. Rappelons que c’est le premier budget d’investissement de l’État. Par conséquent, nous avons un rôle majeur à jouer pour répondre aux besoins de nos forces et pour soutenir l’ensemble de la base industrielle et technologique de défense, ses grands groupes et ses milliers de PME et PMI, et leur éviter d’être impactées par la crise du coronavirus.

L’opération Résilience a vu une implication de toutes les Armées. Qu’est-ce que ça représente en termes de moyens et d’effectifs ?
Le Service de santé des armées a été fortement mobilisé puisque 80 % de ses effectifs ont été engagés, soit presque 13 000 militaires du SSA depuis le début de la crise. Sur le territoire national, nous avons aujourd’hui près de 4 000 soldats déployés. Au 13 mai, ils avaient réalisé près de 700 missions, soit sanitaires (170), soit logistiques (plus de 350) ou dans le domaine de la protection (150).Ces chiffres ne disent pas eux seuls ce que nous avons fait. Certaines opérations d’évacuation aérienne ou navale ont eu une très forte visibilité, tout comme l’installation d’un hôpital de campagne à Mulhouse. D’autres ont été plus modestes en étant tout aussi vitales. Le ministère des Armées a aussi œuvré dans le domaine de l’innovation en soutenant la recherche dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ; la société bretonne NG Biotech a ainsi bénéficié d’un million d’euros de financement pour développer des tests sérologiques.

Le coronavirus a aussi impacté les armées. L’épisode du Charles de Gaulle témoigne ainsi de la vulnérabilité de l’outil militaire face à une pandémie.
Les Armées, comme toute la population française, ont été affectées par le virus. Nous ne déplorons à ce jour qu’un seul décès au sein du ministère, et je constate avec soulagement que peu de civils de la Défense et militaires sont hospitalisés dans un état grave. L’enquête épidémiologique réalisée après les contaminations à bord du groupe aéronaval témoigne aussi d’une résistance de notre population militaire au virus puisque 3 patients ont été placés en réanimation sur les 1081 marins testés positifs, et en sont heureusement sortis. Cette enquête est pleine d’enseignements sur la propagation d’un virus dans un univers aussi confiné que celui d’un porte-avions, sur les mesures prises et sur leur application… Il s’agit de beaucoup mieux nous protéger à l’avenir et concevoir des modes d’organisation qui garantissent la santé de nos militaires tout en permettant la poursuite de nos missions.

Autre question sur les effets de la pandémie : quand reprendra la Journée défense et citoyenneté ?
La Journée défense et citoyenneté est obligatoire pour les jeunes de 16 à 18 ans, mais elle a été suspendue le 17 mars pour des raisons évidentes. Sa reprise est prévue à la rentrée de septembre. Elle reprendra avec toutes les précautions d’usage et seulement dans le cas où la situation sanitaire reste favorable. Le certificat de participation à la Journée défense et citoyenneté est un rendez-vous essentiel pour notre jeunesse. Il est nécessaire pour se présenter à des examens (bac, CAP, BEP), au permis de conduire, aux concours de la fonction publique.


Ya Rab Yeshua.

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