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Forum militaire

Le SNA Perle est-il réparable ? Aux experts (et à la ministre) de décider


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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/06/13/le-sna-perle-21240.html

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L'incendie qui s'est déclaré vendredi à Toulon à bord du sous-marin d'attaque nucléaire Perle a été "éteint à 00h50, après plus de 14 heures d'une lutte qui a mobilisé une centaine de pompiers et plus de 150 personnes en soutien", a annoncé samedi matin le ministère des Armées dans un communiqué (photo ci-dessus PREMAR).

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Florence Parly s'est rendu à Toulon ce samedi matin. La ministre des Armées a salué les pompiers et marins, insistant sur la "violence inouïe" des flammes. L'intervention "n'avait rien d'évident", a-t-elle précisé, à cause d'une très forte chaleur, de fumées épaisses et d'une progression difficile dans les espaces étroits et confinés du sous-marin.

Le bâtiment "faisait l'objet d'une maintenance majeure depuis plusieurs mois" et "aucun combustible nucléaire, aucune arme, ni missile, ni torpille, ni munition n'était à bord", a-t-elle souligné. Dernier des six-sous marins nucléaires d'attaque français de type Rubis, entré en service en 1993, le SNA Perle était entré au bassin en janvier pour un chantier de rénovation et de modernisation qui devait durer 18 mois, et le rendre opérationnel jusqu'à la fin des années 2020.

Pour la marine, après ce sinistre exceptionnel, l'heure est à l'analyse des dommages. Une enquête judiciaire et des enquêtes techniques ont été lancées. L'inspection générale des armées a été saisie.

Par chance, en raison de la rénovation, "la quasi-totalité des équipements du navire n'était plus à bord", et les sonars, tubes lance-torpille, ou batteries sont donc "intacts" selon la ministre qui entend "prendre une décision étayée, éclairée le plus rapidement possible (...). Si ces analyses permettent de considérer que la Perle est réparable, tout sera fait pour".

Mais la marine considère aussi le risque d'une perte totale du sous-marin tant en raison des dégâts (le feu a endommagé toute la partie avant, voire la coque même) que des coûts de remise en état d'un SNA qui a fait son temps.

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Sur le plan environnemental, il n'y a "aucun risque à craindre", a assuré Florence Parly: "Il y a eu un incendie, mais, non, il n'y a pas eu d'accident nucléaire". Pendant l'incendie, "des mesures ont été prises dans la zone arrière pour protéger le compartiment du réacteur nucléaire", a-t-elle ajouté.

La préfecture du Var a fait réaliser des mesures de pollution atmosphérique et de radioactivité "par des experts indépendants", qui n'ont pas relevé d'anomalie.

La Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad) avait appelé vendredi à la "vigilance" des autorités, estimant que "l'absence de combustible (à bord) ne signifie pas qu'il n'y a pas de radioactivité". Elle n'avait cependant relevé aucune anomalie dans l'environnement, mais constaté sur une balise de mesure de la Seyne-sur-Mer, les jours précédent l'incendie, "des oscillations de la radioactivité" de quelques heures, jusqu'au au niveau faible de 139 nsiv/h. Ce phénomène, "troublant", "peut avoir plusieurs explications", reconnaît la Criirad, "mais pose question".

"Un radioélément naturel a été émis en quantité infinitésimale avant l'incendie", a répondu la ministre sur ce point, pour qui "ceci montre que nous avons un système de détection extrêmement sensible et performant".

Ya Rab Yeshua.

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  • 2 months later...

http://www.opex360.com/2020/09/01/un-eclairage-serait-a-lorigine-de-lincendie-du-sous-marin-nucleaire-dattaque-perle/

Un « éclairage » serait à l’origine de l’incendie du sous-marin nucléaire d’attaque « Perle »

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Aucune hypothèse n’était exclue au lendemain de l’incendie qui venait de ravager le sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] Perle, alors en cale sèche, à Toulon, dans le cadre de sa dernière Indisponibilité pour entretien et réparations [IPER]. 

Pour rappel, il était environ 10h30, le 12 juin dernier, quand un incendie se déclara dans un compartiment situé à l’avant du sous-marin. Et il fallut 14 heures aux marins-pompiers de Toulon et de Marseille, aux pompiers du SDIS 13 ainsi qu’aux marins de l’Escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque [ESNA] et de l’École de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire [ENSM-BPN], pour venir à bout des flammes, dans des conditions extrêmement difficiles.

Il « faudra maintenant des semaines d’expertise(s) technique(s) pour comprendre l’ampleur des dégâts et probablement des mois pour en tirer les conséquences », avait alors estimé l’amiral Christophe Prazuck, alors chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], qui vient de faire ses adieux aux armes, ce 1er septembre.

A priori, la Marine nationale a une idée de ce qui s’est passé à bord du SNA « Perle ». En effet, le successeur de l’amiral Prazuck, l’amiral Pierre Vandier, a évoqué une hypothèse selon laquelle un « éclairage » serait la cause de l’incendie.

« On pense que l’incendie est né d’un éclairage qui a commencé à consumer une feuille de plastique en vinyle qui était dans un coffret en bois », installé pour « éviter de contaminer le bateau » avec « des restes d’amiante » que la coque était susceptible de contenir « pendant des opérations de sablage et de peinture », a ainsi expliqué l’amiral Vandier à la presse, à l’issue de la cérémonie de passation de commandement organisée à bord du porte-avions « Charles de Gaulle ».

« Comme c’était une boîte […] la constatation du départ de feu a été tardive et ensuite le feu a été extrêmement puissant » à un endroit où « beaucoup d’air » circulait, a continué l’amiral Vandier, citant les résultats d’une expertise technique.

Cependant, rien n’est encore définitif, les résultats complets des expertises techniques devant être présentés d’ici quelques semaines à Florence Parly, la ministre des Armées. « Courant octobre, on décidera si on peut reconstruire ce navire et dans quelles conditions, ou si le coût et les aspects techniques font qu’il faudra trouver d’autres solutions », a conclu l’amiral Vandier.

Sur ce point, l’état de la coque du SNA, dont l’intégrité a probablement été atteinte sous l’effet de la chaleur, sera l’un des éléments déterminants. Il était prévu de maintenir la « Perle » en service jusqu’en 2030, soit le temps d’attendre l’arrivée du « Casabianca », un SNA de type Barracuda. 

Alors que le SNA Saphir a déjà été désarmé et que le SNA Suffren, premier de la série des Barracuda, poursuit ses essais en mer, la Marine nationale, qui doit disposer de six SNA, aura sans doute à redéfinir ses priorités opérationnelles, notamment à partir de 2021.

Ya Rab Yeshua.

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  • 3 weeks later...

http://www.opex360.com/2020/09/20/incendie-du-sna-perle-pour-le-general-lecointre-lexternalisation-de-lentretien-des-navires-a-ete-une-erreur/

Incendie du SNA « Perle » : pour le général Lecointre, l’externalisation de l’entretien des navires a été une erreur

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La Révision générale des politiques publiques RGPP [entre 2007 et 2012] puis la Modernisation de l’action publique [MAP], menée au moins jusqu’en 2015, ont été des politiques qui, reposant sur la recherche à tout prix de l’efficience, ont conduit à de profondes réformes au sein du ministère des Armées. Ce qui s’est traduit par une déflation importante des effectifs, le recours à l’externalisation et la prédominance d’une logique des flux par rapport à une logique des stocks.

C’est donc dans ce contexte que, en 2015, Naval Group [qui s’appelait encore DCNS] se vit confier la maintenance des six sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] de la classe Rubis jusqu’en 2020. Or, pour le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, cela a été une « erreur ». Et l’incendie du SNA « Perle », le 12 juin dernier, en serait l’illustration.

Pour rappel, ce sous-marin était en cale sèche, à Toulon, dans le cadre de son dernier arrêt technique majeur, quand un incendie s’est déclaré dans un compartiment situé l’avant du navire. Début septembre, et d’après les avancées de l’enquête, l’amiral Pierre Vandier, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], a expliqué que le feu aurait sans doute été provoqué par un « éclairage » ayant consumé une feuille de plastique en vinyle qui se trouvait « dans un coffret en bois », lequel avait été installé pour éviter la propagation d’amiante lors du carénage de la coque.

Quoi qu’il en soit, un mois après les faits, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, [le compte-rendu vient d’être publié dans un rapport intitulé « L’évolution de la conflictualité dans le Monde »], le général Lecointre a estimé que l’incendie de la Perle est « typiquement la traduction des renoncements auxquels nous avons été conduits sous la contrainte de la recherche d’efficience et de la révision générale des politiques publiques. »

« C’est la première fois que nous avons entièrement externalisé l’arrêt technique majeur d’un bâtiment essentiel à notre marine à un industriel privé », a continué le CEMA, avant d’assurer que les « enseignements » en seront « tirés ».

« Nous savions que ce mouvement, auquel nous avions été contraints, présentait des inconvénients », a insisté le général Lecointre.

« J’en parlais il y a deux jours avec l’amiral Augier, patron du bataillon des marins-pompiers de Marseille qui a dû intervenir sur cet incendie et qui a, par ailleurs, été ingénieur-mécanicien en chef d’un sous-marin nucléaire d’attaque. Il m’expliquait que lorsqu’il était en service dans son sous-marin, pendant l’arrêt technique, l’équipage était là et les officiers étaient en permanence dans le bâtiment, ils restaient maîtres de l’outil, car cela demeure une opération militaire et pas simplement industrielle », a raconté le CEMA [par ailleurs fils de sous-marinier].

« Des erreurs ont été faites et nous saisirons toutes les occasions pour revenir sur ces erreurs, y compris quand cela ne coûte pas d’argent et que l’affaire est simplement de processus », a encore assuré le général Lecointre.

 Cela étant, ce dernier met en garde depuis longtemps contre cette quête de l’efficience, devenue pendant un temps l’alpha et l’oméga de toutes les réformes appliquées au monde militaire. Il le fit ainsi en 2012, avec « La fin de la guerre à la fin de l’armée » un article publié par le revue Inflexions. Ce qu’il n’a pas manqué de rappeler aux députés. 

Dans ce papier, « j’alertais sur les dangers que nous courions en dégradant notre modèle d’armée sous le poids de la recherche d’efficience à tout prix et de la contrainte économique. La vision de l’État et de son fonctionnement qui prévalait alors affaiblissait objectivement les armées : parce qu’on estimait que la paix était définitive, on considérait que celles-ci devaient être cantonnées à des opérations de gestion de crise », a dit le CEMA.

« Toutes les politiques mises en œuvre dans le cadre de la RGPP l’ont été par un ensemble politico-administratif qui était rempli de certitudes sur l’avenir du monde : nous allions, disait-on, vers un monde heureux », a encore dénoncé le général Lecointre. Or, a-t-il continué, « il faut avoir été à Sarajevo en 1995, en Somalie, au Rwanda, pour comprendre ce qu’est la violence et ce qu’il y a au fond de l’homme, et mesurer que les bases sur lesquelles nous construisions un avenir radieux pour l’Union européenne et le monde occidental allaient être sapées par la réalité de la violence des hommes et du fond tragique de l’histoire. »

Photo : © Marine nationale

Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2020/09/28/le-sous-marin-perle-va-etre-deplace-a-cherbourg/

Le sous-marin Perle va être déplacé à Cherbourg

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Le SNA Perle « va être déplacé jusqu’à Cherbourg pour achever l’expertise et nous permettre de décider, d’ici quelques semaines, s’il faut investir pour le réparer ou envisager une solution de remplacement », a affirmé Mme Parly.

Le retour de ce sous-marin au chantier naval de Naval Group à Cherbourg était évoqué depuis quelques semaines.

L’enjeu, comme l’a rappelé la ministre, est de déterminer si les dégâts qu’il a subis peuvent être réparés.

L’incendie ayant duré plus de quatorze heures, il est craindre que sa coque épaisse, conçue avec des matériaux à très haute élasticité pour résister aux forces pressions en immersion, ait trop souffert au point de rendre le navire inutilisable. C’est, en tout cas, ce que devra déterminer l’expertise.

« Courant octobre, on décidera si on peut reconstruire ce navire et dans quelles conditions, ou si le coût et les aspects techniques font qu’il faudra trouver d’autres solutions », avait précisé, début septembre, l’amiral Pierre Vandier, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM].

Reste que les solutions possibles pour renvoyer le SNA Perle en mission ne sont pas nombreuses… D’après la Presse de la Manche, l’idée de récupérer des éléments du Saphir, récemment désarmé, a été avancée. Une autre possibilité serait d’utiliser la coque de l’un des deux SNA [le « Turquoise » et le « Diamant », ndlr] dont la construction avait été arrêtée en 1992, quand il fut décidé de réduire à 6 le nombre de sous-marins de la classe Rubis.

Pour rappel, et selon l’amiral Vandier, l’incendie du SNA Perle aurait été causé par un « éclairage » ayant commencé à « consumer une feuille de plastique en vinyle qui était dans un coffret en bois », alors installé pour « éviter de contaminer le bateau » avec des « restes d’amiante » lors des opérations de sablage et de peinture.

Ya Rab Yeshua.

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  • 4 weeks later...

http://www.opex360.com/2020/10/22/gravement-endommage-par-un-incendie-le-sous-marin-nucleaire-dattaque-perle-va-etre-repare/

Gravement endommagé par un incendie, le sous-marin nucléaire d’attaque « Perle » va être réparé

 

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Si le combustible, les équipements, les armes, les baies électroniques et autres câbles avaient été retirés du sous-marin avant l’incendie, la chaleur dégagée par ce dernier pouvait alors avoir gravement altéré sa coque épaisse, conçu pour résister à de fortes pressions.

D’où la question de savoir si le navire pourrait ou non reprendre la mer. « Si la Perle est réparable, tout sera fait pour qu’elle le soit », avait assuré Florence Parly, la ministre des Armées.

Pour déterminer si une telle opération était envisageable, tant sur le plan technique, économique et sécuritaire, des expertises ont depuis été menées durant l’été.

Finalement, les études menées par le Service de soutien de la Flotte [SSF] de la Marine nationale et Naval Group, validées par la Direction générale de l’armement [DGA] sont arrivées à la conclusion que le SNA Perle est réparable, à condition de remplacer sa proue endommagée par celle du SNA Saphir, désarmé l’an passé. C’est en effet l’annonce faite par Mme Parly, ce 22 octobre.

« Nous pouvons réparer la Perle et nous allons la réparer. Je dis en premier lieu ‘nous pouvons’ car le chemin qui s’ouvre devant nous est long et ardu. Cette décision ne sous-estime aucune difficulté. Elle affirme une ambition et la confiance en notre ressource et nos capacités collectives. Elle sera réévaluée à chaque étape de la réparation, à l’aune des expertises et de nos exigences sur lesquelles nous ne transigerons pas », a déclaré la ministre.

Dans le détail, cette réparation, qui mobilisera 300 personnes durant six mois, consistera donc à découper la proue de la Perle, sa partie arrière étant « intacte », selon Mme Parly.

« Nous allons donc souder l’arrière de la Perle avec l’avant du Saphir. […] Nous reconnecterons par la suite les liaisons intérieures, les câbles et les tuyaux. La Perle achèvera ensuite son entretien majeur au point où il avait été interrompu, le 12 juin dernier » et les éléments retirés avant l’incendie « seront réinstallés à l’issue de la réparation », a expliqué la ministre.

« C’est une opération complexe dans son ensemble que peu de pays peuvent envisager, mais que nous engageons avec confiance. Car en dépit des circonstances, chacune des étapes de cette réparation correspond à un savoir-faire éprouvé. Ce sont des technologies que Naval Group et les services de l’État connaissent et maîtrisent », a ensuite fait valoir Mme Parly.

Évidemment, le ministère des Armées sera « intransigeant » lors des essais qui seront menés avec le retour à la mer de la Perle. « Si mon objectif est bien de réparer la Perle, ma priorité est de rendre à notre pays cette capacité opérationnelle en assurant la sécurité des sous-mariniers qui partiront en mission à bord », a souligné la ministre.

« Toutes les analyses dont nous disposons montrent que cette opération est réalisable, sans obérer ni la sécurité des marins, ni la continuité de nos missions. Réparer la Perle, c’est [aussi] préserver l’indépendance de la France et c’est affirmer notre souveraineté », a-t-elle insisté.

Quant au coût de cette opération, il s’élèvera à 120 millions d’euros : 50 millions seront apportés par l’assureur de Naval Group, le reste étant à la charge du ministère des Armées.

Les conséquences de cet incendie sur les capacités de la Force océanique stratégique [FOST] de la Marine devraient donc être assez limitées. Selon le Projet annuel de performances [PAP] publié par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance en annexe du projet de loi de finances initiale 2021, le dommage subi par la Perle serait « sans impact » sur la disponibilité technique opérationnelle [DTO] des SNA en 2021 étant donné que ce sous-marin était censé être en arrêt technique majeur.

Ya Rab Yeshua.

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  • 2 weeks later...
Le 23/10/2020 à 00:11, sako a dit :

Ca s'appelle canibaliser...pas trop innovante comme idee. Plutot une tradition dans l'armée française ^^

Le mot exact est optimisation des moyens à mon avis. L'autre sous-marin n'avait plus la possibilité de naviguer.

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