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PizzaForban

RETEX, Parcours d'un réserviste

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Bonjour à toutes et à tous,

Je me permets humblement de vous présenter un RETEX destiné à celles et ceux qui s’intéressent à la réserve opérationnelle et se demandent quelles sont les marches à suivre, les délais, et je vais m’efforcer de donner un maximum d’infos.

1ere étape, une fois la décision prise de s’engager, il faut commencer par s’inscrire sur le site internet de la réserve opérationnelle ( https://www.reservistes.defense.gouv.fr ), en se créant un compte dans la section idoine. De mémoire (j’aurais dû prendre des screenshots) cela commence par un questionnaire, suivi d’un choix d’unité. Il convient de privilégier les régiments stationnés près de chez soi, à une ou deux heures de voiture, mais l’on peut postuler ailleurs. Tout dépend de la demande de chaque régiment au moment où l’on s’inscrit, cette demande en réserviste est fluctuante.

L’étape suivante est peut-être la plus stressante du processus d’engagement, c’est celle de l’appel téléphonique. Un militaire vous contactera par téléphone, grosso modo n’importe quand, entre 8h et 17h. Ratez l’appel 3 fois et c’est dead. Prenez l’appel et vous aurez un entretien bref avec une personne souhaitant s’assurer de vos motifs, de votre conscience des risques, etc, préalablement à la validation de votre inscription. Vous aurez la joie de voir votre profil sur le site internet évoluer à chaque étape. D'ailleurs, pas de panique si le processus d'engagement saute des étapes ou les fait dans le désordre, chaque régiment gère un peu à sa sauce. Vient ensuite l’appel par un militaire du régiment sélectionné, de même il appellera 3 fois max. Pour aller plus vite vous pouvez aussi prendre les devants, appeler le régiment et demander à être mis en contact avec la personne en charge des dossiers de réservistes. C’est par exemple ce que j’ai fait après 1 mois d’attente d’un coup de fil. J’ai été mis en contact avec un Adjudant-Chef réserviste qui m’a pris en charge et envoyé une flopée de documents, par mail, à remplir et renvoyer. Vient alors l’amusante partie administrative.

Vous devrez remplir les documents reçus et les renvoyer par mail et/ou par courrier. Ce fût pour moi l’étape la plus longue car 1) l’ADC est réserviste et n’est présent que quelques jours par mois, 2) la messagerie interne (l’intradef) est très tatillonne sur les pièces jointes (max 9 mo). J’ai ainsi perdu 1mois et demi, persuadé d’avoir renvoyé les documents, lesquels n’avait pas passé le pare-feu. Parmi ces documents, en plus des documents spécifiques propres au régiment / à la réserve, qui vous seront fournis, prévoyez :

lettre de motivation - copies des diplômes, de la CV, de la CNI, du Permis - un extrait d’acte de naissance - un relevé de groupe sanguin (un établissement français du sang pourra vous filer ça en 2 mn, si vous êtes donneur) – photocopie de l’avis d’imposition – photocopie de la JAPD – RIB – certificat médical d’aptitude (doc fourni par le régiment à remplir par votre médecin traitant)

Une fois tout cela rassemblé, envoyé, et reçu, vous serez conviés à vous rapprocher de l’antenne médicale des armées la plus proche, pour prendre rendez-vous avec eux afin de procéder à la visite médicale, poussée, délivrant le certificat médico-administratif d’aptitude initiale. C’est là que vous serez fixés sur le fameux SIGYCOP. Note, si vous voulez intégrer un régiment de montagne, pensez à le préciser au médecin, sinon il faudra lui faire refaire le document. Je dis ça, je dis rien… Puis envoyez le certif’ au régiment.

Une fois tous les docs reçus, le régiment vous recontacte. Gardons à l’esprit que le sous-officier en charge sera sûrement réserviste lui-même, donc il ne faut pas s’attendre à ce que ça aille à la vitesse du son. Qui plus est, une pandémie avec confinement n’aide pas… La prochaine étape de votre engagement est, justement, l’engagement.
Vous recevrez par courrier recommandé votre Engagement à Servir dans la Réserve, à renvoyez paraphé, signé. A réception, le régiment vous appelle et finalise le processus en vous envoyant, par courrier à nouveau, votre contrat signé par les deux parties. Bravo, bienvenue.

 

Prochaine étape, la FMIR, Formation Militaire Initiale du Réserviste, laquelle dure 2 semaines. La mienne a eu lieu le 1er aout 2020, au 13e BCA à Chambéry.

Attaquons donc le gros morceau. 14 jours, programme très (très) intense, énormément de choses à acquérir très rapidement, pour pouvoir en faire une restitution notée, à l’échec éliminatoire, parfois le jour même. Je vais procéder à un retex qui j’espère sera le plus précis, exhaustif et compréhensible possible.

Commençons donc par la préparation du départ en FMIR, c’est-à-dire la confection du paquetage. Normalement, le sous-off de liaison vous enverra par mail un petit livret explicatif. Le mien contenait un document à remplir, un programme détaillant grosso-merdo les 2 semaines, une liste de choses à emporter avec soi. Je m’en vais dresser ici la liste des affaires que j’ai emporté, ou vu les autres emporter. En noir l’indispensable, en vert le nécessaire, en rouge l’inutile. C’est parti :

Sac à paquetage (le gros), sac montagne (moyen-gros), sac musette (30 ou 45L). Notons que les sacs diffèrent selon les perceptions, à vous de gérer.

Uniforme FELIN x2 (tenue de travail ou tenue de combat, c’est le même)

Uniforme F2 x2 (un neuf pour les cérémonies, un usé pour les parcours d’obstacles. Si vous en avez perçu 2 neufs ou 2 usés, à vous de gérer)

Sac de couchage (pas besoin de prendre les 2, j’ai pris le plus léger because mois d’août)

Tapis de sol

Bidon (gourde) avec quart, couverts monobloc, gamelle.

Réchaud. Concernant le réchaud, ne prenez pas une usine à gaz de camping de 3 kg, c’est totalement superflu. Un petit kit compact de moins d’1 kg, pourquoi pas, sinon faites comme moi, ne vous emmerdez pas avec un réchaud. Je rappelle qu’il faut porter tout ce que l’on emporte…

Lampe frontale de perception

Blouson en polaire (c’est un oreiller de luxe)

Tee-shirt TTA x2 (vous pouvez prendre des tee-shirts Décat’ du moment que ça voit vert TTA ou kaki)

Ensemble intempérie (haut et bas en goretex)

Casque F1

Coudières et genouillères (mettez-les dans le casque).

Paire de gants (de combat)

Chaussettes vertes x3. Le débat fait rage sur les zinternet pour savoir si les chaussettes montantes TTA sont, ou non, de la grosse merde. Personnellement je n’ai porté que ça pendant 2 semaines, les lavant à tour de rôle et les garnissant de talc chaque matin, et n’ai récolté qu’une seule petite ampoule (avec les rangers). Ces chaussettes sont, selon moi, tip top. Alors oui elles tiennent chaud, mais leur épaisseur assure également un bon maintien dans les chaussures de combat. En plus elles sèchent vite. A vous de voir, sinon prenez des paires de chaussettes de rando Décat’ vertes.

Chaussettes de sport x3 (blanches ou noire, hautes ou basses)

Chaussures de sport (de perception ou pas)

Chaussures de combat (j’ai vu les copains porter les Haix, les Sable, ou les Rangers, à chacun de voir) 

Chaussures rangers (le top pour le parcours d’obstacle, et la cérémonie)

Le chapeau de brousse TTA de la honte

Ceinturon F1 de cérémonie

Ceinture TTA (verte ou kaki)

Bouchons anti-bruit

Lunettes balistiques (celles de perceptions = kaka. Trouvez-vous des lunettes de soleil Décat’ aux normes balistiques, ça ne coûte rien et c’est incomparablement mieux)

Culotte de sport noire (prenez un short de sport simple et efficace, couleur noire, plutôt que le fringue officiel, hideux et mal-pratique, de perception. Pour mesdames, privilégiez un legging sportif noir ou quelque chose du genre)

Maillots de sport manche courte x2 (de perception)

Survêtement réglementaire (pas servi du tout, à prendre selon la saison)

K-way ou sweat de sport (de perception)

La tarte et les insignes régimentaires

Un petit cahier ET un petit calepin, quelques stylos

2 cadenas

1 bâche verte (pas si indispensable mais tellement pratique)

Nécessaire de camouflage, nécessaire de cirage. (peuvent au pire être empruntés aux copains)

Voilà, ça c’était la to-do liste officielle. A présent voyons les divers trucs à emporter qui vous faciliteront incomparablement la life à un moment ou un autre. Ces objets ne sont pas obligatoires, mais ils sont parfaitement utiles :

Caleçons. Prenez-en au moins 5, les boxers de chez Décat’ sont parfaits et se lavent / sèchent en un temps record.

1 serviette de toilette

Affaires de toilette perso. (pour les mecs c’est rasage, le stagiaire moquette n’a pas le droit de prétendre porter la barbe, fût-elle belle et entretenue)

Cotons-tiges, WD 40, quelques cure-dents, et une vieille brosse à dent. Et votre nettoyage de FAMAS ne sera plus jamais le même…

Talc et crème anti-frottement (Décat’ ou Nok), Compeed. Vos pieds sont vos outils les plus précieux et les plus malmenés pendant ces 2 semaines. Donc, tous les matins, c’est crème sur les ièp’ et talc dans la chaussette. NB : les compeed et les chaussettes mili vertes ne font pas bon ménage (l’un absorbe l’autre et vice-versa), donc veillez à couvrir votre ampoule de compeed et le compeed de sparadrap.

Chatterton noir. Utile pour le FAMAS et pour gérer les 32157 sangles et lanières de vos sacs.

Boules Quiès. Pour le dormeur sensible aux divers sons de la vie en collectivité.

Une montre. 10 balles chez décat’ et vous brillerez en société.

Piles. La lampe frontale de perception nécessite 3 piles AAA, par exemple.

Une petite trousse de secours, du désinfectant, une pince à épiler, de la lysopaïne, un coupe-ongles, de l’antihistaminique, du doliprane, du baume du tigre ou de la crème à bobo. Pour la bobologie au quotidien, pas seulement pour vous mais surtout pour aider les copains.

Le kit de 3 trousses de voyage de chez Décat’. Mon dieu ce petit ensemble de compartimentage rectangulaire a changé ma vie. Une trousse pour le nécessaire de toilettes, une pour les objets divers (clés, argent, électronique, etc) une pour les sous-vêtements et tee-shirts. Et paf, ça fait 3 objets à caser dans le sac, au lieu d’une multitude.

De la thune. Prévoyez une dizaine d’euros en pièce (pour les veinards qui auront accès à un lave-linge). De plus prévoyez 10 ou 20 € en pièces, pour vous faire zizir à la popotte.

Une brosse et un tube de lessive à main (ou un savon). Pour nettoyer vos fringues.

Une petite corde ou du tendeur. Pratique pour sécher le linge, et, combiné à la bâche, pour parfaire votre abri.

Le sur-sac de couchage en Goretex et le tee-shirt à manches longue F1. C’est du fond de sac, utile si ça caille dehors.

Quelques sacs de congélation (avec le zip) pour stocker des trucs mouillés, ou pour les protéger de l’humidité. Un savon à fringues ou un calepin, par exemple.

Des masques jetables. Ambiance Covid-19 uniquement respectée à l’ordinaire (le réfectoire), mais si vous ne voulez pas subir les masques lavables en polaire #troupesdemontagne (je vous jure que c’est vrai), prenez en quelques un.

Voilà. A présents quelques astuces et conseils pratiques :

Mettez vos initiales ou un symbole distinctif sur vos effets et objets. Ne prenez pas de livre, vous n’aurez pas le temps de lire plus une page en deux semaines (pensant lire à mon rythme habituel, j’ai trimballé 3 livres). Pensez à votre chargeur de portable. Les sous-vêtements chauds de perception sont à prendre selon la saison. Les uniformes FELIN sont adaptés à plusieurs températures, voir l’étiquette (le « zone tempérée » tient plus chaud que le « zone chaude »). N’embarquez pas les affaires de montagne ou de grand-froid s’il fait 30° dehors. Ne prenez pas vos 2 duvets, en bref ne prenez pas absolument tout le merdier obtenu lors de la perception : adaptez votre paquetage à la saison, pensez qu’il faut tout porter sur son dos.

Concernant les sacs, mettez le plus lourd vers le fond, pensez à bourrer entre chaque ajout, répartissez le poids de manière équilibrée, mettez le tapis de sol à la verticale (il créera une sorte de paroi rigide dans l’intérieur du sac et améliorera l’équilibre). Si vous le pouvez, virez les sacoches auxiliaires, roulez les sangles superflues et scotchez-les au chatterton. Concept de fond-de-sac : les trucs qui ne doivent pas quitter le sac. C’est-à-dire le tapis de sol, le haut d’uniforme intempérie en goretex, le sursac goretex, un ou deux fringues chauds / de rechange. C’est le fond, la base de tout sac, qui sera utile si les circonstances l’exigent, FMIR ou pas. On peut y ajouter aussi un peu de bouffe et une bouteille d’eau. Un sac bien fait tient debout tout seul.

Je précise que je ne suis pas sponsorisé par Décathlon.

Bon je pense avoir à peu près fait le tour de l’étape paquetage. Je m’en vais à présent narrer deux semaines de dinguerie. Notons que chaque journée commence à 6h ou 6h30, ne comporte de pause que pendant les 3 repas pris à 7h, 12h et 19h en moyenne, et se termine entre 22h et minuit.

Jour 1 : arrivée au 13e BCA, courte marche vers le bâtiment de la 5e compagnie. Le logement se fait en dortoir. Accueil et présentation à 16h par l’encadrement, constitué de 3 1ere classe, 3 caporaux, 2 sergents, 2 sergent-chefs, et l’Adjudant-chef de section. Ma section FMIR comporte 24 stagiaires. Après une introduction-présentation de la FMIR, l’encadrement nous explique que le rythme ne fera que s’accélérer, de même que l’exigence, la sévérité, et les accomplissements. Nous avons 2 semaines pour caser le programme de 3 mois de FGI... Repas du soir à l’ordinaire, puis quelques généralités sur les rassemblements, la formation, le garde-à-vous, tout ça tout ça. Dès le premier soir, cours en salle de classe sur le FAMAS, puis sur la hiérarchie.

Jour 2 : perception du FAMAS (oui, déjà), puis la journée consiste en découvrir, apprendre, assimiler et savoir la substantifique MOAL (Maîtrise Opérationnelle de l’Armement Léger), de même que les 4 règles indispensables de l’armement et les 5 fondamentaux du tir, le démontage-remontage du FAMAS, etc. No spoil.

Jour 3 : départ le matin vers la base militaire de Vulmix, près de Bourg-Saint-Maurice. Répétition-rabâchage de la MOAL et des cours de la veille, nouveaux cours.

Jour 4 : Division de la section en trois groupes (3 golfs), Golf 1 part passer la journée sur le pas de tir, restituer l’apprentissage de la veille, à balles réelles. Golf 2 passe la journée sur le PSC1, à apprendre comment réagir à des accidents, malaises, crises cardiaques et autres joyeusetés. Dans la foulée, examen et validation du PSC1, super utile dans le civil, de rien c’est gratuit. De même, le SC1 (secourisme de combat) sera enseigné et validé par tous, je ne me souviens plus quel jour. Golf 3 fait du sport et enchaîne les cours sur divers sujets, comme le combat, le droit, l’armement, le NBC, la transmission, etc. Enormément de cours à assimiler immédiatement. Puis pendant les jours 5 et 6, les trois Golfs alternent les ateliers.

Concernant le tir à balles réelles, c’était une chouette expérience. Pensez à toujours appliquer les 4 règles de bases du maniement de l’arme, les 5 fondamentaux, et tout ira bien. Astuce apprise dans la sueur : avec chaque tir, il est possible que l’œilleton du FAMAS, avec le recul, passe de précis à bof. Je conseille de vérifier entre chaque tir pour éviter de voir sa performance se dégrader sans raison apparente, s’inquiéter d’être une quiche au tir, avant de réaliser que l’œilleton est sur bof. Je dis ça je dis rien… Appliquez consciemment et consciencieusement les fondamentaux et ce que l’on vous a appris, et vos tirs du soir n’auront rien à voir avec ceux du matin.

La soirée du jour 6 est clôturée par du tir de nuit. Toute la section est sur le pas de tir, chacun doit effectuer 5 tirs dans le noir, sur des cibles brièvement illuminées par les phares du camion de transport. Une soirée à flinguer des cibles et à mater le ciel étoilé de Savoie, ça vaut le détour.

Jour 7 : Les 3 groupes étant tous au même niveau concernant le tir, le secourisme et les cours, nous voilà vendredi et c’est l’heure du parcours d’obstacle, destiné à améliorer la cohésion de la section. Il faut savoir, et comprendre, que passer ses journées et nuits avec de parfaits inconnus dans un contexte inconnu, nécessite chez chacun des ajustements immédiats de la mentalité, de la patience, etc. La cohésion est indispensable, et elle ne s’invente pas. Le parcours-cohésion est une épreuve sportive par équipe qui ne peut se terminer qu’en s’entre-aidant, en se soutenant, se relayant, en se coordonnant. C’était une expérience très amusante. Notons l’arrivée du Chasseur Dubois, aimable et discret tronc d’arbre d’une vingtaine de kilos pour 2m50 de long, membre à part entière de la section. Où nous allons il ira, où nous dormons il reposera. « Si le chasseur Dubois, lequel n’a ni jambe ni bras, touche le sol, cela lui fera très mal. Si vous laissez pareille chose arriver à ce membre de votre section, vous allez tous prendre très cher », dixit le caporal. Les encadrants feront leur possible pour le dérober, le faire tomber, nous le voler, comme pour les FAMAS. Spoiler : on a pris cher. Superbe outil de cohésion que le chasseur Dubois, et on est passé à ça du chasseur Michelin, m’a confié un autre caporal…

Jour 8 : Marche à la tarte ! Aimable randonnée de 12 ou 13 km avec un dénivelé de 500m, je crois. Rien d’effarant, il faut toujours assurer la cohésion et aider les plus fragiles et Dubois. Notons un encadrant qui, par fourberie, a trouvé le moyen de se retrouver portant Dubois à la place d’un membre de la section, uniquement pour le lâcher et laisser choir au sol à grands cris. C’était une splendide journée d’été savoyard et je décrète par la présente que la Savoie est la plus belle région de France. Après ma terre natale de Bretagne, bien sûr (ai-je seulement besoin de préciser l’évidence-même). Petite cérémonie de remise officieuse de la fameuse tarte, dans un cadre splendide, un moment empreint de fierté.

Jour 9 : La journée consiste en la préparation à une mission simulée de combat, laquelle a lieu à partir de 16h, par trinômes issus des golfs (remaniés). Gilet de combat, casque, sac au dos, FAMAS chargé (balles à blanc), let’s go crapahuter dans les bois subir divers scénarios (no spoil) pendant plusieurs heures. Une fois la nuit tombée, les golfs se dirigent vers un lieu de bivouac où nous seront pris à partie à la grenade, à l’IED, sous des feux sporadiques, dans le noir, etc. Délirant, épuisant. La nuit s’effectue à la belle-étoile filante, avec tours de gardes entre trinômes issus des golfs, et tentatives diverses de l’encadrement de pénétrer notre périmètre. Coups de feu, insultes, alertes. Mention spéciale au cadre en tenue ghillie et NVG qui a bien failli y parvenir, mention honoraire à l’ombre se mouvant doucement vers un bosquet, vers 4h du matin, que j’ai pendant 20mn pris pour un cadre plutôt patient, avant que l’ombre n’émette un « meuh », car c’était une simple et aimable génisse.

Pour ce qui est de la contemplation méditative des cieux, la nuit étoilée des monts savoyards n’est qu’à peine un cran en-dessous d’une nuit en mer.

Jour 10 : débrief à 6h du mat, remise en condition, et on enchaîne sur la journée, car le repos c’est pour les civils. Et paf, nouveau parcours de cohésion, plus foufou que le précédent, mais tout aussi exutoire et décrassant. L’encadrement ayant une imagination infinie, nous avons fait la connaissance du chasseur Dufer, lequel ne reste dans la section qu’une journée, car il ne s’entend pas bien avec Dubois, au final. Qu’il soit constitué de fer rouillé et porteur d’environ 1800 maladies n’y est pour rien.

Jour 11 : Les dingueries de combat sont derrière nous, la journée est plutôt scolaire et orientée sur diverses classes de topographie, théorie, NBC, juridiction, IED, etc. L’encadrement nous accorde de longues plages de révision et de repos en vue de l’examen.

Jour 12 : Après une superbe course à pied au petit matin, ce jour est celui de l’examen final, un parcours de restitution de l’intégralité des acquis. Organisé en 6 ateliers répartis sur un large secteur autour de la base, le parcours prend quelques heures et est une épreuve physique, mentale, intellectuelle, par trinômes. Comme pour la mission de nuit, chacun porte le gilet de combat, FAMAS avec chargeurs, le sac chargé au dos, le casque. De plus et à chaque atelier, le stagiaire doit littéralement remplir un questionnaire écrit, lequel est également noté. Atelier 1 - connaissances générale, atelier 2 - transmissions, atelier 3 – PSC1 / SC1, atelier 4 – armement, atelier 5 – combat, atelier 6 – NRBC. Entre chaque atelier, diverses IED, grenades, contacts à balles blanches, et encadrants oisifs vous infligeant diverses épreuves physiques. A l’armée, on aime le HIIT en tenue et situation de combat, le tout sous un orage et une pluie diluvienne. L’épreuve est physique et il faut se dépasser, tout donner. Mention spéciale à l’épreuve de démontage-remontage de FAMAS sous chrono, à l’arrière d’une camionnette cheloue, dans le noir, avec du Ultravomit à fond pour ambiancer.

Le programme de la FMIR étant quasi-achevé, ce soir-là a lieu la soirée de cohésion, où apparaissent par magie bières, saucissons, burgers, gâteau d’anniversaire d’une stagiaire, chants, ambiance bien défoulante. Le caporal-chef dansant sur une table en imitant Moumou la mouette laisse une empreinte sur la rétine.

Jour 13 : Réveil et découverte de la disparition de 3 FAMAS et de Dubois, pourtant harnaché au cadre métallique de 2 lits superposés. Je rends hommage à la fourberie d’un encadrant qui a su, au cœur de la nuit et tel le proverbial ninja, dérober d’une traite tout ce bazar sans réveiller quiconque. Sinon et à part la purge des punitions qui s’en suivent, la journée consiste en la remise en condition du matériel, des personnels, des logements. Je quitte la section car je suis réquisitionné par les sergent-chefs pour revenir en avance au 13eBCA, pour restitution d’un camion rempli de matériel. Une fois que c’est fait, quartier libre jusqu’au lendemain matin. J’apprend que la section a dégusté sa race, de nuit, pour diverses causes auxquelles l’ami Dubois n’est pas étranger.

Dernier jour : Arrivée du reste de la section vers 10h30, cérémonie vers 11h30 en présence du CDU. Toute la section et les encadrants se présentent en ordre et au pas chasseur (90 pas/mn) sur la place d’arme du bataillon, où ne nous attendent pas les familles, pour cause de Covid. Les trois meilleurs de la promotion sont présentés au commandant, lequel nous remet personnellement les tartes, pendant que les encadrants remettent les leurs aux autres stagiaires. La section est officiellement rebaptisée Promotion Jacques Renoux, en hommage à un jeune chasseur, membre de la résistance, tué en 1944 dans le Vercors, et la major de promo prononce un discours relatant la biographie de ce jeune homme.

Une fois la cérémonie achevée, la section se rassemble devant le bâtiment de la 5e cie, où nous poireautons littéralement pendant plusieurs heures, le temps que les véhicules soient lavés et restitués. Manque de bol, les beaux griffons tout neufs du bataillon, de retour d’exercice, font déjà la queue devant la station de lavage. Pendant ces heures de patience, un stagiaire chasseur est envoyé chercher les clés du GBC, un autre une bobine de ligne de mire, une autre une boite à impacts…

Finalement l’on est rendu à la vie civile vers 18h, et le temps de se changer, chacun part retrouver un parent ou son véhicule. On aura perdu 3 membres de la section, par abandon, dans le processus. J’ai été « tué » par au moins 5 grenades à plâtre, car les encadrants aiment particulièrement en user et abuser. La section est dispersée mais garde son canal de discussion, partage les photos et vidéos, une brouette et demie de souvenirs. Les potos, si vous me lisez, rendez-vous au BAM, au BSM, aux exercices, au CAME, en Sentinelle et j’en passe.

Je salue ici la mémoire de l’Adjudant-Chef B, qui m’a aidé à faire tout mon dossier, et est prématurément décédé chez lui, pendant ma FMIR.

Voici donc, le petit retex de 32 kilomètres de long, à destination de tous et particulièrement des futurs réservistes en quête d’éclaircissements.

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Merci pour ce témoignage très complet, ça m'aide beaucoup pour savoir à quoi m'attendre ect.. Et félicitation pour la réussite de ta fmir. 

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Chouette RETEX, je connais assez mal la réserve, les réservistes chez moi sont d'anciens militaires qui restent nous filer un coup de main (je suis administratif). 

Vos encadrants sont tous des réservistes ? Vous avez des contacts / exercices avec des unités d'active ?


"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Il y a 10 heures, ponix a dit :

Chouette RETEX, je connais assez mal la réserve, les réservistes chez moi sont d'anciens militaires qui restent nous filer un coup de main (je suis administratif). 

Vos encadrants sont tous des réservistes ? Vous avez des contacts / exercices avec des unités d'active ?

Oui les encadrants sont réservistes, plusieurs en ayant des décénnies derrière eux, en plus de leur période d'active. Nous vivons en compagnie des actifs, discutons parfois avec eux, particulièrement les formations et formateurs des FGI, PMS ou FIE qui partagent le camp. Concernant les exercices, je ne saurais le dire pour le moment.

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il y a 2 minutes, PizzaForban a dit :

Oui les encadrants sont réservistes, plusieurs en ayant des décénnies derrière eux, en plus de leur période d'active. Nous vivons en compagnie des actifs, discutons parfois avec eux, particulièrement les formations et formateurs des FGI, PMS ou FIE qui partagent le camp. Concernant les exercices, je ne saurais le dire pour le moment.

Merci, c'est intéressant ! 


"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Je me languis d'en baver. J'ai lu ton retex avec attention, c'était très intéressant et bien écrit avec une petite dose d'humour. 

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Croire et oser

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Très bon RETEX. Certaines choses ne semblent pas avoir changé depuis ma FMIR : les plaisanteries (douteuses ?) des encadrants par exemple (je pense au vol de DUBOIS et de FAMAS)

Si j'ai bien lu entre les lignes, tu es un des trois premiers de ta promo ?

Détail : comment fais tu, si tu habites encore en Bretagne, pour avoir été accepté dans un régiment de Savoie (comme réserviste) ?


Militaire d'active

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Bien vu, j'ai terminé second, à ma grande surprise.
Concernant le régiment, j'ai été pris au 4e tactac, mais formé au 13e bca. Et je vis à 1h30 de Gap, ce qui explique le pourquoi du comment.

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@Levy Pierre du vécu de la semaine dernière, j'ai vu un réserviste arriver de Toulouse pour une FMIR dans un régiment dans l'Est. Il n'y a quasiment que du para vers chez lui, et il n'est pas apte para ^^ mais j'ai du mal à piger, ça complique quand même pas mal les choses... Mais on ne me demande pas de comprendre donc tout est bon !

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"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Il y a 19 heures, PizzaForban a dit :

j'ai terminé second

Félicitations !

Il y a 19 heures, PizzaForban a dit :

j'ai été pris au 4e tactac, mais formé au 13e bca. Et je vis à 1h30 de Gap

Très bon tout ça !


Militaire d'active

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Très bon RETEX ! J’ai hâte de faire ma FMIR aussi. En tout cas bravo pour ton classement ! 
 

Par ailleurs, comment se sont organisés ceux qui n’avaient pas de véhicule ni de famille pour venir les chercher ?

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Il y a 5 heures, Mount a dit :

Très bon RETEX ! J’ai hâte de faire ma FMIR aussi. En tout cas bravo pour ton classement ! 
 

Par ailleurs, comment se sont organisés ceux qui n’avaient pas de véhicule ni de famille pour venir les chercher ?

Salut, tu prends le train ou le bus, enfin bref, un transport en commun, tu peux même repartir en vélo ou à pied si tu en as le courage. 


Croire et oser

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Retex intéressant, et félicitation pour ton classement final.

Du coup, tu peux préciser ce que vous avez fait comme sport ou tests physiques?

Et je pensais que la dotation et formation se ferait avec le HK416, vu que le famas c'est désormais du passé.

 

 

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Niveau sports, ça n'a pas été le coeur de la formation, on n'a pas le temps, tout simplement. Par contre, il y a eu 4 ou 5 footings matinaux, dans des paysages magnifiques, d'au moins 6 ou 7 km et de plus en plus longs, avec dénivellés. Il y a également eu 2 parcours d'obstacles épuisants, défouloirs physiques et mentaux, vous verrez c'est très bienvenu après une grosse journée de 36h. Sachez courir, pomper, gainer, squatter, les tractions sont un plus, en bref il convient d'avoir un minimum de forme physique. Notons que personnellement j'étais très inquiet de mon manque de préparation (je n'ai eu qu'une semaine de préavis avant la FMIR, moi qui pensais avoir 1 ou 2 mois) et au final, entre les encadrants, la stimulation de groupe et le dépassement de soi, chacun de ces footings a été le meilleur que j'ai jamais fait. Qui plus est, les encadrants ne sont pas des brutes et accompagnent les quelques séances de sport d'étirements et détente avant d'enchaîner sur la remise en condition.

Le FAMAS c'est le présent et l'avenir de la réserve, le HK416 étant destiné en priorité aux unités d'active. Nous ne somme pas prêts de percevoir le HK, pas avant une bonne décennie, selon un encadrant.

Concernant les moyens de se rendre à la FMIR, faites comme bon vous semble, mais ne soyez tout simplement pas à la bourre. Si vous prenez le train, pensez à demander un Bon Unique de Transport (un BUT) pour vous le faire payer / rembourser ; si vous prenez votre véhicule perso, déjà soyez prudents, ensuite voyez si vous pouvez covoiturer avec un autre stagiaire, si vous en connaissez.

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Il y a 6 heures, Eric 03 a dit :

Et je pensais que la dotation et formation se ferait avec le HK416, vu que le famas c'est désormais du passé.

Tous les militaires d'active n'en sont pas encore équipés, alors imagine bien que la réserve n'est pas prioritaire. Moi je suis plutôt content que soit le Famas.

Il y a 6 heures, Eric 03 a dit :

Retex intéressant, et félicitation pour ton classement final.

Du coup, tu peux préciser ce que vous avez fait comme sport ou tests physiques?

L'organisation de la FMIR est très différente selon le régiment, même si, les savoir-faire a apprendre reste communément les mêmes.

une exemple, je viens d'apprendre qu'à la fin de ma future fmir pour l'épreuve finale, ce sera un raid de 40km, marche rapide avec tout le barda et plusieurs ateliers le long du parcours.

Enfin, juste pour te dire @Eric 03 de ne pas t'attendre à vivre les mêmes aventures que @PizzaForban, à moins d'effectuer ta fmir dans le même régiment.


Croire et oser

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Un raid de 40 km, tu vas à la Légion où quoi ? J'avoue je suis assez jaloux sur ce coup là, quoique en Savoie pour 40km il faut en compter 10 de dénivelé en plus.

 

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Il y a 9 heures, PizzaForban a dit :

Un raid de 40 km, tu vas à la Légion où quoi ? J'avoue je suis assez jaloux sur ce coup là, quoique en Savoie pour 40km il faut en compter 10 de dénivelé en plus.

 

Exact. 


Croire et oser

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Surprenant comme les FMIR peuvent différer d'un régiment à l'autre, d'autant plus que c'est pour  réaliser les même missions au final.

Concernant le HK416 ça ne me pose aucun problème, bien au contraire. D'ailleurs je me doutais bien que les FAMAS n'étaient pas mis au rebut du jour au lendemain.

Cependant je pensais que vu que cela fait plus de 3 ans que les HK sont livrés, (quasi) l'ensemble des soldats en étaient dotés. De plus j'imaginais que depuis 3 ans, les formations étaient délivrés sur ce fusil étant donné qu'il représente l'avenir.

(comme si dans une entreprise ont formais les nouveaux ouvriers embauchés sur une machine dont ont sait depuis 3 ans qu'elle va rapidement disparaître)

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Le contenu de savoirs reste le même, c'est juste le contenant qui change. 

Modifié par Mescalito

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@Eric 03 pour les administratifs il n'y en a quasiment aucun qui ont déjà eu le HK dans l'active donc la réserve ^^ même 10 ans je trouve ça optimiste !

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"Si l'administration militaire était bien faite, il n'y aurait pas de soldat inconnu." Louis Jouvet

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Puis pour les stages commando ect ... vue ce que l'arme subis ... il est pas prêt de partir du moment qu'il tir ! Encore que , les famas inactif sont utilisé encore ... bref pas encore la retraite pour le clairon 😄 !

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Bourgeois bohème ... Où bobo pour les intimes !

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Le 18/08/2020 à 23:32, PizzaForban a dit :

Un raid de 40 km, tu vas à la Légion où quoi ?

Et il va ramasser, et il le sait !

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Militaire d'active

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Il y a 3 heures, Levy Pierre a dit :

Et il va ramasser, et il le sait !

Quand le sergent chef m'a annoncé les 40 km, j'ai répondu "trop cool"

L'adjudant n'était pas chaud pour me recruter au début, le sergent chef oui. 

La raison mon âge. 

Il avait peur que je n'arrive pas à obéir  à un mec plus jeune que moi ou que je ne supporte pas les petites humiliations. J'ai répondu pourquoi aurais je un passe droit ?ça fait parti de la formation d'un militaire, c'est pour notre bien., donc je ferme ma gueule et je fais ce qu'on me dit. 

Il avait aussi peur qu'a 39 ans, je trouve ça dégradant de ramasser des mégots dans la caserne ou autre corvées. 

Mais il a vu que j'étais très motivé avec une bonne mentalité donc c'est passé crème. 

On m'a précisé que la formation était plus dure que dans conventionnelle, légion oblige, formation dispensée par d'anciens légionnaires mais que cela restait correct..il y a même des gardes fous pour éviter des dérives apparemment. 

Modifié par Mescalito
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