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L’armée de Terre mise sur le big data et l’intelligence artificielle pour sa nouvelle campagne de recrutement

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À partir de 2020, l’armée de Terre aura à recruter 16.000 nouveaux soldats chaque année. Mais, au-delà de la quantité, il lui faut aussi trouver des recrues de qualité, ce qui passe par un taux de sélectivité plus important qu’il ne l’est actuellement. Ainsi, par exemple, et selon un récent rapport parlementaire, on compte 1,6 candidat pour un poste de militaire du rang.

En outre, il est constaté depuis quelque temps une « dégradation » de la qualité des viviers de recrutement. Dans son 11e rapport, le Haut comité d’évaluation de la condition militaire [HCEM] a noté que « sans tomber aux niveaux que certaines armées occidentales peuvent connaître, le taux d’inaptitude temporaire ou définitive au recrutement a augmenté ». Pour la seule armée de Terre, la proportion des candidats au recrutement immédiatement aptes est ainsi passée de 83 % à 76,3 % entre 2011 et 2016. Et c’est sans parler du nombre en hausse de candidats ayant des antécédents judiciaires…

En outre, entre le premier contact et l’ouverture formelle d’un dossier de recrutement, puis lors du passage en commission d’examen jusqu’à l’incorporation en unité, il est constaté une « forte déperdition » des candidats. Et cela à cause de la longueur de la procédure, qui était de 154 jours, en 2016, pour les militaires du rang de l’armée de Terre.

Par ailleurs, une autre considération à prendre en compte est la fidélisation des jeunes soldats durant leur période probatoire. Le taux de dénonciation du contrat [attrition] est particulièrement élevé chez les militaires du rang. Il atteint environ 25% pour ceux de l’armée de Terre… Et il est en constante progression depuis 2014.

Lors d’une audition parlementaire, en novembre 2019, le général Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], avait évoqué ce problème. « Qu’un jeune soit quelquefois orienté vers une spécialité qui, au final, ne l’intéressera pas est malheureusement inévitable. Il faut travailler pour que ce soit le cas le moins souvent possible, bien évidemment, mais je ne veux pas laisser penser que le recruteur mentirait ou ‘vendrait du rêve’ », fit-il valoir.

D’autant plus que « vendre du rêve » est totalement improductif, l’objectif étant de « recruter quelqu’un et… le garder, et non pas quelqu’un qui dans deux ou six mois voudra s’en aller », car cela a évidemment un coût.

« Que nous ne parvenions pas à réussir à 100 %, j’en conviens, et il serait utopique qu’il en soit autrement. […] Nous avons encore besoin de progresser. Un vrai dialogue est nécessaire avec ceux qui souhaitent s’engager », avait estimé le CEMAT.

Aussi, pour l’armée de Terre, il s’agit donc de concilier quantité et qualité. Et comme sa direction des ressources humaines l’avait indiqué en 2018, cela passerait par une modernisation des modes de recrutement, en s’appuyant sur le big data et l’intelligence artificielle.

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En décembre 2019, l’agence INSIGN a été retenue pour développer la campagne de recrutement de l’armée de Terre pour les trois prochaines années. Cette dernière doit être officiellement dévoilée ce 12 septembre, à l’École militaire, par le général Burkhard et en présence de Florence Parly, la ministre des Armées.

Le recrutement de l’armée de Terre « sera désormais basé sur l’utilisation accrue de la data et l’ultra personnalisation des messages pour lui permettre de s’adapter aux attentes et besoins des futurs soldats, mais aussi de leur environnement [famille, entourage, professionnels de l’éducation, entreprises du secteur civil, etc.] et se positionner comme un des employeurs de référence en France », assure l’agence INSIGN.

« Afin d’approcher au plus près la réalité de la vie de soldat et le sens de leur engagement, la campagne se veut immersive, avec des images prises sur le vif dans des unités opérationnelles. Par une combinaison inédite et ultra-personnalisée d’images et de slogans percutants, cette nouvelle campagne permettra de renforcer le dialogue des conseillers en recrutement avec nos jeunes, pour leur faire prendre conscience de la singularité du métier de soldat », explique l’armée de Terre, qui va mettre en place un « data lake » [ou lac de données], lequel lui permettra d’améliorer en permanence ses performances et de mesurer avec précision l’impact des actions conduites.

En effet, un « lac de données », selon la définition donnée par le Journal du Net, permet de « collecter toutes les données issues des interactions avec les clients, de raffiner celles-ci pour offrir une vision à 360° » sur ces derniers. Et d’ajouter : « Très souvent, ces projets ont vocation à appliquer sur ces données des algorithmes de segmentation, ou de prédiction pour anticiper les comportements des consommateurs. Ils mettent aussi en avant les capacités à assembler et valoriser une grande variété de données. »

Dans le cas de l’armée de Terre, il s’agira de capter l’ensemble des données concernant les candidats à un engagement au cours de leur parcours, ce qui permettra de suivre la transformation des candidatures générées sur le long terme afin d’affiner les ciblages publicitaires pour la suite.

L’objectif de cette nouvelle campagne, résume le général Rémi Seigle, sous-directeur du recrutement à la DRHAT, est « d’augmenter qualitativement et quantitativement le flux de jeunes entrant dans les CIRFA [Centres d’information et de recrutement des forces armées]. »

En effet, il est apparu que sur les 165.000 jeunes qui s’inscrivent au site « sengager.fr » [qui subira une refonte pour l’occasion], seulement 38.000 poussent finalement la porte d’un CIRFA.

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Ya Rab Yeshua.

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