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Le général Lecointre déplore la « méconnaissance profonde » du monde civil de la réalité du métier militaire

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S’il y a une chose qui exaspère le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], c’est qu’on l’appelle « monsieur » et non « mon général ». 

« Je suis très heureux d’être appelé par mon grade. C’est une belle reconnaissance, car on ne devient pas général ou amiral d’un claquement de doigts. En quarante ans de carrière, j’ai énormément travaillé pour devenir officier général, j’ai assumé et assume encore des responsabilités lourdes », a ainsi dit le CEMA, lors d’une audition à l’Assemblée nationale [et dont le compte-rendu vient d’être publié, ndlr]. « Je suis exaspéré lorsqu’un journaliste s’adresse à moi en disant ‘monsieur’ alors qu’il donnera spontanément à tout avocat du ‘maître' », a-t-il insisté.

Cela pourrait être anecdotique… Mais, sans aller jusqu’à connaître certaines subtilités propres à certaines armes [la couleur du galon d’un adjudant dans l’infanterie est la même que celui d’un adjudant-chef dans l’arme blindée cavalerie, par exemple], ce fait révèle en réalité une certaine ignorance de plus en plus grande du monde militaire chez les civils, probablement en raison de la fin de la conscription et/ou à un manque de curiosité… chez les médias généralistes 

Certes, il ne s’agit pas non plus de demander à ces derniers d’être des experts en identification de blindés, d’avions et de navire [encore que… cela éviterait de voir parfois des photos de Mirage 2000 illustrer des articles sur le Rafale, ce qui est déjà arrivé…]. Mais le général Lecointre a donné un exemple évocateur au sujet du porte-avions Charles de Gaulle, qui a pourtant fait l’objet de maints reportages et documentaires.

« Je suis intervenu sur le plateau de TF1 au moment de cette actualité brûlante, quand les gens essayaient de polémiquer sur cette affaire [celle de la contamination de l’équipage par la covid-19, ndlr] », a commencé par raconter le CEMA.

« Avant d’entrer sur le plateau, je discutais avec le chroniqueur médical de la chaîne TF1 qui me demandait comment il se faisait que nous n’avions pas réussi, comme on le fait sur les paquebots de croisière, à isoler les gens dans leurs chambres. Je lui ai répondu qu’il ne s’agissait pas d’un paquebot de croisière mais d’un porte-avions nucléaire », a-t-il continué.

Or, pour le général Lecointre, « au-delà de l’anecdote, c’est révélateur de la méconnaissance profonde de nos concitoyens de la réalité du métier militaire et de la guerre. » Mais pas seulement. Car cette ignorance [ou indifférence?] affecte immanquablement la compréhension d’autres enjeux majeurs concernant la défense, que ce soit sur les plans budgétaire, stratégique, industriel et technologique. 

« Heureusement qu’il existe ces occasions de contact entre vous, représentants de la nation, et les armées, pour que vous puissiez ensuite convaincre nos concitoyens que les armées sont radicalement différentes de par leur fonction singulière dans l’État et que, devant assumer les contraintes qui sont les leurs, elles ne peuvent être soumises aux mêmes lois que les administrations de l’Etat ou les entreprises », a dit ensuite le CEMA aux parlementaires.

Cela étant, cette méconnaissance du monde militaire fut également dénoncée par les députés Pierre Venteau et Joaquim Pueyo dans un récent rapport. Selon eux, lors de la crise sanitaire, cette ignorance a même « pu porter atteinte à la réactivité des administrations civiles, peu habituées à travailler avec des militaires. »

« La culture militaire tend à disparaître de nos esprits si nous n’y prenons pas garde. […] La crise de la Covid-19 nous fait prendre conscience qu’il faut réarmer tous les dispositifs qui permettent de renforcer le lien armées-nation. […] Peut-être qu’il faudrait avoir recours à la contrainte pour ce faire, et par ailleurs, le service national universel permettra sûrement de répondre en partie à ces problématiques », avait fait valoir M. Pueyo. 

En 2017, le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire [HCECM] s’était également « étonné » que les « les futurs cadres supérieurs et dirigeants de l’État recrutés par l’École nationale d’administration [ENA] et l’École nationale supérieure de la police [ENSP] n’aient, depuis la suspension du service national et sauf exception, plus aucune expérience militaire. » Et d’insister : « Alors que la conception globale de la défense et de la sécurité nationale forme depuis le Livre blanc de 2008 le marqueur majeur de notre politique en ces domaines, alors que les futurs hauts fonctionnaires de l’État et les futurs hauts responsables de la police nationale en seront demain parmi les principaux acteurs, une telle lacune est plus qu’un paradoxe : c’est une anomalie. »

Photo : général Lecointre © EMA

  • Sad 1

Ya Rab Yeshua.

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