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L’armée de Terre peine à faire régénérer 22 Véhicules blindés de combat d’infanterie usés en opération


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Dans sa réponse à la dernière question écrite du député François Cornut-Gentille relative aux taux de disponibilité des matériels de l’armée de Terre, en mai dernier, le ministère des Armées avait fait état de 606 Véhicules blindés de combat d’infanterie [VBCI] en dotation, alors que, normalement, 628 exemplaires avaient été livrés par Nexter. Et de préciser que leur taux de disponibilité avait chuté à 58% en 2019.

Aussi, on pouvait dès lors s’interroger sur le sort de ces 22 VBCI portés manquants. La réponse est donnée dans le rapport pour avis sur les crédits de l’armée de Terre pour 2021 que vient de publier la députée [LREM] Sereine Mauborgne.

Ainsi, si ces 22 véhicules ne sont pas actuellement comptabilisés dans l’inventaire de l’armée de Terre, c’est qu’ils sont en attente d’être « régénérés », leur « dégradation » ayant été « incommensurablement plus importante que prévue à cause de leur suremploi en opérations ». En clair, leur état est tel qu’il faut quasiment les reconstruire.

Pour le maintien en condition opérationnel [MCO] du VBCI, la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [SIMMT] a notifié un contrat à Nexter. Or, l’accélération et la révision à la hausse des ambitions du programme Scorpion, décidées dans le cadre de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, semblent « avoir saturé les chaînes » de production de l’industriel, écrit Mme Mauborgne.

« Le plan de charge de l’industriel a en effet été alourdi en 2020 par une commande de prestations de régénération pour 22 VBCI », explique la députée. Et, « en dépit de la visibilité conférée par cette commande ferme pour trois années d’activité au titre du marché de soutien en service [MSS] du VBCI, les besoins complémentaires de régénération sur le VBCI exprimés par la SIMMT, non contractualisées actuellement, se heurtent au refus de Nexter d’accroître ses capacités industrielles pour ce type d’activité », poursuit-elle.

« Pour l’industriel, qui met environ cinq ans à monter en puissance, ces ‘à-coups’ sont en effet insurmontables dans les délais. Nexter concentre actuellement toutes ses ressources sur la production des nouveaux matériels Scorpion au détriment de la maintenance des parcs », relève Mme Mauborgne.

Cependant, Nexter voudrait pouvoir bénéficier d’emprises étatiques afin de pouvoir s’occuper de ces 22 VBCI à reconstruire. Ce que la SIMMT ne souhaite pas, « l’enjeu n’étant pas d’ouvrir une chaîne Nexter sur un site étatique mais de garantir la pérennité de la chaîne de maintenance VBCI du site industriel Nexter à Roanne, seule capable d’intervenir sur les structures de véhicules », souligne la députée. En outre, cette solution aurait aussi l’avantage de « ne pas exclure une production pour l’export un jour ou pour les besoins des armées ».

Pour le moment, si l’on en juge par le rapport de Mme Mauborgne, c’est le statu-quo. « Il y a fort à parier que l’entreprise continue de concentrer ses efforts sur la production des nouveaux matériels Scorpion et que ses chaînes restent saturées. La résolution de ces difficultés aura de toute façon un coût élevé pour l’État », y lit-on.

Par ailleurs, ayant fait part de quelques effets néfastes des réformes sur le MCO Terrestre conduites dans les cadre de la Révision générale des politiques publiques [RGPP] du début des années 2010 [mutualisation des moyens, suppression de 6.000 postes, logique des flux tendus aux dépens de celles des stocks pour les pièces détachées], Mme Mauborgne a également évoqué des « faiblesses dans la sécurité des approvisionnements mises en lumière par la crise sanitaire », ce qui n’est pas sans conséquence sur l’entretien des VBCI.

La crise sanitaire liée à la covid-19 a ainsi « a montré la dépendance des industriels à l’égard de leurs sous-traitants et, chez certains, un manque de transparence » et par conséquent « mis en en lumière le besoin d’augmenter la couverture logistique, notamment en disposant de solutions alternatives d’approvisionnement [nouveaux fournisseurs, impression 3D…], de relocaliser certaines productions sur le territoire national ou de réévaluer le niveau de certains stocks », écrit la députée.

S’agissant des VBCI, des problèmes d’approvisionnement ont été constatés au niveau de certaines pièces, comme les rotules. Leurs livraisons « reprises que très récemment de la part d’Arquus », indique Mme Mauborgne, expliquant qu’il « faut près de deux ans pour fabriquer ces rotules au Royaume-Uni dans une entreprise pour qui les commandes de l’armée française sont marginales. » Aussi, le directeur central de la SIMMT « estime qu’il faudrait recréer un opérateur français pour ces rotules mais c’est à l’industriel d’en décider désormais », rapporte-t-elle.

D’autant plus que d’autres matériels ont été impactés de la même manière. Lors de la crise sanitaire, le « dialogue a été coupé avec BAE Systems pendant tout le confinement et les pièces commandées depuis lors n’ont toujours pas été livrées. La communication avec Heckler & Koch [fabricant des fusils HK-416, ndlr] est toujours très difficile. L’entreprise Iveco [pour les porteurs polyvalents terrestres] n’a toujours rien livré depuis mars 2020 », détaille la parlementaire.

Photo : VBCI engagé dans l’opération Barkhane © EMA

Ya Rab Yeshua.

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