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Externalisations: le capitaine Commine (ALAT) propose un outil d'évaluation aux décideurs


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Externalisations: le capitaine Commine (ALAT) propose un outil d'évaluation aux décideurs : Lignes de défense (ouest-france.fr)

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Le capitaine Quentin Commine, de l'ALAT, a soutenu en avril dernier une thèse intitulée "Définition d’une théorie de l’externalisation dans les armées : le cas de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre".

Cette thèse propose la construction d’un outil de caractérisation de l’opportunité de la décision d’externalisation dans les organisations à haute fiabilité (HRO). "Je ne dis pas si l'externalisation est une bonne ou mauvaise chose, j'essaie de décrire un modèle simple, synthétique, qui permette d'évaluer si un projet s'inscrit dans un environnement", prévient l'officier qui a accepté de présenter ses travaux dans Lignes de défense.

Cet outil pourrait permettre aux décideurs de caractériser une potentielle externalisation dans le contexte de leur organisation en déterminant si ledit projet bénéficie de "vents contraires" ou de "vents favorables".

Qu’est-ce qui, professionnellement, vous a amené à vous pencher sur les externalisations ?
Mon parcours de formation initiale m’a amené à m’engager très jeune (19 ans) dans l’armée de terre et je suis passé par le cursus d’échange franco-allemand de l’ESM Saint-Cyr entre les années 2008 et 2014. ( = EOFIA ndlr BTX)

Durant ma scolarité en Allemagne et pour mon mémoire de master, j’ai travaillé sur les externalisations dans le cadre de la formation des pilotes d’hélicoptères (HELIDAX).

Le fait d’étudier un phénomène aussi crucial et intéressant que l’externalisation, associé à l’utilisation d’une méthodologie se devant d’être la plus robuste possible, a été un élément déclencheur. Une fois mon année d’application terminée, j’ai rejoint l’ALAT tout d’abord au 1er RHC puis au 3è RHC, en tant qu’officier mécanicien. Confronté à de nombreux défis en termes de maintenance et de production d’heures de vol pour nos navigants, j’ai également compris l’essentialité de notre état militaire, état extrêmement singulier dans le cadre de la maintenance.

Projeté en 2017 en BSS, diverses situations opérationnelles m’ont amené à me demander ce qui caractérise la maintenance de l’ALAT, par rapport à des prestataires civils et comment on pourrait tracer les limites de ce qui ne peut être fait que par nos maintenanciers.

Un événement très particulier et soudain arrivé sur notre plate-forme m’a permis de comprendre à quel point la notion de « cœur de métier » est diffuse dans le monde militaire et combien une démarche d’externalisation fondée sur cette notion peut être complexe.

Passé par le Lycée Militaire d’Aix en Provence, j’en ai conservé une approche « lyautéenne » de mon métier dans laquelle l’officier réfléchit, écrit, et propose une vision des problématiques étudiées afin de faire avancer les choses et d’avoir « ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité ».

Cette thèse vise ainsi à mettre en œuvre cette approche, à un modeste niveau, au travers du concept de « praticien-chercheur » qui est très présent en sciences de gestion. La recherche dans les sciences économiques et la gestion n’est pas nouvelle dans l’ALAT, la base abritant mon régiment actuel -le 3è RHC- porte le nom d’un éminent économiste et aérocombattant : Etienne Mantoux.

Quel était l’objectif en vous lançant dans ce travail doctoral ?
Outre le fait de mêler une approche scientifique à une réflexion professionnelle, je voulais m’attaquer à un phénomène très actuel et crucial non seulement pour notre maintenance, mais pour l’ensemble des organisations hautement fiables dont l’ALAT fait partie.

Ce travail doctoral vise à créer un modèle pour la caractérisation d’un projet d’externalisation dans un contexte organisationnel donné.

Il s’agit pour moi de montrer en quoi un certain projet peut être mené à bien dans un certain contexte et ne pas l’être lorsque ledit contexte est différent. Il s’agit donc de modéliser une potentielle décision externalisation en déterminant si l’étude de celle-ci la place dans des « vents favorables »...ou non.

Ma thèse, au travers du concept d’organisation à haute fiabilité (ou High Reliability Organizations (HRO)), étudie comment insérer l’externalisation dans un concept de résilience organisationnelle (une des cinq caractéristiques propres aux HRO, dans les définitions issues de la littérature scientifique afférente au sujet). L’actualité récente, avec l’épidémie de COVID-19, a montré combien le contexte d’une HRO peut rapidement changer et combien les relations entre les armées et le privé doivent tenir compte de cet aspect versatile. La décision d’externaliser est, comme toute décision en contexte militaire, le fait du chef qui décide dans le « brouillard de la guerre ». Mes travaux visent à aider à la prise de décision en apportant un outil de caractérisation simple d’utilisation, généralisable, et parfaitement adapté au contexte militaire.

Quels en sont les principaux enseignements ?
Cette thèse permet ainsi la construction d’un outil de caractérisation de l’opportunité de la décision d’externalisation dans les organisations à haute fiabilité (HRO) au travers d’un modèle simple défini par quatre grandes conditions :

(1) la propension à externaliser des agents ;
(2) la rentabilité économique (exprimée en coûts complets) ;
(3) la cardicité (notion spécifique et apport de cette thèse qui correspond au rapport entre projection, risques sur la zone d’action et « proximité par rapport à l’action de feu » d’une fonction) ;
et (4) l’apprentissage organisationnel, notion très peu étudiée dans la littérature existante sur le sujet.
Ce modèle est ainsi abrégé en PReCA (pour : Propension-Rentabilité-Cardicité-Apprentissage). L’agencement des quatre valeurs de cet outil permet ainsi de caractériser une potentielle externalisation dans son contexte organisationnel en déterminant si un projet donné bénéficie de « vents » contraires ou favorables. Afin de permettre une utilisation aisée des apports de cette recherche, j’ai créé un indice de décision d’externalisation (IDE). Cet outil semble également parfaitement adapté aux contextes de transformation que vivent nombre de HRO, notamment militaires, mais pas seulement. De nombreuses perspectives de recherche, d’utilisation, et d’extension semblent ainsi se dessiner.

Pourriez-vous préciser le concept d’IDE ?
L’indice de décision d’externalisation (IDE) est le volet « opérationnel » des apports de cette thèse. Cet indice permet de caractériser l’opportunité d’un projet d’externalisation au travers d’un résultat compris entre 0 (projet absolument non opportun) et 1.5 (projet totalement opportun, au regard des conditions étudiées). L’IDE permet ainsi une utilisation décisionnelle aisée du modèle préconisé par ces travaux.

Quelles limites avez-vous identifiées ?
Les limites déterminées reposent essentiellement sur les travaux afférents à l’utilisation de ce modèle à d’autres contextes organisationnels. Des travaux complémentaires devront donc être menés en appliquant le modèle final (PRéCA) et l’IDE à un grand nombre d’externalisations dans les contextes organisationnels les plus divers. Ainsi, cette thèse aboutit à la définition d’un modèle décisionnel propre au contexte actuel de l’ALAT en se fondant sur des dimensions communes aux forces armées, et pouvant être appliqué à l’ensemble des HRO. Le fonctionnement dudit modèle à l’aune des caractéristiques propres aux HRO semble indiquer un potentiel de généralisation des résultats obtenus.

Ce modèle est-il applicable à toutes les HRO, voire plus largement aux armées ?
Les HRO peuvent être militaires, mais pas seulement : de nombreux autres types de HRO existent à l’instar des services d’urgences hospitalières, du contrôle aérien, de la police nationale, des sapeurs-pompiers etc. Nous appliquons avec succès notre modèle sur nombre de HRO, militaires ou non, dans le chapitre conclusif de la thèse. Ce modèle semble donc applicable à toute HRO, y compris militaires. Enfin, nous montrons que ce modèle pourrait s’appliquer à d’autres types organisationnels : des travaux complémentaires permettront de définir (ou non) une approche plus générale de l’externalisation au travers des apports de cette thèse. Cette thèse permet de théoriser l’externalisation dans les HRO. Les perspectives de recherche et de généralisation de notre outil semblent donc très ouvertes et passionnantes !

Ya Rab Yeshua.

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