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Paris envisage d’apporter une aide militaire au Mozambique, aux prises avec l’État islamique en Afrique centrale


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http://www.opex360.com/2021/01/13/paris-envisage-dapporter-une-aide-militaire-au-mozambique-aux-prises-avec-letat-islamique-en-afrique-centrale/

En octobre 2017, le groupe jihadiste Ahlu Sunnah wal Jamaa [les « adeptes de la tradition du prophète], encore appelé « al-Shahab » [qui n’a rien à voir avec l’organisation somalienne du même nom, liée à al-Qaïda, ndlr] lança une insurrection armée dans la province de Cabo Delgado, où d’immenses réserves de gaz naturel venaient d’être découverte, au point de laisser espérer le Mozambique de devenir l’un des premiers producteurs au niveau mondial.

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Seulement, Maputo tarda à réagir, se réfugiant alors dans le déni. Mais des renforts militaires finirent par y être envoyés et il fut fait appel à des sociétés militaires privées [SMP], dont la russe Wagner et la sud-africaine Frontier Services Group.

Cependant, cela ne freina nullement les activités d’Ahlu Sunnah wal Jamaa, qui multiplia les attaques contre les forces de sécurité, la population locale et les expatriés. Puis le groupe fit allégeance à l’État islamique [EI ou Daesh] et prit le nom « État islamique d’Afrique centrale » [ISCAP].

« Le noyau de l’ISCAP est formé d’islamistes venus s’installer en Tanzanie après avoir été chassés du Kenya en 2015. Puis, chassés de Tanzanie en 2017, ils ont pris pied dans le nord du Mozambique et se sont agrégés avec les groupes locaux comme Ansar Al-Sunna », explique ainsi Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’IFRI.

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En août, l’ISCAP s’est emparé de Mocimboa da Praia, qu’il avait déjà occupé quelques mois plus tôt. Or, le port de cette localité est stratégique dans la mesure où il est essentiel pour ravitailler les installations du site offshore d’Afungi.

Puis, un mois plus tard, l’ISCAP a débarqué sur les îles de Metundo et Vamizi, ce qui le met en position de menacer le trafic maritime au large de Cabo Delgado. Et, depuis, la situation s’est encore dégradée, de plus en plus d’attaques étant menées dans les environs du site d’Afungi. Ce qui a d’ailleurs récemment incité le groupe français Total, fortement impliqué dans les projets gaziers du Mozambique, à évacuer son personnel.

Devant les députés, le 12 janvier, la ministre des Armées, Florence Parly, a évoqué la situation de Cabo Delgado, laquelle fait l’objet d’échanges avec son homologue portugais, João Cravinho, le Mozambique étant une ancienne possession du Portugal.

« Ce qui se passe au nord est très inquiétant », avec « la montée en puissance d’un mouvement terroriste qui se réclame de Daesh », a dit la ministre. « Et donc, a-t-elle poursuivi, nous sommes en train de voir comment nous pouvons appuyer, par de l’entraînement et de la formation, les forces armées » du Mozambique.

« Nous souhaitons pouvoir le faire avec nos partenaires européens », a ensuite précisé Mme Parly. En outre, a-t-elle rappelé, « nous disposons de forces qui sont positionnées dans le sud de l’océan Indien, à la Réunion et à Mayotte pour pouvoir y contribuer le cas échéant. »

Les forces évoquées par la ministre sont les FAZSOI, c’est à dire les les Forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien. Elles sont notamment constituées par le 2e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], du détachement de Légion étrangère de Mayotte [DLEM], du Bâtiment de soutien et d’assistance outre-Mer [BSAOM] Champlain, de deux frégates de surveillance [le Nivôse et le Floréal] et de deux patrouilleurs, à savoir le « Malin » et l’Astrolabe [qui, toutefois, appartient aux TAAF]. Enfin, ces moyens sont complétés par deux avions de transport CASA CN-235.

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Ya Rab Yeshua.

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Voilà ce qui montre une compétence que nous les français avons que beaucoup d'autres pays européens n'ont pas... pour ceux qui aiment toujours critiquer la France.

Les portugais, s'ils veulent y faire quelque chose à Mozambique, ils auront besoin du savoir faire d'un pays comme la France, car eux, ils n'ont ni les moyens, ni le savoir faire, malgré les intérêts encore existants au Mozambique.  Puis la France y a son intérêt aussi, gagnant-gagnant.

Je me demandais quand les anciennes colonnies portugaises allaient être frappées par ce malheur, depuis 1 an on le savait, maintenant ça ne le fait que confirmer.

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"La guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens."

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  • 2 weeks later...

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/01/20/mozambique-21816.html

Le site gazier de Total sous la menace des insurgés

 

De quoi ont parlé Florence Parly et son homologue portugais João Gomes Cravinho, le lundi 18 janvier, lors de leur entretien téléphonique? Certainement d'Afrique et plus précisément du Mali et du Mozambique.

Les Portugais pourraient rejoindre Takuba.

Difficile de l'assurer, même si la ministre française cite le Portugal dans la liste des pays partant pour donner un coup de main? Mais sous quelle forme ? Une certitude: un ou deux officiers vont rejoindre l'état-major de Takuba ?

Et quid des forces spéciales portugaises qui sont déjà déployées en RCA où elles font du très bon boulot ? Iront-elles au Mali ? Oui si le Parlement portugais donne le feu vert.

Et le Mozambique...? On parle de plus en plus d'un coup de pouce extérieur (pas seulement celui des ESSD dont Lignes de défense s'est fait l'écho) pour venir au secours du régime mozambicain aux prises avec une insurrection djihadiste près de la frontière avec la Tanzanie (une zone à 1 600km de Maputo).

Les appels du pied se multiplient pour que la communauté internationale s'implique dans le nord de l'ex-colonie portugaise face aux insurgés.

Paris et Washington ont été sollicités, parce que des entreprises française (Total) et américaine (Exxon) opèrent dans le nord du Mozambique, une zone à l'immense potentiel gazier off-shore qui donne sur le canal du Mozambique où opère actuellement la frégate de surveillance Nivôse qui pourrait, si Paris le décide, contribuer à la sécurisation des approches maritimes et à la surveillance du cabotage qui permet aux insurgés de se ravitailler. 

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/01/3044566642.jpg

Total s'inquiète pour ses investissements dans le méga-projet gazier de ce nord en plein tumulte puisque les combats se rapprochent de la zone d'Afungi où est construit le site Mozambique LNG (GNL, pour gaz naturel liquéfié).

Le 27 juin 2020, un convoi transportant du personnel d'un sous-traitant de Total, la société Fenix Constructions Services, était tombé dans une embuscade faisant 8 morts. L’attaque avait eu lieu à une cinquantaine de kilomètres du site de Total de Palma.

Total s’inquiète aussi de l’efficacité de la Cabo Delgado Joint Task Force, dont les effectifs devaient être portés de 500 à 3 000 hommes après une attaque le 12 août dernier. Mozambique LNG assure à cette force un soutien logistique (matériel roulant, hébergement et restauration) et financier (un per diem de 10$ pour chacun des 850 militaires mozambicains affectés à la protection des sites de Total). Le ministère de la Défense mozambicain est également défrayé pour ses missions de protection sur le site d’Afungi, selon des déclarations de la société française, fin août dernier, après le renforcement de l’accord signé le 1 mars 2019.

Les inquiétudes sont légitimes puisque le premier janvier dernier, des affrontements ont eu lieu aux portes du village de Quitunda où ont été réinstallées les populations locales déplacées par le chantier gazier. Des tirs ont eu lieu à un kilomètre de la piste d'aviation mais pas à l'intérieur du périmètre sécurisé qui renferme le village de Quitunda, la base-vie, la piste d'aviation et les installations industrielles (voir la photo aérienne ci-dessus avec Quitunda à gauche de la piste et la base-vie à droite). Cette incursion a poussé Total à suspendre certaines activités. Et à s'interroger sur la sécurité des personnels et du site.

Lundi 18 janvier, alors que les ministres des Armées franco-portugais échangeaient, le PDG du groupe Total, Patrick Pouyanné, a rencontré le président mozambicain Filipe Nyusi, le ministre de la Défense, Jaime Bessa Neto, le ministre de l’Intérieur, Amade Miquidade, pour évoquer les conditions de sécurité de la zone d'Afungi . "Ils ont arrêté ensemble les principes d'un plan d'actions pour renforcer la sécurité de la zone afin de permettre une remobilisation progressive des équipes dans les prochains mois", a annoncé l'entreprise dans une déclaration du mardi 19 janvier. Sans donner de détails.

Quelles sont les options du groupe français dont le directeur de la Sûreté, Denis Favier, suit de très près ce dossier ?

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Soutenir les forces gouvernementales. L'entreprise le fait déjà. Mais elle ne peut guère faire plus, la sécurité relevant des autorités mozambicaines qui tentent vaille que vaille de s'organiser et de renforcer leurs forces.

Le commandement de la zone opérationnelle Nord a ainsi été confié à un militaire, le général Eugenio Mussa, qui remplace un policier, Bernadino Rafael, la contre-guérilla relevant jusqu'à présent de la police. Mais quelle que soit la direction, ce sont les moyens qui manquent.

Maputo espère obtenir des aides des Portugais et des Américains.

Les Portugais ont exprimé leur volonté d'aider les forces mozambicaines. Leur ministre de la Défense a confirmé des discussions sur un éventuel soutien logistique et sur de la formation au profit des forces armées mozambicaines.

Même position aux USA. Le 8 janvier, l'Américain Anthony Tata s'était rendu à Maputo pour y discuter d'un possible coup de pouce à l'armée mozambicaine (lire ici) mais depuis cette visite Tata a démissionné. On attend le nom de son remplaçant; ce devrait être Colin Kahl. Par ailleurs, Tata avait été précédé au Mozambique par le "Counterterrorism Coordinator" Nathan Sales qui s'était rendu à Maputo en décembre.

Soutenir les ESSD. On voit mal Total, pour des questions d'image, épauler les ESSD déjà présentes sur place et qui effectuent un mentoring "offensif". La société française s'était déjà émue des rumeurs de bavures commises par les forces gouvernementales; elle ne souhaite certainement pas être associée (au moins de près) avec le groupe sud-africain DAG ou toute autre société militaire privée.

Obtenir une aide directe de l'Etat français. Côté français, l'effort éventuel ressemblera t'il à ce qui s'était fait à Arlit, au Niger, il y a quelques années pour aider à la sécurisation du site d'Areva ?

Avec un envoi ponctuel de troupes et de moyens navals venant des forces tricolores de l'océan Indien (venant de la Réunion et de Mayotte) ? La réponse (pour l'instant) à Paris est négative.

Par ailleurs, Maputo n'a pas clairement exprimé ses besoins. Donc, "la France reste attentive", dit-on au ministère des Armées, et elle pourrait "dans un cadre européen" envisager de fournir des moyens pour la formation des forces mozambicaines.

En attendant des demandes concrètes de Maputo et une réponse franco-européenne, Total et le ministère des Armées "échangent des informations". 

Faire sécuriser ses installations par des sociétés spécialisées. C'est ce que fait déjà l'entreprise, avec des coûts qui s'ajoutent au manque à gagner suite à l'interruption de certaines activités sur le site d'Afungi.

Total travaille avec plusieurs sociétés de sécurité dont ARKHE Risk Solutions créée en 2003 par les Sud-Africains d'Omega Risk Solutions avec la société mozambicaine Tivonele Security. Et Total a aussi renforcé les moyens humains affectés à la sécurité de ses sites au Mozambique, pays que le cyclone Heloïse vient de frapper.

Ya Rab Yeshua.

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