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Paris envisage d’apporter une aide militaire au Mozambique, aux prises avec l’État islamique en Afrique centrale


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http://www.opex360.com/2021/01/13/paris-envisage-dapporter-une-aide-militaire-au-mozambique-aux-prises-avec-letat-islamique-en-afrique-centrale/

En octobre 2017, le groupe jihadiste Ahlu Sunnah wal Jamaa [les « adeptes de la tradition du prophète], encore appelé « al-Shahab » [qui n’a rien à voir avec l’organisation somalienne du même nom, liée à al-Qaïda, ndlr] lança une insurrection armée dans la province de Cabo Delgado, où d’immenses réserves de gaz naturel venaient d’être découverte, au point de laisser espérer le Mozambique de devenir l’un des premiers producteurs au niveau mondial.

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Seulement, Maputo tarda à réagir, se réfugiant alors dans le déni. Mais des renforts militaires finirent par y être envoyés et il fut fait appel à des sociétés militaires privées [SMP], dont la russe Wagner et la sud-africaine Frontier Services Group.

Cependant, cela ne freina nullement les activités d’Ahlu Sunnah wal Jamaa, qui multiplia les attaques contre les forces de sécurité, la population locale et les expatriés. Puis le groupe fit allégeance à l’État islamique [EI ou Daesh] et prit le nom « État islamique d’Afrique centrale » [ISCAP].

« Le noyau de l’ISCAP est formé d’islamistes venus s’installer en Tanzanie après avoir été chassés du Kenya en 2015. Puis, chassés de Tanzanie en 2017, ils ont pris pied dans le nord du Mozambique et se sont agrégés avec les groupes locaux comme Ansar Al-Sunna », explique ainsi Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’IFRI.

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En août, l’ISCAP s’est emparé de Mocimboa da Praia, qu’il avait déjà occupé quelques mois plus tôt. Or, le port de cette localité est stratégique dans la mesure où il est essentiel pour ravitailler les installations du site offshore d’Afungi.

Puis, un mois plus tard, l’ISCAP a débarqué sur les îles de Metundo et Vamizi, ce qui le met en position de menacer le trafic maritime au large de Cabo Delgado. Et, depuis, la situation s’est encore dégradée, de plus en plus d’attaques étant menées dans les environs du site d’Afungi. Ce qui a d’ailleurs récemment incité le groupe français Total, fortement impliqué dans les projets gaziers du Mozambique, à évacuer son personnel.

Devant les députés, le 12 janvier, la ministre des Armées, Florence Parly, a évoqué la situation de Cabo Delgado, laquelle fait l’objet d’échanges avec son homologue portugais, João Cravinho, le Mozambique étant une ancienne possession du Portugal.

« Ce qui se passe au nord est très inquiétant », avec « la montée en puissance d’un mouvement terroriste qui se réclame de Daesh », a dit la ministre. « Et donc, a-t-elle poursuivi, nous sommes en train de voir comment nous pouvons appuyer, par de l’entraînement et de la formation, les forces armées » du Mozambique.

« Nous souhaitons pouvoir le faire avec nos partenaires européens », a ensuite précisé Mme Parly. En outre, a-t-elle rappelé, « nous disposons de forces qui sont positionnées dans le sud de l’océan Indien, à la Réunion et à Mayotte pour pouvoir y contribuer le cas échéant. »

Les forces évoquées par la ministre sont les FAZSOI, c’est à dire les les Forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien. Elles sont notamment constituées par le 2e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], du détachement de Légion étrangère de Mayotte [DLEM], du Bâtiment de soutien et d’assistance outre-Mer [BSAOM] Champlain, de deux frégates de surveillance [le Nivôse et le Floréal] et de deux patrouilleurs, à savoir le « Malin » et l’Astrolabe [qui, toutefois, appartient aux TAAF]. Enfin, ces moyens sont complétés par deux avions de transport CASA CN-235.

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Ya Rab Yeshua.

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Voilà ce qui montre une compétence que nous les français avons que beaucoup d'autres pays européens n'ont pas... pour ceux qui aiment toujours critiquer la France.

Les portugais, s'ils veulent y faire quelque chose à Mozambique, ils auront besoin du savoir faire d'un pays comme la France, car eux, ils n'ont ni les moyens, ni le savoir faire, malgré les intérêts encore existants au Mozambique.  Puis la France y a son intérêt aussi, gagnant-gagnant.

Je me demandais quand les anciennes colonnies portugaises allaient être frappées par ce malheur, depuis 1 an on le savait, maintenant ça ne le fait que confirmer.

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"La guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens."

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  • 2 weeks later...

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/01/20/mozambique-21816.html

Le site gazier de Total sous la menace des insurgés

 

De quoi ont parlé Florence Parly et son homologue portugais João Gomes Cravinho, le lundi 18 janvier, lors de leur entretien téléphonique? Certainement d'Afrique et plus précisément du Mali et du Mozambique.

Les Portugais pourraient rejoindre Takuba.

Difficile de l'assurer, même si la ministre française cite le Portugal dans la liste des pays partant pour donner un coup de main? Mais sous quelle forme ? Une certitude: un ou deux officiers vont rejoindre l'état-major de Takuba ?

Et quid des forces spéciales portugaises qui sont déjà déployées en RCA où elles font du très bon boulot ? Iront-elles au Mali ? Oui si le Parlement portugais donne le feu vert.

Et le Mozambique...? On parle de plus en plus d'un coup de pouce extérieur (pas seulement celui des ESSD dont Lignes de défense s'est fait l'écho) pour venir au secours du régime mozambicain aux prises avec une insurrection djihadiste près de la frontière avec la Tanzanie (une zone à 1 600km de Maputo).

Les appels du pied se multiplient pour que la communauté internationale s'implique dans le nord de l'ex-colonie portugaise face aux insurgés.

Paris et Washington ont été sollicités, parce que des entreprises française (Total) et américaine (Exxon) opèrent dans le nord du Mozambique, une zone à l'immense potentiel gazier off-shore qui donne sur le canal du Mozambique où opère actuellement la frégate de surveillance Nivôse qui pourrait, si Paris le décide, contribuer à la sécurisation des approches maritimes et à la surveillance du cabotage qui permet aux insurgés de se ravitailler. 

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/media/00/01/3044566642.jpg

Total s'inquiète pour ses investissements dans le méga-projet gazier de ce nord en plein tumulte puisque les combats se rapprochent de la zone d'Afungi où est construit le site Mozambique LNG (GNL, pour gaz naturel liquéfié).

Le 27 juin 2020, un convoi transportant du personnel d'un sous-traitant de Total, la société Fenix Constructions Services, était tombé dans une embuscade faisant 8 morts. L’attaque avait eu lieu à une cinquantaine de kilomètres du site de Total de Palma.

Total s’inquiète aussi de l’efficacité de la Cabo Delgado Joint Task Force, dont les effectifs devaient être portés de 500 à 3 000 hommes après une attaque le 12 août dernier. Mozambique LNG assure à cette force un soutien logistique (matériel roulant, hébergement et restauration) et financier (un per diem de 10$ pour chacun des 850 militaires mozambicains affectés à la protection des sites de Total). Le ministère de la Défense mozambicain est également défrayé pour ses missions de protection sur le site d’Afungi, selon des déclarations de la société française, fin août dernier, après le renforcement de l’accord signé le 1 mars 2019.

Les inquiétudes sont légitimes puisque le premier janvier dernier, des affrontements ont eu lieu aux portes du village de Quitunda où ont été réinstallées les populations locales déplacées par le chantier gazier. Des tirs ont eu lieu à un kilomètre de la piste d'aviation mais pas à l'intérieur du périmètre sécurisé qui renferme le village de Quitunda, la base-vie, la piste d'aviation et les installations industrielles (voir la photo aérienne ci-dessus avec Quitunda à gauche de la piste et la base-vie à droite). Cette incursion a poussé Total à suspendre certaines activités. Et à s'interroger sur la sécurité des personnels et du site.

Lundi 18 janvier, alors que les ministres des Armées franco-portugais échangeaient, le PDG du groupe Total, Patrick Pouyanné, a rencontré le président mozambicain Filipe Nyusi, le ministre de la Défense, Jaime Bessa Neto, le ministre de l’Intérieur, Amade Miquidade, pour évoquer les conditions de sécurité de la zone d'Afungi . "Ils ont arrêté ensemble les principes d'un plan d'actions pour renforcer la sécurité de la zone afin de permettre une remobilisation progressive des équipes dans les prochains mois", a annoncé l'entreprise dans une déclaration du mardi 19 janvier. Sans donner de détails.

Quelles sont les options du groupe français dont le directeur de la Sûreté, Denis Favier, suit de très près ce dossier ?

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Soutenir les forces gouvernementales. L'entreprise le fait déjà. Mais elle ne peut guère faire plus, la sécurité relevant des autorités mozambicaines qui tentent vaille que vaille de s'organiser et de renforcer leurs forces.

Le commandement de la zone opérationnelle Nord a ainsi été confié à un militaire, le général Eugenio Mussa, qui remplace un policier, Bernadino Rafael, la contre-guérilla relevant jusqu'à présent de la police. Mais quelle que soit la direction, ce sont les moyens qui manquent.

Maputo espère obtenir des aides des Portugais et des Américains.

Les Portugais ont exprimé leur volonté d'aider les forces mozambicaines. Leur ministre de la Défense a confirmé des discussions sur un éventuel soutien logistique et sur de la formation au profit des forces armées mozambicaines.

Même position aux USA. Le 8 janvier, l'Américain Anthony Tata s'était rendu à Maputo pour y discuter d'un possible coup de pouce à l'armée mozambicaine (lire ici) mais depuis cette visite Tata a démissionné. On attend le nom de son remplaçant; ce devrait être Colin Kahl. Par ailleurs, Tata avait été précédé au Mozambique par le "Counterterrorism Coordinator" Nathan Sales qui s'était rendu à Maputo en décembre.

Soutenir les ESSD. On voit mal Total, pour des questions d'image, épauler les ESSD déjà présentes sur place et qui effectuent un mentoring "offensif". La société française s'était déjà émue des rumeurs de bavures commises par les forces gouvernementales; elle ne souhaite certainement pas être associée (au moins de près) avec le groupe sud-africain DAG ou toute autre société militaire privée.

Obtenir une aide directe de l'Etat français. Côté français, l'effort éventuel ressemblera t'il à ce qui s'était fait à Arlit, au Niger, il y a quelques années pour aider à la sécurisation du site d'Areva ?

Avec un envoi ponctuel de troupes et de moyens navals venant des forces tricolores de l'océan Indien (venant de la Réunion et de Mayotte) ? La réponse (pour l'instant) à Paris est négative.

Par ailleurs, Maputo n'a pas clairement exprimé ses besoins. Donc, "la France reste attentive", dit-on au ministère des Armées, et elle pourrait "dans un cadre européen" envisager de fournir des moyens pour la formation des forces mozambicaines.

En attendant des demandes concrètes de Maputo et une réponse franco-européenne, Total et le ministère des Armées "échangent des informations". 

Faire sécuriser ses installations par des sociétés spécialisées. C'est ce que fait déjà l'entreprise, avec des coûts qui s'ajoutent au manque à gagner suite à l'interruption de certaines activités sur le site d'Afungi.

Total travaille avec plusieurs sociétés de sécurité dont ARKHE Risk Solutions créée en 2003 par les Sud-Africains d'Omega Risk Solutions avec la société mozambicaine Tivonele Security. Et Total a aussi renforcé les moyens humains affectés à la sécurité de ses sites au Mozambique, pays que le cyclone Heloïse vient de frapper.

Ya Rab Yeshua.

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  • 2 months later...

http://www.opex360.com/2021/03/28/mozambique-situee-pres-dun-important-site-gazier-la-ville-de-palma-est-tombee-sous-le-joug-de-letat-islamique/

Située près d’un important site gazier, la ville de Palma est tombée sous le joug de l’État islamique

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En octobre 2017, le groupe jihadiste Ahlu Sunnah wal Jamaa [les « adeptes de la tradition du prophète »], encore appelé « al-Shabab » [sans rapport avec l’organisation somalienne du même nom, ndlr] lança une insurrection armée dans la province de Cabo Delgado, où la découverte d’immenses réserves de gaz naturel devait permettre au Mozambique de devenir l’un des premiers producteurs mondiaux.

Malgré l’enjeu que représentait cette région, les autorités mozambicaines tardèrent à réagir, quand elles ne se réfugièrent pas dans le déni. Puis, elles finirent par solliciter le concours de sociétés militaires privées [SMP], notamment russes et sud-africaines. Dans le même temps, le groupe al-Shabab fit allégeance à l’État islamique et prit le nom d' »État islamique d’Afrique centrale » [ISCAP].

Seulement, la situation continua à se dégrader. En août 2020, les jihadistes s’emparèrent du port de Mocimboa da Praia, stratégique pour assurer la logistique des installations du site gazier d’Afungi, dont le groupe français Total est l’un des principaux investisseurs.

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Puis, un mois plus tard, ils débarquèrent sur les îles de Metundo et de Vamizi, se donnant ainsi la possibilité de menacer le trafic maritime au large de Cabo Delgado.

Les mois suivants, plusieurs attaques menées dans les environs d’Afungi décidèrent Total à suspendre ses activité dans la région. Puis il y eut une accalmie, mise au crédit de l’action des forces armées mozambicaines [Forças Armadas de Defesa de Moçambique]. Toutefois, en février, la situation restait préoccupante, comme le souligna, en février, Bernard Émié, le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE], lors d’un Comité exécutif sur le contre-terrorisme.

Effectivement, l’accalmie aura été de courte durée. Alors que Total venait d’annoncer la reprise de ses activités sur le site d’Afungi, Palma, ville de 75.000 habitants située à seulement dix kilomètres, a été attaquée par l’ISCAP en trois endroits différents.

Le sort de Palma peut faire penser à celui de Kolwezi, submergée par des rebelles katangais en 1978. En effet, de nombreux expatriés – au moins 180 – ont été pris au piège. Des opérations d’évacuation – par mer et voie terrestre – ont été tentées le 26 mars. Mais d’après la presse locale, au moins un convoi est tombé dans une embuscade qui a fait au moins sept tués.

Il est difficile d’avoir des informations sur la situation de la ville, étant donné que les relais téléphoniques ont été coupés [ce qu’a confirmé l’opérateur Vodacom]. On ne dispose donc que de témoignages de personnes ayant pu fuir les combats. Selon Pinnacle News, « des dizaines de civils ont été décapités ou abattus et au moins 21 soldats ont été tués. »

Quoi qu’il en soit, le 27 mars, Palma a fini par tomber sous le contrôle des jihadistes. « Les forces gouvernementales se sont retirées de Palma, donc la ville est de fait saisie », a confié une source sécuritaire citée par l’AFP. « Palma est tenue par les assaillants », a confirmé une autre.

Le fait que cette attaque ait été lancée alors que Total venait d’annoncer la reprise de ses activités est vraisemblablement une coïncidence… Et l’accalmie qui avait été constatée plus tôt était probablement due à des difficultés liées à la saison des pluies qu’à l’action des forces mozambicaines dans la région.

En attendant, Total a de nouveau annoncé la suspension de ses activités à Anfugi. Et il reste à voir ce qu’envisage de faire Maputo pour reprendre le contrôle de la ville… Concernée par la situation en raison de la présence d’expatriés sud-africains dans la région, l’Afrique du Sud pourrait tenter une intervention…

C’est ce que croit savoir le journal « Daily Maverik« , édité à Johannesburg. « L’Afrique du Sud envisageait samedi d’envoyer des forces spéciales dans la ville côtière de Palma, afin d’évacuer plusieurs Sud-Africains qui seraient toujours pris au piège ou retenus en otage par les insurgés islamistes », a-t-il en effet écrit, le 27 mars.

Pour rappel, les forces spéciales américaines ont récemment lancé une mission visant à former et à entraîner leurs homologues mozambicaines. Quant à la France, concernée par l’implication de Total à Cabo Delgado et présente dans la région [avec Mayotte], elle envisage d’en faire autant. C’est en effet ce qu’avait affirmé Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’une audition parlementaire, en janvier. « Nous sommes en train de voir comment nous pouvons appuyer, par de l’entraînement et de la formation, les forces armées » du Mozambique, avait-elle dit.

Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2021/03/30/apres-lattaque-jihadiste-contre-palma-le-portugal-annonce-lenvoi-de-60-militaires-au-mozambique/

Après l’attaque jihadiste contre Palma, le Portugal annonce l’envoi de 60 militaires au Mozambique

 

C’est par la messagerie Telegram que, le 29 mars, l’État islamique a revendiqué la prise de Palma, ville de plusieurs dizaines de milliers d’habitants située à dix kilomètres du site gazier d’Afungi, dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique.

Pour rappel, la branche locale de l’EI [ISCAP], issue du groupe jihadiste Ahlu Sunnah wal Jamaa [les « adeptes de la tradition du prophète »], encore appelé « al-Shabab », avait lancé une offensive « suprise » contre la ville cinq jours plus tôt, piégeant ainsi les expatriés qui s’y trouvaient. Des informations parcellaires ont fait état de dizaines de civils et d’au moins 21 soldats mozambicains tués.

En tout cas, cette attaque jihadiste a provoqué l’exode de milliers de civils. Et, selon les autorités mozambicaines, une centaine de personnes sont actuellement portées disparues.

Dans son communiqué, l’EI affirme avoir attaqué « des casernes militaires et des quartiers généraux du gouvernement » et tué des « dizaines de militaires et de chrétiens, dont des ressortissants d’États croisés », dans une allusion aux pays occidentaux.

Depuis octobre 2017, et le début de l’insurrection lancée par Ahlu Sunnah wal Jamaa, les jihadistes n’ont cessé du gagner du terrain au Cabo Delgado, allant jusqu’à s’emparer du port de Mocimboa da Praia, essentiel pour la logistique des installations du site d’Afungi. Aussi, la première des conséquences est que, si rien n’est fait, l’EI est susceptible de disposer à nouveau d’un territoire où il aurait toute latitude pour recruter et former de nouveaux sympathisants… dans une région – le canal du Mozambique – qui ne manque pas d’intérêts stratégiques, à commencer par ceux liés à l’exploitation gazière.

Sur ce point, d’ailleurs, l’avancée des jihadistes risque de plonger le Mozambique dans de grandes difficultés financières étant donné qu’il s’est beaucoup endetté en misant sur les recettes gazières pour rembourser ses emprunts.

En outre, la France est également concernée pour plusieurs raisons : elle est un pays de la région, avec Mayotte et La Réunion, elle est toujours dans le collimateur de l’EI et le groupe Total est très impliqué au Cabo Delgado. D’où l’aide militaire que Paris envisage d’apporter à Maputo, sous forme d’entraînements et de formations.

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Cela étant, ancienne puissance coloniale, le Portugal est particulièrement concerné par la situation dans le nord du Mozambique. En décembre, le ministre portugais de la Défense, João Gomes Cravinho, avait évoqué une aide logistique ainsi que la formation de militaires des forces armées mozambicaines pour « faire face au terrorisme dans la province de Cabo Delgado ».

« Ce que nous allons faire, c’est soutenir les autorités mozambicaines pour qu’elles puissent exercer leur souveraineté », avait alors expliqué le ministre. « L’émergence du terrorisme dans le nord du pays a des caractéristiques communes avec le terrorisme dans d’autres parties du monde […]. Mais elle a aussi des spécificités locales. Par conséquent, il est essentiel de comprendre ce qui vient de l’extérieur et ce qui s’est développé avec des racines nationales », avait-il également estimé.

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Cette aide militaire ne s’est pas concrétisée. La prise de Palma par l’ISCAP a-t-elle accéléré les choses? Rien n’est moins sûr… même si, le 29 mars, le ministre lusitanien des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva, a confirmé l’envoi au Mozambique de 60 militaires portugais « pour des actions de formation avec les forces spéciales mozambicaines, dans le cadre d’un plan de renforcement coopération technico-militaire bilatérale. »

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En réalité, cet envoi de militaires portugais au Mozambique avait déjà été évoqué par João Gomes Cravinho, le mois dernier. « Les forces armées portugaises et mozambicaines travaillent pour que les travaux de formations puissent commencer sur le terrain bientôt, c’est à dire, espérons-le, au moins d’avril », avait-il dit. Ce sera « une mission de formation des commandos et des marines, donc des troupes spéciales mozambicaines », avait-il précisé.

En février, M. Santos Silva, dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, avait plaidé pour une aide européenne en faveur du Mozambique dans le domaine de la sécurité.

« Il faut prendre des mesures pour lutter contre le terrorisme au Mozambique. Il est dans l’intérêt de l’Europe de participer à la gestion de la crise et de lancer des actions pour ce faire », avait-il dit. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas accepter que l’islamisme radical, et le terrorisme issu de l’islamisme politique radical puissent étendre sa sphère d’influence dans l’est de l’Afrique. »

Pour le moment, il n’est pas question d’aller au-delà d’une aide en matière de formation dans la mesure où le gouvernement mozambicain n’a pas demandé d’intervention militaire extérieure au Cabo Delgado.

Par ailleurs, ayant déjà lancé une mission de formation au profit des forces spéciales de la marine mozambicaine, les États-Unis ont fait part de leur détermination à coopérer avec Maputo pour lutter contre les jihadistes, sans toutefois préciser les modalités de leur éventuelle contribution.

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« Je n’ai aucun détail opérationnel à donner, mais nous condamnons les attaques terroristes contre la ville de Palma », a en effet déclaré John Kirby, le porte-parole du Pentagone. « Nous restons déterminés à coopérer avec le gouvernement du Mozambique en matière d’antiterrorisme et de lutte contre l’extrémisme violent, et pour vaincre l’EI », a-t-il conclu.

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/03/30/mozambique-le-fondateur-de-dyck-advisory-group-revient-sur-l-engagement-de.html

Le fondateur de Dyck Advisory Group revient sur l'engagement de la SMP

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Le groupe sud-africain de sécurité privée Dyck Advisory Group (DAG) affirme avoir sauvé 240 Mozambicains et expatriés, menacés par les quelque 150 combattants islamistes qui ont pris la ville de Palma, la semaine dernière.

DAG s’apprête à quitter le nord du Mozambique après avoir combattu les «Shabab» depuis un an dans le cadre d'un contrat avec la police mozambicaine

Notre correspondante à Johannesburg, Valérie Hirsch, a réalisé, mardi, un entretien téléphonique avec son fondateur et directeur, le colonel zimbabwéen Lionel Dyck, 76 ans. Les commentaires entre parenthèses et soulignés sont les miens.

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-Quelle a été votre action sur le terrain?
Nous sommes arrivés mercredi, au début de l'attaque de Palma, avec 6 hélicoptères de combat: 3 Gazelle, 1 Alouette et 2 Ecureuil, qui nous ont servi à sauver des gens. Les attaquants étaient très bien armés; on en a neutralisé quelques-uns. On a aussi vu beaucoup de corps décapités.  Nos pilotes ont ensuite repéré des appels à l’aide, dessinés sur le sol par des gens réfugiés dans des hôtels. On a d'abord secouru 20 personnes de l’hôtel Amarula. Au total, on a pu sauver 240 personnes et ce n'est pas fini. Il y a encore beaucoup de disparus, dont quelques cadres de sociétés internationales. L’armée patrouille, mais les « Shabab » sont encore à Palma, cachés parmi la population. Il y a des tirs de temps à autre.

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- Vous reprochez à Total de ne pas vous avoir fourni du carburant ?
On n’avait plus de carburant. Total dispose de stocks de pétrole dans son enclave d’Afungi (où le groupe français est en train de construire un site d’exploitation de gaz offshore). Mais Total a refusé de nous en donner, en disant qu’il ne pouvait pas soutenir un groupe armé de sécurité (Total, à plusieurs reprises, a bien précisé qu'il n'utilisait pas les services de sociétés de sécurité armée et qu'il n'avait aucun contact avec DAG. Il l'a redit jeudi dernier dans son communiqué). On a dû organiser un ballet nocturne de petits avions depuis Pemba (la capitale régionale) pour acheminer 120 barils. Un donneur international a aussi amené 120 barils de Nairobi à Pemba.  

- Vous étiez seuls sur le terrain ?
Un pays a envoyé 12 soldats des forces spéciales (S'agirait-il des Etats-Unis qui ont déployé une quinzaine de membres de leurs FS pour former les fusiliers marins du Mozambique? Mais Lionel Dyck n'a pas souhaité en dire plus. D'autres sources font état de Britanniques) pour protéger leurs compatriotes.

L'armée locale est sous-équipée et démoralisée.

Au début des combats, on leur a proposé une couverture aérienne, mais les soldats n’ont pas bougé avant samedi soir. La société sud-africaine Paramount a aussi dépêché des hélicoptères, opérés par des pilotes ukrainiens. Le 1er jour, ils ont essuyé des tirs des Shabab et ont fait demi-tour sans riposter. Le lendemain, ils ont tiré deux roquettes, l’une sur un bâtiment et l’autre sur des soldats mozambicains (c'est une information plausible, mais pas confirmée, qui démontre l'absence de coordination avec les troupes au sol et l'inexistence de JTAC).

Les Ukrainiens ne connaissent pas le terrain.

Quant aux pilotes mozambicains, ils sont en formation en Afrique du sud et ne seront pas opérationnels avant trois mois.

Ce serait bien si la Légion étrangère française, basée à Mayotte, pouvait intervenir, car nous, nous partons du Mozambique le 6 avril.

Notre contrat d’un an n’a pas été renouvelé. Or, personne n’est capable de nous remplacer en ce moment.

- Est-ce suite au récent rapport d’Amnesty international, qui vous accuse d’avoir tiré sur des groupes de civils et lâché des grenades de manière indiscriminée, y compris sur un hôpital, lors de précédentes opérations contre les Shabab ?
 Nous avons été choqués par ce rapport, qui a très peu de vrai. Nous avons envoyé une équipe sur place, y compris 2 avocats et un policier britannique, qui vont faire un rapport (voir ici le communiqué de DAG à ce sujet. Il sera difficile dans l'état actuel des choses de déterminer qui a été tué et par qui. DAG aura donc bien du mal à se disculper). L’hôpital était, en fait, occupé par des assaillants qui nous tiraient dessus.

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Il y a toujours un général ou un haut gradé mozambicain, à bord de nos hélicoptères, qui nous donnent l’ordre de tirer (affirmation à vérifier). Nous sommes très disciplinés. Nous ne sommes pas des mercenaires mal rasés, alcooliques et sans morale ! Notre départ du Mozambique est plus lié à des rivalités entre la police et l’armée. Nous allons donc retourner à nos opérations de lutte contre le braconnage en Afrique australe et prochainement au Mali (effectivement, DAG recrute pour le Mali). 

Ya Rab Yeshua.

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  • 4 weeks later...

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/26/total-confirme-la-suspension-de-son-projet-gazier-au-mozambi-22078.html

Total confirme la suspension de son projet gazier au Mozambique pour cause de "force majeure"

La dégradation sécuritaire dans le nord du Mozambique et les récentes attaques des rebelles islamistes contre Palma et plusieurs localités de la province deu Cabo Delgado avaient conduit le groupe français à retirer son personnel de son emprise (voir un de mes récents posts ici).

Total a confirmé ce lundi la suspension de son gigantesque projet gazier au Mozambique, interrompu après une attaque jihadiste début avril, indiquant dans un communiqué avoir déclaré une situation de "force majeure".

Voici le texte de ce communiqué:
"Compte tenu de l’évolution de la situation sécuritaire dans le nord de la province du Cabo Delgado au Mozambique, Total confirme le retrait de l’ensemble du personnel du projet Mozambique LNG du site d’Afungi. Cette situation conduit Total, en tant qu’opérateur du projet Mozambique LNG, à déclarer la force majeure. Total exprime sa solidarité avec le gouvernement et la population du Mozambique et souhaite que les actions menées par le gouvernement du Mozambique et ses partenaires régionaux et internationaux permettent de rétablir la sécurité et la stabilité de manière durable dans la province du Cabo Delgado. Total E&P Mozambique Area 1 Limitada, une filiale à 100% de Total SE, opère le projet Mozambique LNG avec un intérêt de 26.5% au cote d’ENH Rovuma Área Um, S.A. (15%), Mitsui E&P Mozambique Area1 Limited (20%), ONGC Videsh Rovuma Limited (10%), Beas Rovuma Energy Mozambique Limited (10%), BPRL Ventures Mozambique B.V. (10%), et PTTEP Mozambique Area 1 Limited (8.5%)."

Cette notion juridique est invoquée lorsque des conditions exceptionnelles empêchent la poursuite d'un chantier, et l'exécution des contrats qui y sont liés.

A lire ici une note de ISSAfrica du 23 avril.

Ya Rab Yeshua.

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