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Après l’infanterie, le Griffon prendra bientôt la direction des régiments d’appui


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Une première brigade Scorpion en 2023

Le 250e VBMR Griffon a franchi la semaine dernière les portes  du 1er régiment de chasseurs d’Afrique de Canjuers, unité responsable de la réception de ces véhicules pour l’ensemble de l’armée de Terre. Plus du quart des 936 exemplaires attendus durant la LPM 2019-2025 ont donc été livrés par les industriels du GME Scorpion (Nexter-Arquus-Thales). Malgré la crise sanitaire et les aléas techniques indissociables d’un tel programme, Scorpion reste sur trajectoire pour l’atteinte des objectifs opérationnels.
 

« Après l’objectif de 2021, qui sera la projection d’un premier groupement tactique interarmes Scorpion, il s’agira de disposer d’une brigade interarmes [BIA] Scorpion apte à être projeté avant fin 2023 », explique le colonel Olivier, officier de programme Scorpion à l’état-major de l’armée de Terre. Si la projection de ce GTIA Scorpion est du ressort de la 9e brigade d’infanterie de marine (9e BIMa), la 6e brigade légère blindée (6e BLB) est aujourd’hui identifiée pour atteindre le jalon de la 1ère BIA.

 
Apre%CC%80s-linfanterie-le-Griffon-prend Deux Griffon VTT du 1er régiment d’infanterie lors d’une phase d’appropriation au camp de La Courtine (Crédits : 1er RI/armée de Terre)
 

Ces deux brigades médianes et amphibies monteront néanmoins en puissance quasi simultanément, contribuant à ce que l’armée de Terre puisse disposer, en 2025, de deux brigades projetables entièrement « scorpionisées » sur les six que comprend le Commandement des forces terrestres (CFT). L’enjeu est de taille et dépendra autant de la montée en cadence des livraisons que du développement des autres variantes principales du Griffon.

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Qualifié en novembre 2020, le Griffon « engin poste de commandement » (EPC) a vocation à être déployé en opération extérieure en début d’année prochaine, « mais il n’est pas exclu que certains partent avant ». « Nous sommes en train de conduire des évaluations. Dès qu’il sera prêt, nous le projetterons », précise le colonel Olivier.
 

Certains de ces Griffon EPC seront auparavant modifiés par Thales, chargé d’installer une antenne « Satcom on the move » (SOTM). Trois véhicules sont déjà en cours d’adaptation et deux autres arriveront prochainement sur le site de Cholet (Maine-et-Loire) de Thales. Cet ajout permettra au Griffon EPC de débuter le remplacement des 30 VAB VENUS et  de préparer la transition du segment sol de Syracuse III vers celui de Syracuse IV.

Le Griffon « équipe légère d’intervention » (ELI) a lui aussi franchi l’étape de qualification fin avril. Les trois premières livraisons interviendront en fin d’année. Ce véritable atelier de maintenance mobile deviendra l’un des éléments clés du train de combat n°1 d’un sous-GTIA Scorpion.
 

Après l’infanterie, équiper les appuis

« Pour l’instant, nous n’avons équipé que l’infanterie. Nous allons commencer à doter le génie, puis progressivement tous les appuis de la force Scorpion ». Hormis deux régiments d’infanterie (13e DBLE côté 6e BLB et 126e RI côté 9e BIMa), la transformation Scorpion en 2021 concernera un premier régiment d’appui, le 6e régiment du génie (6e RG) d’Angers.
 

Qui dit appui dit véhicules spécialisés, chacun succédant à un ou plusieurs types de VAB. Modularité oblige, ils conservent un poste de pilotage, une chaîne cinématique et des kits d’équipements communs (tourelleau téléopéré, radio CONTACT, SICS et autres systèmes de protection). L’essentiel des modifications se concentre dès lors sur le compartiment arrière.

 
Apre%CC%80s-linfanterie-le-Griffon-prend Un prototype de Griffon génie présenté en octobre 2020 à l’École du génie d’Angers. Les premiers sont attendus fin 2021 au 6e RG (Crédits : École du génie/armée de Terre)
Dérivé de la variante principale « véhicule transport de troupes » (VTT), le Griffon génie a été qualifié fin avril par la DGA. La livraison des 12 premiers exemplaires devrait intervenir en fin d’année, permettant alors au 6e RG de basculer dans l’ère Scorpion. Les Griffon génie et ELI étaient « les deux dernières sous-versions parmi les sept de la famille Griffon VTT qu’il restait encore à qualifier », relève le colonel Olivier.
 
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Ces Griffon d’appui ne sont pas seulement mieux protégés et plus mobiles. Ils doivent aussi intégrer davantage de systèmes de dernière génération dans un volume contraint. Avec, à la clef, un développement plus complexe.

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Ainsi, le Griffon « Véhicule d’observation d’artillerie » (VOA) embarquera un radar tactique ainsi qu’une boule optronique montée sur mât. Une partie du parc embarquera le radar Murin, successeur des radars RASIT et RATAC. À l’instar du Griffon « Mortier embarqué pour l’appui au contact » (MEPAC), l’une des difficultés sera de parvenir à inclure ces éléments en modifiant au minimum la silhouette du véhicule, au risque d’aider l’adversaire dans son travail de discrimination des cibles de haute valeur.

 
Comparable à celui du Griffon EPC, le compartiment arrière du VOA embarquera un radio-navigateur, un sous-officier qui opèrera la boule optronique et un chef d’équipe d’observation d’artillerie. Le pilote sera lui responsable de la protection rapprochée au moyen du tourelleau téléopéré. Selon l’armée de Terre, 117 exemplaires devraient être livrés aux régiments d’artillerie, dont 11 en 2022. Le premier régiment d’artillerie à entamer sa transformation sera le 3e régiment d’artillerie de marine (3e RAMa), suivi quelques mois plus tard par le 11e régiment d’artillerie de marine (11e RAMa).
 

NRBC, SAN et MEPAC

 

Tout aussi sophistiquées seront les trois versions suivantes, les Griffon NRBC, sanitaire (SAN) et MEPAC. Le premier « est toujours à l’étude. Nous ne devrions pas l’avoir avant 2025 ». En effet, « son développement est complexe, s’agissant d’une vraie version ‘système d’arme’ ». Principal bénéficiaire, le 2e régiment de dragons (2e RD) pourra aussi compter sur une dotation de Serval NRBC.

 

Complémentaire du futur Serval SAN, le Griffon SAN offrira un niveau de protection, une ergonomie et une capacité d’emport bien supérieurs au VAB SAN. Le tout au profit du confort de travail et d’une médicalisation plus sereine des blessés. Les premiers Griffon SAN sont attendus pour 2023.

 

« Nous avons des ambitions assez hautes le concernant, notamment le transport de  blessés (jusqu’à 3 blessés graves couchés ou 5 blessés plus légers). L’embarquement, le placement des blessés à l’intérieur du véhicule ne sont pas des choses simples à réaliser. Le niveau d’exigence sanitaire est également plus élevé que ce que nous avons pu connaître avec le VAB, avec une technicité proche des ambulances civiles », souligne le colonel Olivier.

 
Apre%CC%80s-linfanterie-le-Griffon-prend Vue d’artiste du Griffon MEPAC, commandé à 54 exemplaires le 30 décembre 2019 (Crédits : DGA)
 

Quant au Griffon MEPAC, celui-ci a récemment réalisé ses premiers tirs de qualification industrielle à la La Ferté-Saint-Aubin sur base d’un prototype. Ici aussi, les obstacles techniques sont nombreux, car « le MEPAC emporte des servants de pièces et implique donc beaucoup d’impératifs de sécurité, notamment en raison de l’effet de souffle ». Cinquante-quatre véhicules ont été commandés en 2020, avec de premières livraisons aux forces début 2024.

 

Au-delà de 12 variantes et sous-variantes initiales, la modularité et la capacité d’emport du Griffon pourraient en faire une plateforme idéale pour embarquer des systèmes anti-aérien ou lutte anti-drones, par exemple. Et si l’artillerie sol-air a davantage vocation à être équipée de Serval, le porteur sera identifié en fonction du ou des capteurs et systèmes d’armes à emmener, le poids étant ici un facteur déterminant.

 

Des évolutions communes

 

Le Griffon de 2019 ne sera pas celui de 2030, rappelait récemment le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Thierry Burkhard. De la motorisation au soutien en passant par la protection, le Griffon est appelé à évoluer tout au long de sa vie opérationnelle. « C’est pour cela que nous avons adopté cette logique de kits. En fonction de la maturité des produits disponibles sur le marché, en fonction d’études complémentaires, nous pourrons intégrer de nouvelles briques dans Scorpion ». De premiers besoins ont été consolidés et sont d’ores et déjà l’objet d’études au sein de la DGA.

 

La maintenance prédictive, par exemple, est dans le collimateur de l’armée de Terre, de part l’influence positive qu’elle devrait avoir sur la disponibilité technico-opérationnelle. « L’intégration de capteurs HUMS est prévue. Il s’agira de recueillir des bases de données qui nous permettent de mieux connaître l’état de santé du parc et des pièces susceptibles de casser à tel ou tel moment ».

 

Pour le colonel Olivier, l’installation de HUMS « est un véritable enjeu. Le but sera de minimiser le soutien et de générer des gains opérationnels et de coûts ». Ces capteurs sont aujourd’hui « plus qu’étudiés, ils sont en train d’être implémentés sur le parc ». Il faudra ensuite deux à trois ans pour disposer de bases de données exploitables et définir les adaptations possibles sur les cycles de maintenance.

 
Apre%CC%80s-linfanterie-le-Griffon-prend Vue d’artiste de ce que pourrait offrir le PTD Prometeus, confié à Nexter et Thales et dont les essais dynamiques finaux sont prévus pour 2022 (Crédits : Nexter)
 

Sur la motorisation hybride ensuite, l’une des pistes poursuivies par la politique énergétique globale du ministère des Armées. Des études complémentaires sont en cours dans la lignée du plan d’études amont (PEA) Electer. Dans le cadre de sa transition énergétique, le ministère des Armées planchera sur le développement d’un démonstrateur technologique d’hybridation pour blindés entre 2022 et 2025. « Nous aurons alors vérifié que cette capacité est réalisable, mais les Griffon livrés en 2025 n’en seront pas encore dotés ». De fait, une telle technologie fournira des critères de choix pour la motorisation des Griffon et VBCI qui seront livrés à l’horizon 2029-2030.

 

L’hybridation ne sera cependant pas forcément pertinente pour toutes les versions. Difficile, en effet, d’imaginer un raid de plusieurs centaines de kilomètres sans réelle capacité de recharge des batteries. A contrario, l’hybridation pourrait s’avérer pertinente pour des versions moins mobiles et plus consommatrices en énergie, à l’image du Griffon EPC, pour l’instant doté de batteries supplémentaires.

 

Sur la survivabilité enfin, avec au moins deux projets de technologies de défense (PTD, ex-PEA) adressant directement cet enjeu. Le PTD Artemis premièrement, qui envisage la conception d’algorithmes de détection d’alertes laser et de départs de missiles. Le PTD Prometeus ensuite, mené avec Nexter et Thales et qui vise à assurer la protection globale des véhicules Scorpion par la combinaison de protections passive polyvalente, réactive et active. Autant de pistes parmi d’autres qui confortent l’idée d’un Griffon conçu pour coller au plus près de la réalité du terrain et des besoins futurs que celle-ci engendrera.

Ya Rab Yeshua.

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