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Le général Burkhard souhaite que les partis politiques « se gardent de politiser et d’instrumentaliser les militaires »


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Ces dernières années, des élus, de tous les bords politiques, ont considéré que les armées pouvaient apporter des solutions pour régler les problèmes liés à la délinquance chez les mineurs [Ségolène Royal, Éric Ciotti et, plus récemment, Éric Dupont-Moretti, le ministre de la Justice, ont fait des propositions en ce sens] ou ceux des banlieues « difficiles » [l’ex-maire écologiste de Sevran, Stéphane Gatignon, l’a proposé, comme la sénatrice PS Samia Ghali]. Et de telles propositions trouvent un écho au sein de l’opinion…

Ces dernières semaines, la tribune signée par des généraux en 2e section et celle publiée par des militaires d’active pour mettre en garde contre le « délitement » de la France, vu comme un prélude à une « guerre civile », ont suscité de vives polémiques. Notamment la première… puisqu’elle a été perçue par certains comme étant un appel à un coup d’État [ce que la justice a réfuté] quand elle n’a pas donné matière, en raison de son « succès » sur les réseaux sociaux, à une tentative de récupération politique.

Désormais ancien chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre ne s’est pas prononcé sur le fond de ces tribunes… mais sur la forme. Ainsi, a-t-il expliqué lors de ces dernières auditions parlementaires, les signataires n’avaient pas à faire mention de leur qualité d’anciens militaires. « M. Tartemolle peut écrire ce qu’il veut mais le général Tartemolle ne peut s’exprimer que dans son domaine de compétence et pas à des fins de militantisme politique », a-t-il dit aux députés, le 2 juin.

Un mois plus tard, le général Lecointre a eu de nouveau l’occasion de s’exprimer sur ce sujet, lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale. « Je suis très attaché à la libre expression des militaires. Toutefois, s’exprimer ne veut pas dire aller dire n’importe quoi, sur n’importe quel ton, avec n’importe quel vocabulaire, sur des sujets qu’on ne maitrise pas et pour lesquels on n’a ni compétence ni légitimité. Quand les militaires s’expriment, ils doivent absolument s’exprimer avec compétence et légitimité, avec le souci de l’exactitude et de la nuance. Car c’est l’image des armées qu’ils véhiculent ».

Son successeur, le général Thierry Burkhard, a, sans surprise, exprimé la même position, alors qu’il était encore chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT]. Mais en allant toutefois un peu plus loin.

S’agissant de la tribune des généraux, « il ne m’appartient pas de porter un jugement sur le fond de ce qu’on y a écrit, faute de quoi je sortirais moi-même du devoir de réserve. Le problème est donc la forme que cela a pris et le non-respect, précisément, du devoir de réserve. La notion de devoir de réserve est sujette à interprétation […], mais la neutralité politique est indispensable, à plus forte raison lorsqu’il est question de sujets sensibles, notamment sociétaux, qui fracturent la société », a commencé par faire valoir le général Burkhard, devant la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale, le 23 juin [le compte-rendu d’audition vient d’être publié, ndlr].

Ensuite, l’ex-CEMAT a fait la distinction entre la liberté de pensée, la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Si les deux premières ne posent pas de problème [un militaire pense ce qu’il veut et se forge ses propres opinons, ce qui ne l’empêche pas d’obéir aux ordres du pouvoir politique, ndlr], il en va autrement pour la troisième.

« Le militaire n’est pas un citoyen comme les autres. En la matière, il faut avoir une intelligence de situation. Bien évidemment, cela dépend des sujets. Sur les sujets sociétaux, il faut être extrêmement vigilant. En revanche, il serait dommage qu’un militaire ne puisse pas s’exprimer sur la stratégie militaire ou sur les opérations qui sont conduites », a fait valoir le général Burkhard.

Cela étant, a-t-il continué, « en opération, le militaire doit s’en tenir aux éléments de langage. En revanche, une fois de retour, deux mois plus tard, il pourra commenter, voire critiquer la manière dont l’opération a été conduite. Cela peut même être une bonne chose, pour peu qu’il respecte certaines formes, comme dans toute autre profession ».

Quant au devoir de réserve, le général Burkhard a estimé qu’il ne signifie pas qu’un militaire doit s’abstenir d’observer la vie politique. « J’encourage d’ailleurs les officiers qui exercent des responsabilités à le faire. Sinon, nous ne comprendrions plus le pays dans lequel nous vivons! », a-t-il dit. Mais il ne doit pas être un « commentateur » de cette vie politique.

Reste que, à la question de savoir s’il fallait faire évoluer la législation en la matière après l’affaire des tribunes, le général Burkhard s’y est dit opposé. « Si on en vient à légiférer, je crains qu’il n’y ait que deux positions possibles : soit le militaire a le droit de tout dire, et cela ne pourra pas fonctionner; soit le militaire n’a le droit de rien dire, et cela ne me semble pas sain non plus. Il faut plutôt avoir une intelligence de situation, ce qui n’a peut-être pas été suffisamment le cas non seulement dans les armées, mais également au-delà », a-t-il soutenu.

Certes, a-t-il dit, « on a estimé qu’il n’était pas normal que des militaires politisent leurs positions », même si ceux qui ont fait une telle démarche sont « très minoritaires » et que leurs tribunes n’ont « guère créé d’émoi dans l’armée de Terre ». Cependant, et dans le même temps, a estimé celui qui allait devenir le prochain CEMA, il faudrait aussi que les « partis politiques se gardent de politiser et d’instrumentaliser les militaires ». Ce qui, dans le contexte électoral qui s’annonce, est loin d’être gagné…

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Ya Rab Yeshua.

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