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Hull 2021 : un scénario d’engagement majeur dans la plaine d’Alsace


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Du 5 au 12 novembre, 600 militaires du régiment de marche du Tchad (RMT) et d’autres unités terrestres et aériennes ont conduit l’exercice Hull 2021. Une seconde édition bâtie autour d’un scénario d’engagement majeur, auquel sont venus s’ajouter un peu de lien armée-nation et un soupçon de transformation Scorpion.

GTIA Koufra vs Tytan
 

Durant huit jours, le groupement tactique interarmes Koufra, composé du RMT, de détachements des 501e régiment de chars de combat de Mourmelon, 40e régiment d’artillerie de Suippes, 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg, 25e régiment de génie de l’air d’Istres, et d’appareils en provenance des bases aériennes 123 et 133, a mené l’offensive face à un ennemi fictif symétrique baptisé « Tytan » pour appuyer une nation alliée tout aussi fictive, l’Arnland.

 

Pour la force internationale de l’OTAN dans laquelle s’insérait le GTIA Koufra, l’objectif principal était de « perturber la cohérence et l’organisation » de la défense en profondeur bâtie par Tytan dans la province maritime imaginaire de Kalmar. Le tout sur une élongation de 150 km et essentiellement en terrain libre, entre Chenevières (Meurthe-et-Mosellle) et Fessenheim (Haut-Rhin). Mission accomplie pour l’élément français, parvenu à bout de son adversaire à l’issue des quatre phases de combat principales.

Si le scénario partage quelques communalités avec des exercices précédents, c’est parce qu’il répond à son tour à l’ambition fixée par le CEMAT dans sa Vision stratégique d’une préparation opérationnelle orientée vers la haute intensité. Une nouveauté pour Hull, dont la première édition en 2019 s’était concentrée sur une mission d’extraction de ressortissants. Cette année, Hull s’inscrit par ailleurs dans la prolongation du dernier exercice de niveau brigade « Dompaire » conduit par la 2e brigade blindée au début de l’été. Cette seconde édition aura demandé près de neuf mois de préparation et, dans l’ensemble, un effort considérable de la part du RMT, qui projette actuellement près de 400 marsouins en opérations extérieures.
Hull_21_2-800x533.jpeg Saisie de l’ancienne tour de contrôle de la BA 132, l’une des actions menées lors de la troisième phase de l’exercice Hull 2021
Hull, c’est aussi la volonté de travailler davantage en interarmées en se rapprochant dès l’origine du 25e RGA. « L’idée géniale derrière l’apparition de Hull, c’était de, plutôt que de faire chacun son exercice dans son coin, de cumuler les deux exercices de façon à ce que chacun profite de l’action de l’autre et soit soumis aux contraintes de l’autre », souligne le général Vincent Guionie, commandant des forces terrestres (COM FT).
 

Hormis l’entraînement « métier », ce rendez-vous garantit de pouvoir utiliser tout le potentiel d’entraînement du camp du RMT, qui a la chance de disposer de la piste d’aviation de l’ancienne base aérienne 132 de Colmar-Meyenheim. Pratique lorsqu’il s’agit, pour le 25e RGA, d’exercer ses savoir-faire en matière de réfection de plateformes aéroportuaires.

Hull sera non seulement pérennisé, mais aura aussi vocation à s’ouvrir à d’autres unités. Ce devait déjà être le cas cette année, mais la densité des agendas aura empêché la concrétisation de certains partenariats. « Nous avions même proposé à des unités suisses et allemandes de participer. Cela relève d’autres mécanismes administratives, mais il se pourrait que les éditions futures débouchent sur un format interalliés », annonce le chef de corps du RMT, le colonel Renaud Merlin.
 
Replacer le militaire dans le paysage
 
À sa manière, Hull 2021 aura également contribué à renforcer le lien armée-nation. Celui-ci s’est manifesté tout au long de la manœuvre et de plusieurs manières, la plus marquante restant l’accent mis sur les actions en terrain libre. Durant sa progression, le GTIA Koufra aura parcouru une centaine de communes à travers les Vosges et la plaine d’Alsace. « Toutes ont joué le jeu et autorisé la manœuvre. Ceci est possible grâce à la bonne intégration du régiment dans cette région accueillante d’Alsace et dans la commune de Meyenheim en particulier », relève le colonel Merlin. Des communes, mais aussi d’autres environnements plus « exotiques », tels qu’un parc d’attractions fermé au public et une usine désaffectée.
 

« C’est une autre manière de travailler qu’en terrain militaire », commente le général Guionie. En terrain libre, « nous somme soumis à des contraintes qui influent sur la manœuvre et posent d’autres questions aux chefs, telle qu’une route barrée pour cause de travaux. Cela permet de créer des dilemmes tactiques en s’appuyant sur une réalité interprétée à notre façon ». Cet environnement aura ainsi obligé les chefs à plancher sur la gestion des itinéraires, notamment en raison d’obstacles non consignés sur les cartes comme un tonnage maximal ou la hauteur sous pont.

Hull_21_4-800x533.jpeg Un scénario MASCAL joué par la classe défense d’un lycée local, exemple parmi d’autres de rapprochement entre les militaires et la population française
Bien qu’il ne soit installé dans le Haut-Rhin que depuis 2011, le RMT a su construire de multiples partenariats et jumelages avec les communes environnantes. Entre autres résultats tangibles, Hull aura permis à la classe défense d’un lycée environnant de jouer le rôle des victimes civiles lors d’une simulation d’événement MASCAL (Massive Casualty). Ou encore la participation d’élèves d’une école hôtelière locale lors de la visite des autorités. Et, in fine, un accueil qui vient battre en brèche certains clichés, les militaires s’étant attirés les sympathies d’une population bien plus accueillante qu’indifférente ou méfiante.
 
« Le but est non seulement de ré-habituer nos militaires à évoluer dans un environnement normal, mais aussi de ré-habituer les populations à voir nos militaires, et pas uniquement le 14 juillet, le 11 novembre ou lors d’une prise d’armes », souligne le général Guionie. Et celui-ci d’insister sur le fait que « les armées font partie du paysage. Elles ne sont pas là uniquement pour effectuer une prise d’armes, mais aussi pour s’entraîner et participer à la protection de notre pays, compte tenu de menaces qui ont tendance à se rapprocher ».
 

Déployer le SICS

 

Avec la montée en puissance de Scorpion, chaque exercice de l’armée de Terre comprend systématiquement un volet expérimental. En seulement quelques jours, Hull aura participé à accélérer la transformation Scorpion du régiment. En tant qu’unité d’infanterie d’une brigade de décision, le RMT conservera ses VBCI et ne sera dès lors pas doté de véhicules de nouvelle génération, conformément à la volonté de spécification récemment adoptée. Pour les marsouins de Leclerc, la bascule se matérialise donc essentiellement par l’appropriation du système d’information du combat Scorpion (SICS).

 

« C’est la première fois que nous déployons SICS au sein du régiment », explique l’adjudant Jimmy, officier SIC de l’exercice Hull 2021. Ou plutôt, la version 1.04 de SICS, déployée pour l’occasion du niveau régimentaire au niveau section au travers du mode TDMAi  (mode isochrone du principe de Time Division Multiple Access ) de la radio PR4G, le déploiement de la radio CONTACT n’en étant qu’à ses débuts. La totalité des 16 VBCI déployés intégraient pour la première fois SICS, de même que les postes de commandement régimentaire, du train de combat n°2, de la 2e compagnie du RMT et du sous-groupement aéromobile (SGAM).

 
Hull_21_3-800x533.jpeg Saisie de l’aéroport de Meyenheim, préalable obligatoire en vue du poser d’assaut d’un A400M en provenance de la BA 123 Orléans-Bricy
 

« Il s’agit de rester compatible avec les régiments ayant déjà évolué vers Scorpion, il était donc important d’assimiler au plus vite le SICS. Avec Hull, nous y voyons nettement plus clair », indique le colonel Merlin. Selon l’adjudant Jimmy, SICS s’avère « plus intuitif, plus interactif, et ce, surtout au niveau des unités grâce au mode tactique. Il apporte la possibilité de suivre le porteur et d’activer certaines fonctions, comme les DEPAMAT [dépannage matériel] et EVASAN [évacuation sanitaire] en direct ». Plus besoin d’appel radio, un bouton spécifique et quelques cases à remplir suffisent pour déclencher une alerte.

 

Le déploiement de SICS aura été soumis à plusieurs contraintes liées au relief et aux élongations. « Ce sont des contraintes identiques à celles vécues avec la VHF d’un poste radio classique », relativise l’adjudant Jimmy. Ces obstacles auront été compensés par l’installation préalable de relais radio actifs sur différents canaux et réseaux. Pour le commandant du RMT, ces spécificités auront auront cependant permis « de travailler des savoir-faire transmission dont on a pas besoin en terrain militaire. Nous avons eu des difficultés avec la météo et le relief des Vosges, toutes consignées au titre des RETEX afin de s’améliorer d’ici la prochaine fois ».

 

Comme tout nouveau matériel, SICS n’est pas imperméables aux bugs et nécessitera des améliorations. Rien d’irréalisable pour un programme conçu d’emblée selon une logique incrémentale. Déployer SICS est aussi une question de temps, environ deux années dans le cas du RMT.

Ya Rab Yeshua.

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