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RETEX FMIR RMT octobre 2021


calomel
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Bonjour, comme vous êtes friands de RETEX, voici quelques impressions sur ma FMIR.
 
La semaine précédent le début de la formation, je m'inquiète de ne toujours pas avoir reçu d'appel du recruteur car sur le portail de la réserve, l'entretien est préalable à la validation du dossier. Finalement le régiment me rassure en me répondant que cette formalité n'est pas faite par téléphone avant le stage.
 
En arrivant le dimanche soir, nous nous répartissons les lits dans le dortoir, recevons la literie et apprenons à faire notre lit au carré et en bataille. La couverture est plutôt déplumée, on apprendra à avoir froid ! La journée s'achève rapidement car nous sommes arrivés repas pris, il reste donc juste à ranger ses affaires dans les placards et faire un peu connaissance avec les voisins. Le programme est donné pour le lendemain : réveil 6:00, rassemblement 6:15. D'un commun accord et pour avoir le temps de se raser, le réveil sonnera un peu plus tôt et nous nous habillerons avant 6:00.
 
Pour la première journée, chacun se présente, les stagiaires viennent de trois régiments différents (RMT, 44e RT, 13e RG). Nous avons eu la chance d'être très bien accompagnés : cinq sergents et cinq caporaux venant de trois régiments assistaient le sous-lieutenant pour encadrer les dix-huit stagiaires (ça change des cours avec un prof pour 35 élèves !). Le premier jour est logiquement réservé à la perception du paquetage et nous nous rendons en autocar à Colmar où que se trouve le GSBDD dont dépend le RMT. Les stagiaires venant des deux autres régiments ont déjà leur équipement. Le magasin étant partagé avec d'autres formations de la région, nous avons la mauvaise surprise de nous faire griller la priorité par des recrues du 152e qui percevront leur matériel toute la matinée. En attendant notre tour, nous avons nos premiers cours de commandement d'ordre serré et nous pratiquons les mouvements de pied ferme pendant que certains apprennent comment se présenter réglementairement. Enfin nous pouvons passer au magasin où mes mesures sont prises sans tenir compte des renseignements que j'avais complété, avec peine, sur le portail de la réserve. Puis chacun passe avec un charriot récupérer les équipements auprès du magasinier. Tout est neuf mais en fonction des tailles, il est possible de ne pas recevoir le même modèle ou la même couleur que les autres. J'essaie deux paires de chaussures, les souliers de randonnée en premier qui sont d'abord un peu grands, après avoir pris une taille en dessous je les trouve très confortables et meilleurs que ma paire perso ; puis une paire de BMJA que je ne mettrai pas (on nous demande juste de vérifier que les boucles ferment bien). Cela nous prend tout le reste de la journée et nous repartons chargés comme des mules avec deux sacs à dos bien tassés et une grosse valise en toile sur le dos. De retour au régiment, nous déballons le matériel puis nous avons notre premier cours de chant de section, Le Volontaire.
 
Mardi au même horaire, on nous explique les travaux d'intérêt général qui seront à faire chaque matin en vitesse (balayage, lavage des sols, nettoyage des douches et toilettes, ...) avant d'être inspectés par les cadres. Comme certains ne doivent pas passer souvent la serpillère ou faire leur lit, il y a quelques ratés au début mais les progrès sont rapides. Puis nous allons courir sur la piste d'aviation, 3x15 min à un rythme croissant :il n'y aura qu'un stagiaire qui pourra suivre le lieutenant, fondeur invétéré, pendant que je m'installe dans le groupe des mauvais-mais-pas-trop. Le reste de la journée est bien occupé par les cours (notamment sur les grades), par l'ordre serré et les entretiens individuels (j'y ai entendu que la muscu n'était pas du sport et que faire 3 semaines de ski alpin par an ne comptait pas non plus). On signe nos contrats d'engagement.
 
Ensuite le programme devient plus habituel chaque jour, réveil 6h avec une majorité de cours qui peut se prolonger jusqu'à 23h : structure de l'armée, du régiment, rôle de chacun, hiérarchie, topographie, NRBC, renseignements, camouflage, communications, armement pour les généralités ainsi que la théorie applicable directement au soldat comme les actes réflexes au combat. Il faut retenir un nombre indigeste d'acronymes qui se recoupent tous un peu : PPGARDCOCOME, PANASEFR, CASTRE, BITSS, PREPA, NVAD, DDRO, FOMECBLOT, PADE, TACT, FARE, FAME, j'en passe et des meilleurs. Certains ont du mal à suivre et rester concentrés, et ce ne sont pas toujours ceux qui ont quitté les bancs de l'école depuis le plus longtemps ! On commence à voir qui préfère les cours, qui est toujours devant aux activités physiques et plus tard se démarqueront ceux qui préfèrent le tir. Un stagiaire retardataire se joint à notre section au bout de quelques jours : une boîte de munitions aux couleurs de la compagnie de réserve, qui devra toujours nous accompagner (souffrances à prévoir pendant la course !). À chaque fois que l'un d'entre nous commettra un écart ou une faute, Juan mangera de grosses poignées de caillasses qui le rendront encore plus pesant. Du côté physique, nous ferons une initiation au parcours d'obstacle, dans le brouillard, qui se finira dans une souille pour toute la section. Même si nous n'avons passés que les obstacles bas, c'est une épreuve épuisante, surtout la fosse (trou de 2,20 m de profondeur aux bords lisses) où nous avons du arriver à faire descendre puis remonter toute la section de 18 personnes en moins de 20 secondes.
 
Après un bon diner à l'ordinaire, on se prépare pour une soirée paisible quand tout d'un coup, il faut se rassembler ! On s'équipe pour le combat et avec notre musette pleine de rations, nous partons pour une petite marche tranquille. Un car nous dépose au pied des Vosges vers 21h et les cadres nous expliquent la mission : nous faisons des groupes de six, un stagiaire aura la boussole et une carte immonde censée nous indiquer la route ainsi qu'une petite loupiote rouge pour parvenir à la déchiffrer. Pour le reste, lumière interdite ! Streng verboten ! Ça ne rate pas, on se perd dès le départ ; il faut sans cesse revenir sur ces pas, ce qui n'arrange pas le moral ; les deux groupes de queue sont déjà à la traine et alors que nous étions partis d'un bon pied, nous devons ralentir et piétiner. Sur ce, le ciel se couvre et nous prive du peu de lumière qui nous restait. Sur le sentier qui monte dans la forêt, il faut  maintenant toucher la musette du marcheur d'avant pour ne pas se perdre. Bien sûr c'est maintenant la pluie qui arrive et pour couronner le tout, une fois que nous sommes complètement trempés et glacés, nous prenons un azimut brutal à flanc de montagne pour retomber sur un chemin. Tout le monde glisse dans la boue, trébuche sur des souches, se prend les pieds dans les racines, il faut relever les camarades, s'encourager ; ceux qui ont le plus de mal donnent leurs rations et leurs sacs à porter par d'autres. Derrière, une stagiaire hurle de douleur à chaque pas : chaussures trop petites, heureusement qu'elle a le mental. Je n'ai plus d'eau. Mon champ de vision se réduit, comme en portant des œillères. Je mange les derniers sachets de sucre, trempés, que j'ai piqué le matin à l'ordinaire ...  À travers la forêt, deux lampions oranges, on dirait une guinguette ou un nekobasu arrêté : c'est le camion GBC qui vient nous ravitailler. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, on commence à se refroidir car la clairière est en plein vent. Après discussion, le groupe se scinde en deux et certains montent dans la benne pendant que les autres poursuivent l'ascension du Grand Ballon : 2-3 °C, sous la pluie, en plein vent car le sommet est dénué de tout arbre. Toute la section se retrouve au sommet pour un moment qui aurait du être émouvant, la remise de nos insignes mais transis de froid et exténués nous n'attendons que de rentrer au régiment. Bilan : nous n'aurons en fait presque pas avancé ! Il y a 8 km à vol d'oiseau, on en a peut-être fait 15 km, avec 1000 à 1500m de dénivelé. Mais qu'est-ce qu'on en a chié ... On rentre vers 6:00 au régiment, on aura le droit de dormir moins de 5h après une douche d'une minute chacun. Ouf !
 
Une journée est dédié à la certification de premier niveau de premier secours civil (PSC1). On apprend des généralités sur la protection des personnes puis comment alerter les secours, masser, défibriller, traiter les hémorragies, les brulures, malaises et étouffements. Le certificat est donné après une évaluation pratique : le formateur prépare une scène d'accident, choisi parmi les cas appris, et l'apprenti secouriste est noté sur ses gestes et paroles. Nous sommes neuf à passer et tout le monde regarde comment on traite l'accident. Le temps passe et je suis l'avant-dernier à pratiquer. Comme j'ai remarqué qu'on ne passait jamais sur un accident déjà traité par quelqu'un d'autre, il ne reste plus que trois sujets sur lesquels je pourrai être interrogé et je révise uniquement ceux-ci. Évidemment quand j'arrive devant la scène de l'accident, ce n'est pas du tout ce que j'avais prévu ! Un nourrisson ne respire plus, pouls présent, je dois pratiquer une désobstruction des voies respiratoires mais c'est la panique ! Surtout avec dix spectateurs, pas facile de réagir. Au bout du compte, tout se termine bien avec le SAMU au téléphone et tout le groupe aura son examen.
 
Le terrain, enfin ! Nous partons trois jours sur un autre terrain militaire où se trouve un champ de tir, et nous installons notre bivouac sous des tunnels en tôle. Une fois le couchage arrangé, nous préparons un feu qui ne devra s'éteindre en aucun cas jusqu'à notre départ : en se relayant la nuit pour glaner du bois, même les grosses pluies ne l'auront pas vaincu. Grosse surprise, énorme faveur, nous laisserons les FAMAS F1 des années 70 en faisceau car nous aurons le privilège de tirer au HK416. Manifestement tous les régiments d'active n'en sont pas encore équipés et il n'y en a pas pour tout le monde donc il faudra partager avec un autre stagiaire au champ de tir. On tire sur des cibles en papier à courte distance pour évaluer notre précision, puis il faut pratiquer les différentes positions et distances de tir (jusqu'à 200 m). L'évaluation se fait également sur le tir de 25 m à 200 m, de jour, de nuit et avec gilet pare-balles et une fois que tout est réussi (on a le droit à plusieurs essais), nous recevons notre certificat d'aptitude au tir. Pendant ce temps, la demi-section qui ne tire pas pratique tout ce qui a été appris en cours : ateliers de communication radio, combat en équipe de 3, topographie ... Au repas, ration. Mieux vaut ne pas trop aimer les légumes ... Le soir, c'est sympa de chanter autour du feu de camp même si on a envie de dire aux stagiaires, décoincez-vous ! On entend rien !
 
Je passe rapidement sur la fin : on rentre au régiment pour les examens finaux et les cadres nous organisent une petite soirée popote (on est tous exténués, il n'y a pas d'ambiance). Entretien de fin de stage avec le sous-lieutenant, répétition puis cérémonie rapidos avec le capitaine. Les trois premiers du classement sont mis à l'honneur. Puis on récupère toute notre paperasse, nettoyage de fond en comble puis adieux. Il faut se taper la traversée du régiment en civil avec la totalité du paquetage sur le dos ; les cadres en profitent pour nous narguer une dernière fois, on aurait pu s'en passer. Adieux !
Edited by calomel
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Merci pour ce retex détaillé.

On a fait notre FMIR en même temps, mais plus je lis de retex et plus j'ai l'impression que la mienne a été beaucoup moins "sévère" que la plupart (une seule nuit dehors et deux marches (la première de 8km, la seconde de 10km seulement), un seul jogging un matin, examen de tir uniquement en intérieur et de jour, j'ai été la seule à échouer mais ils me l'ont fait repasser jusqu'à ce que je l'obtienne, au 3eme essai...), et pourtant dieu sait que j'ai subi quand même, alors quand je vous lis tous je me demande vraiment si j'aurais tenu le coup à votre place, bravo !

 

 

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