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Avis de gros temps pour le budget des armées ?


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http://www.opex360.com/2022/05/11/avis-de-gros-temps-pour-le-budget-des-armees/

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On ne peut que déplorer l’absence de débat sur la politique de défense lors de la dernière élection présidentielle… alors même que celle-ci vise avant tout à désigner celui qui sera le chef des Armées.

Cette absence est d’autant plus regrettable que la situation internationale, avec le retour du « tragique » sur le sol européen, invitait à se pencher sérieusement sur les questions militaires et diplomatiques.

Quoi qu’il en soit, dans un rapport dont elle a dû différer la publication en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la période de réserve qu’elle était tenue d’observer durant la campagne électorale, la Cour des comptes a constaté que les trois premières annuités de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, marche-pied vers un modèle d’armée complet et équilibré [« Ambition 2030 », ndlr] ont été respectées. Ce qui est un « progrès notable par rapport aux périodes précédentes », souligne-t-elle.

Toutefois, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre les objectifs fixés.

« La restauration des capacités des armées n’est pas encore achevée : l’entraînement, les dotations en munitions, la disponibilité et le renouvellement des matériels doivent encore progresser. L’aptitude des armées à conduire dans la durée un combat de haute intensité n’a pas encore été restaurée », relèvent en effet les magistrats de la rue Cambon. Ce qui passe par la nécessité d’atteindre la masse nécessaire ainsi qu’un niveau de préparation suffisant pour participer, même dans le cadre d’une coalition, à une « opération classique et majeure de coercition face à un adversaire étatique ».

Seulement, et alors que la LPM 2019-25 prévoit une hausse annuelle significative du budget des armées [+3 milliards] à partir de 2023, le plus difficile reste à faire.

Déjà, 300,3 millons d’euros de crédits de paiement jusqu’alors mis en réserve ont été annulés pour financer le plan de résilience économique et sociale lancé par le gouvernement afin de faire face aux conséquences des sanctions imposées à la Russie. Normalement, cette somme devrait être compensée d’ici la fin de cette année… Mais si elle ne l’est pas, alors cela « constituerait un premier signe des besoins d’arbitrage dus aux contraintes budgétaires dans un contexte où […] la défense n’est pas la seule priorité de l’action gouvernementale », prévient la Cour des comptes.

D’autant plus que celle-ci a émis un avis de gros temps pour les finances publiques… En effet, le déficit budgétaire devra revenir dans les clous [soit à -3% du PIB] d’ici 2027, ce qui supposera un important effort de maîtrise de la dépense publique d’ici-là.

Et cela, alors que la dette a atteint 120% du PIB [et la gestion de la pandémie de covid-19 n’est pas la seule en cause] et que la Banque centrale européenne [BCE] envisage d’augmenter ses taux d’intérêts. Et puis vient s’ajouter l’impact de la guerre en Ukraine, en particulier celui des sanctions économiques décidées contre la Russie. Les tensions sur le marché de l’énergie [gaz et pétrole] – qui, soit dit en passant, feront grimper les coûts de facteur pour les armées – et les difficultés d’approvisionnement ne pourront que peser sur la croissance… et donc sur les rentrées fiscales.

Cependant, étant donné que les risques et menaces identifiés par la Revue stratégique de 2017 [actualisée en 2021] tendent à se concrétiser et qu’il apparaît nécessaire d’investir dans de nouvelles capacités pour y répondre [comme les grands fonds, l’espace, le cyber, etc], une réduction des dépenses militaires est difficilement envisageable, l’heure n’étant plus aux « dividendes de la paix »…. D’autant plus que, pour la plupart, les pays européens ont annoncé leur intention de revoir à la hausse leur effort de défense, parfois de manière substantielle, comme l’Allemagne, qui va lancer un fonds de 100 milliards d’euros pour « réparer » la Bundeswehr.

« La remontée en puissance de l’outil de défense prévue par la LPM 2019-2025 se heurte à la conjonction de deux évolutions défavorables =

- d’une part, les finances publiques se sont dégradées sous l’effet de la crise sanitaire, imposant un effort de réduction du déficit public d’ici à 2027 qui peut contrarier la poursuite d’une forte croissance des budgets de défense ;

- d’autre part, l’accélération et la diversification de la montée des menaces mises en évidence par l’Actualisation stratégique de 2021 tendent parallèlement à augmenter les besoins en matière de défense », résume ainsi la Cour des Comptes.

Cela étant, et sous réserve d’un désengagement des armées de certaines missions [comme Sentinelle, par exemple], d’une politique plus volontariste pour mieux tirer parti des financements de l’Union européenne [UE] et de coopérations soutenues avec les partenaires stratégiques de la France, la poursuite des efforts en vue d’atteindre l’objectif fixé par le plan « Ambition 2030 » est le premier scénario décrit par la Cour des comptes dans son rapport. Mais il « constitue un défi majeur dans un contexte de finances publiques affaiblies », prévient-elle.

Et il n’exclut pas une réflexion « sur le modèle d’armée » étant donné que les marges de manoeuvres sont faibles… En clair, il supposerait de faire des choix… et donc de renoncer à certaines capacités.

Le second scénario avancé dans le document consisterait « à adopter une trajectoire de ressources moins ambitieuse pour la défense tout en conservant la volonté de disposer du spectre complet des capacités militaires », comme cela a été fait entre 2008 et 2015, ce qui a abouti à des forces armées « échantillonaires ». Dans les faits, cela revient à effectuer une « réduction homothétique » des moyens sous la contrainte budgétaire, ce qui se traduit irrémédiablement par des pertes capacitaires subies.

Enfin, la dernière option proposée par la Cour des comptes impliquerait de « choisir les capacités opérationnelles à conserver, voire à développer, et donc de décider celles pour lesquelles l’effort sera réduit ». En clair, il s’agirait de faire comme le Royaume-Uni… alors que le modèle britannique n’est pas forcément transposable en France, d’autant plus qu’il suppose des renoncements qui seraient probablement irréversibles.

Pour passer le cap des années à venir, la Cour des comptes, qui se garde de préciser explicitement le scénario qui a sa préférence, émet trois recommandations =

- en premier lieu, elle demande au gouvernement de « chiffrer les crédits budgétaires de 2024 et 2025 correspondant aux besoins issus des ambitions de la LPM, en tenant compte du dernier ajustement annuel de la programmation militaire et établir une trajectoire budgétaire jusqu’à l’horizon de stabilisationdu déficit public prévu en 2027 ». Ce qui n’a pas été fait à l’occasion de l’ajustement de la LPM, alors que celle-ci aurait dû faire l’objet d’une réactualisation dans le cadre d’un débat au Parlement…

- ensuite, la Cour estime qu’il faut « identifier et exploiter les marges de manœuvre budgétaires qui peuvent exister, notamment dans le domaine de la coopération européenne et s’agissant de la définition du périmètre des missions confiées aux armées » ;

- enfin, elle plaide pour l’adoption d’un « processus d’actualisation stratégique et de programmation militaire plus réactif, plus transparent et reposant sur une plus grande capacité d’anticipation ».

Photo : État-major des armées

Ya Rab Yeshua.

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Pourtant au sommet de l'état nous avons parait-il "le Mozart de la finance"......il devrait pouvoir régler tout ça....Lol

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" Si tu fais trop confiance à tes yeux, tu risques de ne pas voir ce qui est vraiment important ".

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Le CEMA actuel a souligné l'importance pour le chef de dire toujours la vérité. J'attends avec impatience sa réaction face à ce "retournement de veste" du plus haut représentant de l'exécutif.

 

BTX

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Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/05/14/inflation-23054.html

L'inflation parmi les risques budgétaires qui menacent les Armées

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En France, selon France-Inflation.com, l'inflation (1,6% en 2021) est repartie à la hausse depuis janvier 2021 et est arrivée en avril 2022 à 4.8%:

 

Est particulièrement touchée l'énergie (+18,5% entre avril 2021 et avril 2022). Les services sont aussi affectés avec une hause globale sur un an de 3%. Est également touchée l'alimentation

Selon une estimation provisoire de l'Insee, l'inflation devrait même dépasser les 5% en mai et atteindre 5,4% en juin, tirée en particulier par les prix alimentaires, attendus en hausse de 6,3% en juin, et toujours par les prix de l'énergie, même si leur augmentation ralentirait quelque peu (+26% en juin après +29,2% en mars).

De telles hausses et de telles tendances inflationnistes ne vont pas être sans impact sur le budget des Armées, budget déjà sous tension quoi qu'en disent des esprits rassurants (ou aveugles) du monde de la défense.

Dans son rapport du 11 mai ("La loi de programmation militaire 2019-2025 et les capacités des armées"), la cour des Comptes a bien cité l'inflation parmi les risques budgétaires "tels que les restes à payer élevés, le besoin de financements non prévus par la LPM, en particulier liés au remplacement des avions prélevés pour l'exportation". 

L'inflation fait donc partie d'un "ensemble de risques pesant sur les ressources du ministère des Armées, qui pourraient compromettre sa capacité à financer la totalité des programmes d’armement prévus par la LPM."

Inquiétudes aux USA
Ce retour de l'inflation est principalement dû au prix de l'énergie qui a augmenté de 26.5% depuis les 12 derniers mois. L'impact de la hausse des prix ne laisse pas indifférent aux Etats-Unis où l'inflation a atteint 8,5% en avril.

Les spécialistes US de la défense commencent à s'en émouvoir car la hausse cumulée sur trois ans (2021, 2022 et 2023) pourrait atteindre 20,5% (beaucoup plus que ce que prévoit l'Office of Management and Budget du DoD) et avoir un impact direct sur le budget de la Défense. Domaines principalement concernés : les carburants, les salaires et les traitements médicaux.

Dans un article paru sur le site DefenseOne ("Four Lessons that Should Upend the Pentagon’s Five-Year Strategy From the quick consumption of weapons in Ukraine to rising inflation, the current resourcing plan is untenable"), le général (2S) John Ferrari estime que cela représente une perte budgétaire de 160 milliards (et non millions) de $ pour l'année fiscale 2021-2022.

Une autre version de son article est parue sur le site Breaking Defense, avec davantage de chiffres.

Ya Rab Yeshua.

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Cela va être un temps très difficile pour la France et l'Europe. D'un côté la réalité des finances publiques et de la situation budgétaire, mais de l'autre la menace claire géostratégique venant de l'Est, imposant une remontée en puissance urgente dans l'armée Française. Je pense que même la loi de programmation militaire 2019-2025 ne prenait pas en compte la réalité géopolitique changée en Février 2022.

Il est pourtant primordial que l'Europe remontre en puissance militairement et présente un axe fort face à l'Est et pour ses alliés, et il est doublement primordial que la France, en tant que "double moteur" de l'Europe (avec l'Allemagne) se présente en leader (et pas en affolé réagissant aux circonstances) dans cette situation.

Je crois avoir aussi lu pas mal d'informations émettant une volonté de l'état Français de "muscler" son armée de façon moins chère en valorisant la réserve opérationnelle (ceci fait l'objet de plusieurs points de la programmation 2019-25) avec l'objectif ultime (on en est loin) d'être au niveau de la réserve Canadienne (la réserve au Canada représente 50% des militaires et est tout aussi importante que l'active...C'est une réserve extrêmement active et engagé dans la défense à tout les niveaux). 

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  • 4 weeks later...

http://www.opex360.com/2022/06/13/m-macron-veut-un-investissement-clair-et-fort-pour-consolider-le-modele-darmee-complet/

M. Macron veut un investissement « clair et fort » pour consolider le modèle d’armée complet

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En 2021, le gouvernement a procédé à un « ajustement » de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25 alors qu’il était prévu d’actualiser cette dernière par voie parlementaire, comme le prévoyait son article 7, pour en préciser les dernières annuités de sa trajectoire financière « en prenant en compte la situation macroéconomique ».

S’il fut critiqué par les parlementaires [et en particulier par les sénateurs], cet ajustement de la LPM se déclina selon trois axes : « Mieux détecter et contrer », « Mieux se protéger » et « Mieux se préparer ».

Et il était alors question de développer certaines capacités [à enveloppe constante, ndlr], notamment dans les domaines du NRBC [nucléaire – radiologique – biologique et chimique], de la lutte anti-drone, du spatial, du cyber et de la « guerre des fonds marins ».

Depuis, le budget des armées a été porté à 40,9 milliards d’euros [moins une annulation de crédits de 300 millions qui devraient cependant être récupérés là l’occasion de le prochaine loi de finances rectificative], la Russie a envahi l’Ukraine et… la Cour des comptes a publié un rapport dans lequel elle a estimé que, compte tenu de la dégradation des finances publiques et de l’évolution défavorable des paramètres macro-économiques, le modèle d’armée complet ne serait plus tenable, sauf à consentir un effort financier important aux dépens d’autres priorités gouvernementales.

Or, d’après les propos qu’il a tenus à l’occasion de l’ouverture du salon de l’armement terrestre Eurosatory 2022, ce 13 juin, le président Macron envisage des investissements supplémentaires pour les armées.

« J’ai demandé au ministre [des Armées] et au chef d’état-major des armées de mener dans les semaines qui viennent une réévaluation de cette Loi de programmation militaire à l’aune du contexte géopolitique », a-t-il annoncé. « Ce travail donnera lieu […] à une nouvelle planification et à un investissement dans la durée, clair et fort, de la Nation pour pouvoir accompagner ce bouleversement du monde, consolider notre modèle d’armée complet mais aussi nous positionner encore plus fortement sur l’évolution à la fois de la menace et des réalités que nous sommes en train de vivre aussi bien sur le théâtre sahélien que dans cette guerre de haute intensité revenue sur le sol européen », a déclaré Emmanuel Macron.

Cela étant, « nous n’avons pas attendu les changements stratégiques pour réinvestir », a-t-il rappelé, dans une allusion à la hausse continue du budget des armées depuis cinq ans. Mais la guerre en Ukraine fait peser une « exigence supplémentaire pour aller plus vite, plus fort, au moindre coût », a-t-il estimé.

« Il nous reste beaucoup à faire pour nous adapter aux transformations profondes que nous sommes en train de vivre. Et pour qui douterait de l’urgence de ces efforts, il suffit de regarder une fois encore, vers l’Ukraine, dont les soldats réclament un armement de qualité et qui sont en droit d’avoir une réponse là aussi de notre part », a fait valoir le chef de l’État. Aussi, a-t-il poursuivi, « nous prendrons les décisions des investissements et nous aurons les exigences qui vont avec ».

Et cela passera par une « economie de guerre », dans laquelle, a estimé M. Macon, la France est « entrée » et « dans laquelle nous allons durablement nous organiser » car « on ne peut plus vivre avec la grammaire d’il y a un an ».

À propos d’économie de guerre, et selon des informations du quotidien Le Monde, la Direction générale de l’armement [DGA] est en train d’élaborer un texte législatif qui permettrait de réquisitionner certaines capacités de production ainsi que des matériaux critiques [titane, métaux rares, etc] et des composants [semi-conducteurs] à des fins militaires. Il s’agirait de s’inspirer du « Defense Priorities and Allocations System Program » [DPAS] qui, en vigueur aux États-Unis depuis la guerre de Corée, autorise le Pentagone à mobiliser et réorienter des ressources à des fins de sécurité nationale.

Par ailleurs, M. Macron a une nouvelle fois plaidé en faveur de davantage de coopération européenne en matière de défense. « Ne repartons pas de l’avant pour reproduire les erreurs du passé, dépenser beaucoup pour acheter ailleurs n’est pas une bonne idée », a-t-il soutenu, alors que l’industrie américaine de l’armement devrait profiter d’une bonne partie du « fonds spécial » mis en place par l’Allemagne pour financer la remontée en puissance de ses forces armées.

« L’heure est à la mise en place d’une préférence européenne », a-t-il dit. « Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne beaucoup plus forte et beaucoup plus exigeante […] sinon nous construirons les dépendances de demain », a-t-il insisté.

Ya Rab Yeshua.

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  • 3 weeks later...

http://www.opex360.com/2022/07/04/le-ministre-des-armees-confirme-que-le-budget-de-la-defense-augmentera-de-3-milliards-deuros-en-2023/

Le ministre des Armées confirme que le budget de la Défense augmentera de 3 milliards d’euros en 2023

Les militaires autorisés à se présenter aux élections municipales? La  "Grande Muette" de moins en moins muette | Le HuffPost

Avec les conséquences économiques de la pandémie de covid-19, la perspective d’une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne [BCE], un endettement équivalent à 112,9% du PIB, des politiques prioritaires à financer [comme l’hôpital] et les mesures visant à amortir l’inflation pour les ménages, un avis de gros temps budgétaire pour les armées était à craindre…

D’autant plus que 300 millions d’euros de crédits de paiement mis en réserve ont été annulés en mars dernier afin de financer une partie du plan de résilience économique et sociale lancé par le gouvernement pour faire face aux conséquences des sanctions imposées à la Russie pour son invasion de l’Ukraine… Et que la Cour des comptes a récemment émis des réserves sur la soutenabilité financière de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, alors que celle-ci prévoit une hausse budgétaire importante en 2023.

En outre, par le passé, quand il fallait trouver des marges de manoeuvres dans le budget de l’État, le ministère des Armées fut généralement mis à contribution. Avec les conséquences que l’on sait… Cela étant, la situation actuelle est différente des précédentes, étant donné que la guerre entre États a fait son retour sur le sol européen.

Quoi qu’il en soit, et si l’on s’en tient à la trajectoire financière de la LPM 2019-25, le budget des armées devrait être augmenté de 3 milliards d’euros en 2023, pour être porté à 44 milliards. Or, ce 4 juillet, dans un entretien accordé au quotidien « Les Échos » et sans attendre la déclaration de politique générale de la cheffe du gouvernement, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a confirmé l’ampleur de cette hausse pour l’an prochain.

« Je vous confirme que conformément à la Loi de programmation militaire votée, le gouvernement va inscrire en loi de finances pour 2023 une marche de 3 milliards d’euros supplémentaires pour le budget de nos armées », a en effet déclaré M. Lecornu.

Cela étant, il reste à voir la suite.

Normalement, les montants des deux dernières annuités de la LPM auraient dû être précisés à la faveur d’une actualisation de cette dernière, prévue en 2021. Seulement, et au grand dam des parlementaires – et en particulier à celui des sénateurs – cet exercice n’a pas eu lieu, le gouvernement d’alors s’étant prononcé pour un « ajustement ».

À l’époque, compte tenu de la chute du PIB sous l’effet de la pandémie de covid-19, les dépenses militaires françaises avaient atteint les 2% de PIB, conformément à la norme de l’Otan… et à l’objectif inscrit dans la LPM, celui-ci devant être atteint en 2025.

Reste que, a priori, l’effort de 3 milliards annoncé par M. Lecornu pour 2023 pourrait être maintenu, voire accentué, pour les deux prochaines annuités de la LPM, d’autant plus qu’il faudra prendre en considération l’inflation…

« Je suis aussi chargé de voir quelles mises à jour nous pouvons d’ores et déjà apporter, pour tirer les conséquences des premiers retours d’expérience du conflit en Ukraine ou de nos opérattions au Sahel.

Une réflexion plus approfondie et structurée aura ensuite lieu pour préparer la prochaine loi de programmation militaire au regard des nouveaux enjeux de sécurité », a rappelé M. Lecornu dans les colonnes du quotidien économique.

En tout cas, lors de l’ouverture du salon de l’armement terrestre EuroSatory 22, le 13 juin dernier, le président Macron avait parlé d’une « nouvelle planification » et d’un « investissement dans la durée, clair et fort » afin de pouvoir « consolider notre modèle d’armée complet mais aussi nous positionner encore plus fortement sur l’évolution à la fois de la menace et des réalités que nous sommes en train de vivre aussi bien sur le théâtre sahélien que dans cette guerre de haute intensité revenue sur le sol européen ». Et il avait aussi souligné la nécessité de mettre en place une « économie de guerre ».

À ce sujet, M. Lecornu a dit attendre des « propositions » de l’État-major des armées [EMA] et de la Direction générale de l’armement [DGA] sur les « stocks stratégiques indispensables, par exemple de munitions ». En outre, il a aussi fait part de son intention de « demander aux industriels » de l’armement de « réfléchir aux mesures de simplications qui leur permettraient de produire plus vite ».

« L’exercice que nous allons faire avec les industriels est inédit. Il sera mené en collaboration avec le ministre de l’Économie […]. La réflexion portera aussi bien sur les matières premières, les savoir-faire, les simplifications administratives et les perspectives à l’exportation. Au moment où la France va faire un effort budgétaire sans précédent pour ses armées, les industriels doivent être au rendez-vous », a-t-il expliqué, avant de souligner que la politique « zéro stock » n’était désormais plus en odeur de sainteté.

Mais l’une des questions que le gouvernement aura à régler est celle de l’accès des entreprises de la Base industrielle et technologique de défense [BITD] aux financements bancaires, à l’heure où la Commission européenne planche sur des projets de taxonomie et d’écolabel pour les produits financiers, lesquels stigmatiseraient les activités liées à l’armement. « Ce qui menace notre BITD et notre défense globale, c’est le suicide par la vertu », a récemment résumé le député Jean-Louis Thiériot [LR].

Ya Rab Yeshua.

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http://www.opex360.com/2022/07/06/mme-borne-le-president-macron-va-bientot-preciser-les-contours-dune-nouvelle-loi-de-programmation-militaire/

Mme Borne : le président Macron va bientôt préciser les « contours d’une nouvelle Loi de programmation militaire ».

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Promulguée en juillet 2018, la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25 ne précise les ressources devant être allouées aux armées que pour ses cinq premières annuités [donc, jusqu’en 2023]. L’objectif étant alors de porter l’effort de défense à 2% du PIB d’ici 2025, il était question de procéder à une « actualisation » de cette loi afin de préciser la trajectoire financière pour les années 2024 et 2025, sachant qu’une hausse de 3 milliards d’euros était prévue pour 2023.

Selon l’article 7 de ce texte, cette actualisation aurait dû avoir lieu avant la fin de l’année 2021, en y associant le Parlement. Seulement, faute de « visibilité » sur la situation macroéconomique en 2024 et 2025, le gouvernement, alors conduit par Jean Castex, décida de procéder à un « ajustement » de cette LPM, via une procédure lui permettant de ne pas engager sa responsabilité [article 50 de la Constitution, ndlr]. Une manière de faire qui fut dénoncée par le Sénat [et qui ne manqua pas d’exprimer sa désapprobation].

Quoi qu’il en soit, la situation internationale s’étant dégradée davantage sous l’effet de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la LPM 2019-25 ne fera pas l’économie d’une actualisation afin d’en tenir compte. Et cela alors que plusieurs pays européens ont d’ores et déjà annoncé une hausse significative de leurs dépenses militaires, à commencer par l’Allemagne, qui vient de créer un fonds « spécial » de 100 milliards d’euros pour remédier aux lacunes de la Bundeswehr.

C’est, d’ailleurs, l’annonce faite par le président Macron, à l’ouverture du salon de l’armement terrestre EuroSatory 2022. « J’ai demandé au ministre [des Armées, ndlr] et au chef d’état-major des armées de pouvoir mener dans les semaines qui viennent une réévaluation de cette Loi de programmation militaire à l’aune du contexte géopolitique », a-t-il en effet déclaré, avant d’évoquer la mise en place d’une « économie de guerre ».

En attendant, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a récemment confirmé que le budget de la Défense augmenterait bien de 3 milliards d’euros en 2023… Une hausse qui ne prend pas en compte la hausse du coût des facteurs [comme, par exemple celui de l’énergie], alors que l’article 5 de la LPM 2019-25 précise que, dans pareil cas, la « mission Défense bénéficiera de mesures financières de gestion », voire de « crédits supplémentaires ouverts en construction budgétaire », afin de « couvrir les volumes nécessaires à la préparation et à l’activité opérationnelle des forces ». Au lieu de ça, 300 millions d’euros de crédits ont été annulés dans le budget des armées, en mars dernier. Une somme qui devrait être récupérée à la faveur d’une loi de finances rectificative, qui doit être soumise au Parlement dans les prochains jours.

Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il soit question d’aller plus loin qu’une simple « réévaluation » ou « actualisation » de la LPM actuellement en vigueur. C’est en effet ce qu’a laissé entendre Mme le Premier ministre, Élisabeth Borne, lors de sa déclaration de politique générale, ce 6 juillet, à l’Assemblée nationale.

« Le contexte géopolitique et les désordres du monde nous obligent. Nous devons disposer d’un modèle d’armée complet, équilibré, modernisé. Un modèle d’armée cohérent et capable d’agir », a déclaré la cheffe du gouvernement, après avoir rendu un vibrant hommage aux militaires.

La dernier « quinquennat a permis un effort sans précédent depuis la fin de la Guerre Froide pour nos armées. Nous avons respecté l’exécution de la Loi de programmation militaire, nous avons modernisé nos infrastructures, mené un renouvellement massif de nos équipements et lancé de grands programmes d’avenir, comme celui du nouveau porte-avions. Nous devons maintenant poursuivre et amplifier cet investissement », a continué Mme Borne.

Et d’ajouter : « Prochainement, le président de la République annoncera les contours d’une nouvelle Loi de programmation militaire. Il donnera une vision et un cap à nos armées comme à notre industrie de défense, en tirant les enseignements de l’engagement de nos forces et de la coopération avec d’autres armées ».

Sans doute en saura-t-on plus lors de l’allocution que prononce traditionnellement le président lors de la réception donnée par le ministère des Armées à l’Hôtel de Brienne, à chaque veille du 14-Juillet…

Reste que pour Mme Borne, il s’agira de mener une politique en matière de défense qui soit « cohérente » avec les « ambitions européennes » et les Alliés de l’Otan.

Par ailleurs, Mme Borne a également souligné la nécessité de renforcer la « résilience » de la Nation. « Par l’accroissement de la réserve [qui n’est pas que militaire, ndlr], par des actions auprès de notre jeunesse, par le travail de mémoire, par l’attention portée aux anciens combattants, nous renforcerons le lien armée-nation », a-t-elle conclu.

Ya Rab Yeshua.

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https://www.forcesoperations.com/les-armees-recupereront-les-346-me-de-credits-amputes-debut-2022/

Les armées récupéreront les 346 M€ de crédits « amputés » début 2022

https://www.forcesoperations.com/wp-content/uploads/2022/07/Les-Arme%CC%81es-re%CC%81cupe%CC%80rent-les-346-ME-de-cre%CC%81dits-ampute%CC%81s-de%CC%81but-2022-394x218.jpg

Comme annoncé, le ministère des Armées récupérera les 346 M€ de crédits « amputés » en mars dernier pour financer le plan de résilience, annonçait hier le ministre des Armées Sébastien Lecornu lors de sa première audition devant la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale.

Des crédits réalloués dans le PLFR
 

« Vous retrouverez ces 346 M€ », a confirmé le ministre des Armées en réponse à plusieurs questions posées par les députés Jean-Louis Thiériot (LR) et Jean-Charles Larsonneur (Horizons). De fait, le projet de loi de finances rectificative pour 2022 présenté hier soir rétablira la balance à l’euro près, soit 300 M€ ouverts pour la mission « Défense » et 46 M€ ouverts pour la mission « Anciens combattants ».

Bien que provisoire, cette annulation avait provoqué l’émoi des sénateurs, qui avaient alors pointé une mesure « maladroite » et « un mauvais signal donné » dans un contexte de guerre en Ukraine. « Ce sont évidemment les jeux de gestion qui nous ont permis de financer d’autres opérations urgentes », justifiait à nouveau Sébastien Lecornu, en écho aux 2 Md€ de réserves de précaution mobilisés parmi les ministères pour alimenter le plan de résilience.
 

Les deux-tiers des crédits annulés, soit 202,3 M€, provenaient du programme 146 « Équipements des forces ». Néanmoins, « cette annulation n’impacte pas les investissements prévus par le ministère des Armées puisque nous n’aurions pas pu dépenser cet argent avant novembre 2022, et nous le récupérerons en juillet 2022 », précisait alors l’ex-porte-parole du ministère, Hervé Grandjean.

La marche de 3 Md€ confirmée
 

« Est ce qu’il faut continuer à faire des efforts ? La réponse est oui. Est-ce qu’il faut continuer à augmenter le budget des Armées ? La réponse est oui », complétait le ministre. Hier, celui-ci a également confirmé que le gouvernement « proposera une nouvelle marche à 3 Md€ (…) qui permettra de porter le budget des Armées à 44 Md€ pour l’année 2023 ».

Du côté de Brienne, la confiance semble de mise quant à l’issue des votes à venir. Parmi tous les candidats à la dernière élection présidentielle « personne ne suggère d’anéantir le budget des armées, ce qui est quand même une bonne chose parce que ça doit nous permettre d’avoir au moins une base d’accord pour la suite des constructions budgétaires », rappelait Sébastien Lecornu.
 

Ces moyens supplémentaires n’auront de sens « que si on les confronte à un premier retour d’expérience de ce que nous vivons en Ukraine ». Le moment est « délicat » reconnaît le ministre, car il s’agit de progresser dans le déroulé de la LPM actuelle tout en réalisant « quelques mises à jour ». C’est l’enjeu de la refonte de la LPM commandée par le président de la République auprès du chef d’état-major des armées et du ministre. De premiers ajustements seront proposés pour l’exercice 2023 « en plus de la loi de programmation militaire ».

Des premières mesures et des questions
 

Parmi les mesures sur lesquelles le parlement devra se prononcer rapidement, l’état des stocks stratégiques de munitions. Il ne s’agit pas seulement de compenser les dons faits à l’Ukraine, souligne le ministre. Un affrontement majeur comme celui vécu depuis février aux portes de l’Europe implique aussi des éléments de résilience, à commencer par la « capacité à reproduire très très vite ». Voire, pour certains matériels, sauter cette étape et « en profiter pour faire un saut technologique ? La réponse est dans la question ».

 

Deux interrogations demeurent.

Quid des effets de l’inflation, un paramètre « qui n’était pas prévu » dans la LPM ?

Comment maintenir les jalons des programmes en cours tout en en alimentant de nouveaux avec une LPM à enveloppe fermée ?

Pour la première, le sujet sera « traité en PLF ». Pour la seconde, il faudra sans doute attendre la nouvelle mouture, dont les premières lignes directrices sont attendues à l’automne, puis le projet de loi de finances pour 2023 pour y voir plus clair.

Ya Rab Yeshua.

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http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2022/07/10/ver-23196.html

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C’est une armée française rutilante qui défilera le 14 juillet à Paris et dans de nombreuses villes de France. Une armée qui a toutefois échappé à la paupérisation et à l’exténuation grâce à une loi de programmation militaire (2019-2025) ambitieuse et respectée une fois n’est pas coutume.

Pour 2023, le nouveau ministre des Armées, Sébastien Lecornu, entend s’en tenir scrupuleusement à son déroulement; le budget des Armées franchira alors un nouveau seuil, passant de 41 à 44 milliards d’euros.

A moins que le chef de l’État n’impose une nouvelle LPM qui, espérons-le, ne sera pas que l’occasion d’une de ces guéguerres budgétaires que maîtrisent les états-majors.

Elisabeth Borne a déjà précisé que "le président de la République annoncera les contours d’une nouvelle loi de programmation militaire. Il donnera une vision et un cap à nos Armées comme à notre industrie de défense, en tirant tous les enseignements de l’engagement de nos forces et de la coopération avec d’autres armées."

Cette future LPM s’impose puisque l’environnement stratégique a évolué et que certaines carences ont ré-émergé.

Le déplacement des pôles de tensions est évident mais cette bascule vers l’Europe de l’Est n’est pas intervenue avec l’attaque russe contre l’Ukraine.

Sur ce flanc Est, face à la Russie, les tensions s’exacerbent depuis 2014.

Pour l’armée française, cette évolution s’est traduite par la projection de forces terrestres dans les pays baltes d’abord puis, plus récemment, en Roumanie. Ces forces sont soutenues par l’armée de l’Air et de l’Espace et par la marine.

Cette bascule n’a aucune incidence sur le redéploiement français au Sahel. Il ne s’agit pas de dégarnir le Mali, où la France poursuit son retrait, pour renforcer les groupements tactiques d’Estonie ou de Roumanie. Au Sahel, comme le répète Sébastien Lecornu, "la lutte contre le terrorisme n’est pas finie. La question est de savoir avec qui et comment cette lutte sera menée ". Poursuivre la lutte au Sahel n’implique pas de transformation radicale du profil des forces engagées. L’armée française, aguerrie par dix ans d’opérations, y dispose de matériels adaptés et d’un réseau de bases qui lui permet de se déployer et de frapper. 

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La future LPM, en revanche, va devoir tenir compte des modalités et des exigences du combat de haute intensité, tel qu’il est pratiqué actuellement en Ukraine et qui se caractérise par une attrition humaine et matérielle intense.

Le défi, c’est désormais de disposer d’une masse permettant un engagement dans la durée (court/moyen terme toutefois). D’où l’identification de carences à réduire d’urgence et l’acceptation d’une économie de guerre.

Acceptation qui suscite deux interrogations.

La première question est de savoir d’une part comment "produire plus vite, en grande quantité et à des prix soutenables". L’outil industriel existe. Mais la tension sur les matières premières pour produire armes et munitions n’est pas infime. En outre, l’érosion du savoir-faire et de la ressource humaine de nos industries de défense ne peut être ignorée.

La seconde question est tout aussi cruciale : comment constituer des stocks pérennes de munitions et carburants, comment mieux préparer et équiper les réserves et comment impliquer l’intégralité de la nation dans un effort militaire durable ?

Que l’on se rassure ! La perspective d’affrontements armés de haute intensité sur le sol métropolitain est réduite mais le risque de voir des soldats français engagés, au sein d’une coalition, sur des champs de bataille d’Europe de l’Est, voire d’Asie, n’est pas à écarter. Certes nous ne sommes pas en guerre. Mais certaines puissances étrangères pourraient le décider pour nous et rendre ainsi caduc notre actuelle affirmation que la France n’est actuellement aucunement un cobelligérant.

Ya Rab Yeshua.

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