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De nouveaux blindages réactifs en développement chez Nexter Arrowtech


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Tant le glaive que le bouclier sont au coeur des réflexions chez Nexter Arrowtech. S’ils sont moins visibles, les travaux portant sur la survivabilité des véhicules devraient aboutir à l’émergence d’une nouvelle gamme de blindages réactifs explosifs (Explosive Reactive Armor, ou ERA).

Apparu il y a un demi-siècle, le principe de l’ERA repose sur un « sandwich » de plaques d’acier et d’explosifs fixé sur le véhicule. En détonant à l’impact, l’explosif propulse les plaques pour briser la charge et en réduire les effets. En France, cette technologie est maîtrisée depuis la fin des années 1990 grâce au kit Brenus intégré sur le char AMX-30 B2. Depuis, et bien qu’elle soit moins médiatisée que les munitions, la protection est restée « un sujet de prédilection » pour une partie des 200 employés de Nexter Arrowtech dévolus à la R&D.
 

Hormis les caissons ERA du char Leclerc et un kit Brenus figurant toujours au catalogue, certains planchent aujourd’hui sur trois solutions aux enjeux, difficultés et calendriers différents : un ERA « classique », un ERA composite (CERA) et un ERA « pro-réactif » (EPRA). Sujet sensible oblige, la composition, la structure et les performances précises de ces modules resteront des secrets maisons.

L’ERA « classique » repose sur des briques 100% métalliques. Les menaces évoluent et la généralisation de la munition flèche, par exemple, obligeait à réfléchir à de nouvelles réponses. Les munitions flèches apportent leur lot de difficultés. Celles-ci ne générant pas de chaleur, « il faut des blindages réactifs dimensionnés d’une façon très particulière pour que l’initiation de l’explosif puisse se faire lors du choc ». La structure du caisson doit dès lors être modélisée pour orienter et diluer idéalement l’énergie générée par le projectile. Plusieurs architectures ont ainsi été testées à grand renfort de simulations dans un premier temps.  
 
Le niveau de maturité est désormais « assez élevé », à mi-chemin entre les TRL 5 et 6. « Nous avons fait des progrès récents avec des éléments frontaux qui résistent maintenant très bien aux munitions flèches », nous explique-t-on. Le design de front de caisse a également démontré son efficacité contre des munitions creuses. Cette solution pourrait entrer sur le marché à l’horizon 2025.
 

« Souvent, les systémiers hésitent à monter ces blindages réactifs sur les véhicules en raison des effets collatéraux qu’ils génèrent », relève Nexter. S’y ajoute la question de la prise de poids occasionnée au détriment de l’autonomie et de la mobilité du porteur. « En observant le marché, nous avons constaté que nos concurrents proposaient des blindages composites qui généraient des effets moindres ». Des blindages hybrides projetant des plaques en matériaux composites moins dangereux pour le combattant débarqué et plus légers.

 

Chez Nexter, les premières réflexions remontent à trois-quatre ans. Ces travaux ont abouti à « un blindage explosif que l’on appelle CERA, pour Composite Explosive Reactive Armor, qui fonctionne et que nous allons proposer sur le marché à l’horizon 2026 ». Le module qui en découle s’avère « beaucoup plus intéressant que nous le pensions ». Le caractère macro-moléculaire des fibres utilisées, notamment, « vient parfaitement perturber les jets de charges creuses et présente une efficacité inattendue contre les projectiles flèches ». Et si les performances sont moindres en comparaison à un ERA classique, l’équipage y gagne néanmoins sur les effets collatéraux.

 

Bien qu’elle soit dimensionnée prioritairement pour les chars de combat, cette technologie, de par l’économie de masse qu’elle induit, la rendrait compatible avec d’autres plateformes plus légères. L’un des enjeux reviendra à diminuer le risque de projection arrière lors de la détonation, le blindage passif étant généralement moins épais sur ces véhicules.

 

Ce blindage CERA atteint actuellement le niveau de maturité TRL 3-4. Le jalon TRL 5 sera démontré cette année, « c’est à dire que nous allons prouver son fonctionnement effectif à performances établies ». Restera à l’évaluer dans la multitude d’environnements et de cas d’usages rencontrés sur le terrain opérationnel.

 

Le blindage « intelligent » EPRA, enfin, est conçu pour identifier le type de projectile. À la différence d’une protection active traitant la menace à distance grâce à ses capteurs, « l’idée est ici d’attendre l’impact pour détecter le projectile ». Il s’agira de rendre le module apte à déterminer s’il doit laisser la menace le traverser ou commander la détonation à l’instant idéal en fonction de l’énergie détectée. Ce faisant, l’EPRA optimise l’effet de l’explosif tout en étant capable de discriminer les leurres et les munitions de petits et moyens calibres pour lesquels le blindage passif s’avère suffisant.

 

Résultat : pas de consommation inutile de briques ERA, donc pas de trou dans le maillage et un bouclier qui conserve une pleine capacité de réaction. Le système gagne également en sécurité grâce au recours à un explosif insensible. Ce produit « de nature à rendre plus robuste un blindage réactif », l’industriel espère pouvoir le mettre sur le marché en 2030.

 

À la fin de la décennie, Nexter Arrowtech serait alors en mesure de proposer une nouvelle gamme de briques ERA. « Cette modularité permet d’adapter la protection en fonction de la menace. On ne choisit pas le même module selon que l’on affronte une menace principale de type missile ou une menace principale de type munition flèche », pointe le groupe français.

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Ya Rab Yeshua.

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