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Augmenter le nombre de sous-marins nucléaires est un défi « insurmontable »


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Actuellement, il est estimé que les pays de la région Indo-Pacifique possèdent 163 des 368 sous-marins d’attaque que compte le monde… Et ce chiffre va encore augmenter, 45 exemplaires de plus devant leur être livrés dans les années à venir. Qui plus est, ils sont de plus en plus performants, à l’image de ceux que construit la Chine.

Aussi, estimé le député Yannick Chenevar, rapporteur sur les crédits de la Marine nationale, une crise majeure dans l’Indo-Pacifique aura forcément une « forte composante sous-marine, donnant une prime aux États disposant de cette force ». Et, alors qu’elle est une nation de cette région de par ses départements et collectivités d’outre-Mer, la France n’a, pour le moment, pas les moyens d’y déployer des sous-marins d’attaque aussi régulièrement qu’elle le voudrait. En vingt ans, seuls les SNA Perle et Émeraude s’y sont aventurés.

D’où, d’ailleurs, certaines propositions faites lors de la dernière élection présidentielle. Par exemple, l’ex-député Fabien Gouttefarde, soutien d’Emmanuel Macron, avait émis l’idée de commander un septième sous-marin nucléaire de type Suffren [ou Barracuda] et de convertir deux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] en porteurs de missiles de croisière navals. C’est « incontournable si l’on veut pouvoir déployer régulièrement des SNA jusque dans le Pacifique », avait-il plaidé.

Seulement, d’après M. Chenevard, « l’augmentation du format de l’Escadrille des sous-marins d’attaque [ESNA] poserait, quelle que soit l’option, des problèmes insurmontables ».

En effet, compte tenu du programme SNLE 3G, Naval Group serait mis devant un « dilemme » si jamais la commande d’un ou deux SNA de type Suffren devait lui être notifiée.

« Alors que le programme Barracuda est en voie d’achèvement d’ici à 2029, l’entreprise pense d’ores et déjà à la suite et se prépare au lancement du programme SNLE 3G. Dans ces conditions, il faudrait consacrer à cette commande supplémentaire et non programmée de SNA les ressources destinées à ce programme et, ainsi, lui faire prendre plusieurs années de retard, fragilisant la modernisation de notre dissuasion », a en effet expliqué le député.

L’idée de transformer un ou deux SNLE 2G [classe Triomphant] en sous-marins porteurs de missiles de croisière est « techniquement possible » et Naval Group « a les savoir-faire nécessaires », a d’abord admis M. Chenevard. Mais cela présenterait trop d’inconvénients par rapport aux avantages que l’on pourrait attendre d’une telle opération.

« Très coûteuse, peut-être même plus qu’un sous-marin neuf, elle impliquerait une prolongation importante et incertaine de la durée de vie des SNLE, en particulier de la coque et de la chaufferie nucléaire », a expliqué le rapporteur. Qui plus est, a-t-il soutenu, « les SNA ainsi transformés, mis en service dans les années 2035-2045, seraient technologiquement dépassés par leurs homologues chinois ou russes plus modernes, faisant d’eux des proies trop bruyantes en cas de conflit ».

Cependant, une autre solution, que le député n’a pas évoquée, serait de doter à nouveau la Marine nationale de sous-marins à propulsion classique, dans le cadre d’une commande qui serait par exemple mutualisée avec les Pays-Bas [à condition que l’offre de Naval Group soit retenue par la marine royale néerlandaise…]. Cela pourrait ainsi libérer un ou deux SNA pour des missions dans l’Indo-Pacifique…

Mais cela poserait des problèmes de gestion du personnel. Les mêmes d’ailleurs, que si deux SNA supplémentaires étaient commandés. « L’accroissement du format de l’ESNA impliquerait le recrutement de deux équipages par sous-marin supplémentaire, plus un équipage de secours, ce qui, compte tenu des difficultés de recrutement et du temps nécessaire et incompressible pour la formation des sous-mariniers, apparaît très difficile », a noté M. Chenevard;

Quoi qu’il en soit, les décisions prises il y a maintenant près de trente ans [il était initialement prévu de doter la Marine de huit SNA de type Rubis…] se font « aujourd’hui sentir […] par un format de l’ESNA qui n’est probablement pas adapté à la réalité de la menace », a conclu le parlementaire.

Ya Rab Yeshua.

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