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La Direction du renseignement militaire a lancé un plan de transformation pour relever quatre défis


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En mars dernier, la Direction du renseignement militaire [DRM] a connu quelques turbulences avec le départ de son chef, le général Éric Vidaud, nommé à sa tête seulement sept mois plus tôt. Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce départ prématuré. Ainsi, il lui aurait été reproché un « manque de maîtrise » de certains sujets et une attitude jugée désinvolte. D’autres ont émis l’hypothèse d’une décision « politique ».

Que ce soit l’une ou l’autre [voire les deux] explication, toujours est-il que le remplacement du général Vidaud a été « habillé » par de récentes déconvenues subies par le renseignement français, dont la rupture du contrat des sous-marins australiens avec l’affaire AUKUS et, surtout, de n’avoir pas permis d’anticiper la guerre en Ukraine, contrairement aux Américains et aux Britanniques.

Or, la DRM ne pouvait pas être mise en cause pour le premier cas, son rôle se limitant au seul renseignement d’intérêt militaire. Quant au second, les capacités déployées par la Russie aux abords de l’Ukraine semblaient alors insuffisantes pour lancer une offensive à grande échelle avec des chances raisonnables de succès. D’autant plus que l’attention se concentrait surtout sur la région du Donbass, dont les deux « oblasts » venaient de déclarer leur indépendance, ainsi que sur celle de Kherson, stratégique pour assurer l’approvisionnement de la Crimée en eau.

Depuis, la ligne de front s’est stabilisée au niveau du Donbass et de la rive sud du fleuve Dniepr, les forces russes ayant été mises grande difficulté par leurs homologues ukrainiennes qui, au-delà de leurs qualités intrinsèques, ont bénéficié du réseau de télécommunications par satellite Starlink et de l’aide militaire occidentale [équipements, renseignements, etc].

Quoi qu’il en soit, la DRM a-t-elle été défaillante ?

Ce n’est pas ce que suggère, en tout cas, le « programme annuel de performance » [PAP] du programme 178 « Préparation et emploi des forces », annexé au projet de loi de finances 2023.

Ce document mesure la « bonne anticipation et la qualité de la veille stratégique » et la « capacité de la DRM à satisfaire ses commanditaires en termes de délais », sans toutefois prendre en compte en considération la « qualité », jugée « trop subjective.

Plus précisément, le premier indicateur « compare le nombre de crises dont l’analyse a permis une réaction adaptée et en temps utile de nos forces par rapport à l’ensemble des crises impliquant les intérêts de la France » tandis que le second mesure le taux de satisfaction des besoins de renseignement d’intérêt militaire en termes de réactivité.

Or, selon ce PAP, la « capacité d’anticipation opérationnelle » de la DRM « se maintient à un niveau constant » [soit 85%] et « les tendances de fond sont analysées et prises en compte dans les travaux d’Anticipation Stratégique, et en conséquence veillées et suivies par le Centre de planification et de conduite des opérations [CPCO]. Quant à l’indicateur mesurant sa réactivité à répondre aux besoins en renseignements militaires dans les délais, il a atteint 90% en 2022.

Cela étant, interrogé par Var Matin sur le rôle de la DRM avant le début de la guerre en Ukraine, son directeur, le général Jacques Langlade de Montgros, a tenu à « rétablir des vérités ».

« En février 2022, la DRM disposait d’une vision claire et exhaustive du dispositif militaire russe en périphérie de l’Ukraine, de sa capacité d’action et de sa montée en puissance progressive » et elle « avait également pleinement mesuré le coût disproportionné qu’une invasion de l’Ukraine pouvait entraîner pour la Russie. Près de neuf mois après le déclenchement de l’offensive russe, cette analyse reste parfaitement pertinente », a en effet assuré le général Langlade de Montgros. Et d’insister : « Notre mission, c’est l’évaluation des capacités militaires de nos compétiteurs et je pense que la DRM avait rempli sa mission ».

Pour autant, même si elle s’acquitte bien de sa tâche [les indicateurs du PAP le disent…], la DRM doit se « transformer ». Et le général Langlade de Montgros a dit avoir lancé un plan à cette fin, peu après en avoir pris les rênes.

Ce plan, mis en oeuvre depuis le 1er septembre, vise à relever « quatre défis », a indiqué l’officier.

À commencer par celui de « l’adaptation stratégique ».

« Ces dernières décennies, nous étions prioritairement tournés vers la lutte contre le terrorisme en Afghanistan puis en Afrique. Un peu avant le 24 février dernier [début de l’offensive russe en Ukraine], nous avons fort logiquement effectué une bascule d’effort », a expliqué le général Langlade de Montgros.

Le second axe de ce plan vise à « améliorer la production de renseignement », via une réorganisation consistant à rapprocher la collecte d’informations avec l’analyse. « Cela permet d’améliorer notre réactivité et de renforcer la cohérence de nos analyses face aux différentes menaces », a avancé le patron de la DRM.

Un autre défi, qui se posait déjà à ses prédécesseurs, est l’afflux de données. « Recueillir des informations, c’est bien, mais les analyser précisément, c’est mieux », a soutenu le général Langlade de Montgros. Pour cela, l’apport de l’intelligence artificielle et du big data s’avère essentiel.

Enfin, la gestion du personnel est le dernier axe d’effort. « Nous devons avoir une ressource humaine qualifiée, en nombre suffisant, dans des domaines souvent techniques qui ne cessent d’évoluer, a–t-il dit. Mais pas seulement car « aujourd’hui, a-t-il conclu, j’ai plus besoin d’experts en langue russe qu’hier… »

Ya Rab Yeshua.

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