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Guerre informationnelle : la Marine nationale veut brouiller les cartes en cachant le nom de ses navires


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http://www.opex360.com/2022/11/16/guerre-informationnelle-la-marine-nationale-veut-brouiller-les-cartes-en-cachant-le-nom-de-ses-navires/

La semaine passée, le site spécialisé Mer&Marine a remarqué que la frégate multimissions à capacité de défense aérienne [FREMM DA] « Alsace » ne portait plus le numéro D656 [c’est à dire son « pennant number »] qui était jusqu’alors inscrit sur sa coque. Et selon les explications qui lui ont été données par la Marine nationale, la décision de masquer l’identité de ce navire – qui sera rejoint par la FREMM DA « Lorraine » – s’inscrit dans le droit fil de la Revue nationale stratégique [RNS], notamment pour ce qui concerne la guerre informationnelle.

« L’idée pour nous c’est de prendre l’initiative en réponse à l’extension des conflits dans le champ de l’information. C’est cohérent avec les annonces du président de la République [faites à Toulon le 9 novembre] et nous pensons que l’incertitude sur l’identité des navires peut apporter un avantage tactique », a indiqué l’état-major de la Marine nationale.

D’ailleurs, celui-ci est resté vague sur le profil de la mission Antarès, dont le lancement a été annoncé le 15 novembre. Ainsihttp://www.opex360.com/wp-content/uploads/fremm-da-alsace-20211122.jpg

, par exemple, la composition exacte du groupe aéronaval formé autour du porte-avions Charles de Gaulle n’a pas été communiquée. Pas plus que le nombre d’aéronefs [Rafale F3R et E-2C Hawkeye] embarqués. En revanche, l’accent a été mis sur « l’imprévisibilité », qui est un « atout majeur pour garantir la liberté d’action et celle de manoeuvre en haute mer, y compris dans les zones contestées ».

Cette « imprévisibilité » a également été mise en avant dans la réponse faite par la Marine nationale à l’AFP, qui l’interrogeait sur cette anonymisation de ses navires.

Cette mesure, expérimentale pour le moment, a été prise « dans le cadre du renforcement des capacités françaises en matière de lutte informationnelle », a dit le porte-parole de la Marine nationale.

L’objectif, a-t-il précisé, est de « chercher l’imprévisibilité » et « entretenir le brouillard de guerre informationnelle ». Et, a-t-il continué, « si on voit une plus-value, il n’y a pas de raison qu’on ne continue pas […] la Marine de demain pourrait ne pas avoir de numéro de coque ». A priori, une telle pratique « respecte le droit international » et ne pose « aucun risque pour la sécurité de la navigation ».

Pour rappel, le nombre de navires de premier rang en service au sein de la Marine est limité à quinze… dont huit frégates multimissions [FREMM], deux FREMM DA, deux frégates de défense aérienne [FDA, classe Horizon] et trois frégates légères furtives rénovées. Et tous ces différents types de bâtiments sont faciles à reconnaître… Aussi, probablement que cette idée aurait du sens pour les huit FREMM… Pour les autres, l’intérêt de masquer leur identité reste à démontrer.

En outre, l’US Navy ne l’a pas envisagé alors qu’elle possède 70 « destroyers » de type Arleigh Burke.

Par ailleurs, rendre anonyme un navire supposerait de restreindre la communication sur les activités de la Marine afin d’empêcher un observateur lambda de faire des recoupements sur les mouvements de ses navires. Et ceux-ci n’auraient forcément plus à utiliser le système d’identification automatique [AIS], dont l’intérêt est de renforcer la sécurité de la navigation maritime. Cependant, ce dispositif n’est pas obligatoire pour les bâtiments militaires.

Reste que, en matière de guerre informationnelle, l’AIS a fait l’objet de nombreuses manipulations, ces dernières années étant donné que ses données servent aussi à suivre le trafic maritime. En 2021, le « destroyer » britannique HMS Defender et la frégate néerlandaise HNMLS Evertsen en ont d’ailleurs fait les frais, ces deux navires ayant été signalés dans les eaux de la Crimée… alors qu’ils étaient amarrés à Odessa.

La Marine nationale a aussi eu des démêlés avec le système AIS. Ainsi, en août 2021, la FREMM Provence avait été signalée à Taïwan alors qu’elle était en mission ailleurs. Mais sans doute qu’un autre navire français s’y trouvait bel et bien, les garde-côtes taïwanais s’étant d’ailleurs emmêlés les pinceaux dans cette histoire.

Ya Rab Yeshua.

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